TOUS
Vive madame la comtesse ! vive monsieur Alfred de Radzi-
wil ! ( Les paysannes , ayant à leur tète Poleska , offrent à la comtesse la corbeille oit sont des présens du baron Derwitz.^
LA comtesse.
Mes amis, combien je vous remercie; et vous, monsieur, comment vous exprimer la reconnaissance que m'inspirent toutes les marques de votre bonté !
DERWITZ.
Que parlez-vous de reconnaissance , cela vous convient-il , ma chère nièce?.... Oui , eh bien! j'en suis plus content que vous-même.
ALFRED
Mon oncle, tant d'attentions...
DERWITZ.
De quoi te mcles-tu , toi, voyons !.. Décidément, comtesse, il faudra vous cliarf;pr de IVdncotion de ce £;arçon-là, ça n'a pas pins r.-iir d'un nfficior de lanciers... Corbleu ! à son âge, j'aurais lait danser toute une assemblée de vieux médecins. LA COMTESSE, açec un sourire gracieux.
Monsieur Alfred est une des fortes têtes de l'armée mais
c'est en vain que je cherche le colonel; comment se fait-il I...
DERWITZ.
C'est ce que je disais tout à l'heure; comment se fait-il qu'il ne soit pas arrivé? son absence commence à me paraître singulière.
PIERRE , saluant niaisement.
Pardon , monsieur le baron , mais , avec le respect que j'vous d'vons, ainsi qu'à toute la compagnie, si j'osions vous dire im p'tit mot. ( Pendant ceci , Poleshu tire Pierre par son habit pour l'empêcher de parler. )
DERWITZ.
Parle, mon garçon , parle.
PIERRE
Eh ben, m'sieur le baron, j'voHS dirons qu'not oncle Stanislas d'vait v'nir avec m'sieur le colonel; et. comme y n'sont arrivés ni Tun ni l'autre, ça m'frait penser que queu qu'ordre supérieur , relatif au service. . .
DERWITZ.
Il a corbleu raison... diable! c'est contrariant , tout est prêt pour la cérémonie. Ma foi, je vais envoyer quelqu'un au-deyant de Rosinski jusqu^à trois quarts de lieue ; et si au retour du courrier, on ne l'a pas trouvé, nous nous mettrons en marche vers le temple.
ALFRED
Parfaitement raisonné, mon oncle, et je vais...
DERWITZ.
Où cela ?
ALFRED
Au château , donner des ordres,
DER^A'ITZ.
Veux-tu bien me laisser tranquille... est-ce que cela le regarde?.. Comment, morlileu ! tu as encore un quart d'iieure à faire le garçon auprès de ta future , et tu n'eu profiles pas,., allons , allons , c'est toujours du bon tems de pris... Comtesse ^
Je vous laisse ensemble, et je vais vous repif^uire dans un instant. (Il sort suwi de tout le monde. )