‹ Le colloque de PoissyChapitre 79 sur 96 · CHAPITRE SIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIEME

les conferences de saint-germain

ou la dernière tentative de conciliation.

l'explosion.

La terreur de la cour de Rome avait été grande juand elle apprit qu'une discussion solennelle, auto- •isée par le roi, allait s'ouvrir en France entre les leux religions. Le langage de Catherine de Médicis le pouvait, d'ailleurs, qu'augmenter les alarmes du )ape, et en lui annonçant le colloque elle parut, en nème temps, vouloir se ménager une rupture avec {orne. Dans sa lettre du mois d'août, écrite, dit-on, )ar l'évéque de Valence, elle représentait au saint iiége combien ceux de la religion nouvelle avaient ait de progrès en France, que les principaux de la loblesse et d'honorables magistrats passaient tous les ours de leur côté et, à leur tour, attiraient d'autres prosélytes par leur autorité et leur exemple. Dans in tel état de choses, il était nécessaire de songer à 'amener les dissidents et on pouvait, avec dautant

moins de péril, les recevoir dans le sein de TEglisc, qu'ils n'étaient ni anabaptistes ni sacrementaires et ne contredisaient aucun des douze articles du symbole des apôtres. Pour rendre leur retour plus facile , des personnes pieuses étaient d'avis . qu'on corrigeât certains usages de l'Église catholique; en supprimant les images, en adoptant le chant des psaumes en langue vulgaire, en accordant le calice aux laïcs et en substituant à la messe une autre cérémonie plus conforme à la parole de Dieu, on fortifierait à la fois l'Éghse et on ôterait tout prétexte de l'attaquer à l'avenir. * De telles propositions étaient peu rassurantes et Pie IV s'était hâté d'envoyer en France le cardinal de Ferrare, le chargeant de surveiller le colloque et d'empêcher qu'il ne s'y fit rien de contraire aux intérêts du saint-siége. Mais Rome fut bien servie en cette occasion par le clergé français, et les craintes de la papauté se dissipèrent devant l'attitude de l'assemblée de Poissy, déclarant hautement qu'elle ne prendrait aucune décision qui ne fût approuvée par le souverain pontife. ' Aussi le péril écarté, Rome, enhardie par la faiblesse qu'avait montrée le gouvernement français en cédant à l'obstination des prélats, saisit avec joie la première occasion de se venger et de parler, à son tour, un langage hautain. La régente ne tarda pas à la lui fournir, lorsque, mécontente de l'issue du colloque de Poissy, et n'osant toutefois prendre sur elle de faire les

' De Thou, liv. XXVIII. — Fra Paolo Sarpi. llistaire du concilo de Trente, liv. V, p. 433.

* Dcspciicf, Journal, "2 août.

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