‹ Le colloque de PoissyChapitre 86 sur 96 · CHAPITRE SIXIÈMF · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈMF

') Item que celles qui sont es rues et places, auxîjuelles on ne fait moins de service qu'à celles qui sont (i( dans les églises soient pareillement ôtées.

» Item que celles qui resteront soient ôtées des autels et de tous autres lieux où Ton a coutume de se prosterner et mises en tels lieux et places qu'on n'en puisse aisément prendre occasion de continuer en superstition.

« Item que le peuple soit expressément et diligemment admonesté que nulle offrande de cire, argent ou autre chose, ne soit faite aux dites images, et cas avenant qu'il s'en fit, ne soit reçue ni avouée, et en général que nulle adoration intérieure ou extérieure, simple ou relative, comme est se prosterner devant elles, de les visiter par pèlerinage, encenser couronner, toucher par dévotion, parer, prier, ne soit faite aux dites images, ni au-devant d'elles en sorte quelconque.

» Et quant aux croix de bois ou autre matière, combien que nous sachions que l'usage d'icelles est depuis Constantin le Grand, toutefois ayant égard à la parole de Dieu et à ce que l'Église s'en est passée si longuement et durant sa première pureté ; et puis aussi considérant que la plus grossière superstition s'est commise à l'endroit de la croix, nous ne la pouvons non plus tolérer que les autres tigurcs et images et nous nous contentons de voir Jésus-Christ et sa passion dépeinte au vif en sa sainte parole, comme en parle saint Paul écrivant aux Galates.

» Cela présupposé, s'il plaît à la majesté du roi les retenir encore pour quelque temps, combien que nous désirerions davantage c'est à savoir que l'occa-

sion même de toute superstition fut ôtée; toutefois espérant que Dieu fortiiiera le roi de plus en plus , notre avis serait que pourvu qu'on fut d'accord de tout le reste, on ne laissât pour cela de convenir et s'assembler en même lieu les uns et les autres. »

La majorité des théologiens catholiques répondait à cette déclaration de la manière qui suit :

« Faire et avoir des images de Jésus-Christ, des saints et saintes et les mettre aux temples n'est contre le commandement de Dieu.

» Vénérer et honorer les images adressant l'honneur à ce qui est représenté par elles, selon l'usage et tradition de l'Église, n'est superstition ni idolâtrie et ne contrevient à la sainte Écriture qui défend seulement l'idolâtrie.

» Se présenter devant l'image de Jésus-Christ en adorant celui qui est représenté par icelle, comme dit saint Grégoire, et aussi s'incliner et s'agenouiller devant les images des saints et faire autres signes extérieurs de décente révérence, est acte de dévotion et piété et non idolâtrie et superstition.

» Semblablement encenser, allumer des cierges et chandelles, faire vœux et offrandes à Dieu devant les images de Notre Seigneur et des saints colloques aux églises, chanter hymnes et cantiques à l'honneur de Dieu et louable mémoire des saints, en les honorant cl priant, est chose usitée en l'Église catholique et approuvée parla sentence des saints Pères.

» Porter en procession la croix et les rehques en mémoire des saints comme se faisait du temps de saint Jean-Chrysostôme et de saint Augustin, est chose louable et religieuse.

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