CHAPITRE SIXIÈME
» Davantage ne soit permis à quelconque personne privée d' ériger ou faire ériger certaines images sans l'autorité de l'évèque. Et aussi ne recevoir aucuns miracles sans preuve légitime et approbation de révéque.
» Aussi soit défendu d'ôter ou rompre les images pour autant que c'est chose grandement contre llionneur de Dieu et de ses saints et saintes et au détriment de la religion chrétienne.
» Mais le souverain moyen pour déiinir et déterminer la matière présente et toutes autres concernant la foi chrétienne et pour runiverselle réformation de l'Église, est le tout remettre au saint-siége apostolique et au concile général. »
Le 11 février avait eu lieu la dernière réunion : les èvèques de Valence et de Séez, Salignac, Bouteiller, Picherel, Despence s'efforcèrent encore, mais en vain, de faire partager à leurs collègues les sentiments de charité et de conciliation dont ils étaient eux-mêmes animés. Ils avaient envoyé à la reine-mère un avis sur les images qui eût certainement satisfait les Réformés ; mais ils ne purent obtenir d'en donner lecture. On se sépara ainsi et, comme le colloque de Poissy, le colloque de Saint-Germain ne donna aucun résultat. Les ministres, toutefois, eurent occasion, dans cette conférence, d'expliquer les caractères auxquels ils reconnaitraient un légitime concile. On cherchait en effet à leur faire accepter celui de Trente et le jésuite Laynès s'agita fort pour les y amener, venant, dit de Bèze, chercher les ministres jusque dans leurs hts, leur répétant sans cesse d'aller à Trente et les assurant que le pape ne ferait pas, au
concile, ce qu'il voudrait. La Sorbonne, tous les couveuts de Paris fureut successivcmeut visités par Laynès qui, en même temps qu'il ne cessait d'agir sur le peuple par ses prédications, avait des entretiens fréquents avec la reine-mère, le roi de Navarre, le prince de Condé et les plus marquants d'entre les grands, et s'efforçait de les gagner au concile de Trente. Cette activité de Laynès, aussi bien que son audace, dont nous avons parlé, ne représentait-elle pas merveilleusement, à Poissy et à Saint-Germain, Tordre dont cet Espagnol était le chef ? Ne reculer devant rien et ne jamais se rebuter, tels sont en effet les deux principes de conduite qui ont fondé l'empire de la société de Jésus ! Née d'hier, elle en connaissait déjà toute la valeur. *
Après l'issue de la conférence de Saint-Germain il nétait plus permis d'espérer la réconciliation du CathoUcisme et de la Réforme. Une expérience restait encore à tenter pour les pohliques avant la guerre civile, cétait de donner une existence légale à la nouvelle doctrine et de la faire vivre comme religion reconnue par l'Etat à côté de l'ancienne. Déjà le gouvernement de la régente s'y était décidé. Elle a va il convoqué à Saint-Germain, pour les premiers jours du mois de janvier, des députés des huit parlements
' Desj-encc. Journal, deuxième partie. — De Bézc. Lettre du 1" février 15(5:2 (Arch. de 13crnc\ Ilist. ceci., liv, IV, t. 1, p. 61J:2, etc. — Lettres de Chanlonnay, 3 février loG-2 Mèm. de Condé, t. II, p. 21). — Comnientarii deW Azioni iAnib. vénit., t. II, p. Sul. — Marc-Antoine Barbaro (Ainb. vcnft., t. II, p. 73^ — Sacehini, lib. V. W 208-217.