‹ Le colonel de hussards; mélodrame en trois actes, à grand spectacleChapitre 41 sur 49 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

ROSINSKI, ALFRED.

ALFRED

Un mot, colonel; j'aime à croire que quelqu'événement terrible et inattendu a frappé votre esprit , au point de l'égarer un instant.

ROSINSKI.

Oui, Alfred, un événement terrible, inattendu, a frappé mon esprit ; mais, loin de l'égarer, en décbirant le voile épais qui l'entourait , il vient au conti'aire de le rendre à la raison.

ALFRED

A la raison !.. songez que c'est vous-tnéme qui aACz formé ce mariage , et que ce matin, en conduisant la comtesse à l'autel...

ROSINSKI.

Jamais^ jamais !

ALFRED

Que venez-vous donc faire ici ?

Mon devoir.

ALFRED

A'^otre devoir est-il de porter en ces lieux le trouble et la douleiu- !

ROSIXSKI , lui serrant la wai'n.

Altred!.. ne me condamnez qu'après m'avoir entendu,

" ALFRED

Rosinski, pourrais-je agir autrement... on lu m'ouvriras ton cœur , lu me parleras franchement,, tu n'hésiteras pas à me confier ce qui peut te porter à la démarche étrange que ta fais aujourd bui.

ROSINSKI,

Je vous l'ai déjà dit, mon devoir.

ALFRED , séçèrement .

Ainsi donc , c'est de votre propre volonté que vous venez renverser votre ouvrage.

ROSINSKI.

Si j'en avais eu le tems et les moyens, j'aurais agi autrement j mais en arrivant trop tard, tout était terminé, et alors, j'en suis sûr, vous-même auriez versé des larmes de sang.

ALFRED

Quel est donc ce mystère?., quand je songe aux nombreuses marques d'attachement que vous n'avez cessé de me donner, je ne puis penser qu'en vous jouant avec moi de tout ce que l'amitié a de plus sacré , vous vouliez me prouver qu'au fond de votre ame la fausseté . . .

ROSINSKI, avec indignation .

La fausseté ! . . Alfred !..

ALFRED

Cessez donc de tenir mon esprit en suspens , expliquez-Tous sur-le-champ... Au nom de notre ancienne amitié, je vous en conjure !

ROSINSKI.

Eh bien !. . . . (« part") Gustave et Eudoxie ne sont point ici, et je n'espère qu'en leur présence !

ALFRED

Vous hésitez!... soùgez donc, puisqu'il faut vous parler un autre langage, qu'en vous conduisant ainsi publiquement avec une femme qui a droit à tous vos respects , vous me faites ua outrage ! ... {Rosinski garde Le silence ; élevant la voix^ Parlez , je l'exige !

ROSINSKI.

Ce que j'ai cru devoir refuser à Tamltié, l'orgueil croit -il l'obtenir !

ALFRED

Et vous-même, croyez-vous que je puisse recevoir une pareille oliènse, sans eu demander la réparation?

ROSINSKI.

Alfred , quel que soit le sort qui mVst réservé , je ne m'expliquerai que quaud il le faudra j jevous le répète, j'ai le droit de m'opposer à votre mariage 5 et si Ton voulait passer outre., ,

ALFRED

Cen est assez ! ... soyez ici dans une heure , je vous laisse le choix des armes.

Dans une heure, ici, soit.

ALFRED

Silence l voici mon oncle.

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