‹ Le colloque de PoissyChapitre 31 sur 96 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

de Lorraine, « dont une cupidité honteuse et prête à employer le crime même pour arriver à ses fins, constituait le principal défaut », ' n'était guère rhomme qu'il fallait pour remédier au désordre des finances. Aussi, quand son fantôme de roi-enfant descendit au tombeau, quoiqu'il eut réduit de 500000 francs la dépense de la cour, - quitta-t-il les affaires en léguant la situation aggravée par lui à la régence de Catherine de Médicis.

Celle-ci compta d'abord, par une sévère économie, se tirer des embarras que d'autres lui avaient préparés. ^ La cour fut ramenée à une plus grande simphcité; on supprima la vénerie et quelques offices domestiques, on retint un quartier sur tous les gages et pensions et 'on s'imposa de ne pas dépenser plus de 3 millions et demi par an. * Les créanciers de lÉtat, qui étaient surtout des marchands italiens, se montraient, de leur côté, extrêmement faciles : ils consentaient à recevoir, en cinq ans, la moitié de la somme qui leur était due, et, pour l'autre moitié, à attendre le bon plaisir du roi, en exigeant un intérêt de 5 Vo, lequel, cependant, devait cesser aussitôt que la première moitié de la detle serait remboursée. ^ Mais ce n'étaient là que des palliatifs; le mal subsistait et, par sa durée, empirait nécessairement.

Dans de pareilles conjonctures où devait-on jeter les yeux et chercher un remède ? Il est naturel que

' Jean Michiel, 4561 {Amh. vêuit., t. L p. Ui).

2 Ihid., p. iO;).

' /h ni., j). i09.

* Marc llaibaro, 45C3 {Amb. vénit., t. II, p. 25\

5 Jean Michiel, 15G1 {Amb. vénit., t. I, p. i09).

58 COLLOQIE DE POISSY.

le pauvre, dans la détresse, se tourne vers le riche, et le riche c'était alors le clergé, qui possédait à lui seul les deux cinquièmes des revenus du royaume, * le revenu annuel de la terre en France étant, à cette époque, estimé à 15 millions d'écus. - La Réforme, d'ailleurs, apprenait à ne plus respecter les biens du clergé. Déjà, en 1559, lors de la tenue des Étals de la langue d'oc dans la ville de Beaucaire , au mois d'octobre, on avait demandé la saisie des biens du clergé, et l'année suivante, aux mêmes États, tenus à Montpellier (mars 15G0), des réclamations analogues eurent heu. « Le sujet de ces assemblées, disent les » mémoires de Gamon, ^ catholique modéré, était » Tacquit des dettes du roi, qui montaient à plus » de 42 millions et dont le clergé de France offrait )) d'acquitter 17. Cette offre fut proposée dans » l'assemblée et approuvée de la noblesse ; mais » Terlon, avocat et capitoul de Toulouse, qui portail » la parole au nom du tiers état, dit que l'expédient » le plus prompt était de prendre tout le temporel » de l'Éghse, en réservant aux bénéhciers les mai- » sons et les terres adjacentes de leurs bénéfices et » une pension équivalente aux revenus de ces der- » niers, que le roi leur assignerait sur les bonnes » villes du royaume. Cette proposition fut vivement » rejetée par l'évéque d'Uzès, aussi bien que les » plaintes que Chabot, avocat de Nimes, à qui l'au- >> dicnce fut d'abord refusée et ensuite accordée à

' Michel Siiriano, 1561 (Amb. vvnit., t. I, p. 505). « Marc Barbare, 4:j03 {Amb. vém't., t. II, p. 23). ' Mànoires de Gamon (éd. Panthéon, vol XI).

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