‹ Le colloque de PoissyChapitre 61 sur 96 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

» ment la substance de sou corps et de son sang » par Topera tiou du Saint-Esprit ; que nous man- » geous sacraraentellement, spirituellement et par foi » ce propre corps qui est mort pour nous, pour être » os de ses os et chair de sa chair, afin d'être vivifiés >' et percevoir ce qui est nécessaire pour notre salut. >) Et pour ce que la foi, appuyée sur la parole de » Dieu, fait et rend présentes les choses promises et » que, par cette foi, nous prenons très-véritablement » et de fait (seu realiter et reipsà) le vrai et naturel « corps et sang de Notre Seigneur Jésus-Christ » par la vertu du Saint-Esprit : en cet égard » nous confessons la présence du corps et du »> sang d'iceluy notre Sauveur en la Cène. » Les Réformés firent courir le bruit que, des deux côtés, on avait signé cette confession; mais les Cathohques, comme on le voit par le journal de Despence, ne reconnurent point y avoir adhéré. Cette confession, d'ailleurs, pas plus que la précédente, ne devait être acceptée par les prélats de Poissy. *

Le 3 octobre, en effet, par leur ordre, tous les docteurs en théologie, qui se trouvaient à Poissy, s'assemblèrent avec les évêques de Lisieux et de Chàlons et l'on résolut, tout en conservant la confession des ministres, de leur en imposer une contraire, rédigée dans le sens catholique ; ce qui fut fait le lendemain, et dans les termes suivants, par le grand maitre de Navarre Le Pelletier, de Mouchy, Dupré, Vjgor, Brochot et de Saintes : -

' Despcncc. Journal, 1" octobre ' Ibid., 3 et 4 octobre.

« Nous croyons et confessons qu'au sacrement de » l'autel le vrai corps et sang de Jésus-Christ sont » réellement et substantiellement sous les espèces « du pain et du vin par la vertu et la puissance de » la divine parole prononcée par le prêtre, seul » ministre ordonné à cet effet, selon l'institution et » commandement de Notre Seigneur Jésus-Christ. »

Ils corrigeaient ainsi la confession des ministres : « Nous croyons et confessons que le prêtre, ministre » ordonné par Jésus-Christ au saint sacrement de » l'autel, reçoit le vrai corps et sang de notre Sau- » veur, qui sont sous les espèces du pain et du vin » et ce par la vertu efficace des paroles desquelles il » usa en instituant ce sacrement et que nous tenons •> et mangeons ce vrai corps sacramentellement , » spirituellement et véritablement à notre salut, si » par foi (avec preuve de nos consciences suffisante) » nous nous présentons à la réception , autrement à » notre damnation. Et parce que la foi, appuyée sur » la parole, ne fait et rend présentes les choses » promises (car soit que recevant nous croyons ou » non, la parole ne laisse à avoir sa vertu) : en cet » égard nous confessons la vraie et réelle présence >. de Notre Seigneur, lequel reçoit non-seulement les » bons et véritables fidèles, mais aussi les hypocrites » malheureux, lesquels n'ont la vraie et droite foi. » Les mêmes théologiens dressèrent aussi de la confession des ministres une censure dont voici les termes : « Elle est non-seulement insuffisante, mais aussi captieuse et hérétique, et contient plusieurs erreurs et même contre l'institution du saint sacrement de l'autel. Qu'elle soit hérétique il appert, parce que

Page 1