‹ Le colonel d'Orsonnens, considérations sur l'organisation militaire de la confédération canadienne observations, critiques [microforme]Chapitre 7 sur 9 · REZ · texte numérisé non relu

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« verriez de France toutes les troupes que je demande, parce « qu'elle est infiniment plus propre à ce genre de guerre. C’est « pourquoi, j'ai formé une bonne compagnie de 120 hommes, souê « les ordres :de M. de Vaudreuil et de quatre bons lieutenants « natifs du pays. Ils coûteront 6 sols par jour.»

Voilà les résultats du licenciement du Régiment de: Carignan «aux fins coloniales » que nous avons indiquées.

Quand on dit que le peuple français n'y entend goutte en fait de colonisation ; les français qui entendent cette légèreté des autres pays répondent quelquefois en baissant la tête :—« C'est vrai, les faits sont [à ; »-—mais s'ils savent se rel.-er, morbleu ! dans les traditions de leurs pères, ils peuvent ajouter :—1 De quels faits s'agit-il après tout ? de faits qui ne datent de 89, et dont 89 est le seul générateur, le seul auteur et le seul éditeur responsabie, »

Nous venons de nommer la Louisiane ; Napoléon dit le Grand, l'a fort petitement vendue pour une faible somme d'argent, « afin » —ce sont ses paroles textuelles—« de porter remède à la puissance colossale de l'Angleterre, » Et quand un de ses ministres

Jui faisait observer l'immense avenir des Etats-Unis, le Corse à cheveux plats répondait : « Ma prévoyance n’embrasse pas ces craintes éloignées, » Voilà le coup d'œil d’aigle, le génie transcendant de l’idole de bronze, en leqnel s'étaient coulés les immortels principes de 89 ! « Le bel oiseau qne nous avions rapporté de la Corse, »—dit M. de Maistre.

La Louisiane ! le Canada devrait avoir constamment les yeux sur elle ; et, puisque j'y suis, je me permettrai de dire au Canada cette grave et patente vérité :

Si l'esprit, l'esprit patriotique et social, l'esprit moral et religieux de la race canadienne-française ne se réveille pas, s’il con-

trevient à son passé, s’il se modernise ou se libéralise, eh bien, la

race canadienne-française s'usera, s’atrophiera, se perdra et péri-

ra, comme s’est usée, s’est atrophiée, s’est perdue et a péri la

race française dé la Louisiane, et même pire, —Y peor, peor, Le second trait particulier auquel nous avens fait allusion ci-

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dessus, dans la brochure du colonel d'Orsonnens, le trait précisément américain est celui-ci :—i] s'agit de la nomination des officiers des..…..futures troupes de la Confédération :

«Ne pouvons-nous imiter ce que nos voisins ont debon, et fai- (Cre toi une loi analogue à celle des Etats- Unis, par laquelle tes ( Sénateurs et les Membres du Parlement aura ient le droit, à « leur entrée en fonction, où tous les ans, de recommander un « Cadet où un Officier au Premier grade, dans l'Armée ou l'Etat- (€ Major. » ?

Cette disposition peut être excellente, car ne comportant qu'une simple recommandation, ne s'exerçant qu’en faveur de l'entrée dans la carrière des jeunes officiers, et ne dispensant pas des examens ou autres garantics de la valeur personnelle des aspirants, élle ne constituo pas un acte de J'uvyritisme, mais simpicment l’usage d'un privilège. Et dans toute organisation sociale, intelligente et sage, rien n’est aussi légitime, ni aus: fructificateur que les Privilèges.

Mais il est assez curieux de voir prendre cet exemple sur les Etats-Unis. Voyez-vous ces farouches républicains, qu'un poète humouristique de l'Allemagne moderne, un Parisien de Berin, s'est permis d'appeler en français : « les Voyous de la Li. berté ; » les voilà qui inscrivent, dans leur législation, la plus haute consécration politique des aristocraties, et qu’il souronnent chez eux, d’une couronne sociale, leurs classes privilégiées ! C'est qu'on a beau bavasser ou vociférer sur l'Egalité ; les mots, les phrases, les discours où même les traités écrits ne valent pas une bonne vieille simple vérité traditionnelle et pratique, et il y a, en politique, certaines notions supérieures À toute théorie mensongère : il y a des lois, qu’on pourrait génériquement appeler les Lois Royales de toute société constituée et l’on ne sanrait s'y soustraire,

Quand ils sont fidèles à ces Lois Royales, les Etats-Unis d’Amérique ont du bon, comme dit le Colonel.

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