‹ Le colon pelvien pendant la vie intra-utérineChapitre 11 sur 18 · IS · texte numérisé non relu

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Les modifications de la portion terminale de l'intestin et de son

méso, sont peu importantes. À signaler pourtant un fait, qui n'est

que le début d’un processus important et très accentué dans la suite:

c’est le commencement de la fixation du mésocôlon descendant à la

paroi abdominale postérieure. Sur cet embryon déjà, le mésocôlon

descendant n’était plus complètement libre ; à gauche de la colonne vertébrale, à la hauteur du pôle supérieur du rein près de son bord

interne (médial), le méso était fusionné avec le feuillet pariétal de la

paroi abdominale postérieure. Mais plus bas il était complètement libre.

F. Embryon de cinq mois.— (Grand nombre d'embryons de 13 à 20 cent. de long.) Deux modifications importantes, survenues du côté

des mésocolons descendant et pelvien, dominent toutes les autres : ce

sont : S

1° La disparition du mésocélon descendant primitif.

20 La formation de la fossette intersigmoide (recessus intersigmoide).

Nous reviendrons plus tard sur ces deux points embryologiques, qui ont donné naissance à de nombreuses discussions. Pour l'instant, nous nous contenterons d'exposer brièvement les faits trouvés par Toldt, sauf a en contrôler ensuite la valeur.

Jusqu'à la fin du quatrième mois, ou le commencement du cinquième, le mésocôlon descendant était libre de toute attache pariétale, se"1f au niveau de sa racine. Aussi, pouvait-on détacher sa face postéricure du péritoine pariétal, et mettre le méso dans une position sit tale, intestin en avant.

Au début du 5° mois fœtal et parfois à la fin du 4°, nous dit Toldt, le mésocôlon descendant ne peut plus être détaché librement dans sa portion supérieure, jusqu’à la ligne médiane, car il adhère à gauche de la colonne vertébrale, et en partie aussi à la face antérieure du pôle supérieur du rein gauche. |

De là, l'adhérence avance le long de la face antérieure du rein, et s'étend au-dessous de l'angle splénique du côlon (flexura coli lienalis), jusqu'à l'intestin. Par en bas, la fixation ne se fait pas aussi régulièrement. Comme le rein par son pourtour antérieur, forme un tubercule saillant sur la paroi postérieure de la cavité péritonéale, il

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en ste: dates son bord interne (médial) e et la colonne vertébrale, un sillon longitudinal plus ou moins accentué, dans la moitié inférieure duquel se trouve l'uretère. Le long de ce sillon, la fixation du

mésocôlon descendant fait peu de :progrès, beaucoup moins qu'en dehors, au delà du tubercule formé par le rein. Au niveau de ce der- & nier, à la fin du 5° mois, quelquefois au milieu de ce mois, l’adhé-

rence a atteint le pôle inférieur du rein, tandis qu'à côté de la colonne vertébrale, dans le sillon cité, . face postérieure du mésocélon est restée libre.

Telle est l'origine de la fossette intersigmoïde. En soulevant, nous dit Toldt, le mésocôlon de l’anse en S (côlon pelvien futur) on voit une cavité en entonnoir ouverte en bas, limitée : en arrière : par le péritoine pariétal ; en dedans : par ce dernier eten partie par la racine de mésocélon descendant; en avant : par la face postérieure de ce __ même mésocôlon, et en dehors : par la ligne suivant laquelle le mésocôlon adhère au péritoine pariétal de la face antérieure du rein

gauche, ligne qui se dirige obliquement en bas et en dehors. Sur la. paroi postérieure de l'entonnoir, on voit par transparence l'üretère, Le sommet (ou fond) de l’entonnoir peut remonter jusqu’au duodénum, ou s'arrêter plus bas : dans ce dernier cas, l'entonnoir paraît plus aplati. Dans d’autres cas, l'adhérence du mésocôlon descendant, s'étend jusqu'au bord interne (médial) du rein gauche ou même au delà, alors l’entonnoir est très rétréci et dans quelque cas n’admet

qu’une sonde fine.

Cet entonnoir, ajoute Toldt, ne manquait sur aucun embryon examiné. Sa forme et sa grandeur paraissaient dépendre de la forme du rein : de sorte que, dans les cas où la face antérieure du rein était très

convexe, l'entonnoir était plus large et plus profond, que dans ceux où cette face du rein était plus ou moins aplatie. Quant à à la forme de l’'entonnoir elle dépend surtout de la manière dont se fait l'adhérence du mésocôlon descendant, c'est-à-dire suivant l'étendue sur laquelle se poursuit le processus & adhésif.

Cet entonnoir, simple fente allongée quand l'anse en S (côlon pel-. vien futur) est abandonné à sa situation normale, bien développé et très visible quand on soulève l’anse en S, n est autre que le rudiment de la fossette intersigmoïîde (recessus ae or de

Ajoutons encore quelques détails sur la disposition de l'intestin ter-

minal et de son méso, sur l'embryon de cet âge. Le mésocôlon be ES SNA cendant est d'ordinaire assez long (large) pour permettre au côlon. ETES descendant de longer le bord externe (latéral) de rein gauche. Du repli. duodénal inférieur (plica duodeno-jejunalis) descend fréquemment un. petit repli sur la face antérieure du mésocélon descendant déjà fixé. C'est là un reste de ce repli long etsolide qui, lors de la formation de ETES la fossette duodénale inférieure (recessus duodeno-jejunalis) descen- 2 dait jusqu'au méso du côlon pelvien (anse en S). Enfin le futur côlon

pelvien (anse en S) est situé ordinairement en avant de la glande

génitale. . EEE ne

Faut-il répéter que. je ne fais, pour le moment, ‘que suivre Toldt. dans la description de ses-embryons, et que je me réserve de discuter plus loin les faits avancésparlui. :

G. Embryon sie la. deuxième moitié de la vie Pr ulérine. (Plusieurs embryons de 24 à 41 centim. de long.)

Le côlon descendant forme un arcsuivant le bord externe (latéral) du rein gauche, et se trouve fixé dans toute cette étendue. Dans quelques cas cependant, au 6° et 7° mois, sa portion inférieure est encore mobile et son méso libre sur une certaine étendue.

La flexura sigmoïdea (côlon pelvien) présente déjà au 6° mois ses

deux anses typiques, dont l’inférieure se place en avant de la glande génitale. Plus tard quand le méconium est abondant, la flexura (côlon pelvien) se dilate et s'étend au delà de la ligne médiane j jus qu'à la fosse iliaque droite, ou se recoube en haut jusqu’au hile du rein gauche. |

Le rectum (coupes sagittales de préparations durcies à l’ac. chro = mique) au 68 mois descend presque directement à l’anus ; il est rempli de méconium et est accolé à la moitié supérieure du sacrum.

Vers la fin de la vie fœtale, le mésocélon descendant, qui au 6° mois est ordinairement libre à partir du pôle inférieur du rein gauche, se trouve à la fin de la vie fœtale, fixé au-dessous du rein, et plus ou moins bas, au-dessous de la crête iliaque.

La fossette intersigmoide (recessus intersigmoïdeus) de plus souvent bien accentuée, présente, à cette époque de la vie fœtale, la forme d’un entonnoir étroit, dont l'ouverture inférieure, suivant la façon dont s’est faite l'adhésion où insertion, du mésocôlon descendant,

AE TETE En Si NL en re Etes re ee Ver PSE RS er a CA D PRES Cr IN RES AE PAR LEE L 2

se trouve, plus où moins hat. La longueur de. l'entonnoir est Sartblel dans quelques cas il remonte jusqu’au voisinage du duodénunm ; le plus souvent il mesure 1 à 1,5 cent. Exceptionnellement il est réduit ATX à une simple fossette peu profonde. Enfin, la fossette ou recessus inter- AE | sigmoïde descend de plus en plus bas pendant le développement ROTS Ê de " embryonnaire, & “sans aucun doute par suite d’accolement et fusion successive de ses parois, à partir ‘du sommet, ou extrémité supérieure - du cul-de-sac ».

Je viens de résumer aussi complètement que possible le résultat des recherches de Toldt en ce qui concerne l évolution du côlon pelvien . jusqu'à la naissance. Avant de passer a mes propres recherches Sur. ce point, je dois insister un peu sur quelques travaux faits sur cette Fe question, travaux bien moins importants que celui du professeur de . Vienne. PRES ee . : Re : Treves (1) En de fœtus long de cinq pouces, Us lequel l'anse oméga (côlon pelvien) formait une anse simple située dans la cavité

abdominale et dirigée en haut et à droite ; chez le fœtusà terme, l anse à 2 oméga avait la même forme, son sommet s ’élevait jusqu'au voisinage D - dela portion transversale . duodénum. Quelquefois, elle s’infléchis- - sait déjà vers le bassin.” ; Dans une dissertation inaugurale soutenue à Dorpat, en 1890, Claudius von Samson (1) publie une série de recherches faites sur la situation du côlon pelvien des embryons de différents âges. Voici le résumé de ses observations (loc. cil., p. 7)... a) Sur un embryon de 8 centim., le côlon descendant était situé en dehors du rein gauche, se continuait dans une anse colique en. forme d'S qui traversait la fosse iliaque gauche, et s'enfonçait dans le bassin : côlon pelvien (flexura sigmoidea).

Sur les embryons de cette longueur (3), le mésocôlon a di et pelvien était tantôt complètement libre (1 cas), tantôt déjà fixé au ee pôle (extrémité) supérieur du rein gauche. La ligne d insertion (ligne suivant, laquelle se fait l'adhérence du méso à la paroi abdomi-

ee nale postérieure) décrivait un arc légèrement concave en dehors, dont

() F° TREVES. The anatomy of the’intestinal canal and Peritoneum in man.

Hunterian lectures. London, 1885. fe (2) CLAUDIUS VON SAMSON. Zur Keinntniss A Llexura Mme coli (S romanum). Inaugural- Psion Dorpat. he Laaksmann, 1890.

RSR TE une extrémité touchait le rein gauche, et l'autre plongeait dans le bassin, <

b) Sur l'embryon de 10 centim., le côlon descendant placé au côté externe du rein gauche, se continuait avant de pénétrer dans le

bassin, avec un arc (côlon pelvien) situé au-dessus de l'entrée du: bassin. Cet arc colique pénétrait dans la moitié droite du corps et

entrait dans le bassin à droite.

c) Sur deux embryons de 13 et 14 centim., la situation du côlon était la même que sur le précédent, mais la ligne d'insertion, ou adhérence, de son méso faisait non plus un léger arc, mais un coude

à deux branches : une oblique supérieure située près du rein gauche,

l'autre inférieure verticale et médiane pénétrant dans le bassin.

d) Sur l'embryon de 20 centim., le côlon descendant et le pelvien (flexura sigmoïdea), présentaient un trajet plus compliqué : Après avoir longé Îe bord externe (latéral) du rein gauche, le côlon passait sous son bord inférieur et.se recourbait en haut, accolé sur une petite

étendue au bord interne du rein. Ensuite il se recourbait en bas,

atteignait le milieu de la colonne vertébrale, et reposant sur elle, gagnait le bassin. La ligne d'insertion de son méso décrivait un coude plus prononcé que dans le cas précédent : la branche supérieure descendait plus bas, au-dessous du hile du rein gauche. C'est ainsi que s’accentuait la « forme en {oit » du méso-sigmoïdeum (mésocôlon pelvien), déjà commencée dans les cas précédents.

e) Sur un embryon de 22 centim., le côlon passait comme sur l'embryon de 10 centim., dans la moitié droite du corps. Il se dirigeait ensuite de droite à gauche pour pénétrersur le côté droit dans le bassin, et présentait dans son trajet deux courbures.

f) Sur un embryon de 30centim., le côlon pelvien (flexura sigmoidea) parti de la fosse iliaque se recourbait brusquement en haut jusqu'au rein gauche, puis se dirigeait en bas, pour remonter, décrivant un arc à convexité dirigée en bas, jusqu'à la 3° vertèbre lombaire. Delà, le côlon,se recourbait une dernière fois en bas pour plonger définitivement dans le bassin. La ligne d'insertion pariétale du méso sigmoïdeum (mcesocôlon pelvien) a subi un abaissement tel que la branche gauche ou supérieure du coude qu’elle forme, est descendue dans la fosse iliaque gauche, et l'angle formé par les deux branches : gauche et droite, de cette ligne, était plus petitqu'un angle droit. En somme,

Nu

AN est

l'insertion du méso sigmoïdeum ou mésocélon pelvien, se faisait bien plus bas que sur les embryons précédents; disposition déjà indiquée du reste par Toldt. | -

Je n'irai pasplus loin avec les citations. J'ai voulu reproduire aussi fidèlement que possible les précédentes, parce qu'elles concordent absolument avec la réalité. Mais en citer d’autres, ce serait répéter la même chose. En effet, mes recherches faites sur dix embryons, m'ont prouvé l'excellence de la description de Toldt. 3

Cette série (1), quoique peu nombreuse, m'a permis de contrôler les différents points de l’évolution embryonnaire et fœtale du tube intestinal et du péritoine. Dans un prochain travail je donnerai une des-

eription complète de la cavité abdominale de l'embryon, ici je me bor-

nerai, en me basant sur le résultat de mes propres recherches et sur

celles de Toldt et de Samson, à une vue aussi claire et aussi complète

que possible sur la situation du segment gauche du côlon (côlon : descendant, iliaque, pelvien et rectum), et de son méso, pendant les sJAAQUE; D P

diverses étapes de la vie intra-utérine. |

Je diviserai l'évolution embryonnaire du segment gauche du côlo ou intestin terminal, et de son méso, en trois périodes : primitive, de transition et définitive. Dans la première l'intestin terminal conserve son mésentère primitif; dans la seconde ce dernier disparaît en partie, et, dans une certaine étendue, l'intestin terminal présente déjà son méso définitif ; enfin dans la troisième période le mésentère terminal primitif a disparu, les mésos définitifs de l'intestin terminal se sont formés, et ces divers segments (côlons descendant, iliaque, pelvien et rectum) ont acquis leur situation définitive.

À. Période primitive. — Ce qui caractérise cette période c’est que le segment gauche du côlon, formé aux dépens de la portion terminale de l'intestin, dont nous avons parlé dans les descriptions de Toldt (embryon de 6 semaines), se trouve mobile dans la cavité abdominale

et relié à la paroi postérieure de celle-ci, sur la ligne médiane, par

un méso dans lequel cheminent les ramifications de l'artère mésen-

(1) Je dois à mon excellent maître M. le D' Bazy un de ces embryons long de 2,5 centim. Il provenait d'une grossesse extra-utérine, compliquée d’hématocèle et

opérée par M. Bazy.

EP Be

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