LE RETOUR
La campagne est déserte et nue. Il est midi, ^oici, poudreuse et blanche entre les hauts platanes, la route qui supporte à son dos arrondi un ciel pâle, couleur de roses qui se fanent.
Fout repose parmi les chaleurs de l'été, lors un coq éclatant et les brèves cigales, ;es âmes du soleil, dont les jours sont comptés, ît qui disent sa gloire à leurs flûtes vassales.
La voiture qui grince au trot du vieux cheval gravit sans se hâter la colline penchante et je trouve au décor pour un autre banal un charme inavoué dont mon âme s'enchante.
Paysage pareil à celui d'autrefois ruisseau luisant dont l'eau semLle s'être endormie la plaine que fleurit la fleur rouge des toits dévoile lentement une figure amie.
Et je songe tout bas qu'au détour du chemin je vais bientôt revoir la maison paternelle qui se dresse au milieu des tilleuls et des pins et qu'un ange de fer protège de son aile.
Je sais que, vieille et douce et si chère à mon cœur,
debout contre le mur qui domine la route,
toute son âme ouverte au timide bonheur,
mn mère qui m'attend, reîïrardc, espère, écoute...
AU JARDIN DE VIE. . . Sq
L'ombre de son chapeau confond un peu ses traits, nous sommes en retard, son amour s'inquiète et pour me voir de loin dès que je paraîtrai, comme sa vue est faible elle a pris la lorg-nette.
Je sentirai bientôt ses lèvres à mon front, elle dira : mon fils, je lui dirai : ma mère, et tous nos souvenirs qui se reconnaîtront dans nos âmes en fleur mettront plus de lumière.
Et jesong-e:
Jadis, quand je vous revenais, vieille maman, vieille maison, vieux paysage, mon juvénile orgueil avait plus de courage et je levais vers vous des yeux moins étonnés.
J'avais hâte de fuir et de briser la chaîne où votre calme amour voulait me retenir, j'avais hâte d'aller vers un libre avenir et de livrer l'espace à mon âme hautaine..
6o LE COLLIER DES HECRES
Sous la lime des jours mon orgueil s'est usé, j'ai fané trop de fleurs sous mes lèvres voraces et comme un voyageur qui suit d'anciennes traces je viens vous rapporter mon cœur désabusé.
Car aujourd'hui je vous comprends et je vous aime,
rien ne peut plus ternir votre chère beauté,
je connais le secret de toute volupté :
ce que Ton cherche auprès des autres, c'est soi-même.
Vous êtes le miroir où mon esprit lassé peut reconnaître encore sa première espérance tandis que lentement votre amical silence verse à mon avenir la force du passé.
AU JARDIN DK VIE, . . Cl