‹ Le colloque de PoissyChapitre 56 sur 96 · CHAPITRE QIATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QIATRIÈME

instant de Paris par la guerre contre Charles-Quint, les Jésuites y reparaissent bientôt, et en 1549, on les trouve établis au nombre de treize dans le collège des Lombards, d'où ils passent l'année suivante dans celui de Clermont. * L'opposition contre l'ordre naissant était extrêmement vive à Paris, et les écrivains jésuites ne l'ont point dissimulée. « C'était à >> qui attaquerait alors la Société; ies chaires, les ') écoles retentissaient d'invectives contre elle; nul » ne lui ménageait les sarcasmes , ni le peuple dans « ses assemblées, ni le parlement dans les siennes, •> ni les domestiques mêmes parmi les coupes et les » plats aux festins de leurs maîtres. » - Le cardinal le Lorraine, tout-puissant sur l'esprit de Henri II, [l'en fit pas moins obtenir aux jésuites lettres patentes pour leur étabhssement dans la capitale (1552) et le ^este du royaume ; mais le parlement , avant de les enregistrer, déclara que les constitutions de l'ordre levaient être examinées d'abord par Tévêque de Paris, Eustache du Bellay. Après examen, ce dernier présenta à la cour une requête sous forme d'oppo- ^ition ainsi motivée :

« Leurs bulles et constitutions contenaient des :hoses absolument contraires à la raison et qui, par conséquent, ne devaient pas être tolérées dans la religion chrétienne. Il y avait, de plus, une arrogance extraordinaire à ces nouveaux rehgieux de s'attribuer i eux seuls le titre de Compagnie de Jésus, qui ne convient qu'à l'Église universelle.

' Sacchini, liv. IV, n" 119; IX. n" 53; X. n" IKK - (bid., XV, n».iO.

» Si c'est un collège que les Jésuites prétendent créer à Paris, un lel établissement est inutile, lUniversité ayant assez de collèges; si c'est une maison professe, comme les Jésuites, d'après les règles de leur institut, doivent vivre d'aumônes, leur admission ferait du tort aux autres pauvres et ordres mendiants dont le nombre est déjà si grand dans la capitale.

» N'étant soumis ni à la juridiction des évèqucs, ni à celle des curés et entreprenant sur les droits des uns et des autres, les Jésuites seraient un perpétuel sujet de trouble dans l'Église française.

» Leurs constitutions sont scandaleuses en ce qu'elles les exemptent du service divin, môme les plus grands jours de fête, et injurieuses au pape, dont le général de la Compagnie peut annuler les ordres.

» Pour toutes ces raisons et plusieurs autres, le prélat concluait qu'il serait convenable, attendu que l'ordre des Jésuites a été fondé pour la conversion des infidèles, d'établir la Société aux confins et non au centre de la chrétienté : aussi bien ces nouveaux religieux perdraient-ils trop de temps pour aller de Paris à Constantinople et dans les autres villes de l'Islamisme. »

La Sorbonne, également consultée, donna, le l*^' décembre 1554, son avis dans les termes suivants :

« Cette nouvelle Société, qui s'attribue le nom extraordinaire et inouï de Compagnie de Jésus, qui reçoit indifféremment et si licencieusement dans son sein toutes sortes de personnes : les bâtards, les scélérats et les infâmes, ne diflérant en aucune façon des prêtres séculiers ni par l'habit ni par la tonsure, n'ayant ni chœur, ni jeûnes, ni silence, ni aucune des

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