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CHAPITRE III

Le Directoire

A la Convention succéda le Directoire, gouvernement où cinq magistrats, appelés Directeurs, étaient chargés du pouvoir exécutif, et où deux Assemblées, celle des Anciens et celle des Cinq- Cents, représentaient le pouvoir législatif. Les Cinq-Cents proposaient et discutaient les tois, les Anciens les acceptaient ou les rejetaient.

Les actes du Corps législatif et du Directoire, relativement à l'Instruction publique, embrassent deux périodes bieti distinctes : d^abord un désir sincère de respecter les droits de tous guide et entraîne les membres des deux Assemblées ; puis le coup d'Etat du 18 Fructidor an V (4 Septembre 1797) rejette la France en arrière, et ramène les passions et les doctrines révolutionnaires.

Jusqu'au 18 Fructidor, le Corps législatif et le Directoire rivalisèrent de zèle pour assurer la fondation des écoles décrétées par la loi du 3 Brumaire ; mais, avant de requérir Tapplication de cette nouvelle loi scolaire, Tadminislration départementale de la Seine-Inférieure, tout en développant ses idées personnelles, consulta les municipalités des chefs-lieux de canton (i). Elle demanda,

(1) Archives tnunicipales.

par exemple, le nombre d'écoles prim^res qu'il convenait d'établir dans rétendue de la Ville et du canton du Havre ; elle observa, en même temps, que l'intérêt de rinstruclion et celui des instituteurs commandaient de procéder, avec une sage éc(momie, au partage et à l'ordonnance des classes. Celles-ci, en effet, ne pourront prospérer qu'à la conditiwi d'être tenues par des maîtres habiles ; or, chacun sait que les maîtres habiles ne s'improvisent pas. Si on a la bonne fortune d'en rencontrer, il faut donc les attacher à l'œuvre par la perspective d'un sort heureux. Mais, avant tout, il est à propos de déterminer le nombre exact d'enfants que doit contenir une classe pour la plus grande commodité des maîtres et des élèves.

Voici, en substance, la réponse faite au Département, le 22 Pluviôse, par la Municipalité havraise.

Il semble que cinq écoles, bien dirigées, suffiraient pour dispenser une instruction soHde'aux' troie cents enfants, qui fréquentent les classes primaires. La gratuité de l'enseignement est vivement désirée. Si elle était accordée, on pourrait servir à l'instituteur un traitement de « 1,200 francs, valeur métallique » ; sinon, chaque enfant lui apporterait mensuellement la somme de « trois francs en numéraire ». On laisserait cependant à l'instituteur la faculté de diminuer le prix de la rétribution scolaire^ s'il jugeait cette mesure avantageuse pour lui et pour son école. Tputes les cl^sse^ auraient une durée de deux heures ; elles commenceraient le matin à neuf heures, et le soir à deux heures. Le mois d'Août serait tout entier réservé aux vacances, et, pendant Tannée scolaire, il y aurait congé les 5 et 10 de chaque décade.

En attendant les ordres du Département^ on observa strictement, au Havre, les prescriptions de la loi du 27 Brumaire an III ; cependant, les instituteurs et les institutrices alors en exercice, Aubri, Brunet père, Gueroult, Lange, la fille Brunet, la femme Gueroult et la femme Lange, ne gagnaient vraiment pas assez pour vivre. Le 26 Pluviôse an IV (15 Février 1796), ils adressèrent à la Municipalité un appel désespéré. Us sollicitaient un supplément de traitement pour compenser l'insuffisance de leurs gages, presque anéantis par la dépréciation des assignats. Ladministration reconnut la justesse de cette requête. Les instituteurs avaient droite en effet, à une indemnité dans la mfme proportion que les autres salariés publics, et il était d'autant plus urgent de leur venir en aide que la plupart vivaient dans une véritable indi-

gpence. Ilà en étaient presque réduits à mendier le mofceau de pain, qui devait les empêcher de mourir de faim.

La pétition de ces intéressants éducateurs fut transmise au Département avec l'avis très favorable de l'administration municipale ; nous ignorons l'accueil qui lui fut fait.

Au reste, la situation des instituteurs se trouva bientôt modifiée. On les informa officiellement que, par suite de la nouvelle organisation de l'enseignement primaire, leurs fonctions cesseraient le i** Thermidor (19 Juillet 1796). Un arrêté en date du 22 Messidor (10 Juillet) assigna cinq écoles pour la commune du Havre. Plusieurs instituteurs se présentèrent le 22 Thermidor (9 Août 1796) devant le Jury d'instruction pour être examinés con- ■ formément à la loi. Quatre d'entre eux, Le Tellier, Lange, Neveii et Aubri, furent reconnus aptes à l'enseignement, et, en consé-^ quence, proposés au Département comme instituteurs. Le cin-' quième instituteur. Modères ne fut agréé qu'en Brumaire an V.-

Lange, Aubri, Neveu et Le Tellier ouvrirent leurs classes le 7 Vendémiaire an V (29 Septembre 1796). Morière, installé plus tard, fut bientôt destitué et remplacé par Grégoire.

La maison, connue sous le nom de Collège, et les deux petits bâtiments situés devant la cour du couvent des Capucins, furent offerts en logement aux cinq instituteurs communaux.

Le 4 Brumaire an V (25 Octobre 1796), le maire du Havre recommanda aux instituteurs primaires les trois ouvrages, [ approuvés par le Ministre de rintérieur pour servir de iivres élémentaires dans les Ecoles nationales ; c'étaient : i"* les Elémenis de la grammaire française, par le citoyen Lhomond, professeur émérite en la ci-devant Université dé Paris ; 2* le Catéchisme français ou Principes de Philosophie, de Morale et de Politique républicaine à Tiisage des écoles primaires, par le citoyen La Chabeaussière ; 3* la Grammaire élémentaire et mécanique à l'usage des enfants de dix à quatorze ans et des écoles primaires, par le citoyen Charles Pankoucke, éditeur de rEncycWpédie méthodique.

Le maire indiquait, en outre, le prix de ces livres et le nom de leurs imprimeurs. Les instituteurs étaient priés de se munir eu toute hâte de ces ouvrages, « dont l'effet devait être de régçnérer graduellement l'instruction que le malheur des circonstances avait désorganisé ». L'enseignement public était en effet dans un complet désarroi. C'est vers ce même temps qu'un orateur disait aux

Cihq^Cents : « Vos écoles primaires n'exisiràt que dans vos décrets », et qu'il ajoutait avec amertume : « Vos écoles centrales n'existent encore presque nulle part. » En revanche, le nombre des maîtres particuliers continuait à augmenter. Ceux qui, au Havre, donnaient un enseignement supérieur & Tinstruction primaire nous sont déj& connus ; notons seulement qu'ils conservèrent, en Tan IV et en Tan V, leur programme d'études de ran lU.

Les comptes rendus moraux, sur Tétat de rinstruotion publique dans le département de la Seine-Inférieure (1), contiennent des observations qui sont datées de la (In de Tan V, et qui nous paraissent fort sensées. Voici les plus importantes : « Les véritables obstajcles au succès des Ecoles prim^aires ont été la versatilité dans le mode d'enseignement, Tincertitude du sort des instituteurs, leur dénûment qui a éloigné ceux qui avaient quelque talent, enfin le grand nombre d'écoles libres qui se sont élevées et contre lesquelles les Ecoles primaires n'ont pu soutenir la concurrence, f^ute de bons instituteurs. » Ou lisait encore, sur les instituteurs du Havre, cet éloge, auquel nous souscrivons pleinement (2) : « Les cinq instituteurs remplissent leur devoir avec zèle, et, en bons citoyens, ils inspirent à leurs élèves des sentiments conformes à la morale et à l'esprit républicain. »

En l'an V, nous sommes heureux de découvrir dans le Corps législatif des indices de réaction contre l'esprit de la Convention. Des hommes animés de bonnes intentions étaient entrés dans les Conseils, et se prononçaient, avec une grande loyauté et une giande franchise, contre les excès de la Révolution.

On sait, qu'en effet, avant de disparaître, la Convention avait rendu de nouveaux décrets, qui rappelaient les plus mauvais jours de sa tyrannie. Le 7 Vendémiaire an IV (28 Septembre 1795), elle avait fait un règlement de poUce> obligeant les ministres des Cultes à prêter un serment par lequel ils reconnaissaient la souveraineté du peuple (3) ; le 3 hnimaire (23 Octobre), après un rapport de Tallien, elle avait condamné les prêtres réfractaires à la réclusion ou à la déportatton et renoncé ainsi violemment à une humanité q^ui n'avait été que passagère.

(1) Archives départementales. — Section L.

it) ma.

(â) Les abbés Grisei, Paget et Roufiset prâlèrent ce serment, te ta Vende* miaire, en présence de plusieurs membres de la Municipalité, — (Arcbives municipales. — Reg. des serments.)

LE DinECTOtRË 61

Le Directoire se crut obligé d'appliquer la loi du 3 Brumaire. En Nivôse an IV (Janvier 1796), il rappela tous les commissaires de la République à Tobservation rigoureuse des édits de proscription, lancés contre la religion et le clergé par les précédentes Assemblées. (( Que la loi qui comprime, qui frappe ou qui déporte les réfractaires, avait écrit Merlin de Douai, ministre de la police, reçoive une entière exécution, qu'elle les inquiète le jour, qu'eUe les trouble la nuit. Désolez leur patience, ne leur donnez pas un moment de relâche ; que, sans vous voir, ils vous sentent partout, à chaque instant. » Ce fut alars, dans tous les départements, une véritable chasse aux prêtres. Au Havre, la rumeur publique désigna Trupel et Aubin, comme s'étant rétractés. La vérité est que tous deux avaient profité de Taccalmie qui s'était produite, pendant une partie de Tan III, pour reprendre le 14 Ptoréal (3 Mai 1795), leurs lettres de prêtrise qu'ils avaient déposées au District (1). Y avait-il dans cette démarche une idée de rétractation ? Nous le croyons assez volontiers, d'après la conduite que tinrent Trupel et Aubin, en présence du soupçon qui pesait sur eux. Le 5 Germinal (25 Mars 1796), l'administration lança un mandat d'arrêt contre ces deux ecclésiastiques. On recommanda au brigadier de la gendarmerie nationale d'agir avec promptitude (2). Immédiatement, ce brigadier, Jean FoUoppe, accompagné d'un gendarme et d'un garde national, se rendit au domicile des inculpés ; mais, aux deux maisons, il trouva porte close (3). Trupel et Aubin évitaient pai* la fuite les conséquences de l'arrêté de l'administration centrale du Département, en date du 27 Ventôse (17 Mars 1796).

Trupel, qui avait tant souffert à la prison de Dampierre-la- Source, fut pris de peur à la pensée d'une nouvelle arrestation. Dans un billet, empreint d'une profonde tristesse, il affirma sur l'honneur, qu'après sa mise en liberté il s'était livré à l'instruction dans la Commune du Havre, et qu'il n'avait jamais eu d'autre occupation que celle d'instituteur. Et néanmoins, le voilà, u d'après une dénonciation vague et sans preuves », privé de ressources pour la seconde fois. Pas d'état, pas de moyens d existence. « Rempli du souvenir ineffaçable de ma première détention, écrit-il, sans l'avoir plus méritee, je suis obligé de fuir, de me cacher. » Il supplie les

(1) Archives départementales. — Section L. — District de Montivilliers. — Culte. — Abdication des fonctions ecclésiastiques.

(2) Archives municipales. — Registre des Délibérations

(3) Archives municipales.

tô LE COIxâx» DU HAVRE

officiers municipaux du Havre d^avoir égard à sa situation si pénible, et de le rendre à ses élèves et à sa patrie pour laquelle il a tout sacrifié. « Je m'adresse à vous », dit41 en terminant, « avec d'autant plus de confiance que les temps ne sont plus où en autorité TEau et le Limon étaient confondus, que vous n'avez fait qu'exécuter des ordres qui vous ont été donnés, et que vous ne pouviez en suspendre Texécution sans vous compromeltre (1). »

Le libéralisme des législateurs de Tan V amena les deux Assemblées à abroger, le 7 Fructidor, les lois de proscription et d'incapacité politique portées contre les prêtres, les nobles, et les émigrés. Enfin, le 17 Fructidor, le décret de sursis à la vente des anciens Collèges fut adopté d'urgence : il était temps. Le lendemain, la Révolution reprenait son cours naturel. On eut toutes les cruautés de la Terreur, moins la guillotine.

La loi du 19 Fructidor renouvela, en effet, tous les décrets antérieurs contre les prêtres. L'article XXIV de cette loi laissait au Directoire la faculté de déporter les ecclésiastiques qu'il lui plairait d'accuser d'incivisme, et l'article XXV ajoutait à tous les autres serments celui de haine à la royauté ainsi conçu : « Je jure haine à la royauté et & l'anarchie, attachement et fidélité à la République et à la Constitution de l'an IIL » Rousset et Paget, le £• jour complémentaire an V, puis Trupel, le 27 Frimaire an VI, prêtèrent ce serment (2), qui leur pe«rmettait de résider dans la Commune, d'y exercer leur culte, et même, pour Paget et Rousset, ex-vicaires, de recevoir une indemnité de 800 livres comme pensionnés ecclésiastiques (3).

Après le coup d'Etat du 18 Fructidor (4 Septembre 1797), le Conseil des Cinq-Cents, convaincu que, malgré les lois, l'instruction publique était à peu près nulle partout, aussi bien dans les écoles primaires que dans les écoles centrales, se trouva fort embarrassé pour sortir du mauvais pas dans lequel on l'avait engagé. Il voulait cependant relever à tout prix ses écoles ; mais le succès de Tentreprise était bien problématique. N'étailrce pas même au-dessus de ses forces ?

Au Havre, comme ailleurs, l'opinion publique se déclarait de plus en plus favorable aux écoles particulières, au détriment de

(1) Archives municipales, I*, 214.

(2) Archives déparlementales. — L. 130. — Pensions ecclésiastiques (24 Yendémiaire an VII).

Archives municipales. (Registre des Serments.)

(3) Lois du 2 Frimaire el du 2' jour complémentaire an II,

LE DtRECtOlRÊ 63

renseigpement communal. Nous en avons la preuve dans un état adressé le 4 Brumaire an VI (25 Octobre 1797) par la Municipalité havraise à Fadministration du Département (i). Il y est constaté que des cinq instituteurs n aucun n'a de méthode plus abrégée que la routine ». Les écoles primaires, généralement parlant, ne sont pas fréquentées autant qu'on pourrait le désirer. La cause de cette désertion, il faut la chercher dans la mauvaise organisation de cette partie de Tinstruction publique, et dans Tinsufflsance des gages qui ne permet pas de recourir à des hommes instruits. Il semble que deux instituteurs, bien rétribués et pouvant consacrer tout leur temps à réducation des jeunes citoyens indigents, serviraient mieux la cause de la République que cinq instituteurs mal payés et obligés, pour vivre, de donner en ville des leçons particulières, auxquelles ils se livrent avec plus de soin et d'exactitude qu'à celles qui ne leur produisent aucun salaire. La surveillance, exigée par Tarticle XI de la loi du 3 Brumaire an IV, est exercée par des visites que les administrateurs font de temps en temps dans les écoles primaires.

L'enseignement plus relevé est représenté par Delisle, professeur de TEcole de Mathématiques, par Pelhaste, directeur de TËcole de Navigation, et surtout par plusieurs instituteurs particuliers « avantageusement connus par leurs talents et leur expérience tant pour récriture, l'arithmétique et la tenue des livres nécessaires aux commerçants, que pour la grammaire, la géographie, l'histoire et les langues anciennes et modernes. »

L'administration municipale, dans son impartialité, rendait donc hommage à l'enseignement particulier, et s'alarmait du mauvais état de l'enseignement communal.

Ce contraste entre les écoles publiques et les écoles privées existait partout. Le Directoire ne se dissimula pas la gravité de cette situation ; aussi se promitril d'anéantir, à l'occasion, les écoles particulières. Les premiers coups furent portés par le Conseil des Cinq-Cents. Le 12 Vendémiaire (3 Octobre 1797), Chazal avait déjà dénoncé « des maisons d'éducation où l'on élève les enfants des citoyens dans la haine de la République », puis avait ajouté cette comparaison saugrenue : « Vous avez vu de faibles insectes piquer les bourgeons les plus faibles des arbres à fruit, et y déposer les vers qui doivent croître avec eux et les dévorer.

(1) Archives départementales. — Section L. — Instruction publique.

Voilà le travail d*un grand nombre d^institutaurs du jour : ils déposent le ver royal dans les bourgeons de Tarbre de la liberté ! (1) »

Jusqu'ici, l'attaque était plus plaisante que sérieuse. Mais le 27 Brumaire suivant (17 Novembre 1797), le Directoire s'émut des déclarations faites le même jour à la tribune par Roger-Martin et Luminais.

Roger-Martin, parlant au nom du Comité d'Instruction publique, avoua avec tristesse « que depuis plusieurs années Tignorance semble se jouer des vains efforts qu'on fait pour la combattre. » Il proposa l'établissement d'écoles secondaires pour combler le vide qui existait entre les écoles centrales et les écoles primaires.

Dans la même séance, Luminais s'éleva énergiquement contre les abus des écoles centrales : « On vous a dit que les écoles centrales étaient en pleine activité : je le crois bien ; mais c'est raclivité qui règne dans les tombeaux : la nature seule et le temps y travaillent à la destruction. Si, par activité, on entend la nomination des professeurs à leurs places et le paiement de leurs honoraires, je conviens qu'on peut leur reconnaître quelque activité ; mais si, par ce mot, on entend la fréquentation des élèves, je soutiens, avec tous les hommes de bonne foi, que jamais mot n'a été plus mal appliqué. »

L'Assemblée, plus ou moins indécise, ne prit aucune décision nouvelle ; elle ajourna la question des écoles primaires, rejeta les écoles secondaires et maintint les écoles centrales. Mais le Directoire exécutif, « considérant qu'il est de son devoir de faire prospérer, par tous les moyens dont il peut disposer, les diverses institutions répubUcaines et spécialement celles qui ont rapport à l'instruction publique », essaya, sur l'heure, de fermer les écoles particulières en créant un véritable privilège au profit des établissements de l'Etat. Les citoyens sont égaux, disait la Constitution ; l'enseignement est libre, disait & son tour la loi de Brumaire. Or, malgré la Constitution et malgré la loi de Brumaire, l'accès des fonctions publiques fut interdit aux jeunes gens, élevés dans les maisons particulières, par un bizarre décret, dont voici les principales dispositions (2) :

Tout citoyen, qui sollicitera quelque emploi du Directoire, sera tenu de joindre à sa pétition « un certiflcat de fréquentation de

(1) Moniteur du 8 Octobre 1797.

C2) Arrdté du 27 Brumaire an VI. — BulleUn des Lofa^ n* 15D.

Tune des Ecoles centrales de la République ». SU est marié et a des enfants, ce citoyen devra produire un acte attestant que ses enfants vont aux Ecoles nationales. Ces certificats devront contenir des renseignements précis sur l'assiduité, la conduite civique, la moralité, les progrès faits dans les études, soit par le père, candidat à un poste, soit même par ses enfants.

Cet arrêté eut pour effet d'envoyer, & la fois, enfants et parents aux écoles. Voulant conserver leurs places ou en obtenir de nouvelles, des hommes de cinquante & soixante ans vinrent s'asseoir sur les bancs des écoles centrales. Vraiment, c'était grotesque, et l'arrêté tomba bientôt sous le ridicule. Ce n'était pas là le moyen le plus efficace de peupler les écoles désertes du Gouvernement.

Le Conseil des Cinq-Cents avait bien prévu que les écoles particulières ne seraient guère atteintes par l'arrêté du Directoire ; aussi n'avaitril pas désarmé. Un de ses membres, nommé Oarnier, proposa, en effet, onze jours après le 27 Brumaire, de placer les écoles privées sous la surveillance directe de TEtat ; la Commission de l'Instruction publique devait préparer une loi dans ce sens.

La loi de Brumaire avait confié aux autorités locales la seule surveillance des écoles publiques. Maintenant, la pensée se précisait ; c'était la surveillance directe du Gouvernement sur les écoles particulières y qui était réclamée. On voit déjà poindre le monopole.

Deux mois environ après le vote de la proposition Oarnier, le 17 Pluviôse (5 Février 1798) (1), le Directoire, pour arrêter « le progrès des principes funestes qu'une foule d'instituteurs privés s'efforcent d'inspirer à leurs élèves », et en même temps pour '< faire fleurir et prospérer rinstruction républicaine », prescrivit aux administrations municipales de chaque canton de faire, au moins une fois par mois et à des époques indéterminées, la visite des écoles particulières, maisons d'éducation et pensionnats, situés dans leur ressort. On voulait vérifier si les maîtres particuliers avaient soin de mettre entre les mains de leurs élèves, comme base de la première instruction, les Droits de l'Homme, la Constitution et les livres élémentaires qui avaient été adoptés par la Convention, l'on observait les décadis, si l'on célébrait les fêtes républicaines et si Ton s'honorait du nom de citoyen, si l'on apportait à la santé

(1) BuUetin des Lois, n* 181.

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des enfants toute Tattention qu'exigeait la faiblesse de leur &ge, si la nourriture était propre et saine, si les moyens de discipline intérieure ne présentaient rien qui tendit à avilir et à dégrader le caractère, si les divers exercices enfln y étaient combinés de manière à développer le plus heureusement possible les facultés physiques et morales.

Les délégués des administratioQS municipales^ chargés de ces visites, devaient s'adjoindre un membre du Jury d'instruction, et être toujours accompagnés du commissaire du Directoire exécutif près l'administration municipale du canton.

Enfln, les administrations pouvaient « prendre des mesures provisoires pour arrêter ou prévenir les abus, même en ordonnant la suspension ou clôture des écoles particulières, maisons d'éducation et pensionnats. »

Mais le zèle des administrateurs havrais avait devancé l'arrêté du 17 Pluviôse. Us avaient réglé (1), le 25 Nivôse précédent^ qu'aucun citoyen ne pouvait ouvrir dans la Commune une maison d'éducation^ sans une déclaration préalable faite à la Municipalité. Les chefs de maisons déjà existantes devaient, dans la décade, faire connaître leur demeure, le nombre et les succès de leurs écoliers, ainsi que leur programme d'études.

Les maîtres qui ne se conformeraient pas à ces dispositions seraient signalés à l'administration centrale, laquelle statuerait sur leur cas.

Les livres, dont le Gouvernement recommandait alors l'usage dans les écoles publiques et particulièree, étaient : la Constilution^ les Droits de VHomme, YAbécédaire de Mentelle, la Grammaire iiançaxse de Lhomond, celle de Pankoucke, le Catéchisme {rançais^ YEntretien d'un père avec ses enfants sur Vhistoire naturelle par Jean-François Dubroca, ancien professeur, institution des enfants ou Conseils d'un père à son fils par François de Neufchateau. Le maire du Havre, pour répondre au vœu du Ministre de l'Intérieur, pria un des libraires de la Ville, le citoyen Faure, de se procurer bon nombre de ces ouvrages chez le citoyen Renault, libraire à Rouen, 59, rue Ganterie.

L'administration centrale du Département ne se contenta pas de rappeler l'obligation qu'il y avait pour tous les instituteurs, privés ou publics, de délivrer & leurs élèves les livres prescrits par

(I) Archives municipales. — Registre des Délibérations.

LE DIREGT0IR£ 67

le Gouvernement, elle prohiba Tusa^e d'ouvrages se rapportant à un culte quelconque. Dans la séance du 7 Thermidor an VI, elH arrêta qu'aucun instituteur ne pourrait, sous des peines déterminées, souffrir entre les mains de ses élèves, même pendant les moments qui n'étaient point consacrés & renseignement, aucun livre religieux, parce que ce serait laisser à telle ou telle secte la facilité de propager ses principes. Les instituteurs des écoles nationales, oonvaincus d'infraction à cet arrêté, seront destitués. Quant aux écoles. particulières, l'administration « se réserve de statuer ce qu'il appartiendra ».

Lies délégués municipaux mirent tout d'abord un certain zèle à surveiller les maisons d'éducation. Après s'être assurés que les maîtres, particuliers et publics, avaient eu le temps de communiquer à leurs élèves les livres imposés par le Gouvernement, ils commencerait leurs visites. La première, faite en Germinal (Mars- Avril 1798), témoigna du bon esprit des membres de l'enseignement au Havre ; on ne trouva aucun récalcitrant.

En présence des dispositions favorables des instituteurs et des institutrices, la tAche des inspecteurs devenait plus facile. Aussi l'ardeur première se ralentit peu à peu, et bientôt ils s'épargnèrent la fatigue de la visite mensuelle. Obligés de s'expliquer sur ce point, ils déclarèrent, le 10 Messidor, que divers contretemps ne leur avaient pas permis de remplir leur mission dans la forme pi'escrite par l'arrêté du Directoire exécutif. Le Jury d'Instruction s'était trouvé, en effet, désorganisé par l'absence, la maladie et la démission de ses membres ; puis, des événements majeurs étaient survenus. Mais ils promettaient bien de se rem^tre à l'œuvre activement.

Précisément le même jour, ils recevaient du Département (1) quelques observations sur la surveillance des écoles. Outre les renseignements généraux qu'ils avaient à fournir, ils devaient indiquer dans leurs rapports l'influence que les diverses maisons particulières exerçaient dans leur canton, et nommer celles dont les maîtres méritaient des encouragements par leurs talents et aussi par leur désir de concourir à l'affermissement du Gouvernement républicain. Suivait ensuite cette réflexion : Le meilleur moyen de bien connaître les instituteurs, c'est « d'interroger les élèves sur les principes qu'on leur enseigne, sur les Droits de l'Homme et

(1) Archives municipales»

la GonstitutiDn ; ce moyen est infaillible, et les conduira toujours à la vérité. »

A la fin de Messidor, trois cent trente enfants fréquentaient les écoles primaires et onze cents les maisons particulières. Ces chiffres démontrent qu*en moins de quatre ans la population scolaire avait subi une diminution de seize cents élèves, quoique le nombre des habitants eût peu varié au Havre pendant cet espace de temps. L'instruction était donc alors une des moindres préoccupations des familles.

Cependant dans toutes les écoles, nationales et autres, les livres élémentaires étaient entre les mains des écoliers et écolières, et la bonne tenue régnait partout. On avait aussi les meilleurs renseignements sur la moraUté, le civisme et la science de chaque instituteur.

Le 28 Prairial an VI, TAdministration départementale fit savoir qu'il y avait incompatibilité entre les fonctions de ministre d*un culte et celles d'instituteur primaire. Il s'agissait, dans cette circu • laira, de maîtres nommés par le Gouvernement. Or, au Havre, les prêtres adonnés h renseignement étaient instituteurs libres, et non instituteurs communaux. Cette déclaration d'incompatibilité ne les atteignait donc pas.

Le 23 Fructidor (9 Septembre 1798), le Département, pour faciliter aux inspecteurs des Ecoles nationales et particulières la rédaction de leurs rapports, composa un tableau sur lequel figu* rait une série de dix-huit questions (1). Le procès-verbal de chaque visite n'était que la réponse à ce questionnaire, réponse qu'il était recommandé aux inspecteurs de formuler aussi complète que précise.

L'Administration centrale du Département appelait ces visites le Palladium de Vinstruction. L'attachement de l'instituteur à la cause de la liberté, les livres dont il usait, le nombre des élèves qui suivaient son école, la décence avec laquelle il la tenait, la distribution des heures de travail, le genre de punitions dont il se servait afin de ne pas avilir l'enfance, les congés ou les récréations qu'il accordait, la propreté du local, sa ccmduite civile et privée, étaient autant de points qui devaient fixer l'attention des inspecteurs. La surveillance comprenait encore une information spéciale sur le zèle du maître à inspirer à ses élèves l'amour des

(1) Archives départementales. ^ Section L. — District de Montivilliers,

institutions républicaines, et sur son empressement à les conduire aux fêtes des décadis et aux fêtes nationales.

Les visites se firent dès lors avec plus de soin et plus de conformité aux instructions reçues. Ainsi la citoy^me Suzanne Lequesne, institutrice particulière, D. 225, s*étant mise en contravention avec la loi, fut contrainte, en vertu d'une délibération du Conseil général, de suspendre son enseignement le 6 Vendémiaire an VII (27 Septembre 1798). La maison fut rouverte bientôt ; mais, à la suite de Tenquéte menée par le commissaire de police Walter, qui déclara que Tinstitutrice Lequesne faisait a vaquer son école à autres jours que ceux autorisés par la loi », une nouvelle interdiction fut prononcée pour trois mois à partir du 6 Pluviôse (25 Janvier 1799). Deux ou trois autres institutrices furent punies pour des infractions analogues.

Le 7 Ventôse (25 Février 1799), Tadministralion départementale prescrivit une surveillance encore plus active sur les écoles particulières, « parce que ces maisons d'éducation sont les repaires où le fanatisme alimente encore le feu de ses lorches mal éteintes, où Thydre des préjugés va cacher dans l'ombre ses cent têtes abattues pour y réparer ses pertes et reprendre son funeste essor. »

Du 18 Fructidor an V au 18 Brumaire an VIII, la question de rinstniclion publique n'avança guère. Le Corps législatif la reprit de fond en comble, de Prairial an VI à Prairial an VII ; mais, après d'interminables discussions, l'Assemblée vota Tajournement. La réforme de l'enseignement ne fut plus à Tordre du jour pendant les six mois qui suivirent. Nous arrivons au 18 Brumaire.

Avant d'étudier l'œuvre scolaire du Consulat, il importe de jeter un coup d'œil sur l'état des écoles primaires nationales et particulières, puis sur celui des écoles centrales, en l'an VI et en l'an VII.

Nous avons vu qu'en Messidor an VI, le chiffre des élèves, garçons et filles, qui fréquentaient les écoles communales du Havre, était de trois cent trente. Trois mois plus tard, ce nombre descendit à deux cent cinquante-neuf, et, en l'an VIII, il n'éteit plus que de cent quatre-vingt-huit. La diminution s*accusait donc de plus en plus, malgré les rigueurs exercées contre les maisons libres. Cette situation était générale. Les comptes moraux sur l'état de l'instruction publique, en l'an VI et en l'an VII, dans le

département de la Seine-Inférieure (1), nous fournissent des renseignements qui sont d*une autorité incontestable.

En Tan VI, « un des principaux obstacles, qui ont empêché jusqu'à ce Jour de compléter les écoles primaires, est la rareté des sujets, qui, par leurs talents et leur civisme réunis, soient dignes de remplir les fonctions intéressantes d'instituteur. »

En Tan Vil, « le nombre des bons instituteurs est comparativement très petit et la médiocrité presque générale » ; on déplore ensuite « la faiblesse des talents des instituteurs primaires, très souvent inférieurs à ceux des instituteurs particuliers. »

En résumé, « les écoles primaires sont incomplètes quant au nombre, et Imparfaites quant au mode d'enseignement. »

A tout cela, joignons la mauvaise installation des classes, le mélange des élèves payants et des élèves gratuits, et aussi Tadmisston des deux sexes dans le même local.

Cependant, un règlement fort sage était en vigueur dans les écoles primaires depuis le commencement de Tan VI (2). Nous n'en citons pour preuve qu'une disposition, celle qui concerne la police générale des écoles. L'institutwr, est-il dit, punira les élèves qui s'écarteront du respect qu'ils lui doivent, qui « troubleront l'ordre et la décence », qui ne seront ni laborieux ni obéissants ; mais le droit de punir un élève ne pourra s'étendre à celui de le frapper. Le maître se contentera de lui donner, pour le temps de la classe, la place réservée d'ordinaire aux paresseux et aux insoumis, ou bien il lui imposera un travail supplémentaire. Si les moyens de douceur et de sévérité restent inefficaces, si l'élève se montre rebelle à toute discipline, l'instituteur en préviendra les parents par lettre. Si enfin l'enfant est tout à fait incorrigible, il le renverra en donnant par écrit à l'administration municipale les motifs du renvoi.

En l'an VII (3), les élèves des écoles communales du Havre travaillaient bien, et faisaient des progrès dans l'écriture. Un seul des cinq instituteurs laissait à désirer, c'était Neveu. Sa classe était mal tenue, et l'instruction des enfants était négligée. Aussi on le remplaça bientôt pas Delisle qui fut officiellement nommé le 4» jour complémentaire an VII (20 Septembre 1799). Comme

(1) Archives départementales. — Section L. — Instruction publique.

(2) Archives municipales.

(3) Etat dressé en Floréal an VII.

rétribution mensuelle due par chaque enfant à son instituteur, Lange réclamait de deux à trois francs, Âubri de un franc cinquante à trois francs, Neveu de un franc cinquante à deux francs, et Le Tellier trois francs. Nous ignorons la somme demandée par Grégoire.

Le écoles particulières étaient toujours très prospères. Les états nominatifs des instituteurs et institutrices dans renseignement particulier nous donnent les résultats suivants (1) : en Tan VI, quarante-neuf instituteurs et institutrices ; en Tan VII, cinquante-six. Sur une autre liste sans dato, nous lisons soixante et un noms (2). Les femmes sont au nombre de quarante ; la plupart, dentelières sans travail, essayaient de gagner leur vie en instruisant de petits enfants.

Dans tous ces états nominatifs nous retrouvons Paget, Roussel, Delisle, Trupel, Doutreleau. Les logements, occupés par ces maîtres particuliers, étaient bien simples. Beaucoup faisaient la classe dans Tunique chambre qu'ils occupaient, à un premier ou à un second étage ; comme installation, c'était donc fort modeste.

Paget habitait rue de la Halle, B. 27 ; il avait dans sa classe quatre-vingt-dix élèves des deux sexes, auxquels il enseignait la lecture, récriture, l'arithmétique et la grammaire française.

Rousset, rue des Volontaires, J. 32, avait quatorze élèves des deux sexes. — Lecture, écriture, arithmétique, et les principes des langues française et latine.

Delisle, rue du Collège, C. 130, vingt-quake jeunes gens. — Les mathématiques et la navigation.

Doutreleau, rue des Galions, D. 108, trente-quatre élèves des deux sexes. — La lecture, récriture, la grammaire, la langue latine.

Trupel, rue de la Gaffe, D. 220, dix-huit garçons. — Le latin, la géographie et les belles-lettres.

Les circonstances contraignirent Trupel & transporter, pendant quelque temps, son école en dehors de la Commune, Le 25 Prairial an VI (13 Juin 1798), il demanda à l'administration d'être dispensé du service personnel de la Garde nationale, sous prétexte qu'il n'était point à portée d'entendre le rappel. On lui répondit le 5 Messidor (23 Juin) que son motif n'était pas valable,

(1) Archives municipales.

72 LE GOLLtoE DU HAVRE

qu'il devait comme les autres citoyens concourir à la défense de ses foyers et qu'en cas d'alarme son poste était dans Tintérieur de 1d Commune (1).

Cependant, le 8 Brumaire (29 Octobre), sur le rapport des trois officiers de santé, André, Orban et Thibault, qui déclarèrent que Trupel était assez infirme pour être traité comme Invalide, il fut exempté du service de la Garde nationale, et son nom (ut rayé du contrôle de la Compagnie (2).

Trupel, garde national réformé, n'en demeura pas moins excellent instituteur.

Au-dessus des écoles particulières, distribuant une instruction sunérieure à l'enseignement primaire, nous trouvons des écoles centrales, et des écoles centrales supplémentaire. On siait qu'il y avait à peu près une école centrale par département et que la loi autorisait les Villes, qui avaient entretenu des Collèges sous l'anrîftn régime, h Installer dans leurs locaux une école centrale sup- •élémentaire.

Le 13 Fructidor an V (90 Août 1797), l'administration départementale, dans une lettre adressée à la Municipalité havraise (3). rappelait que les commîmes de Dieppe et d'T-'u avaient manifesté le désir de posséder une école centrale supplémentaire, et que leurs requêtes avalent été transmises au Ministre, mais qu'aucune demande de ce genre n'avait été encore formulée par la Commune di; Havre.

Le Conseil général de notre cité fut saisi de cette affaire dans la séance du H Vendémiaire an VU (2 Octobre 1797), maïs la majorité des membres se prononça pour l'ajournement (4),

Trois jours après, le maire du Havre, voulant justifier ce vote du Conseil, répondit au Département (5) que l'utilité et même la nécessité d'une école centrale supplémentaire étaient unanimement reconnues, mais que l'argent manquait pour réaliser ce vœu de ses concitoyens. Les dépenses les plus indispensables n'étant pas assurées, ne serait-il pas imprudent de les accroître 7 Le Conseil a donc eu le regret d'ajourner l'établissement de cette école, tout en conservant le ferme espoir de revenir un Jour sur cette délibération.

(1) Archives municipales. — Registre des Délibérations.

(2) /Md. — Ibid.

[Z) /Wd.

(4) Ibid, ~ Registre des DélibéraUons.

(5) Ibid. - Copie de Lettres

Une seule Ecole centrale, celle de Rouen, fonctionna dans la Seine-Inférieure. Cette Ecole n'était encore, en l'an VI, que très imparfaitement et très incomplètement organisée.

En Tan VII et en Tan VIII, on accrut le nombre des Cours, lequel s'éleva à neuf : Dessin, Histoire naturelle. Langues anciennes, Mathématiques, Physique et Chimie expérimentale, Grammaire générale, Belles-Lettres, Histoire, Législation ; mais le programme des études était tout à fait élémentaire.

On avait contraint tous les instituteurs particuliers de Rouen à conduire leurs élèves aux Cours de l'Ecole centrale ; c'était le meilleur expédient imaginé pour donner des auditeurs aux professeurs de TEcole.

On ne pouvait suivre plus de deux cours dans la même année, le cours de dessin excepté. Les citoyens qui occupaient des places à la nomination du peuple ou du Gouvernement, ceux qui en désiraient pour eux-mêmes ou pour leurs enfants, étaient tenus de fréquenter ou de faire fréquenter les cours de l'Ecole centrale. Autrement, l'arrêté du Directoire exécutif du 27 Brumaire an VI leur était applicable.

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