‹ Le colloque de PoissyChapitre 71 sur 96 · CHAPITRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEME

de tètes ils enseigneront au peuple les vérités fondamentales de la religion, apprendre aux fidèles les prières les plus usuelles est encore un des principaux devoirs du curé, et il récitera souvent ces prières du haut de la chaire, soit en latin, soit en français, à haute cl intelligible voix, de manière que chacun puisse les suivre et se les graver dans la mémoire. Les curés ne pourront rien exiger pour Tadministration des sacrements, mais il leur sera permis d'accepter ce que les iidèles offriront d'eux-mêmes ; c'est dans ce sens que Vapôlre trouve légitime que le prêtre vive de l'autel. L'évèque, d'ailleurs, s'assure dans ses visites si la portion canonique assurée aux curés leur permet de vivre honorablement et de pratiquer la charité et l'hospitahté ; s'il juge la portion insuffisante, il en réfère au synode provincial qui avisera.

Le cinquième règlement défend d'ordonner un prêtre avant vingt-cinq ans accom.plis. Quiconque veut entrer dans les ordres doit être muni d'un certiticat de bonnes mœurs, et le nom du postulant sera proclamé devant les fidèles plusieurs dimanches, afin que chacun puisse déposer sur sa conduite passée. Nul ne sera reçu prêtre s'il ne dispose, soit d'un bénéfice, soit d'un patrimoine suffisant pour son entretien. L'évèque qui ordonnera un prêtre en dehors de ces conditions sera forcé de pourvoir à sa subsistance. Prier, offrir le saint sacrifice, administrer les sacrements et donner a tous l'exemple de la patience et de la science religieuse, tels sont les devoirs du prêtre. Les fonctions des diacres consistent à faire la lecture publique de l'Évangile et à servir le prêtre qui offre le sacrifice. Les uns et les

autres doivent s'appliquer à Tétude des lettres sacrée SOUS peine de se voir suspendus aussi longtemps qu'ils s'obstineraient dans leur ignorance. On suppliera enfin le pape pour qu'il ne soit plus ordonné de prêtres français à Rome et à Avignon, sauf de très-rares exceptions ; cette dernière précaution , jointe à toutes les autres, aura pour elîet de diminuer considérablement le nombre des prêtres indignes.

Le sixième décret fixe à dix-huit ans la profession des moines et à seize ans celle des religieuses. Les ordres primats, comme ceux de Cluny, des Prémontrés, de Saint-Antoine et d'autres, ainsi que les abbés et les prieurs qui ont juridiction sur les monastères d'un ordre inférieur, seront chargés de visiter les monastères afin d'y faire observer exactement la règle : aux évèques appartiendra la correction des moines en ce qui regarde la doctrine et les autres fautes. Chaque monastère, et ceux-là principalement dont les revenus sont considérables, enverront aux universités un certain nombre de moines qui y feront leurs éludes et recevront, pour leur entretien, une pension d'au moins GO livres. Dans les monastères très-importants on étabUra deux maîtres, l'un pour enseigner la grammaire, l'autre pour les lettres sacrées . Ces maîtres seront, de préférence, des moines appartenant à ces mêmes monastères, s'il s'en trouve d'assez capables pour instruire leurs frères; à leur défaut on prendra des étrangers. La même chose aura lieu dans les prieurés conventuels. Les supérieurs des communautés devront, pour cela, diviser le temps des moines, de manière à ce qu'il leur reste toujours quelque loisir pour l'étude. La visite des monastères

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