‹ Le colonel d'Orsonnens, considérations sur l'organisation militaire de la confédération canadienne observations, critiques [microforme]Chapitre 6 sur 9 · PETER DER ARE · texte numérisé non relu

PETER DER ARE

RME PEN er ie TE?

Le Recrutement se ferait au prorata du contingent général, dans chaque Province,

Les Commissions d'Officiers seraient données par le Gouvernement, mais sur qualifications et examens. Et en outre, les Offciers ainsi désignés n’entreraient dans l'exercice de leur grade

qu'en fournissant eux-mêmes les hommes de leurs compagnies, d’après une échelle numérique bâsée sur ces mêmes grades. —Ceci est, du reste, la fagon britannique de rempiir les cadres. Le tout, bien entendu, pour les hommes, en se conformant aux conditions indispensables d'âge, de taille, de santé et de certificats de bonne conduite.

Enfin, la Durée du Service serait de quatre ans, avec faculté d’un congé au bout de deux ans, suivant les besoins généraux ; et, ce congé étant accordé, obligation de deux années complètes de service en temps de guerre.

Tel est la Première Cutègorie des troupes du projet en question. C’est, comme on le voit, un noyau très-substantiel ; et en somme, moins une armée régulière qu’une véritable Ecole supérieure d'Etat-Major, tant pour la troupe que pour les officiers ; ce qui est partout un problème de haute portée et de difficile solution, k

But,— Effectif, — Composition, — Emploi,— Recrutement, — Cudre d'Officiers et Durée du Service ; telles sont les grandes lignes que présente, dans la brochure du Colonel d’Orsonnens, la présentation de son projet pour cette Première Catégorie.

20. La Seconde Catégorie militaire comprendrait ce que le Colonel appelle : La M1iLICE AcTive.

Si la Première Catégorie a pour but d’être le Cadre général de la force armée du pays, cette Seconde Catégorie en serait le véritable Corps.

La bâse de cette organisation est à la fois large et stable, puisque, grâce à elle, « dans un moment donné toute la population «ayant acquis un égal enseignement militaire » pourrait être en état de former 1/4 défense sacrée de la patrie, du territoire « #t de la nationalité. » fact

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Le Recrutement de cette Milice Active se ferait donc par voie de Tirage au s0;t ou de Conscription. Tous,y seraient soumis. L'échelle des Æremptions, qu'il n'est pas possible de supprimer absolument, devrait être aussi restreinte que possible, et tout Exempté aurait tenu de payer à l'Etat une somme à déterminer et devant être versée soit à la caisse d'entretien de l’armée, soit à une caisse d'épargne pour pensions de retraites en faveur des veuves ou des blessés,

Le Contingent seraittiré au sort, non pas d'après la population, mais par Divisions Régimentaires ou Comités, et le chiffre en serait égal pour chaque Division ou Comté. Ce système aurait pour but de mettre sur toute la surface du pays une grande uniformité dans la Levée active et comptant à l'effectif. La force numérique des troupes en serait certainement diminuée ; mais, comme on peut s’en convaincre par tous les détails du Projet, le Colonel vise à la qualité et non pas à la quantité des soldats canadiens ; à leur esprit, ét non pas à leur nombre.

: En temps de guerre, le tirage au sort par population pourrait, en ‘outre, être substitué au tirage par division régimentuire, pour faïre face aux besoïns de la circonstance.

D'après ces données, l'Unité tactique serait le Bataillon. C’est, du reste, une idée très en faveur, dans l'esprit des hommes de l’art des armées européennes. La grande mobilité de manœuvres que sont maintenant obligées d'acquérir les troupes modernes sous le feu, ou même dans la sphère d'action de l'ennemi, est la raïson de cette préférence.

La Durée du service seraït de quatre ans.

L'Instruction militaire se ferait dans des camps de;la durée d’une quinzaine de jours seulement et se poursuivrait en suivant annuellement, et par ordre successif, les Ecoles ‘graduées de toutes les évolutions militaires,

Le Cadre des Officiers, pour chaque Division Régimentaire, comprendrait un Major, quatre Cadets, (dont le service compterait pour une véritable Ecole théorique et pratique à leur droit

LAS enter rique

à l'avancement,) et enfin d'un Adjudant remplissant les fonctions spéciales de Capitaine instructeur,

De plus, vû le peu de permanence de cette milice sous les armes, ces Adjudunts chargés de faire son instruction complète, formeraient un corps à part, placé à la disposition des différents chefs militaires, sous un commandement spécial. Ils seraient obligés, soit de suivre les écoles spéciales, soit de se joindre, anuuellement et pour un temps donné, aux Régiments de l'ARMÉE REGULIÈRE FIXE (lre Catégorie). Enfin, leur service serait permanent et leur fournirait une véritable carrière.—Ils pourraient, en outre, être chargés de présider au tirage au sort, et auraient la garde des Arsenaux ou Magasins.

Ces Arsenaux ou Magasins devrait exister dans chaque Comté, comme les Divisions régimentaires. Et les muaicipalités, des chefs-lieux de ces Comtés auraient à s’ertendre, à ce sujet, avee l'autorité militaire, dans l'intérêt de chacun.—Dans les grands centres, Toronto, Montréal, Québec, l'affectation de ces bâtiments de la Milice Active se ferait sur une échelle plus vaste,

En dernier lieu, pour terminer ce résumé, l'Efectif de cette Milice Active comprendrait pour toute la Confédération Canadienne une levée annuelle de 15,000 hommes, fractionnés en 188 Divisions régimentaires.

Comme pour la première catégorie, traçons la table des matièrds qu'entraine l'étude de la seconde :—-Contingent,— Tirage au sort, —Exemptions.—Durée du Service, —Instruction militaire, Cadre des Officiers, —Magasins ou Arsenaux et Effectif annuel ; tels sont les véritables Chapitres de cette Loi de Milice.......à faire.

80. Vient enfin la Troisième catégorie qui s'institule : LA M1- LICE VOLONTAIRE.

Dans l’ensemble de son remaniement, le Colonel d'Orsonnens a’a nullement l'intention de rayer cette catégorie de troupes du rôle de la force:armée canadienne, Il propose seulement de la restreindre dans les limites salutaires et pratiques et voudrait qu'elle ne figure que comme auxiliaire des corps réguliers.

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+ A ce titre, cette catégorie peut présenter de grands avantages, soit d'émulation génerale, soit de services particuliers. Aussi, «le Colonel désirerait lui voir adopter de préférence les armes spé- É \ riales, telles que l'Artillerie, le Génie, la Cavalerie d'Eclaireurs, M le Train des Equipeges, la T'élégraphie militaire, les Ambulan- LP ces, etc.

4 Comme corollaire, il démontre, grâce à l'expérience à lui four-

nie par l'étude du système actuellement en vigueur, que ce n’est « guère que dans les villes, à cause de leur population flottante, que À ce service pourrait utilemert s'organiser.

La Durée du Service serait de trois ans.

Ces Corps devraient être placés sous la surveillance immediate de l'Etat-Major.

Des dispositions légales, soit civiles, soit militaires, devraient © donner à ces troupes des garanties de stabilité toutes particulières, Let prévenir, avec un soin minutieux, les abus qui ont bien plus de propension à se glisser dans cette catégorie que dans les deux . précédentes. Des extraits de la brochure du Colonel que nous avons insérés plus haut, dans ces Observations, stigmatisent avec D fermeté les principaux de ces abus, actuellement en pleine floraison dans l'organisation des volontaires.

Ù Finalement, le Colonel d'Orsonnens désapprouve l'exclusivisme nde l'uniformité de tenue pour ces divers corps. La légitimité des traditions des multiples nationalités d’origine qui composent :l'homogénéité de la Confédération Canadienne, mérite cette va- D riété dans la tenue parmi les divers bataillons volontaires de la Puissance, Comme tout ce qui tient aux #raditions, ce détail extérieur a une portée morale, dont l'importance n'échappe qu'à - l'étroitesse d'esprit d'une centralisation bâtarde. La politique

ue suivit Pitt, quand il a formé en Angleterre les régiments de Highlanders, est d'un bon exemple en cette matière. Telle est la charpente, ou si l’on veut, le squelette, de la trilogie de force militaire que le Colonel d’Orsonnens propose et sou- -haite au Canada. ; T1 ne nous est pas possible de dire si cette proposition devien-

dra loi, et ces souhaits patriotiques, patriotique réalité. « AMuÿ n'est prophète dans son pays » est un proverbe cosmopolite.

Mais il serait, croyons-nous, dan réel intérêt da connaitre ce que pensent d’une telle organisation militaire les hommes de l’art de l'E:ranger ; et cet intérêt pourrait fort bien recevoir sa satisfaction.

Pour compléter cette analyse de la brochure de M. d’Orsonnens, disons un mot de deux Chapitres qui couronnent son travail et qui ont pour titres, le premier : DES OORPS SPÉCIAUX COMME EcoLEs MILITAIRES, et le second : De L'ETAT-MAJOR PERMA - NENT.

Pour ce qui est des Ecorxs MiziraIRESs, le Colonel d’Orsonnens, est obligé de reconnaitre que, telles qu’elles sont organisées actuellement, elles ne donnent absolument aux officiers qu’une instruction très-élémentaire, exclusivement routinière, et tout à fait incapable de leur communiquer la seience morale du commandement.

IL espère qu’en « obligeant tout aspirant à une commission « d’'officier à servir trois mois dans un des Régiments itéyutiers « de l'arme qu'il aurait shoisie, on obtiendrait des résultats de « beaucoup supérieurs, sous tous les rapports, à ceux que donnent « Les Ecoles d'aujourd'hui. » À côté de ce premier peloton des officiers de l'avenir, les Znstructeurs de la Milice Active devant former, dans le projet du Colonel, un corps à part, en service permanent, ayant toutes les conditions d'une carrière et obligés de se mêler activement à ces mêmes Régiments réguliers, véritable noyau de # force armée canadienne, formeraient, par cela même, une vrsie pépinière de chefs instruits et tout à fait à la hauteur de ler: tâche.

Enfin, la suggestion d'envoyer quelques sujets distingués aux Ecoles spéciales d'Angleterre ne pourrait qu’apporter un très-précieux élément de vitalité et de science dans l'avenir de cette grande question de l'instruction des armes.

En ce qui concerne l'Erat-Mayon, le Colonel d'Orsonnens ré-

clame avec grande sagesse en sa faveur le caractère de perma- 4

sus 08

. « Nul dans son projet de réorganisation, et cette réclamation est olite. , de sa part, sur ce fait éminemment pratique que « Les miinaitre ce dices ont besoin, plus que toute autre armée, d'un bon Etat-Maes de l'art &jor Général, pour mettre convenablement en mouvement le méir sa Sa-

Mcanisme plus lourd des troupes de cette nature. »

… A cet effet, il propose de diviser l'Etat-Major des forces eanad'Orson- dienne én deux sections : l’£tat-Major Général et le Grand Etat-

son travail Major.

UX COMME (M L'Erar-Mayor- GÉNÉRAL comprendrait, comme son nom l'in-

R PERMA- que, la sphère du commandement central et supérieur des trou-

Il aurait à sa tête un Major-Général qui serait le vrai

| d’Orson- mandant-en-chef de l'Armée.—Le Député-Adjudant-Généorganis/es au Quartier- Général, d'après l'organisation en vigueur, sers qu'une ‘fait Adjudant-Général de l'Armée, ayant sous ses ordres hiéraret tout à ghiques les autres Députés-Adjudants-Généraux commandarts de » du com- j

District ; et ceux-ci, seraient les supérieurs immédiats des Assisa ts-Adjudants-Généraux, qui ne seraient autres que les Majors rommission 4 Brigade d'aujourd'hui.

s dvéyuiiers “Le GRAND ErTAT-MaAJoR se composerait de tous les officiers ésultats de parvenus au grade de Lieutenants-Colonels. Les Divisions réue donnent @im:ntaires étant uniformément commandées par des Majors, ces peloton des éfficiers, en passant au grade supérieur, entreraient ainsi, par le hive devant fait de cet avancement, dans le Grand-Etat-Mujor, et en formeen service paient le Corps.——-Pouvant être divisés, d’après la spécialité de et obligés leurs armes, dans les trois classes de l’Infanterie, de la Cavalerie jers, vérita- Metide l'Artillerie, ils seraient tous à la disposition du Commant, par cela dant-en-chef de l’armée qui les utiliserait, suivant les capacités t à fait à la ebiles besoins du service. « Cette ambition d'être employés qui ait pour eux une marque de distinction » les tiendrait en hae, stimulerait leurs études, et donnerait un aliment ininteru à leurs capacités particulières.

Comme on peut s’en rendre compte par ce court énoncé, le blonel d’'Orsonnens est pénétré, dans cette haute combinaison, grand principe, — on peut dire, de la grande et patiente inno-

ingués aux un très-préenir de cette

rsonnens ré- .

de perma- 1 tion,—qui a donné à l'Etat-Major des armées ‘de la Prusse

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cette force,cette promptitude, cette activité et ces aptitudes à la fois éparses dans les nombreuses branches du service et conver-

gentes vers le but supérieur de l'unité du commandement, qui” sont le principal secret de la fortune militaire de cette nation.

C’est le principe de la Sélection ; d'une sélection continue, pondé. rée, hiérarchique, qui met à la disposition du chef ce qu’on peut appeler la crème des capacités qui lui sont subordonnées ; et cette

pratique est, pour la vertu militaire d’un peuple, un des plus”

forts leriers que l’on puisse imaginer, Cela s° conçoit sans peine, surtout si l’on veut bien se convaincre de cette très-véridique et très-profonde mission de l’Etat-Major, consistant à être, à la fois, l'œil et le bras du commandant ; V'œil, pour pénétrer partout ct renseigner la tête ; le bras pour transmettre et exécuter, sur

tonte l'échelle, les volontés et les conceptions de cette tête, non

pas"comme un simple agent, mais comme un véritable aide.

Du reste, le Colonel d'Orsonnens ne dissimule pas, dans si brochure, l'inspiration pratique à laquelle il a puisé la notion du projet qu’il présente « sans prétendre atteindre une telle perfec. Qtion au moins en commençant, » Git-il.—I1 cite, à ce propos, quelques pazes des « Rapports du Colonel Stoffel ; sur les forces militaires de la Prusse. » On sait que cet officier français, atta. ché militaire à la Légation de France à Berlin, avant la guerre de 1870, avait très-énergiquement prévenu son pays des doulou: reusc« surprises qui l'attendaient sur le Rhin. Bien d’autres officiers d'Etat-Major français pensaient et parlaient comme le Baron Stoffel ; mais, on ne les écoutait pas, parce qu'ils étaient trop sérieur.

M. d'Orsonnens cite encore à ce propos quelques paroïes d'un autre officier d'Etat-Major français le Comte de la Tour du Pi Chambly, Aide-de-Camp du Général de Ladmirault, Gouverneur de Paris, lequel s'est acquis, dans les immenses infortunes de }’ar.

mée du Maréchal Bazaine, une réputation toute particulière de …

prévision et d'initiative, de coup-d’œil et de vigueur. Lé petit livre de M. de la Tour du Pin auquel M. d'Orson… nens a empruaté ces sitations a pour titre l'Armée Frinçaise à

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ptitudes à la et converdement, qui cette nation.

tinue, pondé.

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ées ; et cette un des plus oit sans -pelrès-véridique à être, à la étrer partout vxécuter, Sur tte tête, non le aide.

fetz,(*) et c’est une äes ouvrages les plus substantiels qu'on puislire. A Côté d'un parallélisme savant,technique, étudié de lone main, et surtout, empreint d’une admirable impartialité, ene l’armée française et l’armée prussienne, ces pages d'un grand yle et d'un grand esprit, sont animées du souffle continu de la us haute philosophie, car c'est la philosophie du hardi chrétien, ; l'inébranlahle soldat de la Fille-Ainée de l'Eglise, Dans cette coufraternité du devoir, qui doit stimuler tous jes aples, et qui trouve une application justement remarquée dans :confraternité qu’on pourrait appeler métaphysique, existant ave manière toute particulière, entre les francs Etats-Majors itaires des diverses Puissances, nous ne résistons pas à la tenion d’hommages qui nous pousse à donner de ce livre de M. la Tour du Pin cette courte citation concluante de tout ce que nous venous d’eu dire.

vs due . * Après avoir déploré l'imbécilité de ses compatriotes, se bouie Die chant les oreilles pour ne pas enteudre « la voix qui leur vient de ÿ dé frétion exil, de la part d'un Prince, qui peut seu] replacer pour la cr He Pen] ance les développements de son avenir en péril sur les assises Menonids ot s sa grandeur passée, et la voix plus haute encore du Chef de din Eglise, qui à conduit à travers dix-huit siècles la civilisation dus GONE shrétienne, ] l'écrivain militaire ajoute, en parlant des préten- RER FC abus dont on invoque les fantômes pour méconnaître ces voix los Li leines de force et de vérité. »

néts Lien: Vous ne les aurez plus, ô soi-disant conservateurs ! mais vous ivez des otages à livrer au fusil, des villes au pétrole, des ouiers qui ne se marient plus, et des paysans qui ne veulent lus d'enfants. »

Le moment est venu, il ert temps encore de nous relever, rce que, pour un peuple, comme pour un homme, tant que ure la vie, l'espoir n’est pas perdu, ni le devoir fini. Mais le moment est venu à la génération nouvelle doit faire, À ce qui

paroïes d'un ?

Tour du Pi , Gouverneur tunes de l'ararticulière de

*) L'Armée Française à Mets” par le Cte. de la Tour du Pin Chambly. Mis, Amyot Libraire-Editeur, 8 Rue de la Paix, 1872—Quatrième Fi. n.—$Se vend au proñt de l’Œuure des T'omnbes.

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« semble les limites de notre histoire, ce qu'à son seuil ont fait « nos pères :—« brûler ce que nous avons adoré depuis quatre- « vingts-ans, et adorer ce que nous avons brûlé. »

00000 000000000000 0 0 60 0000 000000000008 sors otce vsscoose:

« J'espère encore marcher sous le signe victorieux de Constan- « tin, sous cette Croix, véritable étendard des ns sions chrétiennes « qui a pour légende : IN HOC SIGNO VINCES. »

Abordons maintenant un sujet de détail qui se trouve énoncé dans les Considérations militaires du Colonnel d'Orsonnens, mais … dont l’idée-mère présente, pour le Canada, un intérft p ‘irique et social des plus considérables.

Nous citons la brochure : -

« J'ai dit, je cro's, un peu plus haut que les armées ne de- « vaient pas se ressembler. Le pays demande depuis quelque QC temps l'immigration étrangère. Malheureusement, cette immi- « gration, sans direction et mal choisie, ne nous a pas encore « donné de résultats satisfaisants ! »

Le Colonel aurait, certes, le droit d'être mille fois plus sévère. Pour ce qui regarde la partie française de cette immigration, non-seulement eile ne présente rien de satisfaisant dans son en, semble, mais elle offre tous les caractères d'une immoralité radi # cale et des plus tristes dangers. Sans parler de cas isolés de che. valiers d’indurtrie et d’individualités tarées, qui peuvent venir je chercher en ce pays, soit un refuge pour abriter leur passé, 80: ie un Champ plus. libre ouvert à leurs malhonnêtes exploits, ceux 4. 7 « qui en sont les dupes n'ont, en général, que le prix mérité de bié leur irréflexion à se renseigner sur leur compte, ou simplement,à #T1un dévisager leurs allures. Mais il est aussi avéré que lamentable #(?° de voire grand nombre de communeux qui ogt imigré en Ca. nada, depuis que la Commune a été inventée en France. Dell # part de l'autorité compétente en cette matière, quelle qu'elle soit, 2" c'est vraiment « plus qu'un crime, c'est une faute, » de ne pre:

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-t politique du peuple canadien. Apathie, nonchalance, pusilla-

. nimité ou libéralisme, —(Ceci engendre cela),—qn'on l'appalle du nom qu'on voudra, ce n’en est pas moias ramasser des verges pour se faire fouetter.

On assure même que l’/nternationale a choïsi dans le Nouveau Monde le Canada evmme un des centres les plus sérieux de son organisation savante et ténébreuse, précisément parce qu'elle était assurée du peu de méfiance qu’ellé inspirerait, aussi bien à la profonde honnêteté du peuple canadien qu’à la profonde incurie du pouvoir qui le gouverne,

Le Colonel d'Orsonnens continue :

« Pourquoi ne pas prendre dans notre armée une certaine

« classe d'émigrants. Luissez à léurs occupations, {cur dans un 4 jeune pays comme le nôtre, on n'a pas, comme en Europe, beau- « coup de gens sans emploi), nos compatriotes, qui sont tout à la « fois consommateurs et producteurs pour l'Etat ; laissez-les fai- « re leur service dans la milice active, puis retourner, après quel- « ques jours d'exercice, à leurs travaux habituels. Mais attachez « à nos régiments réguliers des écoles d'agriculture ou de métiers. « Que, tout en portant les armes pour léur nouvelle patrie, ces « émigrés se fassent aux habitudes nationales, apprennent les « lois qui les régissent, et aident à former des officiers capables «pour plus tard. »

Puis, après avoir indiqué l'excellent narti que pourrait tirer ‘: Svuvernement en groupant ensemble, dans leur incorporation i'rrmée, des émigrés de professions différentes, en leur donnant …,. ‘+ uite des terres, le Colonel démontre qu'on aurait ainsi d’em- + biéc réuni et assoupli à la communauté civile, par la vie en commun du régiment, « tous les éléments nécessaires à une colonie, « pour former très-rapidement un grand centre ou un village. » Ecün, il dé-:mins les conditions de l'octroi de terres « à ces soldats qui auraient régulièrement servi leur temps d'engagement ret qui seraient reconnus pour de bons sujets. » L'octroi de ces æerres ne deviendrait propriété définitive des Colons qu'après un

espace de temps déterminé et des travaux de culture exécutés par ceux-ci sur ces mêmes terres,

Il nous semble inutile de faire ressortir davantage les bénéfices vationaux d’une pareille combinaison. Economie pour l'Etat, et en même temps, existence matérielle assurée sans retard aux immigrants.—Intérêt progressif de l'esprit s’attachant pour ceux-ci

à tout ce qui concerne la nationalité canadienne ; et contrôle à læ

fois paternel et scrupuleux, exercé par l'autorité sur leur conduite, de manière à ne s'enrichir, en leur personne, que de vrais et loyarx citoyens.—Apport de ia part de ces mêmes immigrants € ve foule de connaissances et d'industries européennes précieuse, -turité de icur application pratique pour le Canada ; tels sont . rincipaux traits de ces bénéfices mutuels.

Et nous ne rouvons vraiment nous empêcher de pscer is, à ce propos, une réflexion qui nous est bien souvetit venue à l'esprit. —Quand on pense, qu’à la suite des derniers malheurs de la France, près d’un demi-million d’Alsaciens et de Lorrains ont. émigré pour ne pas subir la domination prussienne et se sont dispersés dans l: monde entier ! Ah ! la belle page que le Canada aurait pu inscrire dans son histoire, en tendant la main à ces proscrits volontai:es du patriotisme malheureux ! Et c'eût été si simple en vérité ! On n'aurait eu qu’à leur dire : « Frères ! vous êtes entrés dans la vieille patrie française, quelques années seulement avant l'époque où nous en so:,mes sortis. Aujourd’hui, la force brutale des ennemis de la France, et le lâche égoïsme d’un triumvirat de hâbleurs, qui ont volé le pouvoir comme on dévalise l'homme que l’on rencontre assassiné au coin d’un: rue, vous arrache, à votre tour, à votre patrie ; traversez les mers et venez ; l’ancienne Nouvelle France vous accueillera comme des enfants. de bénédiction, qui porteront bonheur à notre jeune nationalité. En vous joignant en masse à nous, vous emportez intacte la 2. trie en deuil avec vous, puisque vous en retrouverez :intacts et l'esprit et le eœur et les vieilles traditions, de ce côté-ci du. monde où nous sommes. Souffrez pour un moment. que la soldatesque. teutonne réduise en cercles votre sol bien aimé ; le jour de la re.

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vanche ne peut manquer de venir ; mais en attendant, Jaisseznous jouer, nous autres, à vos orgueilleux vainqueurs que nous détestons cordialement, le bon tour de souffler sur leur château de cartes de borussification universelle. Nous avons notre sol pour gnuailler leurs rêves ; il est vaste et fertile ; il est le moins erigeant des sréanciers et le plus solvable des débiteurs ; il ne demande que des cœurs et des bras pour être fécondé. Venez enrichir, à la barbe des Prussiens, notre Confédération de deux provinces françaises : la NouvELLE LORRAINE et la NOUVELLE ALSACE | »

Qui pourr: it appeler cela une utopie ? On n'aurait eu qu’à le vouloir pour en faire une vivante réalité, et son accomplissement n’eût présenté aucune difficulté majeure. Songez donc ; arrivant avec leur clergé, leurs municipalités, leurs magistrats civils, leurs industries, leur milices même, on n'aurait eu que la peine de les recevoir. Quel exemple ! :t quel avenir !—L'Europe eût battu

des mains.—Mais il aurait fallu VOULOIR ; il aurait fallu ne-

pas confectionner des romances de papillottes : « O Canada, beau pays, mes amours, »

tout en émettant, comme le plus doux des rêves, l'espoir d'aller finir ses jours sur les: bords de la Tamise. (*)

Serait-il donc vrai que les peuples n’ont, comme on l’a dit, que: les Gouver...ments qu'ils méritent ? mais si cet axiome est vrai, qu’il soit permis à un étranger de dire ici, dans sa conviction la

(*) Le manuscrit de la présente brochure contenait cette allusion sommaire à Sir GEORGE ETIENNE CARTYER ancien Ministre de la Confédération de la milice, ainsi qu’à sa renommée nationale et. catholique, de beaucoup surfaite sur la réalité de patriotisme et de foi d’un très grand nombre de ses partisans: Il peut etre fort triste, pour la mémoire d’un homme d'Etat, de se survivre, en fait d’élévation de sentiments et d’idées, tont-à-fait inférieur à ses propres disciples, mais ce sont des accidents indigènes qui se rencontrent encore assez A or dans la vie 1 oderne des peuples ; et l'observation a le droit de s’en emparer.

Quoiqu'il en soit, en octrovant à ces Observations Critiques la bienveillante hospitalité de ses colonnes, sous forme dé série d'articles hebdomadaires, l’Opinion Publique a Cru pouvoir en élaguer ce détail, qui touchait,—à l’opénion personnelle de sa rédaction.—Affaire de jugements, voire m me de sentiments, qui échappe à la discussion aussi bien qu’au contrôle. C’est chose: inhérente au Libre-Arbitre de toutes les machines de publicité, qui forment le capital intellectuel d’individualités quelconques.

ais,—sans soupeser le mode dont cette petite suppression s’est effectuée, en l'espèce, c’est-à-dire, au grand insu de l’auteur desdites Obser-

plus sincère, que s’il. y 4 un peuple pour qui cet: axiôme devrait former une exception, c’est le. peuple canadien !

Puisque le cours naturel des choses nous a amené à toucher à cette grave question de la colonisation, : complétons cet incident par quelques notes qui se rapportent directement à la Co/onisation militaire proposée et désirée par le Colonel d’Orsonnens. Rien n’est plus traditionnel que cette proposition généreuse ; rien n’est plus filial que ce désir patriotique, de même que rien n'est plus Canadien que les notes Françaises dont nous nous faisons un plaisir de les corroborer.— Voici, en effet, ce que comprenaient et pratiquaient, en cette matière, les vieux Rois Très Chrétiens de la France :

« Le Roy, »—écrivait à la date du 15 Avril 1666, le Ministre Colbert à l’Intendant Talon, —« est satisfait de voir que le plus « grand nombre des soldats sont disposés à s'établir dans ce pays, «au moyen de quelque ayde supplémentaire qu'on leur donnerait «à fin de cet établissement. Cela parait si important à Sa Ma- « jesté, qu'Elle désirerait les voir tous rester en Canada. »

Ce n’est pas tout.—Pour peupler ces centres de colonies militaires, on y dirigeait des envois de « Filles du Roy- »—C'étaient des jeunes filles tombées orphelines ou malheureuses en bas âge,

vations, et parfaitement en dehors, vershs ilum, de toute mesure préventive pop ne pas dire, prévenante, il n’en existe moins un m me et parfait

ibre-Arbitre acquis à un chacun ; c’est celui de l'opinion, Soit secrète, Soit publique, entretenue ou à entretenir, au sujet de ce qui n’est pour personne un secret sur le compte d’un homme (À

Cela ressemble fort, en vérité, à cette vieille loi dite : “ Da cœur humain ”’ précisément en matière d’auteur,---et contre l’interprétation absolue de laquelle réclamait, en ces termes, un poète connu :

“Venez après cela dire d’un ton de maitre, . Que c’est le cœur kumain qu’un auteur doit connaître, “ Toujours le cœur humain pour modèle et pour loi ! Tr “ Le cœur humain de qui ? le cœur humain de quoi ? Er # Celui de mon voisin a sa manière d’ètre, s # Mais, morbleu ! comme lui, j’ai mon cœur humain, moi.”

04 En vertu de quoi, après son élimination du Fe pr A la façon que

143 sus-indiqué, et parce qu'effleurant un ancien ministre des choses militai-

res en Canada,---le lambeau de phrase en question se trouve restitué à la ÆBrochure, tel que primitivement com posé.

Il n'avait pas été mis à de botte ; J'aidû, dès lors,ici rédiger Cette note, À 7 mai 1874.

piaistté et qui étaient élevées aux frais du Roï à l’Hôpital-Général de Paris. « Sa Majesté, »—écrivait encore Colbert, —« envoie 150 her ; « filles pour y être mariées, 6 compagnies de 50 hommes chacune, cident «et plus de 30 officiers ou gentilshommes, pour s’y établir. » (15 : Ha Mai 1669.) Talon à son tour répondait au sujet de ces paternels, as convicts : «Il est arrivé cette année 115 filles. 30 seulement res- Pre « tent à marier. Je les ai réparties dans des familles recommanda. me mn « bles, jusqu'à ce que les soldats qui les demandent en mariage ph «soient prêts à s'établir, On leur fait présent, en les mariant, de DiJent «50 livres en provisions de toute nature et en effets. Il faudrait étiens «encore‘que Sa Majesté en envoyât 150 ou 200 pour l'an pro- | ki « chain. 3 ou 4 jeunes filles de naissance trouveraient aussi à À inistre « épouser des officiers qui se sont établis dans le pays. Il faudrait le plus « fortement recommander que l'on choisit des filles qui n'aient au- * Pañr, « cune difformité naturelle, ni un extérieur repoussarit, mais qui neralt « fussent fortes, afin de pouvoir travailler dans ce pays ; et enfin, Sa Ma- « qu’elles eussent de l'aptitude à quelqu'ouvrage manuel. J'ai ii «écrit dans ce sens à M. le Directeur de l'Hôpinal » (10 Novems mili-

bre 1670)-—Juste deux cents ans avant cette expatriation des À Alsaciens et des Lorrains, dont nous venons de déplorer le non- 4 profit pour le Canada.

étaient AS âge,

entive parfait ble, SOit prsonne

Mais, comme Dieu avait béni une sollicitude si intelligente et È si chrétienne, dès l’année suivante, ce modèle d'homme d'Etat | Canadien, est obligé de contremander. lui-même la requête qui précède. Rien n’est plus touchant, ni plus savant en science coloniale, que les scrupuleux détails de cette correspondance, car c’est la charité qui en cisèle toutes les finesses.

main ”’ absolue

« Les naissances de cette année »—est-il mandé par l'Intendant oi.” 4 Talon à Versailles, sont de 6 ou 700. Le pays pourra four- « nir Fan proshain 100 jeunes filles à marier. 11 sera donc inuti-

re 04 « le de nous faire un envoi de filles, l'an prochain, afin qne les Co- « lons puissous marier les leurs aux soldats établis, ou que l’on «congédiera, : Il est inutile aussi d'envoyer des demoiselles de 874. « condition, Nous en avons rèçu cette année 15, outre 4, que j'a-

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« vais amenées pour former des mariages avec des officiers et des « habitants de distinction. »

On peut encore rappeler avec avantage, en cet ordre d'idées, une vieille disposition législative du Canada des Bourbons et qui s'appelait Le Règlement des Engagés. Il portait que « chaque capitaine de navire qui se destinait pour l'Amérique n’obtenait à son départ de France un passe-port spécial, qui était une sorte de faveur, qu’à la condition de transporter 3 Engagés pour un navire de 60 tonneaux, 6 pour un navire de 100 tonneaux, etc. Ces jeunes gens ainsi embarqués, s’obligeaient à aller servir dans la colonie pour trois ans,—ce qui les fit appeler : « Les Trente-six mois »—moyennant un salaire convenu, la nourriture et le vêtement.

Inutile de prolonger ces citations du temps passé. Elles suffi. sent amplement à prouver que ces grands-seigneurs d'autrefois étaient d'assez bons Agents d'immigration.

Un dernier mot pourtant.

Quelques lignes plus haut, à propos de cette philosophie chrétienne des armes, qui peut seule donner à cette question sa force morale et son génie civilisateur, nous avons cité quelques fières et chaudes paroles du Comte de la Tour du Pin-Chambly.—En ce qui concerne ces belles traditions indigènes de la colonisation par la milice, cet officier de l'Etat-Major Français se trouve être un peu Canadien, du fait d’un de ses ancêtres, M. de Chambly, qui a doté de son nom un Comté et une petite ville du Canada. Sous la domination française, M de Chambly, Capitaine au Régiment de Carignan-Salières, se fixa en ce pays et fut ainsi un des patrons de ces colonies militaires si hautement, si chrétiennement protégées, comme on vient de le voir, par la vieille monarchie française. Voici ce qu'on lit, pour l’année 1665, sur ce gentilhomme, dans les « Relations des ho ide » ces véritables Chroniques de St, Denys du. Canada. -

« M. de Chambly, qui commandait cinq conpagnies coustruisit. « le premier fort sur la Rivière des Irocquois (aujourd’hui le Ri- « chelieu) il le nomma le Fort St. Louïs, à cause qu'il fut com-

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« mencé dans la semaine que l’on celebrait la feste de ce grard « sainct, protecteur de nos Roys et de la France. »

Nous avons encore À signaler, dans la ‘brochure du Colonel d’Orsonnens, deux petits traits qui ne sont ni sans valeur ni sans portée. Ils touchent chacun à une moitié du monde ; l'un, à ce qu'on appelle les Vieux Pays ; l'autre à la Jeune Amérique.

Voici le premier : |

«J'aimerais à voir dans l'Etat-Major, comme récompense il (Cpour de loyaux services, l'avantage d'aller en Europe étudier | « dans les .‘mbassades anglaises, en qualité d'attachés milita ires, ( les progrès faits chaque année duns les différents pays. »

Rien ne saurait, en effet, être plus profitable que de pareilles missions, véritable diplomatie de l'épée, qui n’est ni la 1 moins intelligente ni la moins féconde ; Car l'épée sera toujours î signe de noblesse,

Et d’ailleurs, quand une armée fait ce qu'on appelle ses gran-

des manœuvres ou ses petites guerres, il y a cette formule du métier qui court le terrain : « Les Etats-Majors sont neutres. » ! Sur le terrain courtois des relations étrangères, on peut ;—j'ai À déjà, je crois, indiqué plus haut cette idée, —changer cette formule en cet axiôme : « Les Etats-Majors sont frères. » Le colonel d'Orsonnens nous permettra, à ce sujet, de retrou- “ver dans cette proposition de chancellerie un signe de sa race, et comme une idée innée du sang dont il est issu.—La théorie des idées innées est très pratique en cette matière, —Par son origine 3 \ et sa famille, le Colonel appartient à ce vieux patriciat de la | Ce Suisse, qui a laissé à l’histoire de si belles et si instructives pa: F4 ges ; et, au point de vue de la question militaire qui nous occu- ! pe ici, une de ces pages les plus fertiles en bonnes leçons consistait dans ce service organisé que les Suisses allaient prendre à l'étranger et qui était réglé parce qu'on appelait les Capitulations. Il y a quelques années à peine que ce service de bonne fraternité

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internationale à pris fin en Europe, parce qu’il a plu de l’assassiner à la fraternité de Caïr, de l’nternationale révolutionnaire. Permis au banditisme garibaldesque d'appeler mercenaires ces vaillants et fidèles Régiments Suisses, parce que les Papes et les Bourbons des divers royaumes chretiens, dont ils étaient les pères, s’honoraient de leur loyal et précieux contingent. Toujours est-il que la Confédération Heivétique traditionnelle—(Par le temps qui court, on est obligé de diviser l'histoire de tous les Etats du monde en deux périodes : la période traditionnelle et la période modernisée,)—Toujours est il, disons-nous, que la Confédération Helvétique,par ce système des Capitulations du service armé de sa belle jeunesse, réalisait, à son propre avantage national, deux problèmes assez réussis.—D’abord, elle entretenait parmi son peuple et parmi son aristocratie, sans qu'il lui en coûtât un centime, ce sens militaire, cette religion de l’épée, qui fait les nations viriles et honorées, qui de plus, à un moment donné, peut opposer à la frontière un large et solide rempart de bras aguerris et de poitrines fidèles. Ensuite, elle entretenait zuprès des Puissances étrangères quelques bons milliers d'ambassa- * deurs, à quatre sous par jour,...payés par ces mêmes Puissances : étrangères. — Tout cela, il faut l'avouer, n’était vraiment pas trop bôte.

Et tenez, pour sa part aussi, le Canada traditionnel, le Canada du drapeau blanc fleurdelisé—(car le drapeau tricolore n'a jamais existé, Dieu merci, pour le Canada, et quand les Canadiens l’arborent à leurs fenêtres ou dans l’intérieur de leurs égli# ses, si l’on a un peu de logique et de bons sens, on ne peut le considérer que comme quelque banderole de pure fantaisie ow quelque échantillon de ce qu'on appelle ici des marchandises sèches, en un de ces anglicismes si nombreux qui n’enjolivent pas du tout le langage canadien ; oh ! mais, pas du tout, tant s’en faut),(*)—pour le Canada d'autrefois, toute simple colonie fran-

(*) Ace sujet, Je ne puis m’emp'chér de signaler ici avec quelque {nsis-

tance, comime FYyançcars, l'impression pénible que bien des esprits éprouvent parmi les Etrangers à voir or ve u’on fait en Canada üu drapeau tricolore. On prétend, il est vrai, y at er une signification de bons sou«

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çaise qu'il était, ce très remarquable bénéfice militaire des troupes Suisses, que nous venons de signaler trouvait une très-profitable et très-intelligente application. En effet, sous cet ancien régime, non pas les soldats de l'armée française, mais bien, les propres miliciens du Canada, s'étaient faït si bon renom, et montraient tant d’aptitudes à la guerre qu’on les réclamait cciame de vraies troupes d'élite dans les autres colonies françaises de l'Amérique. M. de Denonville, chargé de diriger une expédition contre les Indiens dans la Louisiane, écrivait ce qui suit à Versailles, à la date du 27 octobre 1687 : « Nous ne pouvons le- « ver dans le pays cette année plus de 400 miliciens, sous peine « de ruiner le pays. Or, vous savez que je ne puis me dispenser « d'emmener de la milice canadienne, lors même que vous m'en-

venirs et de report traditionnel du cœur envers la patrie d’origine, ZL'##tention eSt fort louable sans aucun doute, mais dans le fait, là est précisément le vice radical de tout honn te rafsonnement et le défaut de togique d’une saine mémoire. Le drapeau tricolore ne rappelle rien au Canada, absolument rien, Il ne devrait, au contraire, lui indiquer que les hontes et les malheurs auxquels il a providentiellement échappé; hontes révolutionnaires et malheurs bonapartistes, les unes portant les autres. Il eût été d’un grand exemple, d’un bel effet et d’un nobie esprit, si, pour témoigner de ses légitimes affections nationales envers la France qui l’a fondé, le Canada eût conservé, comme mémorial de cette fidélité que tout le monde eñt honorée et honore d’ailleurs, le drapeau blanc de ses anciens Rois. Et certes, on ne peut alléguer qu’il eût pu survenir quelque complication diplomatique au sujet de cette loyale affirmation de l'intelligence et du sentiment filial. Bien au contraire, c’eût été pour le drapeau tricolore qu’aurait pu poindre quelque embarras de chancellerie ; et il n’y en a pas eu l’ombre.

J'ai rencontré plusieurs Anglais franchement choqués de re détail indigène, et c'était chez eux, à la fois bon sens et sentiment de l’honneur : tout en respectant profondément, comme elle mérite d’:tre respectée, /’:dée que dans quelques circonstances intéressantes On a attaché au drapeau tricolore, une fois le branle donné de son pavoisement, Mais c’est le éranle de cette idée, qui est franchement faux etcarrément vicieux. Il vient probablement d'assez loin, et nous n’en connaissons nullement l’origine.

La question du drapeau n’est pas une question puérile ; elle ne l’est du moins, que pour les esprits puérils, ‘ Le pavillon couvre la marchandise, ” c’est là certainement une maxime d’honnêteté publique et sociale, tout autant que de droit maritime et comir:ercial.

Dès les premiers temps que je suis arrivé en Canada, dans l’offrande de l’'£x-voto d'un navire à Terrebonne, qu’il s'agissait d’orner de divers pavillons, nous n'avons é6té que deux pour répudier la flamme tricolore et pour demander qu’elle fût remplacée, au moins dans ce souvenir religieux, dans cet emblème reconnaissant de piété privée, par le vieux drapeau blanc fleurdelisé, et nous avons, du reste, parfaitement échoué dans

notre proposition. L'autre, c'était un Anglais, mon brave camarage au corps des ofliciers des Zouaves Pontificaux, HUGH MURRA Y, qui vient, il y a quelques semaines, d’être brillamment et catholiquement tué à l’ennemi, sous Manrèse en Espagne, au service du Roi Charles VIT, etqui a témoigné ainsi, de son sang, aVec une grande foi, que toutes les légitimités, comme toutes les honnétetés sociales, comme toutes les intelligencés du devoir et de l’honneur, sont véritablement sœurs en ce monde.

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