CHAPITRE XVII LES RÉPARATIONS
L'Allemagne tombait sous le coup des deux sen , tences que la sagesse populaire a exprimées dans ce? adages :
« Les Battus paient l'amende »
« Qui casse les verres les paie ».
« Les battus «ne sont pas toujours d'intéressantes victimes de la force ; ce sont le plus souvent les plai deurs de mauvaise foi qui ont perdu leur procès. I n'y a pas un tribunal qui ne condamne le perdant « le battu », aux frais dont est justement déchargé le gagnant, le « battant ».
Il aurait donc été équitable que l'Allemagne, en ayani appelé au jugement des armes et ayant perdu sa cause fût condamnée, non seulement à rembourser tous le.' frais qu'elle avait occasionnés, imposés aux nationssur lesquelles elle s'était jetée, mais encore à leur ver ser « une indemnité vindicative », l'amende après 1( paiement des dommages. Dans tous les temps le vainqueur s'était fait indemniser par le vaincu. Pour m pas remonter plus haut que le xix" siècle, la France après Waterloo avait dû payer 700 millions et en 1871, 5 milliards. Les 700 millions de i8i5, pou-
valent être considérés comme un remboursement seulement partiel, car les guerres de la Révolution et de r Empire avaient coûté beaucoup plus à nos ennemis. Les 5 milliards de 187 1 dépassaient au contraire de beaucoup les dépenses de l'Allemagne. Il lui en resta un boni de près de 4 milliards qui constituaient bien ce que les docteurs de l'Église ont appelé « l'indemnité vindicative ».
Donc les précédents, la loi du Talion, autorisaient les Alliés à exiger de l'Allemagne et les réparations complètes des conséquences de son agression et le paiement d'une amende.
Mais les dépenses de guerre dont on connaissait les chiffres certains, car il en avait été tenu écriture, se montaient, à la fin de 1918;, à 703 milliards ^ Quant auxdommages causés par les dévastations de l'ennemi, les bases de calcul manquant encore, on ne pouvait qu'en évaluer le prix in gloho à 3oo milliards.
En bonne justice donc l'Allemagne aurait pu se voir présenter une note à payer de i.ooo milliards. Elle eût alors été placée devant l'impossible, car ce qu'on lui eût demandé aurait dépassé, en principal, compte non tenu des intérêts, sa fortune totale, en 19141 de 600 milliards. Les Alliés se trouvaient, par Ténormité même du crime allemand, dans l'impossibilité d'en obtenir complète réparation. Ils ne pouvaient pas exiger une indemnité « vindicative » puisque leur débiteur ne serait même pas en état d'acquitter la note des dommages qu'on lui présenterait.
Obligation donc de renoncer à appliquer la première