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UN0UE6 VIVANTS

chaque jour au Collège qu'une leçon de deux heures. Le Bureau d'administration, jugeant qu'il convenait de consacrer plus de temps à renseignement de ranglais, s'engagea à faire titulariser Spry et aussi à doubler son traitement, s'il consentait lui-même à do^ler $es beures de service. Spry, consulté, accepta cette transaction. Ce fut une grande joie pour le Bureau de conserver au Collège un maître qui eneeignait « avec beaucoup de distinction ». Possédant parfaitement la langue anglaise, Spry parlait et écrivait le français avec une grande pureté. « Sous tous les rapports, on ne saurait faire un meilleur choix », disait le procèsverbal de la séance du Bureau. Un éloge aussi flatteur pour Spry retira toute hésitation au Ministre, lequel signa, le 11 Octobre 1838, le décret de nomination. A dater de cette époque, Spry ût vingt heures de classe par semaine.

Au moment de la réorganisation des études au Collège, en 1837, le maire du Havre créa une chaire d'allemand qu'il confla, sur la présentation du Principal, h Henry*Joseph Horst, né à Mayence, le 6 Mars 1786.

Horst entra en fonctions au Collège le 10 Mars 1838. Au début, il ne donna que trois leçons la semaine ; mais en 1843, le nombre de ses élèves augmentant, il vint chaque jour au Collège faire une classe de deux heures (de dix heures à midi).

Horst était un ancien militaire qui avait de brillants états de service. Il s'était engagé dans le génie en 1804. Le 30 Janvier 1805, il était entré dans le 1" régiment de Hussards comme simple cavalier. Horst Ht plusieurs campagnes, au cours desquelles il reçut cinq blessures. Pendant qu'il était en Espagne, de 1806 à 1812, il tua à Tolède, dans une charge, Bonaventure le chef des insurgés. H alla ensuite en Autriche, en Russie et en Italie. C'est dans ce dernier pays que lui fut conféré, le 10 Mai 1814, le grade de sous-lieutenant.

£n dehors des langues anglaise et allemande, on ne donna, sous le principalat de Ferras, que quelques leçons d'italien.

Pendant l'année scolaire 1838-1839, Carlo Torrachini, né à Milan en 179λ, demanda à faire gratuitement aux élèves du Collège un Cours d'italien, deux fois par semaine. Le Bureau d'administration accepta cette offre, et, pour encourager le professeur, il lui accorda, à partir du mois d'Octobre 1839, une indemnité annuelle. Torrachini, qui était chancelier du Consulat général d'Autriche, avait servi la France, de 1821 à 1825, dans le 4* régiment &ujsso«

Pendant les années qu'il passa au Havre, il publia quelques travaux, et en particulier :

Grammaire des demoiselles, contenant cent règles de la grammaire italienne, (Le Havre, 1832, in-12.)

De la prononciation de la langue latine. (Le Havre, 1833, in-12.)

Carlo au pont du DiabU, (Le Havre, 1836, in-8* de 182 p.)

Cours préparatoires aux prof esidons Commerciales et Industrielles. — Dans son plan d'études, Perrus donna place à l'instruction commerciale. L'enseignement grammatical et littéraire, indis pensable pour développer Tint^Uigence des élèves et leur apprendre à manier facilement leur langue, embrassa, au choix des parents, soit les langues anciennes, soit les langues modernes. Nul, selon Ferrus, ne doit s'en tenir à sa propre langue. A l'étude de Thisloire et de la géographie, il joignit un cours spécial de géographie commerciale. L'enseignement scientifique comprit surtout le calcul pratique, l'arithmétique raisonnée, et la co^mptabilité ccmimerciale ou tenue des livres. La connaissance des produite employés par l'industrie et transportés par le commerce, les notions les plus usuelles de la physique, la description et l'usage des machines les plus simples et les plus communes, complétèrent l'instruction de l'élève qui put alors passer du Collège au comptoir.

Pour ceux qui voulaient achever leurs éludes classiques, tout en se destinant au Commerce, il se proposait d'ajouter un Cours d'hydrographie avec les éléments de l'astronomie, puis les premières notions d'Economie politique et quelques leçons sur le Droit commercial.

Ferrus et de Lacombe appliquèrent ce programme. Donnant de l'extension à la classe commerciale inaugurée par J. Pasquier, Ferrus ouvrit, dès son arrivée au Collège, deux de ces classes. C'était entrer dans les vues du Gouvernement, qui, deux ans après, publia une ordonnance prescrivant « d'établir sur les fonds de l'Etat des chaires, soit d'histoire, soit de mathématiques, soit de diverses branches d'instruction professionnelle, dans tout Collège communal où les traitements étaient conformes à certaines règles. »

En 1842, le Collège du Havre eut quarante-quatre élèves commerciaux. C'était le Collège communal qui en comptait le plus, et, à l'exception de Paris, il n'y avait que deux Collèges royaux en France^ possédant un plus grand nombre de ces élèves : Rouen en instruisait quatre-vingt-douze et Marseille quatre-vingt six.

COURS GOMMBRÛIAL iffi

On sait Qu'on ne chercha pas à se prévaloir au Havre de ce SHGcës relfttîL En 1848, le Bureau d^administration du Collège déclara cpie, pour un enfant sortant de la Classe primaire, l'enseignement professionnel devait avoir une durée de cinq ans, et il prépara un programme complet qu'on ne put même pas mettre à Tessai, les élèves se retirant d'ordinaire après deux ou trois années au plus de cet enseignement spécial.

De 1836 à 1848, la Section commerciale eut tantôt deux, tantôt trois classes. En dehors de quelques régents de l'enseignement classique, comme par exemple Dequen, Leuillier, Buys, Boissel et les professeurs de sciences et de langues vivantes, qui prêtèrent leur concours à l'enseignement professionnel, il faut citer Jacob, Gwjot, Chandelier et Gilles^ qui, pendant plusieurs années, furent spécialement attachés à ces Cours commerciaux. Deux d'entre eux méritent une mention particulière, Chandelier et Gilles, professeurs de comptabilité commerciale.

Auguste Chandelier était un instituteur, né au Havre le 8 Décembre 1807.

Dans le dessein de se ménager une entrée au Collège, Chandelier offrit, en Août 1837, ses services à la Municipalité, à titre d'essai et gratuitement. Il avait bon espoir que l'enseignement nouveau de la Comptabilité serait apprécié des familles, et qu''l serait maintenu au Collège comme professeur de cette science, à partir d'Octobre 1838 ; mais alors avec jouissance d'un traitement fixe.

La proposition de Chandelier fut agréée de l'Autorité municipale. Cet instituteur donna au début trois leçons par semaine ; mais ses élèves, ne pouvant tous travailler ensemble parce qu'ils étaient d'inégale force, il les partagea en deux fractions ; ce qui doubla le nombre de ses classes. Il y avait là touf profit poui( les élèves, les plus faibles comme les plus avancés. Il arriva même» par suite de circonstances tout-à-fait particulières, que, pendant cette année 1837-1838, Chandelier eut à remplir d'autres fonctions qui l'attachèrent davantage encore au Collège. Les élèves qui suivaient le Cours de calcul pratique professé par le régent Robert étant devenus trop nombreux, on les divisa en deux sections : Robert conserva la première, et CBandelier fit chaque jour une classe d'arithmétique à la seconde. Cette classe, qui durait d'abord une heure, fut bi^itôt jugée trop courte et on em doubla la longueur. En outre, le départ imprévu de Buys, en Avril 1838; valut à Chandelier d'être chargé, provisoirement du moins, de la classe

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primaire. Aussi en Aott 1838, après son année d*épreuve, il demanda, et c'était justice, qu'une indemnité lui fût désormais allouée pour ses occupations au Collège. On lui accorda tout d*abord 400 francs par an ; mais, avec le temps, cette rétribution fut triplée. On lui servit 1.000 francs comme professeur au Collège, et 200 francs comme maître de Comptabilité à FEcole primaire supérieure.

Si Chandelier possédait certaines connaissances, et on ne le peut nier, il était notoirement incapable de les transmettre à ses élèves. On ne rencontrait, ni clarté dans sa méthode, ni vigueur dans sa direction, ni vigilance dans la tenue de sa classe, qiui n'était qu'une bruyante récréation. Le peu d'obéissance qu'il obtenait était inspiré à ses élèves, devenus tous plus ou moins irrespectueux, par la crainte des punitions sévères que leur infligeait le Principal.

Une telle incapacité amena les Collégiens à négliger complètement le calcul et la comptabilité, et retira à bien des parents le désir de placer leurs enfants au Collège. Pour remédier au mal et éloigner chez les élèves de Chandelier, dans la mesure du possible, toute tentation de désordre, Ferrus modifia son « emploi du temps ». Le régent de pliysique, Fleury, enseigna à sa place l'arithmétique aux élèves de la première classe commerciale, et la comptabilité ne fut plus étudiée qu'une fois la semaine, le lundi, de deux heures à quatre heures.

Le Principal exposa maintes fois, et toujours avec impartialité, à l'Administration municipale les inconvénients d'une telle situation. Il eut beau répéter au maire ce conseil « venez et voyez », ses plaintes furent toujours repoussées, et même on les attribua à un désir de changement. C'est que Chandelier comptait au Conseil municipal des amis influents, qui le couvraient de leur protection. Il fallut les fréquents murmures des régents impuissants à faire leur classe par le vacarme qui régnait chez leur voisin Chandelier, il fallut les rapports circonstanciés et défavorables des maîtres qui surveillaient la classe de Comptabilité, pour que la Municipalité ouvrit enfln les yeux et consentit au remplacement de ce professeur. Son retrait d'emploi fut signé en Mars 1845. Chandelier protesta contre cette mesure, mais le Bureau d'administration du Collège ne tint nul compte de sa protestation. Toutefois, comme pendant plusieurs années Chandelier avait subi sur son trait^ffient une retenue de deux et demi pour cent, on le recom*

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