LES EXILES
^a maison est vendue... Un autre a pris la place •ù le père jadis s'asseyait près du feu ; . la vieille demeure où s'éveilla ma race Qon cœur a dédié la douleur d'un adieu...
e ne connaîtrai plus le seuil usé, la porte aassive, et la fraîcheur blanche du corridor, t la chambre d'enfant, calme, d'où l'on emporte ant de rêves heureux chaque fois qu'on y dort. ..
mQ LE COLLIER DES HEURES
Les portraits des aïeux ont suivi la famille; on les a décrochés du mur, empaquetés : le soldat, la grand'mère et la petite fille dont le tendre printemps n'a pas connu l'été.
Ils ornent maintenant une salle étrangère, mais on dirait que leur regard est obscurci, et tandis qu'à leur front flotte une ombre légère, leur lèvre semble prête à l'aveu d'un souci.
Ils ne regardent pas leurs fils avec reproche, ils savent bien qu'il le fallait... maison dirait que leur âme aujourd'hui de moi se fait plus proche et tout bas, lentement, s'endeuille d'un regret.
Dans leurs cadres dorés, les vieux parents sont tristes, tristes de leur exil, et de ne plus sentir autour de leur repos, l'atmosphère où persiste l'émoi d'un seul élan et d'un seul souvenir...
Ces désirs que chacun lègue à sa descendance ipour qu'elle continue un effort commencé, jils les sentaient là-bas, flotter dans le silence et voyaient l'avenir rejoindre leur passé.
Le fil du rêve qu'ils tissaient dans l'ombre douce s'est brisé... Maintenant dans la neuve maison tout les déçoit, tous les meurtrit, tout les repousse ; pour poser leur regard ils n'ont plus d'horizon ! . . .
Oh! que leur diras-tu?... Devine la parole qui doit jaillir de toi pour calmer leur douleur, trouve, trouve pour eux le g-este qui console, à leur regret pensif va mélanger tes pleurs...
Aie pitié d'eux!... La mort est un bizarre artiste qui jamais d'un seul coup n'a voulu tout flétrir ; sous un portrait toujours un peu d'âme subsiste, mais il arrive un jour où l'âme doit mourir...
Dans leurs cadres dorés les vieux parents sont tristes!