CHAPITRE QUATRIÈME
la conclusion d'icelle où il est dit : En cet égard nous
confessons, etc en tant qu'elle est rapportée à
tout ce qui précède, contient en soi une condition exclusive qui détermine et restreint tout le précédent et découvre plusieurs erreurs en la dite confession, desquelles Tune est que la foi appuyée sur la parole de Dieu fait et rend présentes les choses promises ; car la foi ne fait et ne rend les choses promises réellement présentes, même ne peut les appréhender autrement qu'elles ne sont, d'autant que ce ne serait pas foi, mais erreur et fausse persuasion. Et les Pères anciens n'ayant eu exhibition actuelle des choses promises avaient vraie foi du Messie qui n'était pas encore venu ni réellement présent; et nous aussi nous avons vraie foi de la résurrection générale des corps qui n'est encore venue ni présente, et aussi eux-mêmes se contrediraient qui en leurs fausses imaginations disent qu'il est impossible que le corps de Jésus-Christ qui est présent au ciel soit quand et quand ailleurs , par quoi ce qu'ils disent qu'en cet égard ils confessent la présence d'icelui Notre Seigneur, ils ne le peuvent entendre que par vertu et efficace et non par présence réelle, autrement il faudrait qu'ils confessassent avec nous (comme c'est la vérité), que le corps de Jésus-Christ au dit sacrement ne répugne point à l'article de l'ascension. Autre hérésie est, quelque présence qu'ils confessent du corps et du sang de Jésus-Christ au saint sacrement, ils ne le mettent qu'au seul usage et communion comme déclare ce mot de cène et autres suivants, à savoir : présente, donne, exliibe, mangeons, recevons, qui sont seulement paroles signifiant usage et ne font
aucune mention que le corps soit réellement présent au saint sacrement de la messe, ce qui est expressément contre la très-expresse parole de Jésus-Christ, qui a dit : ceci est mon corps et non pas ceci est mon corps quand vous le mangerez. Autre hérésie est, quand ils disent que par cette foi nous prenons trèsvéritablement et de fait le vrai et naturel corps et sang de Notre Seigneur Jésus-Christ; car par celte foi ils ne peuvent en entendre d'autre que celle de laquelle ils ont dit bien peu auparavant laquelle fait et rend présentes les choses promises, en quoi avec ce qu'ils disent dans leur conclusion (qu'en cet égard ils confessent la présence) appert qu'ils aftirment que sans cette foi on ne prend ni reçoit-on le vrai et naturel corps de Notre Seigneur Jésus-Christ, ce qui est contre la doctrine de saint Paul, qui dit que le corps de Jésus-Christ se prend des uns dignement, des autres indignement, usant de ce mot: qui le mange indignement , il le mangea son jugement, ne discernant le corps du Seigneur. Elle est aussi captieuse, parce qu'ils semblent donner à entendre que le corps de Jésus-Christ est présent de fait et en substance au saint sacrement en la forme et manière que croit l'ÉgUse cathoUque ; toutefois par leur façon de parler ambiguë et obscure se gardent bien d'exprimer la réelle présence au dit sacrement, pour toujours abuser le monde et maintenir les sectaires en erreur. Elle est aussi insuffisante, en ce qu'elle ne contient la présence réelle du corps et du sang de Jésus-Christ sous les signes et n'attribue aucune pfticace ou opération aux paroles sacramentelles, ni au prêtre aucun ministère à la consécration et