CHAPITRE CINQUIÈME
prendra enfin ses provisions du pape. Dans le cas où l'ignorance, suffisamment constatée, ou une conduite répréhensible, lui feraient refuser les provisions, l'affaire sera renvoyée au roi pour qu'il en décide comme bon lui semblera. Devaient être exclus des fonctions de l'épiscopat tous ceux qui ne seraient point nés de légitime mariage ou n'auraient pas trente ans accomplis. On imposait à tout évêque, muni des provisions du saint-siége, l'obligation de se faire consacrer, dans les six mois, par l'archevêque et deux évèques ou par trois évêques de sa province, si le métropolitain se trouve empêché. Comme on voyait quelquefois des hommes élevés à l'épiscopat sans même être engagés dans les ordres, le même décret leur enjoint de les recevoir dans les six mois et de se faire consacrer, fussent-ils même décorés de la pourpre romaine.
Que les évêques , semblables aux bons pasteurs , n'abandonnent point leurs troupeaux et résident toujours dans leurs diocèses. L'évêque dont l'absence durera plus de trois mois, sera tenu d'en rendre compte au métropolitain, celui-ci dans une circonstance pareille à l'évêque voisin. Les évêques doivent s'appliquer à l'élude des livres saints et enseigner au peuple la parole de Dieu; si quelque cause les en empêche, qu'ils délèguent du moins ce ministère à des hommes capables, dont la doctrine soit reconnue saine et la vie sans tache. C'est aux évêques à donner aux fidèles Texemple de l'austérité chrétienne, de la simplicité des mœurs, du mépris du faste et du luxe. Les jours de fêtes solennelles, ils célébreront euxmêmes le sacrifice de l'autel, et s'il se présente
quelqu'un pour entrer dans les ordres, ils les lui conféreront eux-mêmes par l'imposition des mains, évitant avec un soin extrême tout soupçon d'avarice et n'exigeant jamais rien comme salaire. Chaque évéque doit tous les ans faire la visite de son diocèse : si retendue du diocèse est telle que la visite ne puisse se faire en une seule année, qu'il prenne deux ou trois ans pour s'acquitter de son devoir. Chaque année aussi l'évêque réunira un s>;node, et d'après l'ancienne et salutaire coutume de l'Église, examinera la doctrine et les mœurs des assistants. Le concile provincial sera assemblé tous les trois ans par l'archevêque. On recommande aux évêques de pratiquer l'hospitaUté, de se montrer charitables, et de prendre soin des hôpitaux, léproseries et autres établissements qu'on désigne sous le nom de maisons de Dieu. Les causes de ceux qui se diront exempts, l'évêque pourra les juger, à condition de se faire assister de six des plus anciens du chapitre. Enfin nul livre ne paraîtra qu'avec le nom de l'auteur et de l'imprimerie, et revêtu de l'approbation de l'évêque : les malheurs présents n'ont-ils pas eu leur cause dans les doctrines perverses répandues parmi le peuple par des gens mal intentionnés? Le secours du bras sécuher sera invoqué contre tout auteur ou imprimeur qui enfreindra cette dernière partie du décret.
Le second règlement ordonne de ne conférer les dignités et les personnats qu'à des hommes recommandables par leurs mœurs, qui se trouveront être chanoines de l'église où se présente la vacance, qui auront vingt ans accomplis et s'astreindront à la résidence. Les archidiacres qui ont charge de faire