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II

Dans ce Tombeau repose un Financier, Il fut de son État la g-loire et la critique, Généreux, équitable, et toujours singulier. Souvent il soulag-ea la misère publique. Passant, priez pour lui, car il fut le premier.

Les dernières volontés du Financier ne furent exécutées en aucune manière, et ce fut moins la faute du Testateur que celle du siècle. Les tragédies furent reléguées dans une Bibliothèque, dont le fond avoit été fourni par la Veuve Oudot, cette femme célèbre, qui imprime à Troyes tous ces Livres merveilleux, connus sous le nom de La Bibliothèque bleue. Le Panégyrique ne fut point prononcé, parce qu'on ne put trouver dans les soixante Fermiers Généraux d'homme en état de parler d'autres objets que du Papier timbré, du Tabac, des Droits d'entrée, de Chevaux, et de Filles d'Opéra. Les beaux esprits n'eurent point leurs legs, parce que d'Anville fut à peine expiré, qu'ils firent des Épigrammes injurieuses contre sa mémoire ; et le rimeur, qui l'avoit mis au dessus de Mécène pendant sa vie, publia deux jours après sa mort un Poëme burlesque, dans lequel, essayant de prouver que d'Anville étoit un sot, il fit des Prosélytes. Les Neveux du défunt, ayant solemnisé l'octave de sa mort par un grand bal, furent privés de leurs legs, et la veuve, qui se remaria trois semaines après, ne put jouir des cent mille francs qui lui étoient donnés sous la condition impossible d'être inconsolable. L'Hôpital des Incurables, dont la fondation auroit assuré les plaisirs du Public, et la fortune des Libraires, ne put avoir lieu, parce que les fonds n'étoient pas, à beaucoup près, suffisans pour l'entretien de la dixième partie des plats Auteurs et des froids Journalistes dont l'Europe littéraire étoit inondée. Ainsi Fréron continua à ronger des os dans son grenier, Chaumeix à abboyer contre les Encyclopédistes, et Sérionne à croupir dans les marais de Bruxelles. Mlle Bril-

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lant, à qui un des exécuteurs du Testament de d'Anville alla faire part des dispositions que le Codicile contenoit en sa faveur, se jetta aux genoux de l'honnête Ecclésiastique qui lui porta la parole, et lui jura que les reproches amers qu'elle avoit à se faire, ne lui permettoient plus de rester au Théâtre, et qu'elle vouloit expier ses erreurs dans la pénitence la plus austère. L'émissaire curieux par état, lui ayant demandé quels étoient les reproches qu'elle avoit à se faire : « Ils sont innombrables, réponditelle, et un siècle de douleur suffiroit à peine pour les expier ». La Brillant paroissant alors pénétrée d'un repentir sincère, versa un torrent de larmes, et répétant dix fois qu'elle ne se pardonneroit jamais la conduite peu édifiante qu'elle avoit tenue avec les hommes. L'Ecclésiastique eut beau lui dire que la vérité de ses remords effaceroit les désordres de sa vie passée : «Les choses consolantes que vous me dites, repartit l'Actrice ne m'excuseront jamais à mes yeux; et quoi que vous en disiez, j'aurai toujours à me reprocher : premièrement, d'avoir donné mes premières faveurs à un Lieutenant de Milice que j'osai préférer bêtement à un Commissaire de Police, homme assez expérimenté dans son art pour conduire les premiers pas de mon enfance dans un libertinage honnête qui auroit pu me mener aux richesses, et de l'opulence à la vertu.

« Secondement : J'ai à me reprocher d'avoir passé à l'Opéra Comique les deux années qui suivirent la funeste victoire que le Lieutenant de Milice remporta sur moi ; ce tems, où mes charmes auroient pu me procurer la perspective d'un sort heureux, a été passé avec des Poètes qui m'avoient mis à l'aloyau pour toute nourriture, et avec des Maîtres de danse qui me payoient avec des entrechats.

« Troisièmement : J'ai à me reprocher d'avoir reçu

chez moi le nommé le Sueur, Auteur postiche de la Rose, dont Piron lui fit présent, comme on donne un habit à un homme qui est nud. Cette ombre d'auteur me faisoit tous les matins un petit Madrigal qui flattoit mon amourpropre, quoiqu'il m'y désignât sous le titre de Glimene, nom trivial qui, rimant à peine et à chaîne, fournit des lieux communs aux versificateurs, et donnent une célébrité momentanée aux jeunes personnes qui aiment à être flattées. J'étois dans ce cas, et il n'y a pas un Madrigal de ce le Sueur qui ne m'ait coûté une longe de veau, et qui plus est, une nuit. Je ne déclame point contre le livre de Boucherie, les longes de veau sont comptées, et ma cuisinière est en règle ; mais où reprendre les nuits blanches (i) que j'ai passées avec ce rimailleur! Où trouver ces Financiers qui venoient m'offrir des Mézieres (2), et un équipage fastueux? Où trouver cette foule d'étrangers que je lui ai sacrifiés ? Concevez donc, que sans ce tems perdu j'aurois fait des dupes cinq ans plutôt. Sont-ce là des pertes faciles à reparer? je vous le demande.

« Quatrièmement : J'ai à me reprocher de n'avoir pas mis à profit toutes les bontés du Maréchal de Lowendal, dont j'ai été deux ans la Maîtresse de campagne (3) ; j'avois la disposition des grâces. Des Commis dignes de la corde par leurs exactions, venoient implorer ma protection, et au lieu de les laisser pendre convenablement, j'avois la bêtise de me contenter de cent louis, et de leur permettre de vivre : mais ma plus haute folie est celle de

(1) C'est ainsi que les filles appellent les nuits qui ne leur rapportent que du plaisir. {Note de Chevrier.)

(a) C'est le nom d'un Caissier des Fermes Générales, qui signe tous les billets de la Compagnie. Un Mézieres est en France un effet courant qui vaut de l'argent comptant. Les Fermiers Généraux, qui ne veulent point s'abaisser jusqu'à manier de l'or, paient avec ce papier les faveurs qu'ils achètent. (Note de Chevrier.)

(3) La Brillant avait fait connaissance du Maréchal de Lowendal, après le siège de Tournay, en 1745.

n'avoir pas achevé de ruiner un Général dont le Brabant et la Hollande payoient les plaisirs.

« Cinquièmement : J'ai à me reprocher d'avoir aimé un homme assez mal-à-propos pour en faire mon mari (i), et d'avoir passé trois mois avec lui sans le tromper : aveuglement qui naît de l'inconsidération d'une jeune personne qui ne sçait pas que le tems perdu se récupère rarement.

« Sixièmement : J'ai à me reprocher de n'avoir pas gardé un tas de Financiers dont j'aurois eu la satisfaction de déranger les affaires, si j'avois eu la prudence de faire taire des inclinations ridicules, et de préférer la fortune aux plaisirs, c'est-à-dire, l'utile à l'agréable.

« Septièmement : J'ai à me reprocher de perdre du tems à vous faire ma confession, et de ne vous avoir point subjugué pour la rareté du fait». L'honnête Ecclésiastique, qui venoit d'entendre les sept péchés mortels de Mlle Brillant, parut d'abord scandalisé des avances de cette Actrice ; mais il demeura : le scandale parut, ou pour mieux dire, augmenta. Brillant, charmée de cette conquête que la soutane et le petit colet lui rendoient respectable, proposa à souper à ce nouvel Amant. Un abyme en entraîne un autre; mon homme tomba dans le piège : l'Actrice, qui aimoit les scènes singulières, appella sa femme de chambre, et fit deshabiller l'Abbé (2) qui passa d'un bain aromatique dans les bras de sa conquête qui avoit donné des ordres secrets pendant que l'Abbé se purifioit dans le bain.

« Il n'y avoit pas une demi-heure que cet aimable couple étoit plongé dans le sein de la volupté, qu'on entendit ouvrir la porte de la chambre. La Brillant, qui

(1) Le sieur Bureau, petit hautbois de l'Opéra.

(2) Lisez : l'abbé d'Hérissert, prêtre polonais qui la mit, dit-on, sur le bon ton et l'entretint.

attendoit ce nouveau venu, lui dit sans se déconcerter : « Est-ce vous Père Elisée? » L'Abbé frappé de ce nom, entr'ouvre le rideau, et au moyen des bougies qui étoient sur la table de nuit, il apperçut un Carme Déchaux qui venoit réciter ses matines entre deux draps. Cet événement inattendu surprit le bon Ecclésiastique qui voulut d'abord se retirer; mais PActrice lui ayant montré la largeur du lit, lui fit entendre qu'il y avoit place pour trois. Pendant ces petits propos, le Moine se dépouillant de sa soiigrienille du Mont-Carmel, se préparoit à jouir des plaisirs les plus vifs; mais quel fut son étonnement, lorsque posant son manteau sur un canapé, il apperçut un petit collet et une soutane ! « Eh ! dis-moi, ma reine, s'écria le vénérable Père Elisée, combien t'en faut-il aujourd'hui? — Oh, ne t'effraie pas, gros coquin, reprit la Brillant, Monsieur est un Prêtre habitué de S1. Sulpice, que des affaires de famille ont conduit ici, et comme il s'est trouvé mal, et que je n'ai qu'un lit honnête à lui offrir, il a bien fallu qu'il se couchât à côté de moi, mais l'ordre de nos arrangemens ne sera point interrompu, et viens sur le champ prendre ta place ordinaire. — Mais si j'allois me tromper, répondit le Carme. — Oh, cela n'arrivera pas, répliqua l'Actrice, et la décence, dont je ne me départirai jamais, veut que je sois une barrière entre l'Abbé et vous. » Celui-ci se cachant sous le drap, n'osoit articuler un mot, tandis que l'Enfant d'Elisée, plein d'audace et de luxure, s'occupoit avec fermeté à faire oublier tout l'Univers à l'Actrice. Le Carme passa des plaisirs à une conversation secrète, dont le résultat ne servit qu'à redoubler la surprise et la honte du pauvre Abbé. Le Père Elisée se leva sous le prétexte de laisser le champ libre au premier venu, et mettant sur le canapé tout son affublement monastique, il prit la soutane, le collet et le grand manteau du vénérable Abbé, s'éclipsa dans cet

attirail, et revint à son Couvent. Sa qualité de Prieur lui donnoit la liberté d'entrer et de sortir à toute heure. Le Frère Portier, surpris de la métamorphose, en demanda le motif à sa Révérence; et comme le Père Elisée honoroit cet Agent de ses bontés, il lui raconta son histoire. Le Portier, jugeant que l'Abbé ne pourroit sortir qu'en prenant l'habit de Carme qu'on lui avoit laissé, conseilla au Prieur de pousser cette aventure en faisant arrêter le faux Carme. Le Père Elisée, qui ne demandoit pas mieux que de se venger d'un rival assez téméraire pour lutter contre un membre d'un Ordre Religieux, dont le nom devenu proverbe à Cythere, assure le talent, saisit avec joie le conseil du Frère, et reprenant aussi-tôt sa casaque uniforme, il alla avec un Compagnon se mettre en embuscade dans la rue des Fossés de M. le Prince, où la Brillant demeuroit alors. L'Abbé sortit avec l'habit de Carme, ainsi qu'on l'avoit prévu. A peine eut-il fait quatre pas, que l'aspect de deux hommes habillés comme lui, le firent retourner en arrière, les deux religieux le suivirent jusqu'au Luxembourg où il alloit se jetter, lorsqu'une Escouade du guet à pied, à laquelle ils le livrèrent, l'arrêta et le conduisit chez le Commissaire du Quartier, où il fut joint par ses dénonciateurs.

« Le faux Carme interpellé par le Père Elisée de dire où il avoit pris l'habit qu'il portoit, avoua sans déguisement la vérité du fait. Le Commissaire, qui, par hazard, étoit honnête homme, ne voulut point accabler ce malheureux Abbé; et faisant observer de près les délateurs, il envoya un Exempt à la Brillant pour la prier de se rendre chez lui; mais cette Actrice, fiere des prérogatives attachées à son état, répondit au Commissaire en ces termes :

« De mon lit, où je suis malheureusement seule.

« Faut-il, mon petit Monsieur, que je vous apprenne

« votre devoir, et un homme qui a passé, ainsi que vous, « les deux tiers de sa vie à donner la chasse aux Demoi- « selles du monde, devroit-il ignorer qu'une personne « attachée au Théâtre n'est point sujette aux influences « de la Police? Sachez donc que je ne dépens pour mes « mœurs que du coffre- fort d'un Financier, et de la « figure d'un joli homme.

« Je veux pourtant bien vous avouer que l'or ni les « agremens de la Physionomie ne m'ont point décidée « cette nuit, puisque je l'ai passée avec le Prieur des « Carmes, et l'Abbé qui, ne trouvant plus sa soutane que « le Père Elisée avoit emportée, a été obligé de se traves- « tir tel qu'il est chez vous. Adieu, mon petit Monsieur, « connoissez mieux une autrefois les Filles de Théâtre, « et respectez l'étendue de leurs privilèges ; je suis, « quand la fantaisie m'en prendra, tout à vous.

« Lucrèce Brillant. »

« Lucrèce ! Voilà dit le Commissaire, un nom bien singulier pour une Actrice; et appellant ensuite le Sergent du guet, il lui ordonna d'empaqueter le Père Prieur dans un Fiacre, et d'aller le déposer au Châtelet. Le Carme chercha vainement à s'excuser sur sa qualité : le Commissaire inexorable ne voulut rien entendre; mais plus indulgent pour l'Abbé qui avoit confessé ses erreurs de bonne foi, il se contenta de le réprimander vivement, et de le renvoyer chez lui, après avoir eu la précaution de lui faire quitter sa mascarade.

« La détention du R. P. Elisée mit tout le Mont-Carmel en mouvement : les Carmes intéressés qu'on pardonnât à leur Prieur, firent trotter toutes leurs pénitentes. Paris demandoit justice contre le Religieux, mais le P. Elisée, qui confessoit depuis long-tems la Nièce de l'Apothicaire du Lieutenant de Police, intéressa cette puissante protec-

tion, et les sollicitations pressantes de cette femme en crédit, firent sortir le Père Prieur du Châtelet, et lui rendirent sa place avec la liberté.

« Cette aventure fit l'anecdote du jour; la Brillant avoit des ennemis, et la moitié de Paris, voulant justifier le Disciple d'Elisée, imputa à l'Actrice le scandale occasionné par cette scène.

« La Brillant se livra à quelques réflexions sur l'injustice du public, et sur les désagrémens de son état, et voulant enfin se soustraire au persiflage des agréables, et aux discours pieusement satyriques des dévots, elle résolut de quitter le Théâtre et le Monde. Ce dessein que le public appella un quart de conversion, parce que l'Actrice revint au plaisir, ainsi qu'on le verra dans peu, fut prôné dans tout Paris, et y fit pendant quinze jours la fortune des feuilles d'Annonces (i), production merveilleuse, que tous les Ministres qui aiment les Ouvrages à sentimens, se plaisent à protéger.

« La Brillant, désirant exécuter le projet ridicule qu'elle avoit formé de devenir Femme de bien, vendit sa Garde-robe de Théâtre, les g-arnitures des portraits de ses amans, et céda le secret de ses pommades à cinq ou six vestales du Palais-Royal, qui attendoient la paix pour s'en servir utilement, en se donnant un air de Nouveauté, et tromper par-là la crédulité des étrangers. Une Femme de la Cour, dont la maigreur rebutoit, acheta sa g*orge, c'est-à-dire un Corps à ressorts, que le célèbre Vaucanson avoit imaginé pour porter, par la force d'un Cabestan, les peaux éloignées à la poitrine, et en former un sein charmant qui trompoit les yeux mômes des connoisseurs.

(i) Feuille hebdomadaire dans laquelle on annonce les Chiens perdus, et les Cabriolets à louer. {Note de Chevrler.)

Mlle Vesian (i), à qui le Marquis d'Ef** (2) voulut donner un vernis de bon ton, acheta les Diamans; l'Actrice enfin se défit de tous ses meubles, à la réserve de ses chaises longues, de ses sofa et de ses canapés qu'elle voulut garder par un motif de reconnoissance.

« La Brillant s'étant dépouillée de tout ce qui servoit encore à son premier état, se retira dans un quartier éloigné, où elle vécut parmi un essaim de dévotes qui l'adoptèrent avec transport, parce qu'elle leur apportoit un grand fond de médisance, aliment presque toujours nécessaire aux femmes qui jouent la piété. Ce train de vie, dans lequel le prochain ne trouvoit pas son compte,, dura près de deux ans; mais le moment de la rechute arriva enfin, et la Brillant, qui méditoit, dans une allée solitaire des Tuileries, sur la félicité d'un cœur qui n'avoit plus de besoins, ni de désirs, fut tirée de ses réflexions par l'heure de la Messe qui la conduisit aux Feuillans. Un Ministre étranger, qui réunissoit, comme tous ceux de sa Nation, l'amour des plaisirs à l'extérieur de la dévotion, s'y trouva placé à côté de la Brillant; on se salua de part et d'autre avec décence ; la Messe finie on sortit en même-tems. Le Ministre dit deux mots à la Brillant, elle y répondit avec d'autant moins de crainte, qu'elle le voyoit chargé de reliques, et faisant à chaque minute des signes de Croix qui paroissoient lui montrer un homme véritablement pieux, plutôt qu'un esprit foible qui croyoit chasser par des marques extérieures l'apoplexie dont il étoit menacé. La conversation devint insensiblement intéressante : la Brillant donna son adresse à

(1) Camille Vézian, d'origine italienne, ancienne actrice de l'Opéra. On trouvera sur cette intéressante jeune femme, dont les aventures défrayèrent la chronique galante, de curieux détails dans les Mémoires de Casanova, ainsi que dans le Journal des Inspecteurs de M. de Sartlnes.

(a) Jacques-Robert d'Hericv, marquis d'Estrehans, lieutenant général depuis

l'Ambassadeur qui lui rendit visite le soir même; elle avoit, comme je l'ai remarqué plus haut, gardé ses sofa, et ce que j'avois attribué à la reconnoissance, devint l'effet de la précaution; car ses meubles, qui sembloient se plaindre de leur inaction, reprirent leur mouvement élastique ; et la Brillant, qui avoit fort déclamé contre le Monde, jura agréablement contre celui qui la rendoit aux charmes de la Volupté.

« Ce commerce dont les sentimens du Ministre faisoient par malheur presque tous les honneurs, dura pendant deux ans ; les craintes de l'Ambassadeur furent vérifiées, le coup mortel le frappa dans les bras de sa maîtresse, et il n'eut que le tems d'écrire à son fils qui étoit à Versailles, et de faire une rente viagère à la Brillant qui en reçut l'acte de sa main. Cette fille, munie de cette pièce qui lui avoit été remise cachetée, revient chez elle en affectant une douleur auguste, et après avoir séché les pleurs que la décence vouloit qu'elle répandit, elle ouvrit le papier que l'Ambassadeur lui avoit remis ; mais quelle fut sa surprise quand elle y lut ces mots :

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