SCÈNE lï
lES PRÉcÉDENS, DERWITZ, ALFRED. (Il est en grand
costume de lieutenajit-colonel de lanciers.
DERWITZ , twec gaîté et frottant ses mains.
Tîravo , mes enfans , c'est cela!., des bouquets par-ici, des
guirlandes par-là... le coup d'œil sera superbe. Qu'eu dis-tu,
Alfred î'
ALFRED , tristement.
Qu'il est bien difficile de ne pas reconnaître partout le goût du propriétaire de ce château.
DERAVITZ.
Comme tu me dis cela ?.. ah ea voyons, vas-tu encore nous faire la miue d'hier soir? — En vérité, je ne te conçois pas; dans deux heui'es , tu sei'as l'époux d'vmc femme qiii réunit fortune, esprit et beauté, et tu n'es pas content. Corbleu? comment la veux-tu donc ? Ah î' si j'avais seulement trente ans de moins, je voudrais te supplanter... mais malheureusement en ce moment ci...
ALFRED
Mon oncle, crovez que j'apprécie tout mon bonheur Il
est vrai qu'un malaise...
DERWITZ.
Un jour de mari-nge? par exemple !... il ne te manquait plus que cela... ah! ah! ah! mon cher ami , voyons, qn'as-tu
encore à désirer?., tu le sais bien, je me suis cTiargé de ta fortune , je t'aime comme un fils , et , tant que j'existerai , mon cœur aura pour toi rattachement cV un véritable père.
ALFRED
Mon bon oncle je serais au désespoir de vous affliger....
je suis lieureux. , très- heureux...
DERWITZ.
A la bonne heure donc; mais concois-tu quelque chose à ce diable de colonel?... le premier garçon de la noce, n ctre pas arrivé au moment de la cérémonie !
ALFRED
11 s'intéresse trop à son propre ouvrage; et son amitié pour moi est trop vive, pour qu'il puisse tarder encore beaucoup. DERWITZ, bas à Pierre et à Poleska.
Ah I ça, j'espère que vous avez soigné ma petite surprise. ( Montrant la corbeille. )
POLESKA.
Soyez tranquille , monsieur le baron ; rien n'y manque.
DERWITZ , regardant du côté du château.
La comtesse sort de chez elle... vite, mes enfans, à vos postes. {Mouvement général. )