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venance. Si ces jour et heure sont agréés par les chirurgiens , le candidat reviendra au domicile du médecin (toujours accompagné de son conducteur }, et le priera très humblement de s’y trouver.
Dans lappartement des réceptions, il y aura deux fauteuils sur la même ligne, et le médecin du Roi choisira, le premier, celui qui lui plaira. Tous les assistants étant placés , le chirurgien du Roi dira au médecin : Vous platt-l, Monsieur, que nous fassions entrer l’aspirant ?
L’aspirant, avant de commencer, fera son com. pliment au médecin du Roi, etc. Avouons que c’est à tort qu'on a taxé Molière d’exagération dans les caractères qu’il a tracés des médecins de son époque. Cependant, cette transaction n'ayant pas été présentée à l’homologation du Parlement, devint , plus tard , pour le Collége, un motif de blâme de la part du chancelier.
En 1718, il se passa, dans le sein du Collége, un fait digne de remarque. De Hénaut, nouveau membre recu après les épreuves ordinaires, soutint une doctrine particulière dans sa thèse sur les solides et les fluides; le Collége vit, à ce qu'il paraît, surgir de si grands dangers dans l’exposition de ce système, qu'en même temps qu’il admettait le candidat à l’agrégation, il lui défendait formellement, dans la pratique,
Pemploi de ce nouveau système des solides et des fluides, et le condamnait, pendant deux ans, à ne trailer aucune maladie grave, sans l'avis d'un confrère.
Le registre des actes chargé de tout enregistrer, avait rapporté les circonstances particulières de la réception de Michel Estard , qui n’avaient pas été tout-à-fait à son avantage. Houppeville fit constater qu’il manquait au registre plusieurs feuillets importants au moment où il lui avait été remis par Estard lui-même. On se hâta de donner connaissance de ce fait à M. le premier président et à M. le procureur général du Parlement ; on leur porta le livre pour donner la preuve de cette lacération. Une information fut ordonnée; il en résulta que les feuillets enlevés se trouvaient entre les mains de Lenoble, l’un des anciens du Collége. Celui-ci déclara qu'il avait fait part de cette découverte à M. le président de Motteville, en l'absence de M. le premier président; qu'interrogé sur la source de laquelle il tenait ces feuilles , il avait répondu les avoir reçus de Michel Estard lui-même, qui avait voulu faire disparaitre ainsi des notes injurieuses pour lui.
Ordre fut alors donné par le premier président de faire relier lesdites feuilles à leur place accoutumée , de les faire numéroter avec soin, et, pour éviter à l'avenir de semblables soustrac-
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tions, de déposer le registre dans une armoire à trois clefs, dont l’une serait remise au doyen d'âge du Collége , la deuxième au médecin du Roi, et la troisième au plus ancien membre après le doyen.
L’un des documents les plus curieux qui nous aient été transmis par le Collége, est une délibération sur l’admission des marchandises'suspectes à Rouen, à l’époque de la grande peste de Marseille, de 1720. C'est aussi l’un des actes les plus importants au point de vue de l'hygiène publique, de l'intervention des médecins, réclamée par Pautorité. Ce document constate qu'en 1668 une peste meurtrière désola notre ville, et fit de nombreuses victimes, et ce qui présente une actualité importante au moment où l’Académie de médecine discute les lois de quarantaine, et où son rapporteur , M. Prus, nie la contagion par les marchandises , c’est qu’il est constaté, dans le mémoire du Collége, et d'après l’attestation de deux témoins oculaires , Houppeville et Lhonoré, médecins à Rouen, que la peste de 1668 avait été apportée par un navire venant du Nord, et par l'ouverture faite chez un négociant d’une balle de laine infectée plus de deux ans auparavant .
L'une des attributions auxquelles devait tenir le Collége était le droit de faire des cours d’ana-
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tomie et des démonstrations anatomiques. Ces cours commençaient le 20 octobre, pour finir le 5 avril. Plus tard, il délégua bénévolement aux chirurgiens , pour une somme annuelle de 50 liv., le soin de professer ces cours, en se réservant toujours le droit d'ouvrir la première séance par un discours d’apparat, qui lui était payé 50 liv.
L'enseignement de la chirurgie était alors singulièrement divisé. La première semaine du mois était consacrée à l’anatomie ; la deuxième à l’étude des maladies; la troisième à celle des médicaments; la dernière aux opérations. Les examens , pour éviter toute réclamation, se faisaient à 11 heures sonnant à la Grosse-Horloge. La formule qui terminait l'examen était sacramentelle : Monsieur, disait le président, /e médecin du Rot et la communauté des chirurgiens vous recoivent pour cel acte, OU vous renvorent.
La surprise du Collége dut être grande de voir, en 1739, un audacieux chirurgien s’affranchissant de ces entraves , annoncer un cours d’anatomie et de chirurgie, sans avoir demandé lautorisation du Collége; et, pour rendre plus insolent son défi, placarder, aux carrefours de la ville, des affiches annonçant l’ouverture de ce cours. Ce chirurgien , si publiquement contempteur des anciens usages, était l’illustre Lecat ,