‹ Le colloque de PoissyChapitre 50 sur 96 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

C'était la présence de la royauté et des principaux de rÉglise catliolique qui donnait au colloque une haute signification : le cardinal de Ferrare conseilla à la régente d'éloigner des débats le roi et la cour qui pouvaient difficilement les écouter avec intérêt et, d'un autre côté, de ne plus y appeler le cardinal de Tournon et la plupart des prélats catholiques, lui faisant espérer qu'en écartant ainsi les plus violents on arriverait plus facilement à un accord. Le colloque perdait, de cette manière, toute solennité et devenait une obscure dispute ; quant à l'accord des Catholiques et des Protestants le rusé Itafien s'en remettait à l'obstination des partis pour le faire avorter. Placée entre ceux qui, avec le cardinal de Tournon, voulaient qu'on refusât toute audience aux hérétiques, et les Protestants qui ne cessaient de demander, dans leurs requêtes, la continuation du colloque public, ' Catherine de Médicis suivit les conseils du légat et il fut décidé qu'on entendrait de nouveau ceux de la religion, mais en particulier.

Le 24 septembre une conférence eut lieu en effet à Poissy entre douze docteurs catholiques et douze ministres réformés : - la reine-mère y vint avec le

» talem prostitui, ncc se passurum ut régie sigillo sibi » concrcdilo ad eani rem abiiteretur. Ad quœ incandes- D cens ferraricnsis dixit euni ignorare qute essent sui » muneris et oflicii. Ego vcro, inquil Caiicellarius, hoc » saltem egi ut inlelligereni, sed tu ne quidem cogi- » tàsti unquàin quod sit ollicium episco])i, quum tamen » aiiquot episcopatus possideas. »

' Mi-moires de Coudé, t. II, p. 490, etc. Discours des actes de Poissy.

'^ Despencc. Journal, 2t septembre. De Ik'ze aux Genevois, octobre 1561 (Arch. de Kernc .

roi de Navarre et quelques princes ; mais le cardinal de Tournon ne s y trouva point. La régente, qu* n'avait pu se dispenser de linviter à y paraître, eut la satisfaction de voir Tobstiné vieillard s'en excuser, disant que sa conscience lui défendait de plus communiquer avec les Réformés. Les ministres, au dire de Despence, étaient peu d'accord entre eux des points de doctrine qu'ils se proposaient de soutenir et nous admettons volontiers que de semblables dissentiments ont pu exister parmi les représentants de la Réforme ; mais ce qu'on ne saurait nier c'est que, dans ces dernières conférences, ils n'aient défendu leur cause avec beaucoup de vigueur et d'éclat.

Le cardinal de Lorraine ouvrit la séance en demandant aux Réformés s'ils souscrivaient aux doctrines exposées par lui le 16 septembre. De Bèze alors se leva pour réfuter ces doctrines. Il commença par l'Église, composée, suivant lui, d'élus et de non élus; mais ces derniers, s'ils sont dans la maison de Dieu, n'en font point partie et ils s'en sépareront comme la paille se sépare du froment. Trois marques, disait-il, font reconnaître l'Église, l'enseignement de la pure parole de Dieu, la sincère administration des sacrements et la succession des doctrines et des personnes. La succession de doctrine doit être avouée comme infaillible; quant aux personnes, les vrais successeurs des apôtres sont ceux qui, légitimement appelés, bâtissent sur les fondements jetés par les disciples du Christ. La succession a pu se trouver interrompue entre eux et les apôtres; on ne devrait pas moins les tenir pour légitimes, quand même ils auraient les premiers annoncé l'Évangile en quelque

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