‹ Le colon pelvien pendant la vie intra-utérineChapitre 13 sur 18 · TUE · texte numérisé non relu

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extrémité supérieure), non plus à la ligne médiane de la paroi abdo- minale postérieure, mais au flanc gauche de cette cavité en dehors du rein gauche. C’est le tissu qui fixe dans cette dernière position le côlon, qu’on appelle le mésocélon secondaire ou définitif. Nous discuterons ailleurs les théories émises pour expliquer la disparition du mésentère terminal primitif et la formation du mésocôlon secondaire définitif. Pour le moment, poursuivons pas à pas les progrès du processus de disparition du mésentère terminal primitif.

Pour bien comprendre l’évolution ultérieure de l'intestin terminal et de son méso, il faut bien se représenter leur disposition sur un embryon type de cette période de transition.

Prenons un embryon de cinq mois, celui qui me servit pour représenter la fossette intersigmoïde chez l'embryon (loc. cit., p. 142, fig. 38, f. IV) (1), et dont l'intestin avait absolument la même disposition que l'embryon de cinq mois que décrit (loc. cit., p. 25) et figure “pl. T, fig. 7 et 8) Toldt, et dont nous avons déjà donné la description complète.

En soulevant sur cet embryon l’anse assez longue que forme l'intestin terminal, on voit que toute la portion inférieure de cet intestin forme une longue anse très mobile et rattachée à la paroi abdominale par un long mésentère. Quant à sa portion supérieure, celle qui avoisine l'angle splénique du côlon, elle ne présente plus que peu de mobilité, quelquefois même pas du tout. Cette portion (extrémité

du côlon descendant) est donc fixée par un méso très court, sur le bord externe du rein gauche. En somme, le mésentère primitif long et mobile a déjà disparu pour une portion du côlon descendant.

Examinons de plus près le mésentère encore long et libre de la portion inférieure de l'intestin terminal (futur côlon pelvien).

En soulevant et renversant en haut et à droite le côlon pelvien et son méso, on peut étudier la façon dont ce méso prend racine à la paroi abdominale postérieure, c’est-à-dire sa ligne d'insertion.

Cette racine décrit une ligne brisée, dont l'angle est d’abord obtus pour devenir bientôt droit, et nous le verrons plus tard de plus en plus aigu.

Cet angle est ouvert en bas et à gauche. A son sommet même, répon-

(1) Une erreur d'impression m'a fait dire que cet embryon n'avait que trois mois; long de 16,3 centim. il était donc de cinq mois.

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dant à la colonne lombaire, on voit très nettement uné solution de

continuité, un orifice conduisant dans un cul-de-sac péritonéal : Û Lt

l'ébauche de la fossette intersigmoîide.

L'entrée de cette fossette est limitée en haut par un petit refer

séreux ; celui-ci passe comme un pont par-dessus l'uretère gauche,

qui fait saillie sur le pourtour inférieur où profond de cet orifice, pour

aller réunir les deux branches de la ligne d'insertion. De ces deux branches, l’une, la droite, est verticale, suit la ligne médiane de la paroi abdominale postérieure ; elle représente la ligne d'insertion ou < racine du mésentère terminal primitif, je l’appellerai donc la racine primitive du mésocélon pelvien. L'autre branche, partie de la fos-

‘sette mentionnée, se dirige en haut et en dehors, passe sur la face

antérieure dù rein gauche, pour aller se perdre au delà du bord

‘externe du rein, là où la portion déjà fixée du côlon descendant se

continue avec la portion encore très mobile (futur côlon pelvien). Cette branche de la ligne d'insertion du mésocôlon pelvien est de formation secondaire, elle n existait pas sur les embryons plus jeunes, elle est due à la disparition du mésentère terminal primitif dans sa partie toute supérieure. Admettons pour le moment, ce qui est du reste très vrai il me semble, que la disparition de ce mésentère se fait par un processus d’accolement et de fusion de la face gauche du

mésentère terminal primitif avec le péritoine pariétal postérieur. Rap-

pelons aussi que cette fusion commence à la partie supérieure de ce

mésentère pour descendre de plus en plus bas. Alors on peut s'ima-

giner facilement comment se produit cette deuxième ligne d'insertion du mésocélon pelvien. En effet, la face gauche du mésentère terminal déjà couchée sur la paroi abdominale postérieure et sur le rein gauche

adhérera, se fusionnera avec le péritoine pariétal, qui recouvre Cès

organes, cette fusion se fait de dedans en dehors de la ligne médiane du corps (c’est-à-dire de la racine du mésentère terminal primitif) vers le flanc gauche (c'est-à-dire vers le bord intestinal du méso). Cette adhérence du mésentère terminal primitif, et par conséquent sa disparition, se faisant de haut en bas, la ligne suivant laquelle elle se produit, descendra de plus en plus bas avec l'âge de l'embryon.

C'est ce qu’on observe. Ceci dit, on comprendra pourquoi appelle la

branche d'insertion du Re pelvien qui se dirige Ho ment en dehors sur le rein : la racine secondaire.

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En résumé, sur cet embryon nous trouvons : 1° une partie de l’intestin terminal déjà fixé à la paroi abdominale par un court méso de formation secondaire : première ébauche du mésocôlon descendant secondaire ou définitif ; 2° une longue anse intestinale (la por-

tion inférieure de l'intestin terminal), très mobile et reliée à la | paroi abdominale postérieure par un long mésentère : © est le futur côlon pelvien (flexura sigmoïdea).

Le long mésentère de ce côlon est un représentant du mésentére terminal primitif. Son insertion pariétale ou racine, se fait suivant une ligne brisée en un point. A l'angle de réunion des deux branches de cette ligne, se trouve un cul-de-sac péritonéal, fossette intersig- -moîde ébauchée. Des deux branches de la ligne d'insertion : l'une est verticale et médiane, c'est la racine primitive (représentant la

racine du mésentère terminal primitif); l’autre est transversale, se

dirige à gauche de la ligne médiane; c'est la racine secondaire (représentant la ligne d’accolement ou * fusion de la face gauche du mésentère terminal avec Je péritoine pariétal).

Ceci étant bien connu, on comprendra facilement l’évolution ultérieure du mésentère terminal devenu mésocélon pelvien.

Sur un embryon de 6 mois (comme celui dont j'ai représenté la fossette intersigmoïde, loc. cit., p. 142, fig. 38, f. V) les modifica-

tions du mésocôlon pelvien sont minimes. Mais sur des fœtus plus

âgés (7 mois) on peut se rendre compte déjà des modifications impor« tantes que voici :

Quand on rabat en haut et à droite le lo pelvien, on voit que “+ ligne d'insertion, ou racine du mésocôlon pelvien aussi long et mobile, a changé de direction. L’angle formé par les deux branches de la ligne brisée est deyenu aigu au lieu d'obtus qu'il était sur l'embryon de 5 mois. On y observe toujours l'orifice du cul-de-sac péritonéal : fossette intersigmoïde. Cet orifice ne regarde plus à gauche et en bas, mais presque franchement en bas, de plus il est situé au-dessous du rein gauche et plus près de l'entrée du bassin. Des deux branches ou racines de la ligne d'insertion, la verticale et médiane ou racine primitive, n'a pas changé de direction, elle se dirige sur Ja ligne médiane du promontoire, et descend même sur la ligne médiane de la concavité sacrée, dans le bassin.

La racine secondaire, ou branche transversale d'insertion, a au

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contraire changé de direction, elle se dirigeait obliquement en haut

et à gauche, elle se dirige maintenant obliquement en bas et à gauche;

de plus elle passait sur le rein gauche, elle passe maintenant au-dessous de ce rein, et va vers la fosseiliaque gauche en passant sur la

crête iliaque de ce côté. De ce déplacement et abaissement de la ra-

cine secondaire du mésocôlon pelvien, il résulte la diminution de

l'angle formé par les deux racines : il est devenu aigu ; donc ce dernier

d'obtus qu'il était (5° mois), devient droit (6° mois) d'abord, aigu

ensuite (7° mois).

Si on se rappelle ce que nous avons dit de la façon dont se produit la racine secondaire du mésocÿlon pelvien; on comprendra facilement que l’abaissement de cette racine est due aux progrès faits par le processus de disparition du mésentère terminal (mésocôlon descendant) primitif. Fusionné avec le péritoine pariétal, dans une faible étendue d’abord (5° mois), il le sera de plus en plus avec le progrès de l’âge embryonnaire. Cette ligne de fusion, et par conséquent la disparition du mésocôlon descendant primitif, atteint d'abord l'extrémité inférieure du rein gauche (69 mois), puis passe au-dessous de celui-ci jusque dans la fosse-iliaque gauche (7° mois). De cette façon a disparu tout le mésocôlon descendant primitif (c'est-à-dire une partie du mésentère terminal primitif). Le côlon descendant, étendu entre l'angle colique gauche (flexura coli lienalis) et la crête iliaque, à acquis ainsi sa situation et son méso définitif : Il longe le bord externe (latéral) du rein gauche, et est accolé à la paroi abdominale posttrieure par un très court mésentère, mésocôlon descendant secondaire ou définitif; celui-ci peut même disparaître, ce qui arrivera sur des fœtus plus âgés ; nous allons le voir. Ajoutons aussi que, la face antérieure du rein gauche se trouve, par le même fait, recouverte et cachée par une couverture séreuse composée du mésocôlon descendant primitif (portion soudée du mésentère terminal) accolé et soudé au péritoine pariétal, qui seul auparavant la recouvrait. Sous cette couverture on voit ramper les vaisseaux qui vont, en croïsant en écharpe la face antérieure du rein, ‘aborder le flanc droit du côlon descendant.

En résumé, pendant cette période de transition qui dure jusque vers la fin de la vie fœtale, nous voyons se produire les faits suivants : 1° La disparition du long mésocélon descendant primitif (portion du

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