REFLEXIONS
On ne saurait dire avec quelle anxiété cruelle madame de Bracciano attendait le retour de sa tante.
La malheureuse femme envisageait alors les mmienses diflicultés qu'elle aurait à vaincre pour décider son mari à une séparation. Le temps pressait , Herman pouvait mourir.
M. de Bracciano s'était dévoilé avec une si cruelle franchise, qu'elle n'avait plus d'espoir
que dans la volonté toute-puissante de Tempereur.
Depuis une heure, sa tante était partie, tantôt, elle augurait bien de la longueur de son entrevue avec Tempereur Napoléon ; tantôt, au contraire, elle y voyait un fatal pronostic.
A chaque instant elle se levait de son fauteuil pour aller à la fenêtre ; à chaque voiture qui passait devant la grande porte ouverte de Thôtel , elle tressaillait involontairement.
Tout à coup le trot précipité d'un cheval entrant dans la cour se fait entendre.
Jeanne courut à la fenêtre et vit un palefrenier à la livrée de Tempereur parler au concierge.
Le concierge sortit en courant de sa loge et se dirigea vers le vestibule.
Dans sa fiévreuse impatience, madame de Bracciano sonna une de ses femmes.
— Mademoiselle, allez voir ce que veut cet homme à la livrée de Tempereur.
Cinq minutes après, la femme de chambre rentra.
— Madame la duchesse , cet homme vient sans doute d'apporter à M. le duc Tordre de se