LE CONSEIL DU 25 AVRIL
Le maréchal Foch, dont les propositions avaient d'abord été acceptées par Clemenceau et présentées à nos Alliés, avait fait distribuer aux chefs des gouvernements les mémoires dans lesquels il les avait exposées et justifiées. Même quand Clemenceau lui eut dit, en langage familier, que u ça n'allait plus )),le maréchal avait persisté. Comme il n'avait pas pris part aux discussions auxquelles avait donné lieu la question à la solution de laquelle il attachait tant d'importance, il ne savait pas, autant que nos Plénipotentiaires, quels partis pris ils avaient rencontrés chez Lloyd George et chez Wilson. Bien que Clemenceau eût obtenu une partie de ce que Foch jugeait nécessaire et qu'au minimum d'occupation — minimum extensible — se fût ajoutée la promesse du double traité avec l'Amérique et TAngleterre, l'illustre capitaine n'avait pas été satisfait. Envisageant la question de la Rive gauche du point de vue stratégique et convaincu que la sécurité de la France exigeait que sa frontière militaire fût portée au Rhin, il estimait insuffisantes les concessions que Clemenceau avait arrachées à nos deux alliés.
Cette obstination du maréchal Foch était motivée
seulement par la conception qu'il avait de l'intérêt national, par le souci du salut public; chez lui aucune arrière-pensée politique. Il ne cherchait pas à créer des difficultés à Clemenceau, malgré quelques froissements qui, au cours de la Conférence, s étaient produits entre le Président du Conseil et lui. Mais ses idées ayant été connues, d'abord par des indiscrétions, comme il s'en commet toujours, puis par des déclarations que le Maréchal avait faites lui-même à un journaliste anglais, tous les opposants à Clemenceau s'y étaient ralliés.
Le soldat, qui ne pensait qu'à l'avenir du pays^ fut encouragé à l'intransigeance par des hommes à aucun desquels certes, l'avenir du pays n'était indifférent, mais qui tous n'oubliaient pas leur dépit, leurs ressentiments ni leur propre avenir. Foch voyant la faveur que rencontrait son programme de sécurité crut, à la veille de la remise du Traité aux Allemands, qu'il pourrait encore le faire prévaloir sur la transaction à laquelle Clemenceau avait dû consentir. Il demanda à Poincaré qu'une réunion générale des Ministres et des Plénipotentiaires eût lieu, où seraient discutées à fond, et définitivement, les clauses du traité relatives à la Rhénanie. Le Maréchal savait que le Président de la République partageait ses idées et il croyait que, dans la mesure de ses pouvoirs constitutionnels, il les appuierait. La mission Doumergue, en décembre 1916, n'avait-elle pas été l'œuvre de Poincaré plus encore que de Briand?Le Président avait pensé qu'il serait utile d'obtenir d'un de nos alliés la promesse de soutenir la proposition d'éloigner la Prusse du Rhin, que nous ferions à la Conférence de la Paix. Comme il était à craindre que notre demande ne fût pas admise par l'Angleterre si nous la lui présentions en tête à tête, Poincaré avait amené Briand à faire d'abord une entente avec la Russie; une fois faite cette entente, nous aurions, étant deux, abordé nos autres alliés avec plus de chances d'être écoutés.
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ÎDoumergue était donc parti pour Pétrograd et, comme on le sait, il en avait rapporté un engagement de Nicolas II qui, si la Révolution n'avait pas annihilé la Russie, aurait assuré à la France, pour la solution de la question rhénane, le concours d'un allié dont l'influence, jointe à la nôtre, nous aurait peut-être permis de surmonter la résistance britannique.
Ainsi les propositions de Foch tendaient à appliquer une politique qui, depuis que la paix avait été entrevue, avait été celle de Poincaré ; qui avait été aussi celle de Briand, et dont on pouvait dire qu'elle était celle du Parti radical-socialiste puisque Tacte qui la concrétisait avait été obtenu par Doumergue. Le Président de la République était donc conséquent et il pouvait croire qu'il avait avec lui l'opinion du Parlement dans sa majorité, lorsqu'en mars et avril il secondait, dans ses conversations, les efforts de Foch pour que, derrière la ligne du Rhin, tenue par des contingents alliés, fût constitué un État allemand indépendant. S'il avait eu, comme Clemenceau, le contact personnel avec Lloyd George et Wilson, Poincaré aurait sans ioute reconnu l'impossibilité de les rallier à son dessein. Mais l'âpre bataille diplomatique des quarante jours, il n'en avait vu les péripéties qu'à travers des comptes rendus ; il n'avait pas pu observer nos con- :radicteurs dans leur accent, dans leurs attitudes, lans les jeux de physionomie qui sont les reflets de 'âme. Pas plus que Foch il n'avait éprouvé lui-même a dureté de ces deux butoirs.
Incomplètement informé comme il l'était, Poincaré mouvait espérer, comme Foch, que le gouvernement Tançais, posant à la dernière heure à ses alliés, au ;ujet de la Rhénanie, une façon d'ultimatum, la garantie le sécurité qu'il demanderait serait accordée à la ri'rance. Foch comptait encore sur d'autres soutiens. 3ans la Délégation française, Jules Gambon ne cachait )as, et il devait l'écrire à Pichon, que la tenue en main
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d'un gage le rassurerait plus que les promesses d'alliances, ce qui équivalait à dire que la France devait avoir plus de confiance en elle-même que dans les autres.
Parmi les ministres il en était deux ou trois qui disaient ou dont leurs amis disaient que, sur l'occupation du Rhin, ils ne transigeraient pas ; d autres qui hochaient la tête, ne voulant pas se prononcer, avant de savoir si, comme le bruit en courait, Poincaré, à la dernière minute, ferait de l'acceptation des propositions du Maréchal, une question présidentielle. C'est pourquoi Foch avait désiré s'expliquer devant le Conseil des Ministres et devant la Délégation réunis exceptionnellement. Là, il discuterait avec Clemenceau et avec Tardieu, Tardieu qui avait été, dans la négociation sur la question du Rhin, le collaborateur de tous les instants du Président.
Clemenceau, quand il eut connu, par une lettre de Poincaré, le désir de Foch y accéda. Le Maréchal voulait venir; qu'il vint. Il voulait être accompagné de son chef d'État-Major, le général Weygand; qu'il amenât donc Weygand. Tardieu et Jules Cambon seraient aussi, le même jour que Foch, les invités du Conseil des Ministres et eux aussi parleraient s'ils le voulaient.
Cette grande audience eut lieu le 25 avril 1919. Quand les « invités » eurent été introduits, le Maréchal, assis à la droite de Clemenceau, ayant le général Weygand derrière lui, demanda la permission d( remettre à chacun des ministres une copie de set mémoires du 10 janvier et du 3i mars. Clemenceai acquiesça et la distribution des pièces fut faite par h général Weygand. La parole lui ayant été donnée Foch commença par exprimer le déair qu'un procèg verbal fût dressé de ses déclarations et de la discus sion qui s'ensuivrait.
— Il n'y a pas de procès-verbaux au Conseil de. Ministres, répondit Clemenceau. Je n'interdis pour
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tant pas au général Weygand de prendre des notes. Mais ce ne sera pas un procès-verbal, il n'y aura pas de procès-verbal.
Continuant à s'adresser à Foch, le Président du Conseil lui dit : « Vous allez pouvoir exposer toutes vos idées, vous direz tout. Ensuite le gouvernement délibérera. »
Regardant ensuite vers Poincaré, soit par déférence, soit parce qu'il voulait répondre peut-être aux secrètes pensées du Président de la République, Clemeùceau continua :
« Le Conseil des Ministres doit délibérer seul. Je nie retirerai si une discussion devait être ouverte à laquelle prendraient part des personnes à qui la Constitution n'a pas conféré le droit de délibérer avec le gouvernement et qui ne sont ici qu'à titre consultatif. Monsieur le Maréchal, nous vous écoutons. »
Foch répéta ce qu'il avait écrit dans ses mémoires. Comme les ministres n'avaient pas eu le temps de les étudier depuis que Weygand les leur avait remis, il énuméra mais assez brièvement, avec une grande force dans les intonations, les raisons d'ordre militaire, de sûreté nationale qui nous commandaient de rester les maîtres du Rhin, d'y établir sinon notre frontière politique, du moins notre frontière militaire. Personne ne linterrompit. Quand il eut fini de parler, il se fit un silence que coupa une question de Loucheur.
— Monsieur le Maréchal propost-t-il que notre occupation du Rhin soit sans limitation de durée, en un mot perpétuelle?
— Je ne dispose pas d un avenir aussi lointain, répondit Foch. Je demande seulement que nous restions sur le Rhin jusqu'à ce que nous ayons été payés. Ensuite nos successeurs aviseront.
Les ministres sur lesquels le Maréchal avait cru pouvoir compter demeurèrent silencieux, dans l'attente d'une haute intervention, celle de Poincaré, qui n'aurait pas non plus surpris Clemenceau, car, avant
la séance du Conseil, il avait dit à ses collaborateurs dans la négociation : « La bataille sera dure sans doute, je suis prêt. »
Après la réponse de Foch à la question de Loucheur, le silence fut rompu par Clemenceau qui, se tournant vers Jules Cambon et Tardieu, dit : « Si vous n'avez pas de déclaration à faire, le Conseil va délibérer. Monsieur le Maréchal et Messieurs les plénipotentiaires qui ne sont pas ministres peuvent se retirer. »
Foch, Weygand, Jules Cambon et Tardieu se levèrent et sortirent.
Dans l'antichambre, il y eut non une prise, comme on l'a dit, mais un court dialogue, assez animé entre Foch et Tardieu, le maréchal exprimant une fois de plus que la France restait sans sauvegarde, Tardieu répondant que, avec l'occupation pendant quinze ans, et qui pourrait être prolongée, et avec nos alliances, cette sauvegarde était entière. — Les Alliances, dit Jules Cambon; vous y croyez! J'y crois moins que
vous. Si on m'avait questionné je l'aurais dit Mais
on ne m'a rien demandé.
A quoi Tardieu de répondre : « Vous ne croyez pas aux alliances! Sans alliances, pas d'évacuation!»
Pendant que s'échangeaient ces propos entre les <( invités », la séance continuait dans la salle du Conseil.
Aucun procès-verbal officiel n'existant, il faut s'en rapporter, pour connaître le secret de la délibération, aux notes que quelques-uns des ministres ont prises à la volée, et à la mémoire des autres.
En phrases courtes^ avec une éloquence dont un ministre qui n'était pas de ses amis au premier degré a dit qu'elle avait serré les cœurs, Clemenceau défendit son œuvre :
« Les Ministres venaient d'entendre le Maréchal. Ses propositions, Clemenceau les avait faites siennes; il les avait présentées, soutenues de toutes ses forces. Mais il avait trouvé chez les plénipotentiaires anglais
et américains une opposition irréductible à la séparation et même à une occupation de longue durée de la Rive gauche du Rhin. Nos alliés voyaient dans la séparation et même dans l'occupation une atteinte au droit du peuple allemand. Impossible de leur faire comprendre qu'en rappelant les Rhénans à l'indépendance, nous ne les asservirions pas. Il avait donc été impossible de leur faire accepter nos premières propositions qui n'avaient pas été celles du Maréchal seul, mais celles de la Délégation française tout entière. A la place des garanties de sécurité que nous demandions, l'Angleterre et l'Amérique en avaient offert d'autres : leur double alliance, si jamais l'Allemagne nous attaquait.
Était-il possible de leur répondre que nous n'avions pas confiance en leur engagement? D'ailleurs ne gagnions-nous pas à remplacer une occupation, que nous serions seuls à faire, par des Traités qui nous assureraient, en cas de péril, l'appui de deux Alliés si puissants? Quand on considérait les changements survenus dans l'armement, les avantages qu'aurait présentés pour nous l'occupation permanente, n'apparaissaient-ils pas bien amoindris ? Lorsqu'on faisait la guerre seulement avec les jambes des hommes et avec de l'artillerie à courte portée, le fait de tenir l'ennemi loin de la frontière était très rassurant. Mais, avec des avions ^t avec des canons portant à i5o kilomètres, les données du problème militaire n'étaientelles pas renversées ? Notre présence sur le Rhin empêcherait-elle les avions allemands de venir détruire nos villes, si l'Allemagne pouvait reconstituer une aviation de guerre? Pour ces raisons : opposition de nos alliés irréductible, garanties qu'ils nous donnaient par leurs alliances, changements dans les méthodes de guerre, nous ne pouvions pas attacher une importance capitale à l'insertion dans le Traité du principe de l'occupation sans limite de la ligne du Rhin. Mais ceux qui tenaient à cette occupation n'avaient pas à condamner le
Traité parce qu'il n'y était pas tenu compte de leurs désirs. En fait^ ils seraient satisfaits. »
Se penchant légèrement vers Poincaré, Clemenceau conclut ainsi au milieu de IVmotion de tous les assistants : « Monsieur le Président, vous êtes beaucoup plus jeune que moi. Dans quinze ans, je ne serai plus; dans quinze ans, les Allemands n'auront pas exécuté toutes les clauses du Traité, et dans quinze ans, si vous me faites Thonneur de venir sur ma tombe, vous pourrez me dire, j'en ai la conviction : « Nous sommes sur le Rhin, et nous y restons. »
Cette harangue fut suivie d'un exposé par Pichon, des principales dispositions du Traité. Quand le ministre des Affaires Etrangères eut terminé, Poincaré parla La « dure bataille » dont Clemenceau avait Tapprébension et quelques autres l'espérance allait-elle commencer?
On avait chuchoté avant la séance que le Président de la République dirait : « Dans le cas où le Traité, qui sera fait en mon nom, ne nous accorderait pas l'occupation, au moins jusqu'à ce que nous ayons été remboursés de nos dommages, je ne pourrais pas l'accepter et je donnerais ma démission. » Si Poincaré avait ainsi jeté contre Clemenceau tout le poids de son ascendant et la menace d'une crise intérieure, peutêtre la majorité, pour l'approbation du Traité, auraitelle été péniblement atteinte au Conseil. Probablement se serait-on ajourné, sans prendre de décision, jusqu'à ce que Clemenceau eût fait un nouvel effort auprès de nos alliés. Mais cette tentative au succès de laquelle il ne croyait pas, Clemenceau aurait-il voulu la faire ? Et n'est-ce pas lui qui aurait été démissionnaire, au grand trouble de l'opinion en France et à la grande satisfaction de l'Allemagne? Dans son patriotisme, Poincaré dut voir les conséquences qu'entraînerait son ralliement déclaré aux vues de Foch et son opposition à Clemenceau.
Au lieu d'entrer dans la discussion il en fit le résumé
comme un impartial président de Cour britannique. Le Maréchal avait fait telles propositions, Clemenceau en avait accepté telles autres. Il ne restait plus qu'à voter. Le Traité, tel qu'il était préparé, tel que le Conseil le connaissait, devait-il être approuvé?
A l'unanimité, les Ministres approuvèrent le Traité qui, le 7 mai, fut remis par Jules Cambon au comte Brockdorft'-Rantzau, plénipotentiaire d'Allemagne.
Jules Cambon, après ce Conseil où il n'avait assisté «qu'en témoin », adressa cette lettre à Pichon :
Paris, le 26 avril.
Mon cher Ministre,
Je vous ai écrit l'autre fois au sujet du texte proposé pour la reprise des relations diplomatiques avec l'Allemagne et je vous ai indiqué combien, à mon point de vue, il importait que dans le texte fussent visés les États Gon lédérés dont la réunion constitue l'Empire. — 11 me semble que les personnalités chargées de la haute direction de la Conférence n'ont pas une vue suffisante de la formation de l'Empire d'Allemagne et de l'importance qu'ont, aux yeux des Allemands, les traditions historiques. Hier, j'ai été appelé à assiste . au Conseil des Ministres à la déposition du maréchal Foch sur les nécessités militaires qui, d'après lui, exigeraient le maintien de l'occupation des passages du Rhin. Le Président du Conseil a, au commencement de la séance, marqué avec beaucoup de force qu'il appartenait seulement aux membres du gouvernement de délibérer et de décider sur la question qui faisait l'objet de la déposition du Maréchal.
Personne ne nous ayant posé de question, les délégués n'avaient qu'à garder le silence et à se retirer avec le maréchal Foch quand la délibération a commencé. Si le Président de la République et le Président du Conseil nous avaient demandé notre avis, je n'aurais pu, après que le maréchal Foch avait donné le sien, que me récuser au point de vue militaire, mais il est une observation d'ordre diplomatique que j'aurais désiré soumettre aux membres du Conseil, car
elle m'aurait paru de nature à être prise en considération dans les délibérations du Conseil suprême, la voici :
Ja nais, sous l'ancien régime, la Prusse n'a mis le pied sur la Rive gauche du Rhin. — 11 y a bien eu du temps du Grand Electeur, quelques réclamations au sujet de droits plus ou moins contestables des Hohenzollern sur la Principauté de Clèves, mais, en réalité, tout le développement de la Prusse s'était fait du côté de l'est de l'Allemagne.
Il a fallu les Traités de 1815 pour introduire la Prusse sur la rive gauche du Rhin. Elle est ainsi devenue notre voisine et, jusqu'en 1870, les habitants de cette partie de l'Allemagne se considéraient comme les victimes de combinaisons diplomatiques qui les avaient donnés à un régime qu'ils détestaient.
Il me paraît que les inconvénients qui pourraient résulter de l'absence de toute précaution militaire sur la Rive gauche du Rhin pour protéger notre frontière, seraient diminués d'une façon appréciable si l'œuvre artificielle du Congrès de Vienne était détruite, et si, comme sous Tancien régime, la Prusse n'était plus notre voisine. Quel que soit le régime auquel sera soumise TAllemagne de demain, qu'il soit républicain ou monarchique, aristocratique ou démocratique, militaire ou parlementaire, la force active de l'Allemagne sera toujours en Prusse. Ce serait donc grandement affaiblir les qualités offensives de l'Allemagne de demain que d'y réduire le rôle de la Prusse et de dégager notre frontière de son contact.
Je ne vois pas ce que cette proposition a de contraire aux idées humanitaires et ethniques qui sont la base des conceptions américaines et je suis convaincu qu'elle répondrait au ■ vœu de beaucoup d'esprits libéraux en Allemagne.
Voilà l'observation que j'aurais voulu présenter au Conseil des Ministres, si au lieu d'y être appelé comme un témoin, j'y avais eu la parole. Permettez-moi de vous la soumettre pour que vous puissiez la transmettre à qui de droit si vous le jugez à propos
Agréez
Signé : Jules Cambox.