SAMEDI # OCTOBRE
Houppeville étant malade est remplacé par Lhonoré. Mathieu Goutar, de Vernon, demande l’autorisation de soutenir sa thèse d’agrégation. Renvoyé aux calendes de juillet.
Nicolas Saunier est élu à la place de médecin
du Roi; il refuse à cause de sa mauvaise santé, et Germain Lhonoré est nommé à sa place, pour la présente année.
20 OcToBre 1694.
Balthazar Néel, de Dieppe, demande l'agrégation. On lui donne, pour sujet de thèse, le suivant : Ÿ a-t-1l, pour les fièvres qui séeissent en ce moment, un seul et unique remède ?
4% Janvier 1695.
L'examen de la thèse de Balthazar Néel (envoyée au domicile de chaque membre), est renvoyé à la prochaine séance. ( LHonoré.)
12 Janvier 1695.
La these de Néel contient des erreurs médicales, philosophiques et grammaticales. Si ces erreurs sont le résultat de fautes typographiques, il faut lui donner le temps de les corriger et de solder la contribution de 300 livres pour sa réception. En conséquence, la discussion de cette thèse est renvoyée à un autre Jour. ( LHONORÉ.)
Sur la demande de Néel, il est renvoyé au mois de mars.
Germain Lhonoré donne lecture des Statuts modifiés et corrigés. Ils sont adoptés. (Luonworé.)
3 ET #4 Mars 1695.
Réunion solennelle du Collége dans la grande salle des Carmes, en présence du premier président du Parlement, de plusieurs Conseillers et de tout ce qu’il y avait de plus distingué dans les autres ordres; Balthazar Néel soutient sa thèse etses propositions. La question, tirée au sort, est la isuivante : Une hydropisie de poitrine existe chez une femme de cinquante ans, qui souffre d'oppression toutes les nuits : la dispnée cesse tous les matins ; il arrive un moment où la malade ne peut plus se baisser sans étouffer. Quelle en est la cause” Ayant convenablement répondu à toutes ces questions, il est admis, et prête serment aux Statuts de l’ordre.
9 Mars 1695.
Un sieur Delahogue, médecin , est autorisé à se présenter.
21 Mars 1695.
Après avoir donné connaissance des lettres de réception de Delahogue à l’Université de Caen, Germain Lhonoré pense, et le Collége adopte son opinion, qu'il ne peut être admis avant davoir soutenu de nouveaux actes probatoires, pour l'agrégation, et fait cette déclaration textuelle : | | Le Collége des médecins de Rouen, assemblé, ayant lu et examiné les lettres de docteur du sieur Delavigne, dit Delahogue , qui ont été mises ès mains de M. Germain Lhonoré, conseiller et médecin du Roi, par le ministère de Hingray, huissier en la chancellerie, le.... de ce mois, après les avoir examinées, les a trouvées défectueuses et inadmissibles, en ce qu’elles ne sont point accompagnées delettres-ès-arts, ni d'aucune attestation de quatre années d’études en médecine, non plus que des thèses par lui soutenues publiquement pour obtenir les degrés de bachelier et de licencié, dont les jours ni les dates n'étant pas spécifiés, c’est une preuve qu'il les a obtenus per saltum, et sans aucun intervalle, ce qui est contraire aux Statuts des Universités du royaume. C’est pourquoi le Collége à , tout d’une voix , arrêté de donner mission audit sieur Lho-
noré, afin de poursuivre l'instance par lui com-
mencée contre ledit sieur Delahogue, pour faire dire que, faute par lui de satisfaire aux condi-
tions ci-dessus, ainsi qu'aux articles des Statuts
concernant l'agrégation, dont il lui sera baillé copie, défenses lui seront faites de pratiquer ni exercer la médecine dans la ville de Rouen, ni dans l'étendue dudit Collége, à peine de mille livres d'amende, de tous dépens, dommages et
‘intérêts. »
11 Avriz 1695.
Cette séance, transportée à ce Jour, à cause
des fêtes de Pâques, on y invite le sieur Goutar,
pour la prochaine séance, à se vêtir décemment ( en robe ) pour venir y prononcer son discours et subir son argumentation.
18 Avril 1695.
Séance extraordinaire relative au procès Dela-
hogue.
% Juizzer 1695.
On ne pourra recevoir Delahogue que lorsqu’au préalable, il se sera fait recevoir maître-
ès-arts.
20 Juizzer 1695.
Le sieur Delahogue vient de se faire recevoir maître-ès-arts en l’Université de Caen. Son discours a paru faible et indigne d’un homme lettré. On lui donne pour sujet de thèse celui-ci : Le mercure administré pendant un accès de colique bilieuse, ne donne-t-il pas lieu à une paralysie incomplète ? Gette thèse sera soutenue à la fin d'août.
3 OCToBRE 1695.
Delahogue demande à soutenir sa thèse cinq Jours après l’époque fixée. On le refuse. A l’unanimité François Gallement est nommé médecin du Roi pour un an.
Ce même jour Goutard, médecin de Vernon, obtient cette question : Peut-on administrer la racine du Brésil dans la pleuresie et la dysenterie résultant de la suppression des lochies, pendant la fièvre puerpérale? Cette question devra être soutenue avant la fête de Noël.
Germain Lhonoré et François Gallement, aprés avoir examiné la thèse Delahogue, n'y
trouvent rien qui puissent blesser les mœurs et la religion catholique. La majorité des membres présents décide que le soutien de la thèse aura lieu les 14 et 15 de ce mois. Sur sa représentation qu'il aurait à peine le temps de faire imprimer sa thèse, on lui demande le nom et le domicile de son imprimeur. Il finit par accepter les Jours indiqués.
11 OcroBre 1695.
Signification par huissier.
« Cejourd'hui, 4 heures après midi, le Collége assemblé pour délibérer sur l'opposition formée par les sieurs Questier et Saunier, aux actes que
doit faire le sieur Delahogue dans la salle des Carmes, laquelle il aurait communiquée manuellement à l'huissier, Germain Lhonoré, conseiller et médecin du Roi, année présente , audit Collége, et fait signifier à M. François Gallement, docteur agrégé audit Collége, suivant l'exploit de Hébert, sergent, daté de cejourd’hui, a résolu et arrêté que, sans avoir égard à l’opposition, comme étant sans fondement, et faite par des particuliers qui n’ont nul pouvoir de le faire, ledit Delahogue fera ses actes publics audit lieu : lesdits jours 14 et 15 de ce mois, à laquelle fin, le Collége prétend décharger ledit sieur Delahogue de cette opposition ; laquelle délibération lui sera
signifiée aux fins d'y satisfaire, et icelui sommé de se trouver auxdits jours 14 et 15 de ce mois, à l'heure marquée dans sa thèse, audit lieu des Carmes , lui déclarant que le Collége ne manquera de sy assembler en corps, et que, faute par ledit sieur Delahogue de s'y trouver, ledit Collége prendra son défaut pour une preuve d'incapacité, et comme un désistement de sa prétention à l'agrégation dont il ne se sent pas capable de soutenir les examens. »
13 Ocrogre 1695.
Séance extraordinaire du matin pour sommer de nouveau Delahogue de ne pas manquer aux jour et heure indiqués, nonobstant l’opposition de Questier et de Nicolas Saunier, dont le procureur du Roi le délie.
14 OcroBre 1695.
L’après-midi, après une heure d'attente en séance solennelle, la femme Delahogue a déclaré que son mari est parti pour la campagne, et que, par conséquent , il ne peut comparaitre. Le Collége lui fait donner la signification suivante :
« Le Collége des médecins de Rouen assemblé en la salle des Carmes, cejourd’hui 14 octobre 1695 , une heure après midi, aux fins de l’agré-
gation du sieur Delahogue, conformément aux délibérations, lesdits jour et heure marqués et agréés par ledit Delahogue; et, en conséquence de l’ordonnance de M. le lieutenant général, sur les conclusions de M. le procureur du Roi; le tout signifié audit sieur Delahogue ledit jour d’hier , avec sommation de se rendre auxdits lieu, jour et heure, aux fins que dessus; et, après avoir attendu pendant 3 heures ledit sieur Delahogue , dans la salle des Carmes , où il s’est trouvé plus de 300 personnes de tous états, nous avons requis M. Crespin , sergent, de se transporter de rechef en la maison dudit sieur Delahogue, pour Pavertir de venir incessamment dans la salle des Carmes, où ledit Collége était assemblé ; et, à son retour, il nous aurait dit avoir parlé à la demoiselle femme dudit sieur Delahogue, qui Vaurait assuré qu'il ne viendrait pas, et qu’en sortant de ladite maison, il aurait vu entrer ledit sieur Saunier , médecin, dont nous avons requis ledit sieur Crespin de nous délivrer son procèsverbal , et avons fait lecture de tout ce que dessus
à l’assemblée, après quoi, nous nous sommes retirés. »
2 DécemBrEe 1695.
« Le Collége des médecins de Rouen, assemblé ledit jour et an , en la maison du sieur Gallement,
conseiller, médecin ordinaire du Roi, pour délibérer sur le désistement qui a été signifié le 2 dudit mois et an, à la requête du sieur Delahogue , sur le procès pendant en la Cour, entre lesdits sieurs médecins et ledit sieur Delahogue et les sieurs Questier et Saunier.
«Il a été arrêté que, vu le désistement cidessus, on ne poursuivrait point à la rigueur ledit sieur Delahogue, et qu’on suspendrait toutes procédures commencées contre lui, que même on ne ferait point appeler la cause pour avoir un arrêt d’acquiescement , pour faire juger les dépens, au moyen de quoi ledit sieur Delahogue s’est soumis et obligé de payer généralement tous Les frais déboursés à l’occasion de cette affaire par le sieur Lhonoré, suivant le mémoire qu'il a présenté au Collége , que ledit sieur Delahogue remettra incessamment entre les mains dudit sieur Lhonoré, et, faute par lui d’y satisfaire, il a été résolu que l’on continuerait les suites contre ledit sieur Delahogue, et que l’on poursuivrait l’audience de la Cour, sans aucun délai.
Quant aux sieurs Questier et Saunier assignés, après avoir examiné leur conduite et leurs procédés, tant sur leur opposition que sur tout ce qui a été fait de conséquent à la requête de M. Gambier , leur procureur, sur ladite instance, il a été arrêté, d’une voix unanime, qu’en con-
tinuant les premières délibérations produites audit Gambier, qu'ils ne seront plus appelés aux assemblées collégiales, et vu l'intelligence qu'ils ont eu avec ledit sieur Delahogue, il à été aussi résolu qu’ils n’auraient aucune voix délibérative pour l'agrégation dudit sieur Delahogue ; qu’ils seraient exclus du Collége, tant par la présente délibération, que par les procédures que lon communique à leur procureur, notification qui leur sera faite au nom du Collége par le ministère de Gallement, conseiller et médecin ordinaire du Roi. » |
Delahogue , sur son engagement, est admis à soutenir et argumenter sa thèse le 26 Janvier.
À partir de ce jour, toutes les fois que l’on élira un chirurgien royal, une séance aura lieu dans laquelle le chirurgien sera contraint de faire des dissections anatomiques, et François Gallement , le discours.
28 Janvier 1696.
Il a été arrêté que le sieur Delahogue , apres avoir soutenu sa thèse de médecine, ne serait point admis ni immatriculé audit Collége, vu
son incapacité qui à paru généralement notoire dans toutes les parties de la médecine ; ce dont toute la Compagnie est convenue.
17 Mar 1696.
« La délibération du 28 sera notifiée et signifiée audit sieur Delahogue , à ce qu’il ne continue plus à l'avenir de pratiquer la médecine en la ville de Rouen , conformément aux Statuts dudit Collége , aux lettres-patentes, édits, déclarations, arrêts du Conseil, et arrêts du Parlement, et à la sentence rendue contradictoirement avec ledit sieur Delahogue, vu son refus pour incapacité. Le Collége a aussi arrêté que ledit sieur Delahogue sera remboursé de la somme de 300 liv.
qu'il a garnie en la manière ordinaire pour lhonoraire des aspirants à lagrégation ; pourquoi ledit sieur Gallement lui fera signifier autant de la procédure, délibération, autant de ceile du 28 janvier dernier ci-dessus énoncée, pour qu’en exécution de ladite délibération , il se retirera vers ledit sieur Lhonoré, pour recevoir de lui la somme de 300 livres, en lui remettant entre les mains le recepisse que ledit sieur Lhonoré lui a baillé lors du garnissement, dont il donne la quittance, suivant qu'il a été arrêté, et que
ledit sieur Lhonoré rapportera au Collége à la première assemblée , pour sa décharge. Les lettres présentées par ledit sieur Delahogué lui seront remises entre les mains, et, afin que cette délibération ait son plein et entier effet, ledit sieur Gallement est chargé et autorisé, au nom de la Compagnie, de la notifier aux gardes apothicaires et aux chirurgiens royaux, aux fins de dénoncer à leurs communautés, pour ne pas exécuter, chacun en leur profession , aucune des ordonnances dudit sieur Delahogue. »
8 Mar 1696.
Nous, conseiller , médecin du Roi, certifions avoir notifié aux sieurs Questier, Saunier et Delahogue, la délibération du Collége des médecins de Rouen, en date du > de ce mois, et à cet effet avoir été exprès chez eux, et laissé à chacun en particulier autant de ladite déclaration que nous avons extraite des registres du Collége.
Le Collége assemblé en la manière accoutumée pour délibérer sur ce qui a été remontré par M. François Gallement, conseiller-médecin ordinaire
du Roi, qu'il avait cité pardevant M. l’intendant, le chirurgien royal et la communauté des chirurgiens de cette ville , pour faire régler avec eux quelques droits et fonctions de la charge de conseiller-médecin ordinaire du Roi.
« Il a été arrêté que l’on poursuivrait lesdits chirurgiens au Bailliage de Rouen; que M. de Houppeville et Lenoble seraient chargés des poursuites, pour faire assigner devant M. le lieutenant général l’un des chirurgiens jurés royaux, tant pour lui que pour la communauté, et faire toutes les suites et diligences nécessaires pour poursuivre l'instance partout où il appartiendra, jusqu’à ce que tous leurs droits soient réglés, tant pour les discours anatomiques que les rapports, comme aussi pour leurs droits et prérogatives lors de l'examen et la réception des chirurgiens , sages-femmes et autres, et pour voir faire défense aux chirurgiens de faire aucune ordonnance de médecine , ni de la pratiquer directement ou indirectement. »
5 OcTroBre 1696.
Élection de Desfonteines comme conseillermédecin du Roi, dont les fonctions commenceront à la prochaine fête de saint Luc.
7 Novemere 1696.
Le Collége des médecins assemblés en la maison de Desfonteines, exerçant cette année la charge de conseiller - médecin du Roi , pour délibérer sur ce que la communauté des chirurgiens aurait marqué au sieur Doduit, aspirant à la maîtrise de chirurgie pour le bourg d’Elbeuf, une heure pour être examiné sans en avoir communiqué audit conseiller, et sans l'avoir invité.
On a été d'avis de préseriter requête à M. le Lieutenant-Général , et de lui remontrer que c’est une entreprise des chirurgiens contre les droits de la charge de conseiller - médecin du Roi, qui doit donner l’heure aux chirurgiens pour examiner les aspirants, et qu’il leur doit étre enjoint de la venir recevoir de lui.
Sur cette requête , il a été ordonné que, par provision, l’examen serait remis au lendemain deux heures aprés midi.
Le 12 dudit mois, le Collége fut assemblé, et alla saluer M. le premier président (à l’occasion de son retour), auquel le conseiller-médecin du Roi fit un compliment qui fut favorablement accueilli.
Apres des compliments réciproques de nouvelle année, il est résolu qu’on poursuivra le procès
ser, VON =
commencé contre les chirurgiens. MM. de Houppeville et Lenoble seront toujours chargés de donner leurs soins en cette affaire.
On délibère si l'on parlera des lettres de doctorat de M. de Saint-André, qu’on avait mises aux calendes d’octobre entre les mains de M. Lenoble, pour les examiner; mais, en l'absence dudit sieur de Saint-André, on remet l’examen aux calendes d'avril.
( Suit un passage sans date, et si mal écrit, qu'il est impossible de savoir si Saint-André, qui parait avoir exercé la médecine pendant 22 ans, est digne ou indigne de passer les actes probatoires. Lenoble, qui écrit si mal, a signé tres lisiblement. )
13 Avriz 1697.
Rien dans cette séance qui soit digne d’être rapporté.
2% AvriL 1697.
On lit le mémoire signifié par les chirurgiens. Lenoble est chargé d'y répondre.
6 Mar 1697.
On lit la réponse de Lenoble, qui est trouvée
courte , mais convenable, et approuvée de toute
la Compagnie qui l'en remercie et le prie de la faire signifier, en attendant les ordres de M. le premier président, qui voulait se donner la peine de concilier les deux ordres, ce que les chirurgiens refuserent.
22 Aour 1697.
On entend la lecture de la signification faite par les chirurgiens , de la sentence rendue au Bailliage, le dernier jour de juillet. On est d’avis d’en appeler et de présenter requête au Parlement, pour quil soit permis, par provision, de procéder incessamment à la reception des aspirants en chirurgie, et au médecin du Roi de faire les premières questions à l’aspirant, et défense aux chirurgiens, tant royaux qu’autres, de l’interrompre, ni de faire nulles demandes que quand il aura fini de parler ; ce qui, ayant été fait sur-le-champ, il a été donné arrêt qui accorde les fins de la requête. |
8 OcTogre 1097.
On propose l’agrégation en faveur de M. Du-
e ° . L4 4 e & vivier, qui a exercé la médecine à Elbeuf pendant plusieurs années, et obtenu à Caen ses
orades de maitre-es-arts, M° Néel est chargé d’exa-
miner son mémoire. Le candidat se soumet volontiers aux exigences du Collége et l’en remercie.
En l’absence de Desfonteines , l'unanimité des suffrages appelle M° Leroble à exercer la charge de conseiller-médecin du Roi.
31 OcTogre 1697.
M° Desfonteines fait sommer le sieur Helys, chirurgien royal, d'obtenir le cadavre d’un supplicié pour faire la démonstration des opérations de chirurgie. Le sieur Desfonteines fera les discours nécessaires sur chaque opération. ( LENOBLE. )
13 NovemuBre 1697.
Le Collége va présenter ses respects à M. le premier président à son retour.
M Lenoble, revenant d’un voyage, reprend sa charge de médecin du Roi.
4 OcToBrE 1698.
Le Collége assemblé dans la maison de M. Lenoble, conseiller - médecin ordinaire du Roi, pour choïsir et nommer, à son lieu et place, un médecin dudit Collége, pour faire les fonctions de médecin du Roi pendant un an, M° Néel, mé-
decin dudit Collége, à l'unanimité, à été choisi et nommé. ( LeNoBrE. )
4 OCTOBRRE 1700.
( La page 95-96 du manuscrit manque. )
Pour remplacer M° de Houppeville à la charge de médecin du Roi, Germain Lhonoré est élu à cette fonction, ( Houppeville. )
Germain Lhonoré présente à l'agrégation son fils M° Alexandre - Bernard Lhonoré , docteur en médecine; le Collége accepte sa demande avec les preuves officielles de sa capacité. Il réclame qu'on veuille bien lui nominer , à lui Germain Lhonoré, un remplaçant, et sort incontinent de sa Maison , pour ne pas porter atteinte à la liberté du vote. — Pas d’épidémie. ( Laonorf. )
8 Avriz 1701.
La séance se tient dans la maison de Houppeville. On s'occupe de l'agrégation de Al.-B. Lhonoré, docteur-médecin de Caen; on lui donne pour sujet de thèse , le douzième Aphorisme du
3° livre, qu’il devra soutenir devant le Gollége assemblé aux calendes de juillet. (HouPPEVILLE.)
Lhonoré fils soutient sa thèse au jour fixé.
10 Aout 1701.
Par suite de la brillante réception d’Alexandre- Bernard Lhonoré, il est admis immédiatement comme agrégé du Collége.
Le Collége, suivant l’édit du Parlement, s’assemble extraordinairement pour délibérer sur la réponse à faire à cette triple demande : Quelle est l'opinion des médecins sur les qualités du cidre nouveau, doux et fermenté, et sur ses qualités nutritives? Quand ces divers points seront examinés, indiquer leurs effets dans cette province, en raison de son usage général.
Tous sont d'avis que le cidre nouvellement sorti du pressoir, est éminemment contraire à la santé, puisqu’en effet il résulte de son usage une foule de maladies du ventre, telles que l'hypocondrie, des obstructions, d’affreuses indigestions, des vents , d'atroces coliques, des flux ,
1 Cet Aphorisme est celui relatif à l’influence de la saison sur les avertements,.
des diarrhées, des dysenteries. Aussi son usage doit-il être évité avec soin par tous ceux qui désirent conserver leur santé.
Mais lorsqu'il a été purgé par la fermentation et bien clarifié, il possède, au bout de quelque temps , une saveur agréable et légèrement vineuse , et n'est pas seulement salubre, mais peut singulièrement exalter l'esprit. Il devient propre à combattre les effets de l’humadité. est comparable, à cause de l’analogie de ses principes ,aux effets du vin, dont la puissance, contre /’hurmidité primitive, est connue. Donc, le cidre est propre à rétablir l'abondance des sucs nourriciers. et à rendre des forces aux convalescents.
Enfin, quand le cidre prend de l’acidité , il devient dur, comme on dit; comme boisson ordinaire , il est absolument contraire à la santé ; employé comme sauce, il ne peut produire aucun effet fächeux, ainsi que l’apprend Pexpérience journalière faite si fréquemment dans cette province... Il est plus puissant dans les parties obtuses qu’aigués, moins dans celles de la poitrine que dans les parties inférieures. Il offre cette particularité, que dans les voyages de long cours, il se défend plus long-temps que le vin lui-même contre l'altération acide, d'ou s'explique facilement la préférence qu’on lui accorde pour la navigation. Chacun ayant approuvé
cet avis l’a signé. —{ Cet avis, il y a ici erreur de date, a été donné en mai; on n’a pas indiqué le jour ; puis, plus bas, à la même séance, on lit: le Collége convoqué comme ci-dessus, le 3 juillet.)
Un nommé Lecerf, docteur en médecine, de Caen, présente sa requête pour être admis à l’agrégation, avec quelques pièces probatoires de ses grades. Lenoble est prié de les examiner, et elles lui sont immédiatement confiées. (LHoNoR.)
15 Ocrogre 1701.
Jean Desfonteines est élu conseiller-médecin du Roi. il refuse cet honneur en raison d’affaires importantes. Sur son refus, on nomme Germain Lhonoré, qui accepte.
M° Lenoble annonce qu'il a examiné les titres et les pièces dudit Lecerf, qu'il y a trouvé plusieurs irrégularités ; en conséquence de quoi, il ne propose pas son admission. {J’après cet avis, le Collége rend le décret suivant : « Le Collége assemblé en la maison de M° Lhonoré, pour délibérer sur la requête présentée par le sieur Pierre- Théodore Lecerf, né à Caen, aux fins d’être agrégé audit Collége ; oui le rapport de Me Lenoble, médecin agrégé dudit Collége , choisi et nommé commissaire pour examiner les requête et pièces y attachées ;
(Al a été arrêté, d'un avis unanime, que la requête du sieur Lecerf, serait rejettée, vu qu'il ne justifie pas suffisamment de l’énoncé en sadite requête , et vu le défaut, dans ses attestations d’études , de son inscription au registre du doyen de l’Université de Paris , la nullité des lettres de docteur en médecine de l’Université de Pont-à- Mousson, pour le Collége des médecins de Rouen, qui n'admettent à l'agrégation que les médecins d'Universités fameuses, comme Paris, Montpellier et Caen; vu aussi la nullité des degrés de licencié et docteur en médecine , à Caen, qu’il a obtenus en trois Jours, contre tous les réglements , sans garder les intervalles requis et nécessaires pour se présenter à l'agrégation des médecins de Rouen, lesquels degrés de licencié et de docteur ont dû encore étre précédés du degré de bachelier en ladite Université de Caen ; et tous les degrés obtenus en gardant et observant les intervalles requis et nécessaires pour, ensuite et après l'obtention desdits degrés , conformément aux réglements , exercer et pratiquer la médecine pendant deux années entières dans une autre ville que Rouen , après y avoir été autorisé par le juge du lieu , en rapporter des certificats dûment légalisés, et en forme , des médecins , chirurgiens et apothicaires du lieu de sa résidence , ensemble un certificat pour justifier
= be
qu'on s’est acquitté de tous les devoirs de la religion catholique, apostolique et romaine , à quoi ledit sieur Lecerf n'ayant satisfait, et vu toutes les autres nullités ci-dessus spécifiées, il a été aussi arrêté, d’un avis unanime , que, sur les degrés obtenus par ledit sieur Lecerf, au Collége des médecins de Rouen, et autres pièces y attachées, il ne peut ni ne doit être admis à la tentative pour l'agrégation, suivant et conformément aux lettres-patentes, statuts, édits et déclarations de Sa Majesté, arrêts du Conseil et de sa Cour, et autres règlements.
« Donné en conséquence , fait et délivré même jour, mois et an que dessus. »
Et au pied de cet écrit sont ces mots : « Je soussigné reconnais que M: Lenoble m'a rendu ma requête et pièces y attachées au nombre de douze, toutes paraphées de sa main par première et dernière, pour y avoir recours et être représentées si besoin est, et que M° Lhonoré, conseiller et médecin du roi, m’a donné autant de la délibération arrêtée au Collége des médecins Île 15 de ce mois, sur mes requête et pièces.
« Fait à Rouen, en la maison de M° Lhonoré, le 19 octobre 1701. Signé LEGERF. »
Le Conseil décide que, si l’urgence s'en faisait sentir, chacun des membres apposerait sa signature au bas de cette délibération.
12 NovemBre 1701.
Un certain charlatan avait obtenu de autorité la permission de vendre un baume merveilleux , suivant son prospectus ; au bas de cette permission, les conclusions du procureur général confiaient au médecin du Roi la mission d'examiner cette composition secrète, et de donner, par écrit, son opinion sur la valeur de ce remède.
Le Collége assemblé , après avoir blâmé la facilité avec laquelle on accordait les licences de ce genre , rend le décret suivant :
« Le Collége, etc., etc., sur la communication de M Lhonoré qu’il aurait eue d’une requête présentée à M. le lieutenant général, par le nommé Duclos, et d'un imprimé joint à sa requête pour être autorisé de vendre et distribuer une huile qu'il prétend être propre pour guérir une infinité de maladies , au bas de laquelle requête est l’ordonnance de M. le lieutenant-général dont soit montré à M. le procureur du Roi, en date du 10 de novembre 1701, et les conclusions de M. le procureur du Roi dudit jour et an, aux fins de communiquer, avant que faire droit, cette prétendue huile au conseiller-médecin du Roi, pour son attestation vue , requérir ce qu'il appartiendra;
« Apres avoir entendu ledit sieur Duclos, lu
son imprimé sur les vertus qu’il attribue à son huile, qu'il nomme hébraïque, sans en avoir pu rendre raison et examiné une petite fiole de cette huile, et qu'il est demeuré constant que ledit Duclos était un pauvre malheureux , se disant savoyard , sans aucune connaissance , ne sachant pas même lire, ni écrire , quoique le ütre de son imprimé soit latin et conçu en ces termes : fama volat virlus occulta perit, et que la prétendue huile et les affiches ne sont propres qu’à tromper le public et lui imposer, et que , d’ailleurs, il n’a aucun droit ni privilége pour demander la permission de distribuer aucun remède;
« Il a été arrêté que ledit M° Germain Lhonoré et Me François Lenoble, se retireront , au nom du Collége, vers M. le lieutenant-général et M. le procureur du Roi, pour demander que défenses soient faites audit Duclos de résider en cette ville pour la distribution de son remède, comme à tous autres charlatans ; empiriques et coureurs, et que la présente délibération sera mise au pied de ladite requête pour leur valoir d’opposition sur la demande dudit Duclos. »
Séance passée à s’adresser des compliments mutuels de jour de l'an, et à former des vœux
pour que le Collége ne se livre qu’à des actes dont il ne puisse, plus tard , se repentir.
15 Janvier 17092.
Délibération pour juger si les visites faites et les remèdes fournis par un certain chirurgien de la banlieue, nommé Paul Drouet, peuvent être réclamés par lui, à l’occasion d’une maladie qui a sévi dans la banlieue, sur un point où il n’avait pas le droit d'exercer. D'un avis unanime, le Collége décide qu'aucun honoraire ne lui est dû, pas plus à lui qu’à tous autres qui se trouveraient dans le même cas; qu’aux seuls médecins du Collége incombe ce droit, attendu que le sieur de Bettencourt, dont il est question , est le client de Gallemant qui l’a traité pour une maladie interne, et que les médicaments devaient être fournis par un apothicaire. ( LHonoRr.)
15 Avriz 1702.
On demande qu'il soit établi dans la ville des règlements sévères contre l’exercice illégal de la médecine, les empiriques et les charlatans qui compromettent la santé publique. Le Collége, dans les attributions duquel est placée cette surveillance, déclare qu’il les traduira devant les
Vo —
tribunaux , ét nomme spécialement M‘ Lenoble pour s'occuper activement de cette partie importante du service médical. ( LHoworé. )
3 JuiLzer 17092.
Lenoble déclare que, par suite du mandat qui lui a été confié, il aurait pu poursuivre plusieurs charlatans qui pratiquent en ville, mais qu’il n’est revêtu d'aucun caractère officiel pour exercer les poursuites. D’une voix unanime, le Collége ordonne qu’un duplicata écrit de sa commission lui sera adressé, et qu'il devra poursuivre, sans retard, Durand , Dupré, Duval et autres empiriques actuellement à Rouen.
3 OcToBrEe 1702.
Pas de maladies épidémiques. Élection de Desfonteines à la charge de médecin du Roi.
Il accepte.
2 Janvier 1703.
Épidémie de dysenterie. Chacun expose franchement sa méthode de traitement , et cite ses observations à l'appui. ( DEsFONTEINES. )
Ines DE Février 1703.
Le Collége est informé par M° Lenoble qu'il a été insulté et outragé par les chirurgiens ; que, dans l'amphithéâtre d'anatomie, M° Desfonteines, professant en public les opérations chirurgicales, à éprouvé le même traitement ; que de ces faits importants il a été porté plainte au procureur du Roi et au lieutenant-général pour qu'ils aient à poursuivre ces drôles ( nebuloribus ), que le Collége veut prendre à partie. Une souscription , bientôt remplie, est recueillie pour faire face aux frais du procès. (DEsFonTEINEs. )
CALENDES D’AouT 1703.
Le lieutenant-général adresse un remède secret d’un sieur Morsé, médecin ambulant, contre le rhumatisme fibreux et articulaire, avec invitation au Collége de lui donner des renseignements.
Après un examen scrupuleux du remède, le Collége déclare qu'il est moins qu'utile, qu’il est éminemment dangereux, et mettrait en péril de mort la vie de ceux qui pourraient l’employer. ( DESFONTEINES. }
Après la mort du premier président de Montholon, de regrettable mémoire pour la pro-
vince et le Collége que, pendant dix ans, il avait soutenu de sa protection, il est remplacé par M. de Pontcarré, maître des requêtes , qui devient premier président.
Aussi, à son arrivée (le 15 septembre ) , le Collége se rend au-devant de lui pour le complimenter. Au discours de Desfonteines , il répond d’une manière fort gracieuse, et promet Sa bien veillance au Collége. ( DESFONTEINES. )
8 Ocrogre 1703.
Pas d’épidémie. — Les chirurgiens font enfin une réponse aux plaintes du Collége; cette réponse parait trop longue à la première vue pour être lue précipitamment ; Houppeville, Lhonoré et Lenoble sont chargés d’en prendre connaissance et d’y faire une réplique.
Lenoble est élu médecin du Roi en remplacenent de Desfonteines , dont les fonctions sont expirées. ( DESFONTEINES. )
CaLennes D'OCTOBRE 1704.
Noël est élu médecin du Roi.