LA PROPRIÉTÉ COLLECTIVE A JAVA
D'après les principes du Coran le souverain possède le domaine éminent du sol.
— Collectivisme et fatalisme vont bien ensemble.
L'adat ou coutume à Java. — Le système du général Van den Boscb. — L'impôt et les corvées.
Caractère de la culture à Java. — Les travailleurs qui n'ont pas de bëtes de trait sont souvent exclus du partage. — Les régimes de propriété collective engendrent un prolétariat qui n'est pas moindre qu'en Europe.
Le village javanais n'est pas plus que le mir russe l'asile de l'égalité. — Roulement dans l'attribution des partis, inconvénients de ce système. — Avantages pour les chefs des dessas. — Le paiement des services intellectuels.
Constitution graduelle de la propriété privée à Java. — A Java, comme ailleurs, c'est la propriété privée qui est le pivot du progrès. — Relation de la propriété privée à la propriété collective. — Le collectivisme aboutit à la suppression de la liberté de domicile. — H crée une sorte de servage et lie l'individu à la glèbe.
Augmentation considérable de la population et fractionnement indéfini des lots.
— Énormilé du territoire inculte, due aux entraves de la propriété collective. — Obstacles que rencontrent le défrichement individuel et le défrichement par colonisation.
La propriété collective à Java, au lieu de supprimer le prolétariat, est plutôt faite pour transformer toute la population en un peuple de prolétaires.
Les modes ou les vestiges de la propriété collective étant nombreux, il est utile de les examiner successivement, alors même qu'ils se rencontreraient sous d'autres cieux et chez des peuples d'une civilisation très différente de la nôtre. Les communautés de villages à Java et dans l'Inde sont parmi ces types d'organisation sociale qui ont attiré l'attention complaisante de M. Emile de Laveleye.
On connaît les vicissitudes de la prospérité de Java. Peu de grandes terres ont une renommée aussi éblouissante. Bien des
gens sont tentés d'y voir le chef-d'œuvre de la colonisation moderne. Java a fourni pendant longtemps un superflu de revenu qui, jusqu'à concurrence d'une somme de 50 ou 60 millions de francs, allait alimenter le budget hollandais. Ces « bonis coloniaux, » comme on les appelait, ont cessé depuis une décade d'années. Aujourd'hui, sans être peut-être en elle-même beaucoup moins florissante, Java n'est plus pour la métropole une source de revenu direct, c'est-à-dire que le budget de la Hollande n'en reçoit plus rien et que, au contraire, les Indes Néerlandaises sont devenues, pour la métropole, une charge pécuniaire1. Les Hollandais ont presque complètement respecté à Java l'organisation terrienne existante; ils ne l'ont que modifiée dans quelques détails, et le projet qu'ils entretenaient de lui substituer la propriété privée a été, sinon abandonné, du moins laissé dans l'oubli.
En vertu des principes du Coran, dans tous les pays mahométans, le souverain possède le domaine éminent du sol. Il est le vrai et unique propriétaire. Ceux qui détiennent la terre et la cultivent ou la font cultiver ne sont, d'après la loi civile, conforme à la loi religieuse, que des tenanciers à des titres divers. C'est comme propriétaire et non comme mandataire des contribuables que le souverain musulman lève l'impôt en nature qui représente la rente du sol, c'est-à-dire ce revenu net que, d'après l'école économique de Ricardo, certaines terres fournissent au delà des frais de culture et de l'intérêt des capitaux engagés. Le plus souvent même cette proportion est dépassée, et les exigences du souverain, non pas copropriétaire, mais seul propriétaire, sont telles que le malheureux détenteur du sol est réduit à l'existence la plus chétive. C'est aussi comme propriétaire du sol que le souverain oriental exige la corvée.
S'il faut, suivant le proverbe, juger d'un arbre par ses fruits, cette organisation terrienne des pays musulmans paraît un bien peu séduisant idéal . Ce régime de propriété se rattache à l'absence presque absolue d'initiative individuelle qui caractérise les États
1 Voir sur Java notre ouvrage, De la colonisation chez les peuples modernes (1* édit., Guillaumin, éditeur, 1882).
mahométans. L'initiative individuelle est, en effet, en proportion inverse de la place que tient le collectivisme dans une société. Collectivisme et fatalisme sont deux termes qui s'accordent à merveille. Là où l'individu gît écrasé sous le poids de la coutume, où toutes les actions, toutes les manifestations extérieures de sa vie, toutes ses pensées même sont réglées sur un type immuable, le collectivisme ne doit trouver que des adhérents. Cette disposition de l'esprit et de l'âme, le collectivisme les crée à la longue : elles lui sont indispensables.
Uniformes dans leur principe, les modes de tenure varient pour les détails dans les divers États mahométans. A Java , d'après Yaclat ou coutume, le cultivateur devait livrer au souverain le cinquième des produits et travailler pour lui un jour sur cinq. Par des innovations qui étaient des usurpations, les princes indigènes avaient fini par exiger jusqu'à la moitié de la récolte sur les rizières irriguées et le tiers sur les rizières sèches. Soucieux de se faire bien voir des habitants, les Hollandais rétablirent Yadat et même l'adoucirent en n'exigeant plus qu'un jour de travail sur sept, qu'ils affectaient à la culture du sucre et du café, suivant le système combiné par un de leurs gouverneurs généraux les plus célèbres, Van den Bosch. Comme en Russie, à Java la communauté de village est solidairement responsable et des corvées et de l'impôt.
Ce mode de tenure des terres n'est pas dans l'île de Java rigoureusement uniforme : il supporte des variantes. La propriété collective de village y prévaut cependant partout, plus encore qu'en Russie, quoiqu'il se rencontre souvent à côté d'elle des propriétés privées. La culture dominante est le riz, qui exige d'ordinaire une irrigation soignée, des canaux principaux et des ramifications nombreuses, tout un travail collectif en un mot; la culture est donc à peu près la même pour tous, et non pas de celles qui exigent beaucoup d'ingéniosité d'esprit, d'innovations et d'efforts individuels.
La répartition des sawahs ou terres à riz, se fait par familles ; les règles ne sont pas absolument les mêmes partout ; mais elles ne s'écartent pas d'un certain type.
Il ne faudrait pas croire que le partage périodique assurât à tous les membres de la communauté, même à tous les chefs de famille, une situation égale. Il est des villages (dessas), dit M. de Laveleye, où les simples travailleurs qui n'ont pas de bêtes de trait sont exclus du partage. Ce n'est pas là un accident, une anomalie; nous avons trouvé dans le mir russe la même exclusion. Elle est naturelle, presque fatale, dans tout système de collectivisme agraire procédant par la répartition de lots d'après le sort. Il faut des instruments, notamment des bêtes de trait, pour exploiter la terre. Ou bien la communauté doit posséder elle-même et prêter ces instruments et ces bêtes, ce qui a des inconvénients considérables, celui entre autres d'un entretien peu soigneux, d'un usage abusif; ou bien les seuls individus qui possèdent tous les instruments d'exploitation en quantité suffisante peuvent être admis à participer aux lots. Autrement une partie du sol serait exposée à n'être pas cultivée, puisqu'elle écherrait à des individus sans outillage.
Tous ces régimes si vantés de propriété collective font donc au prolétariat une part au moins aussi large et plus irrémédiable même que les sociétés de l'Occident de l'Europe. Les déclassés, dans le mir russe ou dans la dessa javanaise, ont un sort beaucoup plus misérable que leurs confrères de l'Europe occidentale. Dans une organisation sociale où presque tous les individus sont rangés dans des cadres fixes et rigoureux, ceux qui, par une circonstance quelconque, se trouvent en dehors de ces cadres sont voués à une existence déplorable. C'est vraiment pour eux qu'on peut dire qu'au banquet de la vie aucun couvert n'est préparé.
Il ne suffit donc pas de partager les terres, les matières premières; il faudrait aussi, pour être logique, partager les instruments de travail. Voilà pourquoi le demi-collectivisme, qui tente quelques bons esprits, n'offre qu'une solution absurde. Voilà comment aussi la liberté des consommations laisse presque immédiatement reparaître l'inégalité des conditions.
Pas plus que le mir russe, le village javanais n'est l'asile de l'égalité stricte. Avide de popularité, le gouvernement hollandais
.1 voulu réagir contre ce qu'il considérait comme des abus et des injustices. Il a cherché à faire admettre que chaque chef de famille eût une part dans le sol; il y eût trouvé aussi un intérêt fiscal, en diminuant les forces perdues. Mais il ne paraît pas avoir réussi. « La coutume générale semble avoir été, dit « M. Emile de Laveleye, que pour obtenir une part il fallait « posséder un joug, c'est-à-dire une paire de buffles ou de bœufs. « lien résulte que les simples travailleurs exclus de l'allotement « sont assez nombreux. » Chassez le privilège, il finit par revenir.
L'allotement se fait par le chef de la dessa ou village, sous la surveillance des commissaires de district et des résidents européens, fonctionnaires analogues à nos préfets. On pratique un roulement dans l'attribution des parts de façon que chaque famille ait successivement tous les lots disponibles. Cette mesure a l'inconvénient que le détenteur actuel est complètement assuré de n'être plus maintenu en possession de son champ, ce qui ralentit son zèle et diminue ses soins. Les chefs des dessas, qui jouent ainsi un rôle prépondérant, sont élus pour une année : on les choisit parmi les habitants les plus considérables, les plus aisés, les plus anciens. Le règne de la coutume est toujours hostile à la jeunesse, même à l'âge mûr. Presque partout les chefs des dessas, ainsi que les principaux fonctionnaires des villages, obtiennent une part de terre plus grande ou de meilleure qualité; M. de Laveleye le reconnaît.
Que l'on ne parle pas de l'égalité absolue : on ne la retrouve nulle part sous ce collectivisme primitif. Elle n'existait pas davantage dans l'ancienne Germanie : les chefs et les principaux du clan y obtenaient une part plus grande. Tacite, avec sa concision habituelle, fait ressortir cette inégalité : Agri occupanlur quos mox intcr se secundum dignationem parlientur. La situation de famille, le rang, la richesse mobilière, donnaient droit à des lots supérieurs.
Partout où se rencontre le régime collectiviste, l'autorité, la faveur et l'intrigue se font leur part. 11 n'en peut être autrement : la répartition est toujours faite par des hommes, et les
hommes, même agissant au nom du public, ne sont pas exempts de passions privées : la cupidité, l'avarice, l'envie, la haine, la reconnaissance. Partout aussi, quel que soit le régime social, les services intellectuels, si l'on ne veut qu'ils tombent dans des mains tout à fait incapables ou négligentes, doivent être rémunérés. Dans les sociétés aristocratiques ou bourgeoises, ils le sont en considération, en honneurs, en titres de noblesse, en croix ; dans les sociétés purement démocratiques, on est obligé de les rétribuer d'une façon plus substantielle et plus vulgaire, en argent, en terres. Mais assimiler pour la rémunération le travail intellectuel supérieur au travail matériel grossier, c'est ce qui ne se pourrait faire sans supprimer le premier et avec lui toute civilisation.
A côté de cette propriété collective, il s'est constitué à Java une propriété privée. Il est intéressant d'en établir l'origine parce qu'elle jette beaucoup de jour sur la nature même de la propriété foncière personnelle et perpétuelle qui a aujourd'hui tant d'adversaires, tant de critiques et parfois de si hésitants dédéfenseurs.
Dans la plupart des provinces, celui qui défriche la terre communale, laissée inculte, à l'état de bois, de broussailles ou de pâture, en devient propriétaire. Cette propriété se transmet héréditairement aussi longtemps qu'elle est cultivée. Cependant il arrive souvent que à la longue la propriété communale absorbe ou résorbe en quelque sorte la propriété privée ainsi créée, les autorités locales ayant intérêt à employer tous les moyens pour étendre les territoires de partage.
Dans d'autres provinces le défrichement des terres communales ne donne droit qu'à la jouissance pendant trois ou cinq ans. Après ce délai ces terres tombent dans l'allotissement communal. Les défrichements qui créent ainsi la propriété soit perpétuelle, soit temporaire, sont exécutés, dit M. de Laveleye, par les habitants les plus aisés qui seuls ont le moyen de faire les travaux d'irrigation indispensables à la culture du riz. A Java, comme ailleurs, c'est donc bien la 'propriété privée qui est le pivot du progrès. Sans doute, à côté d'elle on rencontre la colo-
nisation collective qui, par l'action même de la communauté, étend le territoire de culture et de partage ; mais ce mode de conquête sur la nature inculte a beaucoup moins d'efficacité que l'initiative individuelle.
La propriété privée occupe à Java des étendues qui varient beaucoup suivant les provinces. D'après M. de Laveleye, dans le district de Talaga, sur 8,884 bouws ', 43 seulement sont connus comme saivahs jassas ou propriété privée héréditaire. Mais dans le Yapara, 8,701 bouws sont, en qualité de propriété privée dans les mains de 7,454 propriétaires, et dans le Rembang, sur 158,425 bouws de terres en culture, 48,185, soit à peu près le tiers, sont constituées en propriété privée, dont la moitié était acquise par droit de défrichement du chef du propriétaire actuel, et l'autre moitié par héritage ou achat 2.
Ayant une origine fort respectable et tenant une certaine place dans l'île, cette propriété individuelle est encore assez précaire. Si un propriétaire quitte la dessa ou village, son bien va, d'ordinaire, à la commune. On a vu qu'il en est de même dans le mir russe. Le résultat du collectivisme, c'est de supprimer en fait la liberté de domicile. Les individus les plus capables, ceux qui pourraient se diriger vers les villes, créer des industries, en sont empêchés parcequ'ils perdraient leurs propriétés privées. En Occident, on la vend, on la réalise, suivant l'expression énergique et juste, et l'on se procure ainsi des fonds pour des entreprises ou plus rémunératrices ou plus conformes aux goûts et aux aptitudes de certains hommes. Les habitants des dessas ne peuvent vendre leurs maisons à des étrangers, ce qui limite singulièrement les prix et équivaut même parfois à l'interdiction de vendre. M. de Laveleye rappelle qu'il en était ainsi dans la marke germanique; et le wit'r russe contient la même prohibition.
Le collectivisme agraire crée donc une sorte de servage, puisque l'individu est lié à la glèbe, sous peine de perdre presque tous les avantages de son économie antérieure et de celle de ses
' Le boute égale 71 ares.
2 Laveleye, De la propriété et de ses formes primitives, pages 53 el 54.
ancêtres. On ne peut citer de système qui soit plus hostile à la division du travail et à l'essor des industries.
L'un de ses effets encore, et non des moins funestes, c'est que la population s'accumule sur certains points, qu'elle y devient exubérante et que le lot de chacun va en diminuant. D'après sir Stamford Raffles, l'un des hommes qui ont le mieux connu l'île de Java, c'est à peine si de son temps, au commencement du siècle, le huitième du sol était occupé et défriché. Aujourd'hui l'on estime que les terres incultes équivaudraient aux quatre cinquièmes du pays. Si la propriété privée était moins précaire, si les habitants étaient moins garrotés dans les liens de ce collectivisme grossier, si la liberté d'aller et de venir, de changer sa résidence, sans supporter aucun détriment du fait des lois, était plus entière, il est probable que le territoire cultivé se serait bien plus rapidement accru.
Comme lapopulation augmente de 3 à 400,000 âmes par années environ, il y a toujours un grand nombre d'individus adultes qui ne sont pas pourvus de lots et qui attendent, dans l'intervalle des allotissements quinquennaux, qu'il s'en rencontre de vacants. Dans la plupart des dcssas\e lot ne cesse pas de se réduire. Il est des régions où les paysans estiment qu'ils n'ont plus que le tiers des sawahs que leurs pères exploitaient, et où la part de chaque cultivateur est tombée à un tiers ou à un quart de bouw, soit 48 à 24 ares. On a fait la proposition de défendre le partage en lots plus petits qu'un demi bouw (36 ares); beaucoup d'adultes se trouveraient alors sans lots.
Si insuffisant que soit l'espace alloué à chaque cultivateur les paysans hésitent à émigrer, parce que le faisant ils perdraient tous leurs droits dans la dessa qu'ils quitteraient, sans en acquérir aucun dans celle où ils voudraient se rendre.
A ce mal il y aurait des remèdes, le défrichement individuel et le défrichement par colonisation. Le premier rencontre deux obstacles : le caractère précaire de la propriété privée, surtout dans certaines provinces, puis l'espèce d'engourdissement où le collectivisme traditionnel plonge toujours l'esprit de l'homme. Quant au défrichement par colonisation, comme il faut des tra-
vaux considérables, de grandes avances pour l'exploitation des rizières, M. deLaveleye demande qu'on garantisse la jouissance pendant trente ou quarante années aux groupes de famille qui s'y livreraient. Ce serait, à coup sûr, un expédientheureux ; mais quelle infraction à la propriété collective !
Dès qu'il s'agit de progrès agricole, d'extension des cultures, les esprits, même les plus prévenus en faveur de la propriété collective, sont contraints de proposer le recours soit à la propriété privée, soit à quelque substitut de cette propriété, soit à une approximation vers celte propriété.
En diminuant la responsabilité de l'homme, en atténuant singulièrement la contrainte morale (moral reslraint) de Malthus, le régime de la propriété collective favorise un rapide développement de la population. Celle-ci est toujours sur la limite des moyens d'existence à Java ; on a calculé qu'elle double presque tous les vingt ans. En 1808 on l'évaluait à 3,700,000 âmes, à 13 millions et demi en 1863, à 17,300,000 en 1872 et à 18 millions 335,000 en 1878.
Un accroissement excessif de fécondité et d'imprévoyance avec un amoindrissement de l'initiative individuelle, ce sont les pires conditions sociales qu'on puisse rencontrer. En dernière analyse cette propriété collective à Java qui est censée supprimer le prolétariat serait plutôt faite, comme l'a remarqué un observateur, pour transformer toute la nation javanaise en un peuple de prolétaires.
On suppose que la communauté agraire a été importée de l'Inde à Java. Dans cette péninsule le collectivisme agricole ne se rencontre plus qu'en quelques districts reculés. La substitution du labourage au pâturage a nui à la propriété collective indienne. Le collectivisme rural ne convient guère, en effet, qu'aux peuples pasteurs, aux tribus, aux clans, ou bien encore aux peuples en voie de transformation et qui sont dans la première période de la vie agricole. La propriété collective était en train de disparaître dans l'Hindoustan au moment où les anglais ont pris possession du pays. II en reste néanmoins encore, quelques traces. L'étude en serait superflue; nous avons déjà examiné des types
très caractérisés de collectivisme agraire, d'autres encore, qui ont été soit intégralement, soit partiellement respectés, par le temps, vont attirer notre attention. Plus on soumettra ces modes divers à l'analyse, mieux on comprendra les mérites de la propriété individuelle.