‹ Le colloque de PoissyChapitre 77 sur 96 · CHAPITRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEME

itleste également ce progrès du clergé : « En ce temps les évèques et docteurs, théologiens, curés, religieux et autres pasteurs catholiques commencèrent à penser en ces nouveaux prêcheurs si désireux et si ardents d'avancer leur religion et, dès lors, prirent plus de soin de veiller sur leur troupeau et au devoir de leurs charges et aucuns à étudier es lettres saintes à l'envi des ministres protestants qui attiraient le peuple de toutes parts et craignant que les dits ministres n eussent l'avantage sur eux par leurs prêches et par iceux atti- ' rassent les Catholiques, ils commencèrent aussi à prêcher plus souvent que de coutume, en avertissant les auditeurs de se garder des hérésies des nouveaux dogmatisans sur peine d'encourir la haine de Dieu en se départant de la vraie Éghse. » ^ De els aveux ne laissent point de place au doute; c'est a voix seule de ses ennemis qui arracha le clergé à a mollesse et à son ignorance; devant la redoutable ittaque du protestantisme, il lui fallut de nouveau ipprendre à lutter pour la défense de ses autels, )our son existence même, et de cette lutte acharnée ortit pour lui la réforme que les stériles décrets de assemblée de Poissy eussent été impuissants à proluire.

Que faut-il donc voir dans ces décrets? Une simple nanœuvre du clergé contre l'ordonnance d'Orléans lu chancelier l'Hôpital, dont il s'agissait d'atténuer 'effet. Le clergé formait alors une société à part au nilieu de l'État, ayant ses privilèges, son gouverne-

' Mémoires de (Instclnau, iiv. 111, ch. VL

ment propre; et de même qu'il se refusait à participer aux charges de TÉtat, de même il repoussait toute intervention du gouvernement dans les affaires de l'Église. Il la subissait quelquefois, vaincu par la nécessité; mais jamais il ne l'acceptait. Or le chancelier l'Hôpital, par l'ordonnance d'Orléans, avait pris l'initiative d'une réforme de la discipline ecdésiastique, que l'Église ne faisait pas elle-même ; c'était blesser le clergé dans ses plus chères prétentions. D'un autre côté , les abus et les vices dénoncés par les États d'Orléans et que l'ordonnance voulait faire disparaître, étaient si réels, si évidents pour tous, qu'on ne pouvait, sans provoquer un immense scandale, s'élever ouvertement contre l'édit royal. Mieux valait donc agir, comme s'il n'existait pas, décréter soi-même une réforme et s'en donner le mérite auprès des simples. De là les canons de l'assemblée de Poissy qui ne sont, à vrai dire, que l'ordonnance d'Orléans amplifiée. Du moins l'Église paraissait ainsi n'obéir qu'à l'Église ; l'arche sainte demeurait intacte et les portes du sanctuaire fermées aux profanes !

Les prélats avaient terminé la série de leurs règlements par la profession de foi suivante. « Nous » croyons de foi ferme et confessons que dans le » très-auguste sacrement de l'autel, le vrai corps et » le vrai sang de Jésus-Christ sont réellement et » substantiellement sous les espèces du pain et » du vin, par la vertu et la puissance de la parole » divhie prononcée par le prêtre, seul ministre n ordonné à cet etîet. Nous croyons et ainsi doivent » l'enseigner et les archevêques et les évêques, et

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