‹ Le colloque de PoissyChapitre 67 sur 96 · UNE TENTATIVE DE RÉFORME DU CLERGÉ FRANÇAIS SUR LUI-MÊME · texte numérisé non relu

UNE TENTATIVE DE RÉFORME DU CLERGÉ FRANÇAIS SUR LUI-MÊME

Décidée à repousser tout accommodement avec les Protestants, l'assemblée de Poissy sentit néanmoins qu'il fallait, en quelcfue chose, donner satisfaction à l'opinion publique. La royauté, en effet, avait réuni les prélats dans l'espoir qu'ils l'aideraient à mettre fin aux désordres religieux de la France, désordres provenant de l'oppression où l'on tenait depuis tant d'années les Protestants, de l'injuste exclusion qui les éloignait de toutes les dignités et de tous les emplois, du fanatisme qui animait également les Protestants et les Catholiques. Dans une telle situation le remède semblait facile à trouver : détruire les trois causes du mal, c'était tuer le mal lui-même; en laisser subsister une seule, c'était le perpétuer. Éclairée alors par quelques honnêtes gens, surtout par le chancelier l'Hôpital, la royauté avait compris d'où pouvait venir le salut, et elle désirait s'associer

le clergé pour réussir plus sûrement à calmer les esprits émus. Opérer par le moyen de l'assemblée de Poissy un rapprochement, quel qu'il fût, entre les Catholiques et les Protestants, conquérir ainsi la tolérance et laisser ensuite agir le temps contre le fanatisme, tel était le plan de l'Hôpital ; mais le clergé trompa entièrement l'espoir de cet homme généreiLx. Infidèle à la belle mission qu'on lui destinait, il crut ou feignit de croire qu'on remédierait à tous les malheurs du temps en corrigeant la discipline altérée de l'Église : quant aux Protestants, la persécution seule en devait faire justice. Aussi l'assemblée de Poissy ne les entendit-elle que pour la forme, et son rôle lui parut rempli, et elle se déclara quitte envers la France, quand elle eut formulé, pour le rétabhssement de la discipline ecclésiastique, un certain nombre de décrets, sur la valeur et la portée desquels il est difficile d'admettre que leurs auteurs mêmes aient pu se faire illusion.

Le premier jour du mois d'août, le cardinal de Lorraine avait appelé chez lui les douze docteurs et quelques autres pour dresser la hste des articles concernant la réformation de l'Église, sur lesquels on aurait à déHbérer. Ces articles, au nombre de douze, communiqués à chaque membre de l'assemblée, étaient les suivants : '

1" De la conduite à tracer aux évéques ;

'^^ Des dignités des églises cathédrales ;

3° Des chanoines et de leurs immunités ;

A° Des curés et de leur institution ;

* Despence. Journal (initio).

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