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 l'époque où Ton voulut appliquer la toi du 29 Frimaire an II (20 Décembre 1793) sur Tinstruction publique, Durand s'offrit à la Municipalité dlngouville pour enseigner « les langues fran^çaise et latine, l'histoire, la géographie et les Droits de l'homme. » La présentation d'un certificat de civisme étant nécessaire alors pour entrer dans l'enseignement public, Durand demanda ce certificat en rappelant qu'il avait « toujours bien rempli son devoir dans la garde nationale. »
II se décora, pendant plusieurs amiées, du titre de maiire de géographie^ ou encore d'instUuieur en géographie. Le 9 Prairial an IV (28 Mai 1796), Durand se retira d'Ingouville à Fpntainela-Mallet. C'est de cette commune que, le 13 Messidor an X (3 Juillet 1802), il adressa à Sery, maire du HavrOr une lettre dans laquelle, faisant allusion à la prochaine réouverture du Collège sous le nom d'Ecole Secondaire, il se recommaAdait h sa bienveillance : « J'ose vous prier, Monsieur, de m'accorder provisoirement une salle inférieure du ci»-devant Collège pour y enseigner, en attendant que j'aye l'avantage d'entrer sous vos auspices dans l'Ecole Secondaire dont vous êtes le protecteur ici (1). »
Malgré les autorités influentes dont se réclamait Durand, Sery ne proposa à cet instituteur ni salle inférieure au ci^devant Collège, ni chaire à l'Ecole Secondaire. L'infortuné candidat se consola de son échec en ouvrant à Ingouville, le 25 Ventôse an XI (15 Mjars i803>^ une « Ecole d'Education provisoirement et jusqu'à nouvel ordre, lettre D, n* 2, maison du citoyen Lecourt, boucher, vis-àvis du Champ de foire (2). » Il mourut dans cette commune le 1" Mai 1806 (3).
Jean-Pierre Mustel était né en 1754, à « Saint-Denis-du-Bosguerard (4). » Les fonctions que Mustel remplit au Collège ne nous paraissent pas bien nettement définies. D'après les documents de l'époque, il est tantôt maître d'écriture, et tantôt maître de l'école de Saint-François. Il est vrai que, quand il fut nommé professeur au Collège, il tenait depuis plusieurs années l'école des pauvres, établie dans le quartier Saint-François. C'était aussi le cas de
(1) Archives municipales.
(2) Archives d'Ingouville.
(3) Etat civil d'Ingouville.
(4) BoS'Guerard en Boumois était un petit village du diocèse de Rouen, dépendant de la vicomte et de Télection de Pont-Audemer, et du doyenné de Bourgtïteroulde ; il est situé aujourd'hui dans le départeoaent de TEure.
8 LE COLLèGâ DU HAVRE
Le Teliier qui, continuant à habiter au Collège, figurait comme maître d'écriture, ou tout simplement comme maître d'école. Très vraisemblablement, le défaut d'écoliers empêcha Mufitel d'occuper au Collège la chaire des commençants que lui réservait Tnipel, et c'est pour ce motif qu'il conserva son ancien titre. Peuirètre aussi vint-il donner aux collégiens des leçons d'écriture, tout en résidant sur fiaint-Prançois (i).
JacqueS'Pierre Dessolles fut nommé professeur-adjoint au Collège, le 5 Octobre 1791, aux lieu «t place de Durand, et prêta, ce même jour, le serment « de n'inculquer aux enfans que des principes constitutionnels (2). » ,
Né à Sasselot-le-Mauconduit le 19 Octobre 1756, Dessolles reçut à Rouen les Ordres mineurs en Septembre 1778, avec ce certificat défavorable : « Videtur parum plus », il paraît avoir peu de piété. 11 y avait quatre ans qu'il étudiait la théologie à Caen, lorsqu'en 1780 il se présenta à Rouen pour être admis au sous-diaconat. Ses notes révélèrent que sa science était tout au plus suffisante et sa piété tout à fait suspecte. En outre, il avait apporté moins d'application à l'étude, n'obéissait que sous l'œil du maître, et était peu modeste dans l'église : « Scientift sufflciens ad summum, minus studuit, pietate suspectus, ad oculum serviens, parum in Ecclesiâ modestus, ideoque remissus. » Il n'en fallait pas tant pour être congédié, comme n'ayant pas la vocation ecclésiastique (3).
Dessolles demeura à Rouen pendant quelques années, puis vint s'installer au Havre. Il y était depuis peu de jours, lorsque Trupel le fit agréer par la Municipalité en qualité de professeur au Collège.
L'Eglise constitutionnelle, qui, à cette époque, n'avait que trois
(1) Mustel dirigea longtemps une école particulière au Havre, C. 170. Associé d'abord avec son beau-frère Legros, son école primaire comptait 200 élèves en Prairial an U. Le nombre de ses élèves diminua de plus en plus, et en Février 1813 il n'en avait plus que 20 dans la classe qu'il tenait seul alors. Un rapport du commissaire de police du Havre sur les instituteurs établis en ville renferme un grand éloge de Mustel. Ce rapport, daté du 16 Janvier 1810. le désigne comme « paisible citoyen qui enseigne les principes religieux de la morale chrétienne ». En 1828, il était encore instituteur rue de la Halle, quoique ûgâ de 73 ans. Au recensement de 1831, il figure sans profession. Mustel eut Phonneur, au début de la Révolution, de siéger pendant plusieurs années au Conseil général de la commune du Havre.
(2) Délibérations municipales, reg. H.
(3) Archives de rArchevêché de Rouen.