ACTE DEUXIÈME
CAGLIOSTRO
Je n'ai pas perdu une parole de ce que vous me dites, monsieur.
CHARNY
Ne savez-vous pas ce que vaut un démenti?
CAGLIOSTRO, de plus en plus calme.
Si, monsieur. 11 y a même un proverbe en France qui dit qu'un démenti vaut un soufflet.
CHARNY, furieux.
Alors, je m'étonne de n'avoir pas vu votre main se lever sur mon visage et votre épée sortir du fourreau...
CAGLIOSTRO
Je ne paie que ce que je dois!
CHARNY, s'irritant de plus en plus.
Prenez garde!... Vous allez m'exposer à prendre avec vous le même parti qu'avec le gazetier.
CAGLIOSTRO, souriant.
Ah!... les coups de bâton!... Eh bien, réfléchissez à votre tour, monsieur... Vous allez vous approcher de moi avec voire canne, je vous prendrai par l'échiné et je vous jetterai à dix pas de moi, et cela, entendez -vous bien, autant de fois que le cœur vous en dira.
CHARNY, au paroxysme de la colère.
Monsieur, si vous êtes fort comme quatre crocheteurs, il y a d'autres armes pour les gentilshommes. Donc, je vous le répète, l'épée à la main, comte, ou c'est moi qui vous soufflette; l'épée à la main, ou vous êtes mort!
Ml LE COLLIER DE LA REINE.
CAGLIOSTRO
Vous l'exigez, monsieur... Soit donc!
Les deux hommes se mettent en garde. Caglioslro désarme Charny. CHARNY, furieux.
Misère de moil...
CAGLIOSTRO, froidement.
Recommençons.
Nouyeau combat, même résultat.
CHARNY, au comble de la colère.
Encore!...
CAGLIOSTRO, ramassant l'épée de son adversaire*
Je vous attends.
Après une courte hésitation, Charny se précipite de nouveau en garde. Il est désarmé une troisième foie.
CHARNY
Ah! tuez-moi, monsieur... Tuez-moi donc puisque vous êtes le plus fort !
CAGLIOSTRO
Le plus fort!... Croyez-vous donc que ce soit son épée qui fasse un homme plus fort qu'un autre, monsieur de Charny? Non ! c'est la raison, le droit, la vérité.
CHARNY
Le droit! Je l'ai pour moi, car j'agis en vertu d'un principe sacré.
CAGLIOSTRO
Lequel?
CHARNY
Je défends la monarchie.