‹ Le Collége des médecins de Rouen, ou documents pour servir à l'histoire des institutions médicales en NormandieChapitre 35 sur 61 · AVRIL · texte numérisé non relu

AVRIL

Lé 0 < 5 A 9 # e Hénaut et Roquette, aspirants à l'agrégation : sont présents; leurs titres sont remis, pour être examinés , à Néel père et Reu, médecin dun Roi.

8 JANvIER 1716.

1! s’agit de la réception de Jean-Baptiste Hénaut, docteur-médecin de la Faculté de Caen, dont les titres ont été examinés , et qui a payé les 300 liv. d'honoraires. Il est autorisé à soutenir sa thèse, et obtient le sujet suivant : S2 dans l'orgasme d'une Jièvre continue avec lienterie” et hoquet, les pur-

re rire par gatifs sont préférables à la saignée ?( EsrarD.)

‘ Expression remarquable pour l’époque.

2% AvriL 1716.

On ne rend pas compte de l’état du trésor, parce qu'il n’y a pas eu de dépenses.

10 Jouer 1716.

La these de Hénaut n’est pas sortie encore de chez limprimeur.

17 Ocro8re 1716.

Les jours où il pourra soutenir sa these sont fixés aux 8 et 9 mars 1717.

Jean Rocquette, se disant médecin de la Faculté de Reims, ne parait pas apte à être admis à l’agrégation avant qu'il ait obtenu un grade dans une Académie renommée, soit Caen, Montpellier ou Paris. Le même jugement avait été déjà porté l’année derniere.

Il est décidé que ceux des membres qui possedent déjà depuis long-temps des livres, lettres ou autres pièces appartenant au Collége, les déposeront aux archives actuellement chez Michel Estard.

De Houppeville est nommé médecin du Roi.

Estard , conseiller sortant, remet 70 liv. entre les mains de Houppeville. On fait observer que Reu n’a pas encore rendu ses comptes; il est à la campagne.

SAMEDI 13 FÉvRIER 1717.

Hénaut passe sa thèse d'agrégation sur cette série de questions : Les eaux de Forges sont-elles Préférables à celles de Rouen’? Parmi celles de Rouen , quelles sont celles à préférer ? Le candidat est recu et prête serment. ( HOUPPEVILLE. )

8 ET 9 Mars 1717.

Il soutient sa these.

4 OcTogre 1717.

Lhonoré remplace Houppeville.

Ce même jour, Houppeville fait constater que le registre des délibérations manque de plusieurs feuillets où se trouvaient les actes des examens et de la réception de Me Estard, et plusieurs

Y Maréquerie, Saint-Paul.

autres actes d'importance; que le registre lui avait été donné en cet état par M° Estard, ce qui est constaté par l'apport du registre.

Houppeville a représenté cejourd’hui que, dans l'assemblée du 19 janvier dernier, le Collége l’avait chargé de s'informer de l’auteur de cette entreprise, et d’en donner connaissance à monseigneur le premier président et à M. le procureur général du Roi, ce qu’il avait fait en portant le livre, et leur faisant voir l’enlèvement des feuilles en question. Ils furent surpris et ordonnérent d'informer. Par cette information, M° Houppeville dit qu’il avait appris que ces feuilles étaient entre les mains de M° Fenoble, ancien collègue, qui déclara avoir informé de cette découverte M. le président de Motteville, en l’absence de monseigneur le premier président; que ledit seigneur président avait eu la bonté de mander chez lui M° Lenoble, en l’invitant à lui apporter lesdites feuilles ; il y manda aussi M° Houppeville, conseiller-médecin du Roi, et Me Lhonoré, tous trois à la même heure; que mondit seigneur le président de Motteville demanda audit M° Lenoble lesdites feuilles ; que M° Lenoble les lui rendit; que M° de Houppeville fit connaitre, par le replacement de ces dites feuilles dans le registre en l'endroit d’où elles avaient été tirées, qu’elles étaient les feuilles en question; ledit seigneur pré-

sident demanda à M° Lenoble qui est-ce qui lui avait donné lesdites feuilles , M° Lenoble répondit que c'était M° Estard, son confrère.

Il fut alors ordonné à M: Houppeville, alors médecin du Roi, de faire relier lesdites feuilles dans le registre à la place qu'elles occupaient, et de faire renuméroter les feuilles. — En l’absence de M° Estard, le Collége remet sa délibération à un autre Jour.

24 Janvier 1718.

Le Collége assemblé pour faire exécuter , à M‘ de Hénaut, la délibération qui fut prise dans la salle des Carmes, lors de son agrégation , il a été arrêté unanimement que, vu que le registre du Collége n’était point aux Carmes dans ce temps , et que les conditions auxquelles il a adhéré, sont au dos de la thèse qu’il a signée, et qu’il a renoncé à suivre, pour l'aventr, sa doctrine des solides et fluides ; que ladite thèse sera insérée, pour en faire foi, à la page de ladite délibération faite pour sa réception , en exécution de quoi les termes employés au dos de la thèse ont été transcrits ainsi : « Le Collége, après avoir entendu les réponses de M° de Hénaut, durant deux jours, sur sa thèse et sur sa fortuite!, a décrété de lui or-

? Question tirée au sort,

donner que, dans la pratique , il ne suivra pas le système des solides el fluides, et qu'il ne traitera aucune maladie de conséquence sans l'avis d'un de ses collègues pendant deux ans, et, à ces conditions, il a été reçu aujourd’hui 9 mars 1717. Signé, DE HÉNAUT, et DE HouPPEvILLE, médecin du Roi.

Instruits par l'exemple d’Estard, qui avait fait disparaître les feuilles du registre injurieuses pour lui, mais qu’il avait méritées, le Collége passe outre, et décrète qu’à l'avenir, pour éviter toute espèce de soustraction, toutes Les pièces seront conservées dans des archives fermées ; il y aura trois clefs, l’une restera toujours entre les mains du doyen du Collége, la deuxième au médecin du Roi, la troisième au plus ancien membre après le doyen. ( LHoNorE. )

1° Ocrore 1718.

François Lenoble , médecin du Roi.

( L'année 1719 manque. )

“Le Collége des chirurgiens de Rouen ayant refusé de payer les 5o liv. dues au médecin du

Roi, qui fait les discours anatomiques où ceux

ns

sur les opérations , a commis Néel pere, pour faire les diligences et poursuites nécessaires en justice pour contraindre à remboursement. Reu et Estard lui sont adjoints. ({ Néer. )

Marpr 20 Aour 1720.

La place de médecin du Roi étant devenue vacante par la mort de Balthazar Néel, Germain Lhonoré est élu pour le remplacer jusqu’à la fête de saint Luc. ( Laonont. )

Jacques Rocquette, recu à l’Université de Caen, passe sa these sur la fièvre scarlatine, éminemment pernicieuse. [l est admis à l'agrégation après

avoir prêté serment.

4 OCcToBRE 1720.

Élection de Jean Néel,

Délibération sur l'entrée et ladmission des marchandises suspectes de la contagion de Mar

seille ou des environs.

A la réquisition de M. de Pontcarré, premier

président, de M. de Goujon de Gasville , intendant , du corps des maire et échevins de cette ville, le Collége extraordinairement convoqué en la maison de Me Néel , conseiller-médecin du Roi, pour porter sa décision sur les articles suivants , après une très exacte et attentive discussion, a répondu au premier article :

1° Savons. Que la substance grasse et mucilagineuse des savons et par conséquent très poreuse, développée par l’eau bouillante , en donnant issue aux atomes contagieux, est infiniment capable d’infecter ;

2° Huiles. Que, par la même raison, les huiles contenues dans des barriques dont la substance poreuse s’en laisse toujours un peu pénétrer jusqu'au dehors et par la bonde, ne doivent point être admises, non plus que les cruches qui les contiennent bouchées de liége, recouvertes de cuir ou de vessies de porc ;

3° Le même jugement est porté contre les olives qui laissent échapper de leur substance une saumure huileuse, dont les pores de leurs barils ne sont point à l'épreuve.

4° Figues , raisins, jujubes. Quelqu’évent que l'on puisse faire de tous ces fruits, leur substance mielleuse et très pénétrable les rend trop suspects pour les admettre.

* Diœmérbroek , Description de la peste de Nimègne.

»° Soudes. Les soudes, par leur tissure ferme et plus solide, semblent en apparence moins susceptibles de contagion , mais c’est une masse de sel très poreuse, et dont les petites prisons labyrinthiques sont propres à loger les parties spirales et floconneuses de l'atmosphère. La voix unanime du Collége leur donne exclusion.

60 A l'égard des laines, cotons, lins, fils, chanvres , filasses, soieries, filoselles, pelleteries et tout ce qui en est ou peut être composé, en tout ou partie, la question ne s’en doit point former; elle se décide par elle-même. La triste expérience ne le confirme que trop , et la mémoire nous en est encore trop fraiche en cette ville , que la peste désola en l’année 1668, selon le témoignage public et celui de nos deux plus anciens médecins qui vivent encore, MM. de Houppeville et Lhonoré, que, par l’ouverture qui se fit chez un négociant, d’une balle de laine qui était sortie des pays du Nord, infectée plus de deux ans avant qu'elle causât ici cette contagion pestilentielle qui se termina par une dysenterie épidémique.

Enfin, si, comme le remarque, d’après l’observation récidivée, un des plus célèbres médecins du dernier siècle ( Ettmuller, professeur à Leipsick ), vestes, litteræ, nummi inficiunt ; quelles précautions et quelles réserves de sagesse ne doit-

nn

on prendre ! ne serait-il pas méme louable dy excéder ?

C’est le jugement que nous en portons.

Délibéré à Rouen, le 2 décembre 1720, et enregistré le 13 janvier 1921. En note est écrit : Remis ce jour la copie aux mains de M. Bailleul, procureur du Roi de la ville, qui l’envoya au Conseil de régence , par ordre de M. le premier président, à qui j'avais eu l'honneur d’en faire la lecture. ( Jean NÉEL.)

Le Collége convoqué dans la maison de Michel Estard, on met en délibération la réception de Jacques Lange, docteur de la Faculté de Caen, qui a déposéses titres constatant qu'il avait étudié pendant trois ans. Il est décidé que M° Lange, ayant pris connaissance des Statuts, sera contraint de faire une quatrième année d’études avant d’être admis à concourir pour l'agrégation.

( EsraRD. )

Et, à la même heure, étant encore en séance , s’est présenté Adrien Larchevesque , de Calais, docteur-médecin de la Faculté de Caen, qui présente ses titres pour obtenir l'agrégation, qui, lus avec attention, prouvent qu'il a exercé la

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médecine pendant deux ans dans une ville, et

qu’il plaise au Collége de le recevoir. Leur vérification est confiée à Houppeville.

1% Avi 1793.

Le Collége examine les lettres de maitre-ês-arts présentées par M Edmond Macsuyny, bachelier, licencié, maitre-ês-arts, candidat pour exercer la médecine. Le Collége décide qu'avant de se présenter, le candidat devra présenter un diplôme obtenu dans l’une des Académies suivantes :

Paris, Montpellier ou Caen, et y prendre ses grades. ( Esrar. )

CE MÈME 1* Avrir.

Sont présents: M‘ Larchevesque et Lange, qui sont introduits l’un après l’autre , dans une tenue décente. ls font chacun un discours sur linstitution , et réclament un sujet de thèse pour le traiter et le soutenir, ce qui leur est accordé , à cette condition de payer les 300 liv. d’honoraire. Voici les questions échues à M° Larchevesque :

1° St la péripneumonice peut étre accompagnée d’ictère chez une femme enceinte ?

2° Doit on saisner les calculeux ?

Celle-ci à Lange : Existe-t-il des remèdes spé. ctfiques contre Pasthme des femmes en couches ?

1° "96mnN 7125:

Est présent M° Macsuyny, qui dépose ses lettres de docteur en l’Académie de Caen. Il reçoit cette question à traiter pour thèse : Æxiste-t1l un remède certain contre les affections hy pocondriaques ?

4er OcToBrE 17923.

De Hénaut est élu médecin du Roi.

Dimancue 12 DÉCEMBRE 1723.

Séance extraordinaire provoquée dans la demeure de Jean-Baptiste de Hénaut, pour traduire devant les tribunaux les chirurgiens qui se livrent à la démonstration de l’anatomie. Il est décidé qu’on leur signifiera, par ministère d’huissier , la défense de se livrer à ce genre de démonstration, (DE HÉNAUT.)

Marpti 11 JANVIER 1724.

On s’entretient de l’épidémie de variole qui à régné pendant l'automne.

Larchevesque fournit la preuve qu’il a exercé,

pendant deux ans, dans une petite ville du pays de Caux, près du port de Saint-Valery. Il est autorisé à passer sa thèse.

On donne lecture d’une lettre fort vive de M° Reu, par laquelle ledit M° présente le compte de ses dépenses pendant les deux années de sa gestion , et demande que chaque membre ÿ contribue pour sa part. On pense que cette proposition demande à être mürement examinée. Le Collége se réunira dans la soirée pour réprimer l’ardeur processive de ce membre. (DE HÉNAUT. )

24 Janvier 1724.

Séance pour donner son avis sur l’attaque de Reu et la réponse d’Estard. Les comptes de Reu sont acceptés après les explications d’Estard , qui seront consignées sur le registre.

Sont introduits les syndics des pharmaciens, qui demandent l'établissement d’un code pharmaceutique dans lequel serait repoussée la composition surannée des préparations de fer. Ils recommandent l’usage de médicaments plus recherchés , et la manière de les préparer d’une façon plus convenable.

Ils demandent, dans l'intérêt des malades , que l'on formule les prescriptions en latin.

Ils sollicitent le Collége de présenter une re-

quête aux juges pour sévir contre une foule de charlatans qui exercent impunément la médecine et empoisonnent la ville de remèdes.

Voici Pavis du Collège :

Tous et chacun travailleront à préparer, le plutôt possible, le code pharmaceutique.

Les prescriptions se feront en latin, pour éviter la curiosité des malades et de ceux qui les entourent.

Ils promettent d’employer tous leurs soins à faire des procès à ceux qui exerceront une partie quelconque de l’art de guérir.

5 Avril 1724.

M: L'archevesque demande à soutenir sa these; quoique le Collége soit parfaitement disposé à accueillir, on remet la fixation du jour après le retour de M. le premier président, qui doit être le plus glorieux ornement de la cérémonie.

Lange déclare que sa thèse est terminée; le Conseil le renvoie à deux mois, pour avoir le temps de l’examiner et en ordonner l'impression.

Se présente ensuite un candidat chirurgien de faubourg qui, sous les auspices de M: Gautier, chirurgien de Rouen, présente une requête apostillée par M° Degouey , l’un des premiers lieutenants du premier chirurgien du Raï; laquelle re-

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quète indiquait que le jeudi saint, au mois d'avril, ledit candidat ferait partie de la maison de M° Degouey.

Presqu'en même temps, l'huissier présente requête au médecin du Roi, avec injonction d’assister à l'examen, à 8 heures du matin, si une autre heurene peut lui être agréable. Le médecin accorde l’heure demandée pour lexamen , mais avec la réserve de son droit acquis de fixer l'heure.

7 Jun 1724.

Le médecin du Roi annonce qu'au premier jour du mois , il devait aller dans le local des chirurgiens interroger un candidat en chirurgie ; qu’il avait refusé de faire cet examen dans une autre maison plus convenable, disait-on , et de donner la faculté d'interroger avant lui le candidat ; qu'il ne reconnaissait pas au chirurgien Degouey le droit de s’immiscer dans les affaires de l’ordre des médecins de Rouen.

Et en vertu des lois et règlements maintes fois confirmés , il désire être autorisé à soutenir les droits du Collége ; pour quoi on décide de voir M Perchel, avocat au Parlement, par l’autorité duquel on peut mener à bien la controverse avec le chirurgien susdit, et d'exposer dans une requête au célébre M. de Gasville, intendant

général de la Haute-Normandie, la nécessité d'appeler en justice le susdit chirurgien M° De-

gouey.

19 Jun 1724.

Les 3 et 4 juillet sont indiqués à Larchevesque | pour soutenir sa thèse.

M: Lange donne lecture d'observations contre les erreurs et les préjugés du vulgaire en médecine. L'auteur reconnait lui-même qu’une partie doit en être retranchée. ( DE HÉNAUT. )

Lunor ET Mari 3 ET 4 JUILLET 1724.

Adrien Larchevesque disserte sur les calculs biliaires. La question donnée par le médecin du Roi est celle-ci: Une femme de 4o ans, d’un tempérament {ournant à la mélancolie, d’une sobriété contestable et sans appétit, avec un pouls fréquent , éprouve des vomissements répétés et une douleur à peine tolérable dans l’'hypocondre droit et dans la région épigastrique; sa face offre une teinte jaune-citron, les déjections alvines sont incolores, ou plutôt blanches, tantôt avec constipation, tentôt avec une diarrhée abondante; quelle maladie a-t-elle ? Après avoir entendu les réponses très satisfaisantes du récipiendaire , il est admis à lunanitmité.

Lun: 17 Juizzer 1724.

Séance consacrée à l'examen de l'épidémie régnante de diarrhées et de dysenteries.

On fixe aux 16 et 17 août prochain la thèse de Lange.

De Hénaut , médecin du Roi, donne lecture de la consultation de l’avocat au Parlement de Paris ; relatif au chirurgien Degouey. Son avis est que le procès dudit Degouey soit porté à la première chambre du Parlement de Paris, et qu'on donne assignation à deux mois, demandant à fournir la preuve des faits que ledit Degouey s’est entremis, à tort, en faveur de Lecauchois, candidat en chirurgie , à l'examen duquel le médecin du Roi ne veut pas se rendre , et qu’il ne veut pas interroger. Le président est invité à donner ses soins à cette affaire. ( DE HÉNAUT. )

VENDREDI 13 OcTogre 1724.

M: Roquette est élu président. On donne lecture d’une requête d'agrégation de Robert Elie. Deux membres sont chargés de la vérification de ses titres.

Le médecin du Roi fait connaître la conduite indécente qu’on a tenue au dernier Conseil des chirurgiens, à l’occasion de la résistance opiniâtre du Collége aux tentatives de Degouey, et ce, avant l’examen des candidats. Il dépose une copie de l'exploit signifié par huissier , à l’occasion de la contestation et de l’intervention.

Le président rend ses comptes au Coilége , qui les adopte, et, en présence des membres, remet à son successeur Roquette les registres et le sceau de l’ordre.

Aux jours indiqués 16 et 17 août, M° Lange soutient sa thèse sur les érysipèles du ventre.

16 NovemBre 1724.

Le Collége extraordinairement assemblé pour délibérer :

1° Sur l'exploit et assignation au Parlement de Paris, commis au Collége, requête du chirurgien Degouey, se disant lieutenant de M. Maréchal, premier chirurgien du Roi, il a été arrêté que ledit exploit serait envoyé incessamment à Paris, au sieur Michon, pour défendre le Collége contre les prétentions dudit Degouey, et quelle somme d'argent il lui faudrait pour les frais de l'instance.

2° Sur ce qui a été représenté que M° Reu, médecin du Roi pendant l’année 1722, aurait,

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depuis long-temps , présenté ses comptes, sans justifier, par aucune pièce, les articles du chapitre de sa dépense; qu’il serait même encore actuellement saisi du livre des comptes depuis ladite année 1722, et aurait jusqu’à présent refusé de le remettre entre les mains des médecins du Roi qui l'ont suivi, ce qui aurait empéché que les comptes que M Estard et Hénaut ont ci-devant rendus, et qui ont été approuvés du Collége, aient pu être inscrits sur ledit livre , et restent sur papiers volants qui peuvent être égarés. Il a été aussi arrêté unanimement que le sieur Reu rapporterait les pièces justificatives des articles de sa dépense pour la lui être allouée ou contredite, et remettrait le livre des comptes entre les mains du médecin du Roi, et ce, au plus tard, dans la huitaine du jour de la signification qui lui serait faite de la présente délibération , Sinon et faute par lui de le remettre, qu’il ne sera plus ensuite appelé aux assemblées du C ollége, même qu'il sera fait contre lui les diligences nécessaires pardevant le juge qu’il appartiendra . pour lobliger à remettre ledit livre, ensemble les pièces justificatives de son compte, et autres contenant les affaires du Collége dont il doit être saisi.

3° Sur ce qui a été de plus exposé que les chirurgiens de cette ville et autres continuent d'exercer la médecine et de donner des remèdes

aux malades attaqués de maladies internes , au préjudice des règlements, édits et déclarations du Roi, il a été arrêté que le médecin du Roi fera signifier auxdits chirurgiens, l’arrêt de 1707 en entier ou par extrait, à ce qu’ils n’en ignorent, aux fins de les obliger * s'abstenir de continuer de faire la médecine directement ou indirectement , et de donner et fournir aucuns remèdes aux malades attaqués de maladies internes ; et les faire condamner , en cas de contravention audit arrêt, en 5oo liv. d’amende et aux dépends, dommages et intérêts par le Collége. ( Signé, Ro- QUETTE , DE HOUPPEVILLE, NÉEL, DE HÉNAUT, LARCHEVESQUE , ESTARD et LANGE.)

13 DécemBre 1724.

Représentations faites par Roquette, président, qu’il était nécessaire d’envoyer immédiatement de l’argent au sieur Michon, avocat au Parlement de Paris , suivant sa lettre du 22 novembre ; il est arrété que, vu que le médecin du Roi n'est encore saisi d’aucuns deniers appartenant au Collége , chacun des agrégés lui remettra entre Îles mains la somme de 10 liv. pour être utilement employée aux affaires du Collége ; ce qu’ont fait à l'instant Houppeville, Néel, Estard, de Hénaut, Lange, Larchevesque. ( ROQUETTE. )

Sur ce qui a été, en second lieu, représenté que M. Duvivier se plaignait qu’on ne l'avait pas élu médecin du Roi en l’année... et que cela pouvait jeter quelque soupçon sur sa conduite et probité dans l'esprit de ceux qui pouvaient en avoir connaissance , il demande au Collége qu'il lui rende là dessus la justice qui lui est due. A l'unanimité, il est déclaré que Me Duvivier n’a jamais mérité de n’être pas élu, qu’au contraire, il était très capable d’en remplir dignement les devoirs, et ont signé : Esrarp, De HÉNAUT, Ro- QUETTE, NÉEL, LARCHEVESQUE et LANGE.

Le Collége assemblé, calendes de janvier, chez Roquette, médecin du Roi, pour délibérer sur la requête présentée par le sieur Robert Elie, chirurgien juré à Rouen, ayant obtenu des lettres de docteur en médecine en la Faculté de Caen, et postulant l'agrégation audit Collége. Après l'examen fait de sa requête et autres pièces par lui produites, et qu’il a été reconnu qu’il n’a pas satisfait aux conditions portées par les Statuts dudit Collége, tant parce qu'aux termes d’iceux, il n’a pas pratiqué la médecine pendant deux années dans une autre ville que celle de Rouen,

après l'obtention de ses lettres de docteur ; que, parce qu'il n’a représenté aucune attestation d’études dans les écoles d’aucune Faculté, ni même aucun extrait justificatif constatant qu’il s’y est fait inscrire ; desquelles conditions formellement requises tant par lesdits Statuts que par les arrêts du Conseil , édits et règlements, Sa Majesté ne parait pas avoir accordé audit sieur Elie dispense entiere par les lettres qu'il lui a octroyées , mais paraît ne lui avoir, au plus, accordé qu’une dispense des années d’études qu'il aurait exposé lui manquer, aux termes des règlements, pour rendre ses études complètes, etce, pour le mettre seulement en état de se faire recevoir docteur en la Faculté de Caen, mais non pas de se faire agréger au Collége des médecins de la ville de Rouen, ni préjudicier à leurs Statuts ; ledit Collége, d’une voix unanime, a déclaré ledit sieur Elie inadmissible à l'agrégation par lui demandée, jusqu’à ce qu'il ait satisfait à toutes les conditions susdites , et s’est réservé, ledit Collége, à se pourvoir en temps et lieu, ainsi qu'il appartiendra, contre la validité desdites lettres de dispenses d'études obtenues par ledit sieur Elie, comme ayant été manifestement surprises à Sa Majesté sur un faux énoncé. Laquelle délibération lui a été prononcée , sa requête, ses leltres et autres

pièces produites, à lui remises, et s’est retiré. (RoQUETTE, Esrarp, NÉEL, DE HOUPPEVILLE, DE HÉNAUT, LARCHEVESQUE.

20 Mars 1795.

Des deniers restés entre les mains du médecin du Roi, on enverra 20 liv. à Michon, pour les frais du procès.

22 Juin 1725 ( EXTRAORDINAIRE ).

Pour se conformer à la lettre du 12 juin, chacun des agrégés verse 5 liv. pour faire 4o liv. que réclame encore Michon pour les frais du procès.

Sur ce qui a été, en second lieu, représenté que le sieur Elie, chirurgien, se disant docteur en médecine en la Faculté de Caen, lequel avait été, par la délibération des calendes de juillet dernier, déclaré inadmissible à l'agrégation par lui tentée, continuait, depuis cette délibération, de pratiquer la médecine en cette ville , et se vantait même de consulter journellement avec plusieurs des agrégés du Collége, ce qui est directement opposé aux Statuts dudit Collége, aux édits et déclarations du Roi, et ne doit pas être toléré , il a été pareillement arrêté, d’une voix unanime, 1° qu'aucun desdits agrégés ne consultera avec ledit Elie, à peine de n’être plus appelé,

dans la suite, aux assemblées du Collége; 2° que le médecin du Roi le poursuivra judiciairement pour le faire condamner à s’abstenir de pratiquer la médecine à Rouen, jusqu’à ce qu'il se soit fait agréger au Collége, conformément aux Statuts d’icelui, déclarations du Roi, édits et règlements, lesquels lui seront préalablement signifiés, comme aux autres chirurgiens de cette ville, en exécution d’une des précédentes délibérations du Collége du 16 novembre dernier , à ce qu’ils n’en ignorent, et, en cas de contravention, ils ne puissent éluder l’amende de 500 liv. y portée, et ont signé : RoqQuerTE, Duvivier, EsTaRD, N£EL, DE HOUPPEVILLE , DE HÉNAUT , LARCHEVES- QUE et LANGE.

1% OCcToBRE 1725.

Élection de Farchevesque.

8 Janvier 1726.

Michon adresse ses conclusions dans le procès pendant devant la grand’chambre du Parlement de Paris, contre Degouey, lieutenant du premier chirurgien du Roi. Le Collége les a fort approuvés , et tous les membres, d’un commun accord, les ont signées sur l'original, que Roquette a

promis de lui envoyer pour lui servir de pouvoir; les voici :

« Qu'il vous plaise, ete, ayant égard aux demandes du Collége, et notamment à celle formée par requête du... .. ., donner acte au Collége de cequ’en expliquant, en tant que de besoin, son opposition à l’arrêt sur requête du 29 août 1724 , il déclare qu’il n’a jamais entendu et n’entend point contester au sieur Degouey le droit de présidence sur les simples chirurgiens , tel que l’édit du mois de février 1692 l’attribue aux jurés chirurgiens créés par icelui, mais qu’il entend contester l’étendue que ledit sieur défendeur veut faire de ce même droit jusqu’au médecin du Roi pour lui faire perdre les droits de présence , et d'examiner le premier , qui lui ont toujours appartenu , et dont il a toujours joui : en conséquence recevoir le Collége opposant au dit arrêt sur requête , en ce qu’il est contraire à ces mêmes droits; faisant droit sur l'opposition, sans s'arrêter à la demande du sieur Degouey , portée par sa requête du 6 février 1725, dont il sera débouté, maintenir et garder le médecin du Roi dans le droit et possession de la préséance qui lui appartient, ordonner que , dans les assemblées qui seront faites pour la réception des aspirants , il continuera d'occuper la séance la plus honorable , 4 la droite dudit sieur Degouey,

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comme aussi maintenir et garder le médecin du Roi dans le droit et possession d'examiner le premier lesdits aspirants , le tout suivant l’ancien usage, l’édit du mois de février 1692, la sentence du bailli de Rouen du 31 juillet 1697, et la transaction du 15 août 1700, qui seront exécutés suivant leur forme et teneur , et attendu que ledit sieur Degouey à, par voies de fait, empêché l’exécucution de ces réglements, et troublé l'usage et l'exercice des droits du médecin du Roi, et qu’il les conteste encore aujourd’hui mal à propos, le condamner en tous les dépends faits tant à l’intendance de Rouen qu’en la Cour même, en ceux réservés par l'arrêt du 21 août 1725, sans préjudice au Collége de tous ses droits et actions, et de former dans la suite telles autres demandes qu'il lui conviendra.

23 FÉvRIER 1726.

On envoie 60 liv. au sieur Michon. — Chacun donne une pistole, ce qui forme 8o liv., dont 60 ont étéimmédiatement remises entre les mains de Roquette. Houppeville a promis d’envoyer aussi sa pistole. M° de Hénaut , absent, n’a pas fourni son contingent. { LARCHEVESQUE. )

25 FÉvRIER 1726.

Houppeville à donné 10 liv. (LARCHEVESQUE. )

= Me — 29 Mars 1726.

De Hénaut donne aussi ro liv.

8 Mar 1796.

Les conclusions de Michon sont revétues de toutes les signatures des membres du Collége, moins celles de Duvivier et de Houppeville, qui ont été obligés de sortir pour affaire, après les avoir approuvées de vive voix. On remet cette pièce entre les mains de M° Roquette , qui a bien voulu continuer ses soins pour le procès du Collége.

23 Juizrer 1726.

Nouvel envoi de 60 liv. à Michon. Chacun, à ce sujet, paie une somme de 9 liv., ce qui formera celle de 63 liv. Estard, de Hénaut, Roquette, Lange, Larchevesque, ont fourni, surle-champ, leur part , dont Roquette est demeuré saisi. Duvivier et Noël sont absents. Le 3 août tous deux ont payé cette somme.

24 Aout 1726.

Le Collége décide d’envoyer une députation à Mareschal au sujet du procès du Collége contre

son lieutenant. Roquette est chargé de cette 1%

mission; pour les frais du voyage, on lui remet une somme pour laquelle chaque membre donne 20 livres. Duvivier, Estard, de Hénaut et Larchevesque paient de suite. Lange et Néel sont absents.

26 Aout 1726.

Lange paie ses 20 liv.

12 Ocro8re 1726.

Lange est élu médecin du Roi.

Roquette, de retour de Paris, dit qu’outre les 100 liv. qu’on lui avait donné, il a, de plus, dépensé 76 liv., et qu’il était encore , outre cela, en avance de 3 liv. 2 sols 6 deniers. Il est convenu qu’on lui remboursera le surplus.

17 DécEemMBRE 1726.

Le secrétaire du premier chirurgien du Roi propose de réduire à deux les assistances des médecins aux examens de réception des chirurgiens, et ce, contre l'usage, puisque le sieur Mareschal lui-même avait accordé davantage. Eu égard à des propositions aussi peu justes, on continuera le procès engagé ; seulement, on fera savoir à l'avocat Michon, que Me Mareschal ayant

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