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à leur honte. Nos premiers représentants engagorent résolument la lutte, et la soutinrent avec ardeur, et leurs enfants aiment à citer leurs noms et à s'inspirer de leur souvenir, Leurs exemples encouragent encore aujourd’hui ces grands citoyens, que la confiance publique a placés sur la brèche, pour la défense el la protection de nos droits. C’est vers eux que se tournent les regards de ceux qui se dévouèrent au service du publie, et qui ont connu les jours critiques et nébuleux qu'a traversés notre jeune pays,
Le colonel Dambourgès avait une pose fière, une haute taille, un front noble et serein. Ce brave et brillant soldat plut au Prince Edouard, à cause de son grand amour pour la discipline militaire, et des belles qualités dont il avait fait preuve à la tête des compagnies qu’on lui avait confiées. Son Altesse Royale qui Pappelait souvent dans son intimité, le désignait sous le nom de Capitaine Balafré, car, à la mémorable journée du Sault-au-Matelot, il avait reçu à la figure un coup de baïonnette ou de sabre qui lui avait fait une cicatrice.
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estime et beaucoup de respect, l’appelait, tantôt, l’inventeur de la baïonnette, parce qu'il était des environs de Bayonne, tantôt, le compagnon de Henri IV, qui était aussi Béarnais, On comprend que toutes ces désignations, et autres de ce genre, entourées d’allusions gracieuses, étaient bien flatteuses pour le héros qui en était objet, et ne e atribuaient pas peu à l’élever en considération parmi ses concitoyens, comme aussi à exciter la bile des hommes jaloux et ombrageux qui ne se sentent jamais à l’aise devant le vrai mérite.
Le régiment le Royal Canadien (Royal Canadian Volunteers) ayant reçu ordre, dans le printemps, de partir pour Montréal, le colonei Dambourgès dut se décider à le suivre. Mais ne voulant pas se séparer de sa famille, et pour concilier ses affections avec ce que le devoir éxigeait de lui, il se décida à l'emmener avec lui, C'est à qu'il toinba malade, dans l'automne de 1798, Une pieurisie des plus violentes mina en peu de jours son tempérament si vigoureux. Il souffrit son mal avec la résignation et le courage qu’il avait toujours montrés. Sur sa couche funèbre, que lui restait-il pour le consoler des déceptions de la vie ? [n’en avait presque pas connu les jouissances ; mais sa foi le consolait. Le ciel, lui répélait-on, est pour le soldat qui défend sa patrie et Le duc de Kent, qui avait aussi pour lui une grande
ses concitoyens contre une injuste agression. Il écrivit à ses amis en France pour leur annoncer sa mort prochaine, el leur exprimer combien il regret- | tait de ne pouvoir leur donner un dernier adieu. Il reconraissait alors qu'il n'avait pas assez songé aux intérêts de sa famille, à laquelle il ne laissait qu’un nom honorable et une réputation méritée ; mais rassuré par ses amis, confiant dans la sollicitude du 4 gouvernement pour lequel il avait travaillé toute sa ) vie, il espérait que sa vertueuse femme et ses cinq enfants trouveraient, dans leur appui et leur dévouement, des moyens d'existence qu’il n’était plus en : état de leur procurer.
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t J C’est dans ces pensées et ces réflexious qu'il e î quitta la vie, entouré de ses nombreux amis dé- 8 solés de cette fin inattendue. II mourut à Montà réal, le 13 décembre 1798, et fut inhumé le 15 du ,, | même mois, dans l'église paroissiale, voûte Saint- Amable, par M. Désaulnier, curé d'office, au milieu d’un grand concours de citoyens de toutes les classes, jaloux de donner cette marque de respect à un € 4 homme qui avait donné, pendant sa vie, l'exemple de . à toutes les vertus. L’aumônier du régiment, M. s François Duval, était présent à linhumation. Son i corps fut relevé en 1830, et transporté dans la nouot ; velle église paroissiale de Notre-Dame.
e 4 M. Dambourgès avait cinquante-six ans. Il mourait pauvre et sans rien laisser à sa veuve. Celle-ci,
pleine de résignation à la volonté de Dieu, se soumit sans murmure au décret de la Providence, comptant sur la parole de celui qui a dit qu'il nourrissait les oiseaux du ciel, et qu'il n’oublierait pas les enfants des hommes. Elle était sincèrement attachée à son époux, et était fière du nom qu'elle portait, Elle avait assisté à ses derniers moments avec le calme d’une vraie chrétienne et lui avait prodigué les soins et les remèdes que réclamait son triste état. Leurs adieux furent touchant, et impressionnèrent vivement tous ceux qui assistaient à cette lente agonie d’un soldat-citoyen, mourant avec la foi et la piété d’un digne enfant de l'Eglise.
Il est rare que le génie et la vertu défendent un homme des attaques de la misère. Ces âmes, prodigues de dévouement, s’oublienttoujourselles-mêmes pour ne s'occuper que du bonheur des autres, la main toujours ouverte pour soulager tous les malheurs et toutes les infortunes. M. Dambourgès, honoré du Prince et de l'Etat, ne laissa pas de fortune, et confia, sur son lit funèbre, sa femme et ses enfants aux soins de ses amis qui lui promettaient les faveurs de la cour. Mais les amis moururent :ux-mêmes ou furent dispersés. Les événements se succédèrent, puis on oublia d'abord et l'on méconnut ensuite, en hauts lieux, les brillants états de service du héros du Sault-au-Matelot. C’est en présence de ces vicissitudes du sort el de cette in-
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