Grande -BretagTie 190 milliards
États-Unid 160 —
France 143 —
Russie 92 —
Italie 60 — ■
Autres pays belligérants ...,,... o3 —
Wi milliards
sentence, «Les battus paient l'amende» et de s'en tenir autant que possible à Texécution de la deuxième : « qui casse les verres les paie ».
L'Allemagne était certainement la cause que ses iidversaires avaient dépensé 708 milliards pour se défendre. Sans son agression ils rie se seraient pas endettés. Donc les 700 milliards jooiivaient, devaient être mis à sa charge. Mais outre que le recouvrement d'une telle somme, augmentée de ce qui serait réclamé au titre des réparations, eût été irréalisable, les Alliés étaient empêchés de demander le remboursement de leurs frais de guerre par leur puissant associé W. Wil son. Lie Président, dans ses quatorze Points du 8 janvier 1918 % avait posé comme conditions de la paix : c( là Restauration de la Belgique », « des portions envahies » du territoire français, de la Roumanie, de la Serbie et du Monténégro ». Il n'avait donc parlé que (( de réparations ». Aux dépenses faites pour soutenir là guerre, il n'avait pas fait d'allusion. Si on rappro chait les quatorze Points du 8 janvier 1918 du dis cours du iia janvier 1917 la pensée de Wilson appa ralssàit clairement : « Une paix sans victoire, avail dit le Président... La victoire signiflerait une paix imposée au perdant, les conditions dû vainqueui imposées au vaincu. Elle serait acceptée avec humilia tion... » A la vérité ces phrases ne condamnaient pair explicitement la coutuine internationale de faire sup porter à Tagresseur vaincu la responsabilité financièrt de l'agression. Mais comme il est bien humiliant e' bien pénible pour un peuple d'avoir à payer le? dépenses de son ennemi, Wilson en se prononçan pour une paix sans humiliation refusait implicitemen l'indemnité compensatrice des frais occasionnés qui ne faut pas confondre avec l'amende, avec l'indemnit* c( vindicative ». En se prononçant pour Une paiî
1 . Voir . le cinquième Fragments d'Histoire : Les Négociatiom secrètes èî tes Quatre armistices, p&ge 327.
« sans vainqueur ni vaincu », il avait marqué sa volonté de s'opposer à l'exigence des frais de guerre, car la mise de ces frais au compte de l'un des belligérants, inême quand il n'y est pas ajouté un supplément pénal, est le signe de la défaite.
Les Alliés avaient accepté, avant d'autoriser Foch à négocier l'armistice^ « les conditions posées dans l'adresse du président au Congrès le 8 janvier 1918 (Les Quatorze Points^ et les principes énoncés dans ses déclarations ultérieures ». t)'où ressortait de leur part, l'engagement de ne pas aller dans leurs demandes au delà des conditions de Wilson, donc de ne demander que les « réparations ». Ainsi, leur créance sur l'Allemagne se trouvait, avant toute négociation, amputée de plus des deux tiers, des 700 milliards qu'ils avaient dépensés pour se défendre. Sur l'agresseur il n'y avait plus de recouvrement possible que pour les dommages qu'il avait causés. Wilson ayant, dans ses septième, huitième et onzième Points, parlé seulement de la restauration des pays dévastés, les Alliés à la veille de l'Armistice lui avaient télégraphié qu'ils comprenaient par là que l'Allemagne devrait « compenser tous les dommages subis par les populations civiles des nations alliées et par leurs propriétés, du fait de (( l'agression par l'Allemagne des pays alliés, soit sur (( terre, soit sur mer, soit en conséquence d'opérations « aériennes».
Cette interprétation nélargissait pas, elle empêchait seulement que fût restreint le sens du mot « restauration » qu'avait prononcé et écrit Wilson. Le Président ne trouva pas que, par leurs commentaires, ses Associés eussent altéré sa pensée. Ces commentaires il les accepta tacitement. Avant l'Armistice, l'indemnisation complète des victimes civiles de la guerre était donc une condition que les Alliés et les États-Unis, leurs associés, étaient résolus à imposer à l'ennemi. Malgré Balfour qui croyait qu'elle n'avait sa place que dans le Traité de Paix, Clemenceau avait
obtenu que cette condition fût inscrite dans la convention d'Armistice du ii novembre, et Klotz, poussant l'avantage du Président du Conseil, avait fait insérer le 4 novembre 1918, dans la rédaction définitive des clauses de cette convention, quelques mots qui réservaient aux Alliés le droit de revendiquer ultérieurement, si les circonstances s'y prêtaient, plus que la réparation des dommages K
Tel était l'état de la question lorsqu'elle vint en discussion. Avec la formule de Klotz tout pouvait être exigé de l'Allemagne. Les Alliés manifestèrent tout de suite leur volonté de ne faire à l'agresseur remise d'aucune partie de ses dettes . En conformité avec les déclarations que Lloyd George et ses collègues avaient faites pendant la récente campagne électorale, Hughes, premier ministre du Dominion d'Australie, et lord Sunemer, délégué britannique à la commission que présidait Klotz, furent les plus ardents à soutenir la thèse de l'indemnisation totale. Ils furent contredits, avec une courtoise fermeté, par le délégué américain Dulles. Sans contester la responsabilité de l'Allemagne pour tous les maux qu'elle avait causés et occasionnés, Dulles, dit Tardieu-, opposa à la thèse des Alliés cette objection : « Nous ne sommes pas devant une page blanche. Il y a eu un contrat entre l'Allemagne et les Alliés quand, en réponse à Wilson, les chefs de gouvernements, Clemenceau, Lloyd George, Orlando ont accepté sans réserve de ne rien réclamer que la « restauration » des pays dévastés. »
Les Italiens s'élevèrent contre la restriction que l'Américain voulait donner à leur droit. Le poids des dettes de guerre pèserait pendant des générations sur
1, Texte de la première clause financière de la convention d'Armistice : « Sous réserve de toutes revendications et réclamations ultérieures de la part des Alliés et des États-Unis, réparation des ëommages. »