‹ Le colonel d'Orsonnens, considérations sur l'organisation militaire de la confédération canadienne observations, critiques [microforme]Chapitre 5 sur 9 · RACE T ES · texte numérisé non relu

RACE T ES

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« garantis que par la force. »—N'est-ce pas là le : « Homo homins « lupus » appliqué ouvertement aux peuples ? et ce: « S'il en existait » dit d’un tribunal du Droit des Gens n’indique-t-il jas qu’il doit en exister un, et que le monde ne sera sauvé que si ce tribunal existe ?—Non, bien sûr, le Germanisme, comme ou dit, ne produira rien, rien, rien, en fait de véritable civilisation.

Ce tous ces faits et de toutes ces données que devons-nous conclure, pour ce qui concerne la matière spéciale formant le sujet de ces Observations ?—Une seule chose tout à fait capitale, ce nous semble, c’est que la vraïe sagesse organisatrice d’un pays, dans le domaine des gestes militaires, consistera à se garantir également de ces deux grandes invalidités sociales, que nous venons de signaler ; la WMilice volontaire, comme seule et exclusive force armée, et l'Armée permanente, telle qu’elle se trouve inféodée à la constitution actuelle des Etats Européens. Les derx dernières grandes guerres modernes, la guerre américaine et la guerre franco-prussienne, qui sont un peu, et même beaucoup, école l’une de l'autre, doivent servir de jalon à cette difficile marche de la sagesse nationale. Or, c’est précisément ce juste équilibre que propose le Colonel d’Orsonnens dans ses Considérations sur la récs. gunisation militaire du Canada. Nous avons cité, dès le début de cette partie de notre critique, les très justes expressions de la défaveur, dont jouit, dans l'esprit du Colonel, l’£Zurôlement volontaire seul ; citons, cet autre passage de sa brochure, pour démontrer combien, dans sa pensée, le système également exclusif des Armées permanentes ne lui paraît pas contenir la solution totale du problème : « Les dernières guerres nous ont prouvé que « les armées permanentes quoique supérieures sur les champs de « bataille, n'étaient pas suffisantes. » Et pour présenter d’un seu trait tout l'ensemble des mérites majeurs de son plan canadien, disons qu’il se propose de réaliser cette féconde donnée : d’encadrer les Volontaires dans l'Armée et non pas l'Armée dans les Volontaires.

C'est, cette sereine logique d'appréciations des choses militaires

à leur véritable jour, de la part du Colonel d'Orsonnens, qui a motivé de notre part tous les commentaires qui précèdent.

Uu dernier mot pour compléter ces commentaires.

Dans les défectuvsités que nous avons essayé de faire ressortir, en ces deux côtés extrêmes, d'une organisation armée, nous n'avons guères montré du doigt que les vices matériels qu'ils présentent, chacun dans leur espèce, mais le mobile supérieur qui doit pousser toute honnête conscience politique à tenir la force militaire d'un pays en égale garde contre ces deux écueils de gi haute importance, est un mobile de l’ordre immatériel, de l'ordre moral. Ce mobile n’est autre qu'une grande, et haute, et toute spécialo Education, dont un peuple ne peut, je crois, se passer sans décheoir fatalement, sans démériter dé lui-même, et qui rend, au contraire, grand, daps la meilleure acception du mot, ce peuple, s’il sait la recevoir avec conscience et s’en imprégner aves une véritable foi patriotique.

Cette haute éducation nationale qui se fait à l’école du sldat, nous avons l'intention d'en dire, un.peu plus loin, quelques mots

qui s'appliquent tout particulièrement à la nation canadienne.

Pour cette partie de nos Observations, nous nous contenterons d’ivdiquer ici l'axiôme fondamental de cette thèse supérieure, et c'est au génie militaire de M. de Moltke lui-même que nous en empruntons l'énoncé, extrait de ce même discours, dont nous avons déjà cité les passages effrayants et tristes à Ja fois. —Il faut rendre à César ce qui est à César.— Voici donc la maxime très. juste et très-sensée du stratégiste allemand, qui, d’après un dicton populaire de son pays, sait se taire.en sept langues, et qui a d'ailleurs, à lui tout seul, la valeur de dix Bismarck réunis : « l'Education que l'on reçoit à l'Ecole ne suffit pas à faire des « hommes prêts à donner leur vie pour une idée, pour l’aceomplis- “ sement d'un devoir. L'armée seule peut donuer cette éducation.» —U'est là une observation très-profonde, une vérité très-vraie, une expérience de tous les pays. we Si nous nous sommes étendu avec queïque complaisance sur ces quelques données philosophiques ét morales de nos Observa-

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tions critiques, c'est que nous prévryons une grande objection qui sera faite dans ce pays, contre les Zdées du Colonel d'Orsennens, et nous pouvons même avouer que nous n'avons nulle peine et partant, nui mérite, à prévoir *ette objection, l'ayant entendu, de nos oreilles, formuler dès avant la publication de cette loyale brochure canadienne.—T] y a, jecrois, certaines objections innées, qui ne sont guères qu’une précaution de pure paresse pour se dispenser d'étudier soi-même, ou de lire tout simplement le produit de l'étude des autres.—T'elle est donc cette objectinn :—On dira, ou plutôt, on répèterz., car je ne fais que reproduire scrupuleusement ce qu'on dit un peu partout : « À quoi bon vraiment tout ceci, et qu'avons-nous besoin, m& foi! de toutes ces compiications militantes en Canada ? Nous sommes un peuple essentiellement pacifique, et si jamais notre pucifieité venait à être troublée, nous nous trouverions en présence de qui ?—du plus formidable des voisins, qui pourra, s’il le veut, nous happer d’une seule bouchée de son vaste appétit ; d'autant plus que nous sommés un pays ouvert ; nous n’avons à la frontière aucune ligne naturelle de défense ; nous n'avons même pas, à proprement parler, de frontière ! Au lieu donc de nous marteler des lois d'organisation guerrière, plus ou moins savante, plus ou moins ingénieuse, qu'on nous dote tout bonnement d’une bonne gendarmerie civile, d’une police intérieure armée de révolvers à six coups, ou même de baïonnettes, pour faire meilleure figure, qui puisse en imposer aux malfaiteurs de grands chemins et s'approprier avec la satisfaction du Pandore de la chansonnette, devenu classique à force d'être ridiculisé, ce fameux brévet de vaillance et d'honneur :

“ Ah c’est un métier difficile

‘“ Garantir la propriété !

“ Protéger les champs et 14 ville

“ Du vol et de l’iniquité ! ” “etc. etc., etc, ?”

Or sus, aux honnêtes bourgeois qui parlent ainsi ;—je dois m'er:presser de dire que ce ne sont pas précisément des hommes d'Etat, même en herbe.—Et pourtant en Canada, qui n'a pas un

pèu la prétention, fût-ce un étudiant en droit de première année d’être un peu logé dans la peau d’un homme d'Etat, d'être un peu du bois dont on les fait?—(Oui; quand on en fait de bois ; —c'est la réponse connue,)—bref, de légiférer un jour pour sa petite part ?—Quoiqu’il en soit, au raisonnement précité nous nous permettrons de répondre que ceux qui en accouchent n'oublient qu’une toute petite chose, c'est de songer à leur propre honneur national ; —oh pas davantage ! et que, pour tout dire en an mot, les raisonnements ‘de cette nature sont justement ce qu’on appelle des raisonnements d'abrutis.—Nous demandons bien pardon de ce mot aux personnes qui pourraient se reconnai-

tre dans l’objection textuelle que nous venons de reproduire, mais

ce mot, nous n’en connaissons absolument pas d’autre qui rende plus exactement notre pensée et qui traduise mieux notre opinion,.

El est bier temps, à cette heure, de présenter une silhouette du propre rian d'organisation militaire proposé -par le Colonel D'Orsonrens pour la Confédération Canadienne, Ce va être fait très-brièvement, en façon d’index analytique.

Ce plan LORpore trois catégories de troupes se piétsnt un mutuel appui, à savoir;

lo. UNE ARMEE REGULIERE FIXE, cyant deux grands buts :

D'abord, de perpétuer et d'assainir, au cœur de la nation, ce sens militaire qui lui est inhérent, qui lui vient de sa race originelle, qui peut être pour lui une force très vivace, d'impulsions moral=: et qui doit servir, enfin, d’assiette à cette haute éducation de patriotisme, de fidélité et d'honneur jusqu’à perte de vie, dont nous venons de dire un mot plus haut, comme ne se donnant et ne se recevant, en réalité, que sous un uniforme qui ne soit pas un vêtement de parade.

Or, tout cela est duns le sang canadien, et si la chose est légitimement nommée, en elle-même, l'Zmpôt du Sang, encore faut-il, avant tout, que ee sang soit pur. L’impôt d’an sang vicié ne peut

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ètre, en effet, qu’une contagion, qu'un empoisonnement, que ce qu'on appelle médicalement une infection. Et tel est tout le secret de cette immense propagation révolutionnaire produite si rapidement en Europe par le sang corrompu des armées françaises, sous la Première République et le Premier Empire. C’est bien là le vrai Sang impur de l’histoire de France, et non pas ce tharabias éhonté que beugle la Marseillaise.

—Les Canadiens qui chantent la Marseillaise, commettent, sans s’en douter peut-être, la petite bévue patriotique et sociale la plus corsée qui se puisse voir. Toutes les fois que je les entends se livrer à cet ébat, cela me fait l'effet de quelqu'un qui sifflerait un air de mauvais lieu dans une chapelle mortuaire— Passons.

Ensuite, le second but de cette armée régulière serait de « fat- « re des Ecoles d'Officiers capables, dans un moment voulu, et en « temps de querre, d'être dispersés et placés à la tête des régiments « de milice, mais non de ces écoles à court service comme celles « qui existent aujourd'hui. » Et ces écoles d'aujourd'hui présentent pour le pays ce double désavantage radical : de n'être pas une carrière pour ceux qui y entrent ;—au contraire, —et d'en arriver à former, en somme, plus d'officiers que de scidats.

Main‘enant, l'Efectif de cette armée pourrait n'être que de deux mille hommes seulement. On ne peut moins, en vérité, obérer le Budget, et tous les vices du système des armées permanentes à l'européenne se trouvent ainsi prévenus du coup.

Sa Composition serait des trois armes : Infanterie, Cavalerie et Artillerie, proportionnellement réparties dans les diverses Proviuces de la Confédération.

L'Emploi de ces Corps, pour éviter le croupissement de la vie de garnison, serait, outre l'instruction primaire donnée aux hommes qui ne l’auraient pas reçue, comme c’est obligatoire’dans l'armée anglaise, une participation intelligente aux travaux de grande voierie, de chemins de fer et de fortifications. Bref, un Génie Civil, discipliné militairement, contrôlé par l'Etat, et de plus, économique pour le Budget du pays.

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