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LES EXERCICES MILITAIRES

un registre, et ce registre ne fut déposé au Bureau municipal que le 13 Février 1793 (1) ; on le retira au bout de quinze jours.

Après rinscription, Forganisation. Là aussi on procéda avec lenteur. Les deux Compagnies des Vétérans et des Jeunes gens ne furent complètement formées que le Dimanche 28 Juillet 1793 (2).

La Compagnie des Vétérans réunit soixante-douze membres : trente-trois du Havre, seize dlngouville, onze de Sanvic et douze de Bléville.

La Compagnie des Jeunes gens, naturellement plus nombreuse, en compta cent dix-huit : cinquante du Havre (3), quatorze d*Ingouville, cinq de Sanvic et quarante-neuf de Bléville.

Le Dimanche 11 Août 1703, sur la convocation de la Municipalité du Havre, les citoyens inscrits dans la Compagnie des Jeunes gens du canton, s'assemblèrent à Thôtel de Ville, et pro* cédèrent à l'élection de leurs officiers et sous-offlciers.

Furent élus : capitaine. Séraphin Duboc, quatorze ans, demeurant petit quai Notre-Dame, D. 221 ; lieutenant, Louis Lartois, quinze ans, rue Beauverger ; premier sous-lieutenant, Jean Hérault, quatorze ans, domicilié à Bléville ; second sous-lieutenant, Nicolas Adeline, quinze ans, quai aux Videcoqs, E. 83 ; premier sergent, Jean Fauquet, quatorze ans, à Bléville ; second sergent, Ferdinand Sandoz, quinze ans, petit quai Saint-François ; premier caporal, Vitalis Cavelier, quatorze ans, rue Saint-Michel ; deuxième caporal, Sèment cadet, treize ans et demi ; troisième caporal, Louis Laroche, treize ans, rue Saint-Michel ; quatrième

(1) Archives municipales. — Registre des Délibérations.

(2) Ibid.

(3) Nous donnons avec plaisir la liste de ces cinquante premiers Jeunes élèves de la Patrie :

Grégoire La Houssaye, Séraphin Duboc, Brusberg, Chouquet, Louis Laroche, Denis Chilard, Michel Housselin, Jean-Baptiste Brizon, Jean-Baptiste Levillain, Stanislas-Frédéric Lesueur, Charles- Alexandre Lesueur, Pierre Bard, Benoît Marpley, Edouard Michel, Fulgence Olivier, Louis-Auguste Allègre, Louis Lartois, Abraham Pouchet, Henri Duboc, Louis Arson, Pierre Viard, Nicolas-Jérémie Ogé, Pierre-Joseph Péricr, Hyacinthe Donat, Stanislas Fréret, Louis Faultrier, Dominique Morel, Jean-Baptiste-Pierre Boutin, Pierre-Victor Delalandre, Louis Dereau ou Deros, Pierre-Joseph Tocqueville, Pierre-Joseph Delarue, Vitalis Martin, André Demeules, Jean-Nicolas Le Prévost, Alexandre Démont, Augustin Henri, Frédéric Lecavelier, Pierre Baiilod, Henry Léguillon, Aimable Dorange, Jean-Baptiste Bénard, Louis Bruneteau, Benjamin Le Bourgeois, Augustin Le Bourgeois, Nicolas Adeline, Frézel, Ferdinand Sandoz, Alexandre Delacroix. Ces enfants étaient Agés de dix à quatorze ans. Le plus Jeune avait neuf ans et les deux aînés avaient quinze ans.

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caporal, Charles-Alexandre Lesueur, quatorze ans, rue Saint- Michel.

Les trois Vétérans chargés de l'inspection de la Compagnie aux termes de l'article XXXII de la loi du 14 Octobre 1791, furent Ignace Delétra, soixante-six ans, habitant rue des Volontaires, Guillaume Postel, soixante-sept ans, rue d'Estimauville, et Jacques Duval, soixante-neuf ans, de Bléville.

La Compagnie des Jeunes Gens du canton du Havre fut disposée en quatre pelotons. Chaque peloton se subdivisait en deux escouades, et chaque escouade renfermait quatorze jeunes gens (1). Le premier peloton était commandé par le capitaine et le 1^ sergent, le deuxième peloton par le lieutenant et le 2* sergent, le troisième peloton par le 1* sous-lieutenant et le 1* caporal , et le quatrième peloton par le 2* sous-lieutenant et le 2r caporal.

Les jeunes gens du Havre étaient répartis dans le premier peloton et dans la première escouade du deuxième peloton.

Le lieutenant Lartois ayant donné sa démission parce qu'il parvenait à Tftge, où, d'après la loi, il devait monter ta garde, on flt, le 29 Septembre 1793, des élections complémentaires. Louis Laroche fut nommé lieutenant ; Jean-Baptiste Belot, quatorze ans, demeurant rue Saint-Michel, P. 12, fut 2* caporal ; Benoît Marpley, treize ans, rue Saint-Michel, 3* caporal, et Louis Dereau, treize ans et demi, rue Saint^Julien, 4* caporal.

Le 1** Octobre, Tétat-major de la Compagnie des Jeunes Gens, déplorant l'apathie de certains de leurs camarades qui négligeaient d'apprendre le métier des armes, et qui cependant « auront un jour à combattre les ennemis de la République », pria la Municipalité d'intervenir auprès des représentants du peuple pour les contraindre à s'incorporer « dans les Elèves de la Patrie ». Qu'ils viennent, écrivaientrils ; « nous apprendrons ensemble à servir notre mère commune, et bientôt nous volerons aux frontières pour la délivrer de ses féroces ennemis (2). »

Cette requête fut-elle connue immédiatement du public 7 Nous l'ignorons. Ce qui est certain, c'est que, deux jours après, une députation de jeunes gens fut introduite dans la salle des délibérations des officiers municipaux ; ils demandaient à entrer dans la Compagnie des jeunes gens de leur &ge. Le Maire, félici-

(1) Archives municipales.

(2) Ibid. - Série H2.

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tant ces enfants de leur patriotisme, donna « Taocolade fraternelle » au président de la députation (1).

Ces jeunes havrais prenaient, en effet, leur râle tout à fait au sérieux, et mal pouvait en prendre à quiconque se permettait la moindre réflexion, ou la moindre plaisanterie sur leur compte. Ils ne craignaient pas alors de réclamer des peines sévères contre ceux qui faisaient peu de cas de leurs services. Nous devons mentionner, à ce pr(^os, une curieuse requête adressée aux citoyens maire et officiers municipaux le septième jour du deuxième mois de Tan II (28 octobre 1793) par les « Jeunes républicains composant la Compagnie des Elèves de la Patrie (2). >i

La requête débute ainsi : « Citoyens, nous sommes républicains. Des républicains ont de Tordre, de la justice, de la subordination. C*est pour assurer ces moyens de tranquillité, que nous vous prions, citoyens, de délibérer on Conseil général ou municipal les demandes suivantes et de nous les accorder, si toutefois rien n'y est contraire à la Justice qui est la baze du républicanisme et par conséquent la vôtre. »

A cette sorte d'introduction fait suite l'énumération des douze points sur lesquels ils appellent l'attention du Conseil. Nous les résumons.

Ils désirent savoir s'ils sont Compagnie, Bataillon ou Régiment.

Ils demandent un règlement — des piques pour ceux qui n'ont point d'armes — deux locaux couverts, l'un pour tenir leurs réunions, l'autre pour faire l'exercice en hiver — la formation d'une compagnie par Municipalité et non par canton, à cause des graves abus qui en résultent — l'obligation pour les jeunes gens, ayant l'&ge requis, d'entrer dans la Compagnie, qui alors deviendrait nécessairement un bataillon. Ils prient le Conseil de contraindre les jeunes gens à apporter leurs fusils afin d'en procurer à ceux qui n'en ont pas, de purger la Garde nationale « de certains individus qui, quoique ayant une taille haute, n'ont pas l'âge voulu par la loi », et de n'y pas recevoir « certains qui prennent ce prétexte pour faire de leurs importans et sembler nous mépriser. »

Ils invitent le Comité du Salut public à sévir contre ceux qui

(1) Archives municipales. — Registre des Délibérations.

se permettaient d'appeler la Compagnie des Jeunes Gens « Royal bonbon », et la Compagnie des Vétérans « Royale pituite ». Quelle impertinence, en effet, d'oser qualifier de bonbon et de pituite ces patriotes, si fiers de servir leur patrie 1 Les jeunes gens cependant acceptaient cette humiliation, a vu, disaient-ils, qu'il n'y a que le mot royal qui nous offense, et que nous méprisons le reste, sachant bien que nos bonbons sont des balles de plomb. »

Cette pétition, qui était recouverte des signatures du capitaine Séraphin Duboc, du sous-lieutenant Bourgeois et du sergent-major Viez, nous dépeint bien l'état des esprits à la fin de l'année 1793. Ces élèves de la patrie étaient presque des enfants. Le capitaine Duboc, un des atnés, n'avait pas quinze ans. Mais qu'on ne l'oublie pas, on était en pleine Terreur.

A la demande des Jeunes élèves de la patrie, le Conseil général délibéra, le 1*' Frimaire an II (21 Novembre 1TO3), qu'on prierait les pères et mères, qui avaient des enfants de dix à seize ans el qui résidaient habituellement dans le canton du Havre, de les faire entrer dans le bataillon des jeunes gens. On s'engageait en même temps à fournir à ce bataillon, pendant l'hiver, un local pour l'exercice.

L'organisation du Bataillon des Jeunes défenseurs de la Patrie fut complétée le 25 Frimaire an II (15 Décembre 1793) dans une séance publique, tenue à Thôtel de Ville. Ce jour-là, les jmines gens, désireux de donner un nom à leur bataillon, l'appelèrent à à Tunanimité l'Ë^p^rance. Ce bataillon fut divisé en cinq compagnies, savoir : la Compagnie des Canonniers sous le nom de ri/nion, la première Compagnie du centre sous le nom de Marai^ la seconde Compagnie du centre sous le nom de Le Pelletier, la troisième Compagnie sous le nom de Beaurepaire, et la quatrième sous celui de Chalier. On choisit ensuite au scrutin des officiers et sous^offlciers pour chacune de ces Compagnies.

La Compagnie des Canonniers, dite l'Union, fut ainsi composée : La Houssaye, quatorze ans, capitaine ; Séraphin Duboc, lieutenant ; Benjamin Bourgeois, quatorze anss rue de l'Hôpital, F. 132^ sous-lieutenant ; Viez, sergentrmajor ; Briodeau et Marpley, sergents ; Bellot, Dominique Morel, quinze ans, quai aux Videcoqs, Augustin Leguay, quatorze ans, rue Saint-Michel, et Louis Deros ou Dereau, caporaux ; en outre, vingt-neuf canon? niers.

Le total des jeunes gens, incorporés dans les quatre autres

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