CONSEIL XIV
Ce qui fait désirer que les re've'rends Pères avisent à quelque moyen d'emjDêcher la liberté de la presse d'a^chever ce qu'elle a commence'.
Sera medicina paratur Cum mala per longas inoaluere moras.
La liberté de la presse , mes révérends Pères, est une des choses sur lesquelles j'ai le plus entendu disputer. Cependant , je le confesse à ma honte; de tout ce qui s'est dit de sublime dans cette controverse, je n'ai pas retenu la valeur de deux phrases. Mon indifférence là-dessus vient apparemment de ce que la puissance des mots n'est rien, à mes yeux, en comparaison de la puissance des faits. Aussi, je trouve que Id logique aurait bien tort de dépenser tant de lumière si elle n'avait à éclairer que de pauvres esprits comme le mien , qui attendent toujours les décisions de l'expérience pour se prononcer sur le beau idéal des théories. C'est probablement ce qui fait que j'aime
1 4?tant ce bon philosophc-pralique devant lequel on disputait sur l'existence du mouveuicnt, el qui teriiiinail le débat en se mettant à marcher Il est certain que cette manière de recourir au fait tranche bien mieux les difficultés que tout ce qu'on peut dire.
On assure que la liberté de la presse est fondée sur des titres excellens, sur de trèsbeaux principes. Je ne dis pas que non; mais j'aimerais autant la savoir fondée sur de bons effets, sur des résultats salisfaisans. Car je ne suis point, Dieu merci, du nombre de ces malades qui consentent, plus volontiers à mourir selon certaines lois de la médecine, qu'à se laisser guérir dans des formes inusitées. Qu'on me guérisse, moi, comme on voudra,el dussent les médecins violer pour cela toutes les règles de l'art , je déclare d'avance que je leur pardonne. Il en est de même du point dont il s'agit : tout grand admirateur que je suis des belles doctrines , je veux d'abord qu'elles soient bonnes j et pour en juger, c'est toujours au fait que je les attends.
Je m'embarrasse donc fort peu des sublimes raisons qu'on allègue en faveur de la liberté de la presse; je ne sais point l'apprécier autrement que pur les fruits qu'elle porte. S'ils
60nl bons , je iais grand cas de l'arbre ; s'ils soni reconnus mauvais et dangereux, je le verrais couper et jeter au feu sans ta y oppo-ser. Ce langage paraîtra bien barbare à ceux qui soutiennent que tout doit périr plutôt qu'un principe , et ils vont s'écrier, comme dans les Femmes suivantes :
Mou Dieu! que votre esprit est d'un étage bas!
Mais je n'y saurais que faire. J'ai vu la révolution tuer l'ordre social aVec de si belles maximes de droit naturel, que je suis devenu là-dessus d'une méfiance à ne plus rien croire sur parole.
Et d'ailleurs , vous allez juger si je suis excusable de raisonner autrement que tant d'autres sur la liberté de la presse. J'ai passé la moitié de ma vie avec ces tncmes journalistes que vous voyez aujourd'hui les yeux en feu et ie poing fermé, au moindre mot qui leur paraît menacer les privilèges de la licence. Eh bien , je les ai toujours entendus professer hautement qu'il n'y a ni république , ni royaume, ni gouvernemens civils , ni gouveruemens tuilitaires qui saient en état de braver l'influence d'un journal auquel on petraeilrait de diriger
'44 Toplnion publique à son gré , seulement pendant six mois. En retranchant de cette assertion tout ce qu'elle peut renfermer de jactance, il faut bien qu'elle ait un certain fondement, puisque la voilà presque réalisée par nos journaux révolutionnaires , malgré un épais recueil de lois comminatoires qui ne paraissent pas encore tout à fait abandonnées. Ainsi , pour le moins , nous supportons l'inconvénient de vivre sous une direction de journaux qui a la prétention d'être un pouvoir supérieur à la puissance légitime, et dont les œuvres habituelles doivent naturellement se ressentir de cette orgueilleuse pensée. Remarquez bien, en efFet, que les écrivains révolutionnaires s'expriment comme des gens qui sentent leur force. A tout propos, ne les entendez-vous pas opposer l'invention de l'imprimerie à ce qu'on essaie d'alléguer en faveur du rétablissement de la morale et de l'ordre social ? Si vous parlez de faire revivre des doctrines religieuses ou monarchiques, sur le champ vous les voyez courir à leur grosse pièce d'artillerie. Ils vous disent nettement que l'imprimerie est là pour faire raison aux peuples modernes des prétentions de l'autel et du trône j que le temps n'est plus oii l'on pou-
.45 ' vail les gouverner comme de bonnes gens, au nom du Ciel et du droit divin ; qu'ils savent maintenani. à quoi s'en tenir j et que, lant qu'il y au!a des caractères mobiles dans les cases de Guttemberg, il n'appartiendra plus qu'à eux de régler la morale, les institutions divines et humaines, la marche du siècle , et le sort des princes comme celui des nations (;ii)>. Les aveux de l'eunemi sont là ; il nous dit hautement de quoi il se réjouit, sur quoi il compte pour le triomphe de l'anarchie et de l'impiété. Il déclare que la lumière est faite; que c'est l'imprimerie qui est maintenant en possession de gouverner le monde , sans que rien lui puisse, résister; que l'émancipation
(i) Un de ces petits journaux révolutionnaires auxquels il est de'fendu de faire de la politique, et qui s'en de'dommagent en faisant de l'anarcliie, s'amusait dernièrement à e'valuer ce qu'on pourrait couler de pièces de canon avec les caractères que reunissent les diverses imprimeries de la capitale, M™« de B***, dont on lit souvent dans les journaux des articles charmans sigue's d'un Y, se trouvait dans uue maison où l'on relevait se'vèrement celte se'ditieuse insinuation, a Eh mais , « dit-elle, vous avez tort; il me semble qu'on devrait « avoir moins de peur de ces canons-là , sous leur nou- « veile forme que sous l'autre. »
lo
générale des peuples est la conséquence prochaine cl inévitable du droit de fraterniser coniinueUemeni avec eux par des communications séditieuses, et de les faire participer à l'enseignement mutuel des révoluîions. En un mot, c'est lui qui, dans ses ravissemens de joie et d'espérance, nous défie d'arrêter dé-^ sormais le cours du torrent que la liberté de. la presse élargit tous les jours, après l'avoir déjà creusé jusqu'à l'abîme. Or, assurément, voilà un de ces faits qui en disent plus que tous les argumens possibles. Si nous étions sages, le secret qui échappe à nos adversaires ne suffuaii-il pas pour nous sauver? Quoi! ils nous montrent leur instrument de dommagej ils avouent que toutes leurs espérances d'émancipation civile et religieuse, que tout l'avenir des révolutions et de l'impiété , que toutes les joies de leur enfer reposent sur la licence j ils nous avertissent qu'elle les rend maîtres de l'autel et du trône; ils le disent hautement à qui veut les entendre; et nous, mes révérends Pères, nous ne disons rien ! — Au surplus, quand ce trait de franchise ne serait pus là pour servjr d'arrêt contre la liberté do la presse, il me semble qu'assez d'autres faits se réunissent pour nous éclairer. Et,
en efl'et, poui emprunier ici les formes du langage de Bnonaparte , à sou retour d'Egypte, qu'a -t- elle fait, ceue liberté de la presse, qii'a-l-elle fait de la paix que lu restauration nous avait rendue? qu'a telle fait de nos transports de joie, de nos fêtes, de nos acclamations? qu'a-t-elle fait de notre esprit public, et des senlimens de loyauté dont la France entière se montrait si animée ? qu'at-elle fait de notre eulie pour la royauté, du retour de nos pensées vers la religion? enfin, qu'a-t-elle fait de nos espérances d'alors, de noire repos et des sévères leçons que la révolution nous avait données ? Car on a beau discourir et se perdre dans la haute région des principes, au milieu des enchanlemens de l'état anarchique , c'est toujours au positif qu'il en faut revenir. Où étions-nous, quand, la liberté de la presse respectait la tranquillité publique? où sommes-nous , depuis qu'elle se mêle de nous faire un meilleur avenir? Si la question est posée autrement, on peut être sûr qu'elle le sera mal.
Ne soyons cependant pas trop rigides, mes révérends Pères ; cherchons de bonne foi si notre malaise politique, si nos commotions révolutionnaires, si l'état de souffrance de la
;48 religion ei de la monarchie ne se trouveraient pas rachetés de quelque manière par les avanr tagcs de la liberté de la presse. Dans le cas, par exemple , oii elle aurait donné quelques leçons de morale, un peu élargi la sphère des connaissances humaines, secondé les progrès des études , ou seulement dégrossi les idées du peuple, ne serait-il pas juste de lui en tenir compte, et d'admettre les services qu'elle aurait à faire valoir en déduction de la somme de maux qu'elle fait peser sur l'ordre social? Examinons donc franchement et loyalement. Nous avions des mœurs de faubourg telles quelles , des mœurs d'artisans , des mœurs villageoises : qu'a-i-elle fait du peu de vie que la révolution leur avait laissé? Elle l'a infecté de poisons, attaqué par tous les moyens que la perversité peut suggérer. Pour en finir une bonne fois . on l'a vue former à grands frais une entreprise générale de corruption et d'impiété, qui a ses bailleurs de fonds, ses cour-' riers, ses facteurs, ses missionnaires j elle a recueilli l'essence de tous les mauvais livres qu'un siècle entier d'irréligion avait amassés, et forcé le {)eiit peuple de recevoir partout graluilement cette espèce d'inoculation. Ainsi, voil.^ d'abord un point qui ne permet assuré-
ï49 mcnl de rien retrancher ni déduire des méfaits politiques qui lui sont imputés.
Elle a ouvert des cabinets de lecture de tous côtés; elle en a même établi de portatifs, et des tcnies sont dressées par elle en ceint endroits pour les recevoir. Voyons ce qu'on y lit : des journaux révolulionnaires et des brochures séditieuses, puis des brochures séditieuses et des journaux révolutionnaires. C'est le rôti et le bouilli de tous les savans dont elle a entrepris de faire l'éducation en boutique. Rien donc encore à sa décharge de ce côté-là.
Elle a ouvert des écoles d'enseignement mutuel, qu'elle protège de toute son affection contre celles de l'enseignement chrétien. Voyons ce qu'on y fait : on y apprend à marcher en mesure, à défiler par gauche, droite , et à faire autour d'une grande table quelques évolutions d'infanterie de ligne. Le commandant de ces jeunes troupes cumule bien, il est vrai , les honneurs du gouvernemeni militaire et du iiouverneraeut civil ; mais, ijénéralemeni , il est meilleur caporal que bon raaî tre d'école. De sorte que je ne trouve rien d'admirable non plus dans l'intérieur de sa petite caserne.
Qiiani à l'iissisiance que les éludes peuvent recevoir de la liberté de la presse, on ne sache pas qu'elle les ait rendues jusqu'à présent très-supérieures à celles du lemps de Bossuet, de Racine , de La Fontaine et de Boileau , qui était aussi, par parenthèse, le lemps des jésuites et des grandes illusirniions iilléraires. On peut même dire qu'à force de tourner les esprits vers la politique révolutionnaire, il est à craindre qu'elle ne les réduise à la taille du Constitutionnel ; ce qui ne serait point, disons-le franchement, le moyen d'accomplir ies promesses de perfectibilité o\\ elle s'est engagée envers notre siècle. Au surplus, je ne sais pourquoi j'imagine qu'elle ne lient pas très-séîieusement à ce que l'esprit humain s'élève bien haut. Vous ne l'entendez jamais, en effet, recommander que les lumières à l'usage de la petite propriété. Elle a raison : c'est avec l'ignorance mêlée de prétention et de faux savoir, qu'il y a de bons coups à faire. Ainsi , que tous les gens du peuple soient en état de lire les mots d'ordre et les conseils séditieux d'un journal anarchique, elle ne leur en demande pas davantage j elle veut seulement que la science révolutionnaire soit mise à la portée de lout le monde, et que les moin-
tires facultés puissenl atteindre jtiscju'à la lecture du Constitutionnel : c'est la poule au pot du siècle des lumières, couime la poule au pot de Henri IV était un reste de l'âge d'or.
Vous voyez donc Lien , mes révérends Pères , qu'on n'a nullement besoin de se perdre dans les dissertions pour décider la question de la liberté de la presse; il suffit d'examiner ses œuvres et de la juger par ses résultats flagrans. Assurément, j'aurais grand plaisir à voir concilier le salut des principes avec le salut de la religion et de la monarchie. Mais si l'on me donnait à choisir entre les deux sacrifices, j'avoue que les principes auraient de gros risques à courir. Car je me sens moins de pitié pour eux que pour les profondes douleurs de tous les gens de bien du royaume. Après tout , si la méthode d'apprécier les choses par leurs effets a l'inconvénient de paraître grossière et matérielle, on ne saurait du moins lui contester l'avantage d'épargner bien du travail et des calculs , puisque les faits sont beaucoup plus faciles à éclaircir que les questions.
Pour le dire en passant , mes révérends Pères, c'est ainsi que je suis arrivé tout naturellement à {)rendre votre cause en affec-
lion , malgré une somme de controverse dont je défie qu'on puisse sortir aulremenl que ])aima méthode. Au milieu du fatras énorme d'assertions que les brocluircs in -52 et les journaux révolutionnaires nous ont envoyé à la tête pendant plus de six ans, je ne savais plus comment me reconnaître ni à qui donner raison. Je me suis mis à examiner les faits, à rapprocher des époques, en un mot, à réduire tout au positif; et il ne m'en a rien coûté de plus pour sortir d'embarras.
Les révérends Pères, me suis -je dit , ont vécu sous les plus belles phases de la monarchie française. Ils ont eu l'honneur de participer et de contribuer, pour une bonne part, à l'éclat que la France a jeté en Europe pendant leurs deux siècles. L'enseignement de la morale religieuse s'est associé, de leur temps, au goût des études profanes; et, d'un côté comme de l'autre, les travaux ont été couronnés des plus glorieux succès. Alors (ous les principes conservateurs de l'ordre social étaient en vigueur ; tous les genres d'illustration nationale s'établissaient ; d'éclatantes renommées jetaient huirs fondeuiens immoiteis ; la religion régnait sur les mœurs; les mœurs veillaient au maintien de la chose pu-
i55 ^ilique. Alors aussi, tout offrait l'image de la 5tabilité dans lo royaume. Les deux légiiimilés de l'autel et du trône n'étaient l'objet d'aucune contestation. L'idée de la souveraineté du peuple n'était point sortie du sein de l'orgueil; elle dormait avec lui dans l'abîme infernal. Des commotions populaires sans cesse renaissantes , des insurrections d'écoliers, des soulèveraens tumultueux ne conslUuaient point les gouvernemens clans une sorte d'état d'insomnie ; et le repos public avût un lendemain. On n'a jamais ouï dire, enfin , qu'aucun journal ait eu la prétention de lutter de puissance contre le sceptre de Louis XïV, et de devenir plus maître que lui dî-Yis son royaume.
De tous ces rapprocheniens et de tous ces taKS , mes révérends Pères, j'ai donc nalureilement conclu que l'ancien ordre des jésuites n'a pas été aussi funeste à la France qu'on ch-erchail à me le persuader. Mais j'avouerai pourtant que si , au lieu d'être prémuni par des connaissances historiques, j'eusse partagé Ja grosse ignorance du peuple niais qui jure parla parole des journaux ;marchiques , je iTirt serais peut-être laissé aller coumjc lui à la it de volumes de soiiises et de difFamalion.
Après cela , je me suis mis aussi à rechercher pourquoi notre temps est si contraire au rétablissement de votre Société; et voici ce que l'histoire contemporaine m'a procuré de renseignemens : la philosophie révolutionnaire n'est pas moins anti-religieuse qu'anlimonarchique. Elle déleste du même cœur les droits de la puissance spirituelle et ceux de la puissance temporelle. Quoique celte dernière soit mieux armée que l'autre, il est aisé de voir cependant qu'on ne lui laisse tout juste que la part de concessions qu'on ne peut lui arracher de vive force. Sur les points où l'on n'ose ouvertement l'aborder de front , on la tourne, on la prend de biais j on l'attaque dans son alliance avec l'autel j en un mot , on recommence la tactique du dixhuitième siècle ; avec cette seule différence que c'est par l'émancipation politique qu'on veut arriver aujourd'hui à l'émancipation religieuse , au lieu que c'était alors par la destruction de l'Eglise caiholique qu'on voulait arriver à la destruction du trône.
Cependant, pour ne point trop inspirer de méfiance, on ne demande provisoirement à la religion que le sacrifice de son influence et de son autorité. On ne parle point encore de
i55 ia réformer tout à fait; on l'admet à la retraite purem'înt et simplement. Ici, c'est un magistral(i) qui se fait écrivain politique tout exprès pour la réduire à garder les malades et à prier au coin du feu. En la remerciant des services qu'elle a pli rendre dans les temps d'ignorance, il lui signifie que son règne est fini ; qu'on n'a plus besoin de ses conseils pour savoir très-bien se gouverner soi-même; et qu'elle ail désormais, dit- il, à perdre sa soif immodérée d'ambition. Là, c'esl un député loyal qui vient appuyer de son éloquence et de ses opinions monarchiques , celte même déclaration de principes (2). Il a également la franchise de généraliser la question des jésuites , pour n'attribuer l'agitation des esprits qu'à la redoutable influence du sacerdoce, qu'à la peur qu'on a de la domination ecclésiastique. Au moins voilà deux hommes qui savent parler un langage intelligible, et vous débarrasser enfin , mes révérends Pères , de la querelle d'Allemand qui vous mettait sur
(i) M. le conseiller Cottu , dans son avanl-deruièie harangue révolutionnaire.
(2) M. Gauthier.
i56 les épaules tout le poids de la philosophit;; anli-religieuse.
Ainsi, d'après tous les faits que j'ai réunis dans mes Trois procès; d'après tous les discours qui commencent à répandre la clarléj d'après les aveux qui échappent de mille côtés à la naïveté publique, point de jésuites^ est une façon de parler qui signifie évidemment de nos jours : point de l'ancien sacerdoce j
point de l'ancienne Eglise ; point de l'ancienne autorité religieuse; point des anciens principes , et surtout point des anciens liens d'unité avec Rome. iVo^^a sint oninia. En sorte, mes révérends Pères, que vous êtes réellement hors de cause, et que si vous apportiez du calvinisme en France , ou bien seulement du jansénisme tout pur, il y a grande apparence que vous y seriez les bien venus. Voyez... je vous promets, à celte condition, de faire magnifiquement illuminer Paris et la banlieue, à commencer par Mont - Rouge , comme de raison. En attendant, ce qui m'importe, à moi, c'est d'avoir établi jusqu'à l'évidence que tous les fniis du temps passé se réunis sent pour glorifier l'ordre d<3S jésuites, et tous les f;tits du temps présent pour le justifier. \jv paiti révr)lutionuaire , moins riche que
i57 vous en argumens de celle nature , en est loujours réduii à défendre sa liberté de In presse avec la meî'veilieuse lance d'Achille, qui guérii , dit - il , les blessures qu'elle fait. Le secret y sans doute j en est beau ^ comme dit La Fontaine; et quel dommage qu'il soit d'une origine si difficile à vérifier ! Mais en tout cas, c'est un singulier expédierii que celui qui force les gens de recourir à une fable pour avoir raison. Quant à moi , je ne suis nullement convaincu par l'exemple de la lance d'Achille. J'en connais un autre auquel j'aurais plus de confiance, et que je crois mieux constaté ; c'est celui du scorpion /qui passe généndcment pour guérir ses 'propres morsures, pourvu qu'on sache se hâter d'employer le remède ; caril fàiît immédiatement prendre l'animal et l'écraser sur la blessure. Messieurs les écrivains révolulionnaires veulent-ils du marché ?