CHAPITRE SIXIÈME
CCS Irois propositions: il n'est point licite de peindre Dieu de quelque manière que ce soit; les images ne doivent point être tolérées dans les églises chrétiennes; lors même qu'elles seraient toiérables, il ne leur faudrait rendre aucun culte ni honneur. Il appuyait ces trois propositions sur le témoignage de rÉcriture et des anciens Pères de l'Église, tant grecs que latins. Les Catholiques ayant demandé du temps pour répondre, la seconde séance n'eut lieu que le 30 janvier. La Sorbonne y exposa son opinion par Torgane de Pelletier; le général des jésuites, de son côté, parla avec la même assurance qu'au colloque de Poissy, ne reculant devant aucun argument, si faible et si étrange qu'il fût, et par là même étonnant ses adversaires. Les Catholiques, d'ailleurs, n'étaient point d'accord entre eux; car Salignac et iévéque de Valence s'élevèrent contre les images, le premier avec tant de force que le cardinal de Tournon, toujours le plus obstiné et le plus irritable des Catholiques, quitta son siège de dépit, ce qui n'empêcha pas Salignac d'ajouter que la prophétie du roi David s'était accomplie et que les idolâtres étaient devenus aussi dépourvus de sens que leurs idoles. Despence, le jour suivant, soutint la même doctrine que Salignac, mais sans mettre dans son langage autant de hardiesse et de franchise. On convint alors que des deux côtés un avis sur les images serait rédigé et présenté à la reine-mère: la majorité des .catholiques conclut au maintien des images; les Réformés en demandèrent la suppression et furent appu\és par les évêques de Valence, de Séez, Salignac, Bouteiller, Picherel et Despence.
La dernière résolution des ministres présentée à la reine le 1 1 février, était ainsi conçue :
•t Puisque l'expresse parole de Dieu condamne entièrement tout l'usage d'images quant à ce qui concerne son service extérieur et intérieur, nous ne pouvons en bonne conscience nous départir d'un si exprès commandement de Dieu et approuver ce qui est expressément défendu.
» Nous voyons aussi que par le même commandement de Dieu, ainsi qu'il a été pratiqué par l'église d'Israël, par les apôtres et leurs successeurs l'espace de quatre cents ans et plus, les images ne se doivent colloquer es temples ni autres lieux où les fidèles conviennent pour servir Dieu, parce que l'expérience nous le montre à l'œil que jamais les hommes n'ont bien usé des images.
» Pour ces causes, nous prions Dieu qu'il les abolisse du tout du milieu des églises des chrétiens, et qu'il donne zèle et vertu au roi notre souverain seigneur pour les ôter du tout suivant l'exemple du bon roi Ézéchias.
» Toutefois s'il plait au roi les tolérer encore et cependant entendre de nous en quoi nous pourrions, tel cas avenant, convenir avec ceux qui sont d'opinion contraire, nous supphons Sa Majesté de nous accorder les points qui s'ensuivent :
» Premièrement que toutes images illicites comme celles de la Trinité du père et du Saint-Esprit ; item celles qui sont de ligure dissolue comme la i)lupart des images de vierges ; item les profanes comme celles de bêles brutes et plusieurs autres images faites au plaisir des hommes soient pareillement ôtées.