‹ Le Collier des heuresChapitre 47 sur 57 · DE L'AUBE AU SOIR · texte numérisé non relu

DE L'AUBE AU SOIR

c'est le matin...

LES AUTRES

Dans le mystère du jardin

il y a Tâme du silence...

Sur les feuilles qu'elle balance

g-lisse le jour incarnadin,

et l'on entend choir une à une

toutes les gouttes de rosée

où le reflet bleu de la lune

meurt au bord des ombres blessées.

ELLE

Oh ! voici que l'aurore incline à mes paupières la fraîche douceur de ses mains légères.

LES AUTRES

Elle s'éveille avec les fleurs

où son reg-ard se pose...

paupières désunies

et corolles décloses où bat le rythme des couleurs,

mystérieuses litanies de la brise et de la lumière !...

Tout l'azur est sur nous comme un manteau de fée.

ELLE

De rose et de bleu coiffée l'aurore printanière g-lisse de l'horizon vers le jardin qu'elle emplit de frissons... Mon cœur est léger comme l'aube

et je sens aux plis de ma robe qui se gonfle ainsi qu'une voile, les haleines de l'univers et de la vie qui se dévoile.

LES AUTRES

Sur le bord des chemins déserts elle marche, hésitante encore, et vers les taillis qu'elle ig-nore le soleil a guidé ses pas.

J'entends un rire qui, là-bas, s'éparpille au milieu des feuilles.

LES AUTRES

La source doucement l'accueille au murmure frais de sa voix qui chuchote sur les cailloux.

ELLE

Des enfants rient auprès de la fontaine, des enfants rient autour de moi...

et leurs mains pleines d'espoirs à peine épanouis, en des gestes très doux, tendent vers mes yeux éblouis

leurs petites corolles, ils sont tous près de moi, et leurs rires s'envolent

au gré du vent qui les emporte.

N'ouvrez pas, n'ouvrez pas la porte, car je veux que la joie de ces âmes en fleur

se pose toute sur mon cœur.

LES AUTRES

Avec des g-estes doux et des rires câlins il V a des enfants qui jouent dans le jardin.

igS LE COLLIER DES HEURES

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