ACTE QUATRIÈME
ROHAN
Moi?
Vous êtes un traître, vous insultez la reine !
ROUAN, ne se contenant plus à son tour.
Moi, madame ! Mais est-ce moi qui aurais jamais osé vous demander une audience nocturne dans votre parc ?
LA REINE, à part.
Mon Dieu ! Charnv avait raison.
ROHAN
Est-ce moi qui aurais jamais osé implorer cette fleur que voici ! (n ia tire de sa poitrine.) Rose adorée, rose maudite, séchée ! brûlée sous mes baisers !
LA REINE, la lai arr radiant et la foulant aux pieds.
Oh ! assez!... assez!...
ROHAN
Est-ce moi qui vous ai forcé de me donner vos doux mains dont le parfum dévore encore mon cerveau ? Est -ce moi enfin qui dans mon plus furieux orgueil aurais jamais osé rêver cette nuit au ciel bleu, aux doux silences, aux perfides amours.
LA REINE, faisant à son tour insensiblement reculer devant elle le cardinal.
Monsieur ! monsieur ! Vous allez dire, ici-même que vous cherchez à me perdre, que vous avez inventé toutes ces infamies... que vous n'êtes pas venu à Versailles, l'autre nuit...
ROHAN
J'y suis venu.
Vous êtes mort, si vous soutenez ce langage.
ROHAN
Rohan ne ment pas. J'y suis venu.
Une dernière fois, avouez qu'on peut vous avoir trompé vous-même, que tout cela fut une calomnie, un rêve, l'impossible, mais avouez que je suis innocente, que je puis l'être?
ROHAN
Non!
Vous allez donc avoir affaire à la justice du roi, puisque vous récusez la justice de Dieu !
La grande porte du milieu s'ouvre et le roi parait au fond causant avec le comte de Provence et M. de Breteuil qui le quittent alors qu'il se dirige yen le boudoir de la reine.
ROHÀN.
Voici Sa Majesté, madame, qui se prépare à se rendre au service où je dois officier. Faites selon votre bon plaisir !
Le roi est entré. La grande porte s'est refermée derrière lui.