Ancien oainistre des Affaires Étrangères de Nicolas Xi
CLEMENCEAU, LLOYD GEORGE, WiLSON 289
aclueUe, était le maître de la Russie. Il ne suffisait pas d'cntendi^e les représentants des autres groupements dont l'influence était assez limitée, car il s'agissait de tâcher d'arriver à régler la question russe, et cela ne pouvait se faire qu'après avoir pris connaissance des vues du gouvernement des Soviets.
<< Lloyd George lorsqu'U avait compris la cause des objections du Gouvernement français à recevoir des Délégués bolchevistes à Paris avait recherché une solution qui pût donner satisfaction à ces objections. Il avait réuni, non seulement les délégués britanniques, mais aussi ceux des Dominions, et c'est à la suite d'un échange de vues prolongé que l'idée était venue de faire cette réunion en une autre ville que Paris; à Lemnos, par exemple plutôt qu'à Salonique, afin d assurer un isolement plus complet.
« Le Président Wilson pensait que le Baron Sonnino avait voulu, en proposant de recevoir séparément les Délégués de certains groupements russes et ceux des bolcheviks, marquer la différence des sentiments que tout le monde éprouvait à l'égard de ces partis. Sans doute, on ne pouvait envisager qu'avec horreur et répulsion les doctrines bolchevistes, mais en recevant leurs Délégués à part, on leur donnerait un argument qui leur permettrait de dire que les Gouvernements alliés étaient hostiles à la Russie, qu'ils voulaient rendre la terre aux propriétaires et qu'ils étaient les suppôts de la réaction. Si, au contraire, on pouvait prouver que cela n'était pas vrai, que les Alliés n'avaient pas d'autre idée que celle de libérer les Russes et de leur permettre d'exprimer sans contrainte leurs sentiments, les bolcheviks auraient beaucoup perdu de leur autorité et leurs arguments seraient fendus vains. Ces arguments leur permettraient aujouri'hui de recruter une armée et d'étendre leur influence. U fallait savoir faire taire sa fierté et ses sentiments dé ■épulsion pour se résigner à causer avec les bolehe-
viks, comme avec les représentants de l'Ukrainç, à& la Finlande ou de tout autre groupement, pourvu que les représentants des Soviets fussent disposés à se rendre dans la ville qui leur serait indiquée et à exposer franchement leur manière de voir. Si les représentants des Soviets refusaient de répondre à cette invitation, le discrédit qui en résulterait pour eux serait peut-être plus grave que celui qu on obtiendrait par une intervention.
c( Clemenceau déclara n'être pas favorable, en principe, à une conversation avec les bolcheviks, non seulement parce qu'ils étaient des criminels — car en politique on ne peut refuser quelquefois de causer avec des criminels — mais principalement parce quon risquait, en causant avec eux, de leur donner une nouvelle force et d avoir lair de les rendre dignes d'une consultation. Le danger était très grand, il avait gagné les Provinces Baltiques, la Pologne, la Hongrie, et les nouvelles de Vienne comme celles de Budapest étaient très mauvaises. Il y avait là pour la France et sansdoute aussi pour l'Italie un danger sur lequel il convenait d'arrêter son attention.
(( Si le bolchevisme devait gagner l'Autriche et pas ser en Italie, toute l'Europe serait en danger. M. Clemenceau se rendait très bien compte qu'il fallait fairi quelque chose pour lutter contre le bolchevisme. I avait été frappé de l'adresse avec laquelle les bolche viks savaient tendre leurs pièges, et il tenait à mettr les Représentants des Puissances en garde contr l habileté avec laquelle LitvinotY avait plaidé la caus des Soviets devant un journaliste américain. Précédenc ment, les bolcheviks s'étaient posés sur le terrain de principes pour faire la gueire aux Gouvernemeiil alliés et déchaîner la révolution; aujourd'hui u tâchaient de faire appel aux intérêts pour obtenir let réconciliation. Ils disaient : nous vous donnerons c l'argent, nous rétablirons vos entreprises, et v(
industries, mais donnez nous la reconnaissance officielle.
« Si on avait le malheur de tomber dans ce piège on verrait les bolcheviks invoquer contre les Alliés leur faiblesse. Il ny avait pas à parler des chances qu'il y avait de voir les bolcheviks tenir leur parole ; ces chances étaient nulles ; mais si les Alliés acceptaient leurs propositions, les bolcheviks auraient vite fait de dire : « La démonstration de tout ce que nous avons dit est complète, car lorsque nous avions proposé aux Alliés des considérations de principe et de justice, ils nous avaientrepoussés, mais lorsquenous avons parlé argent, ils se sont tout de suite entendus avec nous et sont prêts à faire la paix avec le Gouvernement des Soviets. »
« Clemenceau ajouta que les considérations étrangères jusqu'alors n'avaient pas fait faire un pas à la solution du problème. A vrai dire ce problème était d'une difficulté extrême. Les Alliés étaient pressés, ils venaient de subir une guerre de quatre années, ils avaient beaucoup souffert et les soldats, eux, étaient impatients de rentrer chez eux.
« On ne pouvait pas dire que les Russes ne fussent pas pressés eux aussi, mais la situation ne pouvait pas évoluer en Russie dans le temps dont les Alliés disposaient. Si le bolchevisme florissait dans la lune, il n'y aurait qu'à attendre et Ton verrait bientôt revenir au pouvoir des hommes honnêtes, énergiques, et intelligents. Il y avait eu déjà bien des révolutions dans le monde, et des hommes de bon sens avaient toujours fini par l'emporter. Il en serait de même en Russie, mais les Alliés étaient pressés et les maîtres de la Russie pouvaient attendre n'ayant pas à tenir compte d'une opinion publique puisqu'ils avaient pris la dictature. Là était le point douloureux de la situation. Il fallait cependant arriver à une conclusion.
« Si Clemenceau était seul, il ne ferait rien, il adopterait la politique d'attente et se contenterait d'établir des barrages pour éviter la contagion. Mais il n'était
pas seul, il était en présence des plus hautes autorités du Monde et il était prêt à faire les plus grandes concessions pour entrer dans leurs vues. L'intérêt suprême des Alliés était de ne montrer aucun signe de désaccord s'ils voulaient rester maîtres de la situation. Clemenceau ferait d'autant plus volontiers confiance à ses collègues que la proposition du Président Wilson lui suggérait l'idée suivante : ne pourrait-on d'abord dans une note très fortement pensée et très soigneusement rédigée faire appel à tous les partis en Russie, en prenant la précaution de dire que les Alliés ne voulaient en aucune façon rétablir le tsarisme, ni intervenir dans les affaires intérieures de la Russie, qu'ils n'aideraient aucun parti, quel qu'il fût et qu'ils étaient prêts à causer avec un Gouvernement régulier et solidement établi. On pourrait ajouter, que pour aider et hâter une solution les Alliés faisaient appel à tous les groupements russes pour avoir des explications sur la situation et pour contribuer à régler les difficultés . Si l'Entente entrait en rapports avec les bolcheviks, elle les aiderait beaucoup et donnerait l'impression que le gouvernement des Soviets était sur le même pied que les Gouvernements alliés, mais la proposition du Président Wilson était différente et permettait de trouver une solution satisfaisante.
Les Alliés voulaient la paix et la voulaient dans le monde entier. Mais elle était difficile à réaliser, tant que l'ordre ne régnerait pas en Russie. Si l'assemblée approuvait cette suggestion le Président Wilson ne voudrait-il pas se charger de rédiger une note? Il serait possible ensuite de demander aux représentants des différents groupes russes de se rendre à Lemnos pour donner aux Délégués des Alliés toutes les explications nécessaires.
a Lloyd George, se ralliant à la proposition du Président Wilson, retira la sienne.
Bàlfour se demanda si les bolcheviks répondraient à Fappel qui leur serait adressé. Il ne le croyait pas et serait tenté de s'en féliciter, car les bolcheviks se mettraient ainsi en mauvaise posture.
Le Baron Sonnino ne partageait pas cette manière de voir. Il estimait au contraire que les bolcheviks avaient le plus grand intérêt à exposer leur manière de voir et à donner l'impression d'être sur un pied d'égalité avec les autres Puissances. Mais il ne fallait pas oublier ce qui s'était passé à Brest-Litowsk. Lorsque les bolcheviks avaient signé cette paix, ils avaient promis tout ce qu'on avait voulu, mais aussitôt après ils avaient envoyé comme ambassadeur à Berlin, loffe, qui avait fait une propagande acharnée en faveur des bolcheviks. Le gouvernement des Soviets n'était sincère que lorsqu'il déclarait sa volonté de fomenter la révolution dans le monde. Si le Baron Sonnino avait proposé d'entendre Sazonoff, c'était pour répondre à une des suggestions faites précédemment. On pourrait en effet imposer comme première condition aux représentants de ces différents groupements russes, de ne pas profiter de l'appui des Alliés pour faire une réaction politique ou sociale en Russie- Par cette condition, on retirerait aux bolcheviks un des principaux arguments dont ils se servaient contre les Alliés. Si les représentants des groupements russes acceptaient ces conditions, on pourrait alors les aider, soit par l'envoi de troupes, soit par l'envoi de vivres et de matériel.
« Le Président Wilson avait invité les Alliés à faire abstraction de leur amour-propre et de leurs sentiments pour faciliter le règlement de la question russe, mais il ne s'agissait pas seulement pour l'Italie comme pour la France, d'une question d'amour-propre, il s'agissait de leur sécurité.
« Lloyd George demanda comment on pourrait
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aider les groupements russes s'ils acceptaient les conditions indiquées par le Baron Sonnino.
« Le Baron Sonnino répondit qu'on pourrait leur donner des armes, des vivres et peut-être même des troupes.
« Lloyd George fit remarquer que les Alliés avaient déjà i5 à 20.000 hommes en Russie et que, d'après les experts, il faudrait en envoyer encore cent à cent cinquante mille pour pouvoir écraser les bolcheviks. Or, nul nïgnorait la difficulté qu'il y avait à maintenir en Russie les troupes qui s'y trouvaient déjà. Une fallait sans doute pas exagérer les difficultés qui s'étaient produites, mais si l'on voulait envoyer des effectifs importants en Russie, ne risquerait-on pas des mutineries? Pour sa part, le Gouvernement britannique ne sa>irait s'engas^er à envoyer des troupes en Russie. Le gouvernement italien pourrait-il en envoyer?
« Orlando répond que l'Italie ne pourrait disposer d'aucune troupe pour une expédition en Russie.
« Lloyd George rappela que les bolcheviks avaient trois cent mille hommes qui étaient plus ou moins bons, mais qui s'amélioreraient d'ici à quelques mois et qui finiraient bien par faire de bons soldats. Pour le» combattre, c'est donc quatre ou cinq cent mille hommes qu'il faudrait envoyer en Russie. Qui les équiperait ? Qui les nourrirait ? Qui payerait leur solde? Gela représenterait des milliards, et dans l'état actuel des finances européennes, ni l'Angleterre, ni l'Amérique, ni la France, ni l'Italie ne sauraient assumer pareille charge. En terminant Lloyd George conclut qu'il se ralliait à la proposition du Président W ilson et qu'il espérait, maintenant surtout qu'elle avait été approuvée par M. Clemenceau, qu'elle obtiendrait l'unanimité des suffrages.
« Orlando constata que la question était complexe et angoissante. Pour toutes les raisons qui avaient été exposées, le Président du Conseil italien se rallia sans hésiter à l'opinion de ceux qui avaient fait une si sombre description du bolchevisme. Lorsqu'il y avait un foyer d'infection aussi dangereux il fallait prendre toutes les précautions pour éviter l'extension. Si le bolchevisme triomphait en Allemagne, ce serait une grave défaite pour les Alliés ; si le bolchevisme était arrêté en Autriche ce serait déjà une victoire pour les Alliés. Tous les moyens devaient être étudiés pour empêcher la propagation de ce fléau. Par sa position géographique l'Italie se trouvait plus menacée que les autres. L'Italie traversait sans doute, à l'heure actuelle, une période difficile, mais onpouvait affirmer que le bolchevisme ne pourrait jamais triompher en Italie, par la force de ses idées et de son programme, il n'aurait quelques chances de contaminer le pays que s'il trouvait un milieu favorable à sa propagande, par exemple, si l'Italie éprouvait une désillusion patriotique, ou se trouvait aux prises avec une grande crise économique.
« Orlando insista donc pour recommander tout ce qui pouvait aider à la formation de ce barrage. Mais une fois ce barrage organisé, les Alliés n'auraient plus à leur disposition que deux moyens : la force matérielle ou la force morale. En ce qui concerne l'emploi de la force matérielle, les objections soulevées par Lloyd George avaient une grande valeur. Les soldats italiens ne se mutineraient x^as si on les envoyait contre la Russie, mais l'Italie ne pouvait être le gendarme des Allies et, si une intervention devait avoir lieu, il faudrait qu'elle fiit internationale. Au surplus, si l'intervention réussissait, la question de l'occupation poserait encore un très grave problème; il faudrait des milliers d'hommes et pour très longtemps. Les soldats auraient l'impression que la guerre ne serait pas finie, et nul ne pourrait dire combien durerait cette crise .
<i 11 ne restait donc que la force morale et l'on pouvait compter, comme Clemenceau Favait fait remarquer, que le bon sens finirait bien par avoir le dessus. La Révolution française donnait, à ce point de vue, de grands enseignements. La Russie trouverait, elle aussi, un jour sa voie. La Révolution russe passerait peutêtre par les mêmes crises que la Révolution française. Comme aucun peuple ne peut vivre dans l'anarchie, tôt ou tard l'ordre renaîtrait en Russie. Les Alliés ne pouvaient malheureusement pas attendre^; il fallait qu'ils eussent devant eux un gouvernement avec lequel ils pussent causer et traiter. Sans cela aucune paix n'était possible, car on ne pouvait exclure les territoires de la moitié de TEurope du règlement de la guerre actuelle.
« Pour ces raisons, Orlando était disposé à se rallier à la proposition présentée par Lloyd George et modifiée par le Président Wilson, mais il ajoutait qu'il partageait les réserves du baron Sonnino et qu'il ne pouvait être question, pour les Alliés, de traiter avec les bolcheviks.
/ « Le Président Wilson exprima le désir de connaître les vues du Gouvernement japonais sur la situation en Sibérie. »
Le baron Makino dit qu'après avoir écouté avec attention les différentes observations qui venaient d'être présentées il n'avait pas d'objection à faire à la suggestion proposée et il estimait que c'était la meilleure marche à suivre. Mais il se demanda ce que Ton répondrait aux bolcheviks s'ils acceptaient de se rendre à la réunion et s'ils prétendaient s'en tenir à leurs principes. En ce qui concernait la Sibérie, la situation s'était améliorée, au moins à Test du Baïkal, et les conditions qui avaient nécessité l'envoi de troupes avaient disparu. Le but avait été atteint et on pouvait alfirmer que, dans ces régions, le bolçhevisme n'existait plus, au moins à l'état actif.
CLEMENCEAU, TJ.OYD GEORGE, WILSON 297
Le Président Wilson, répondant à la question du baron Makino, était d'avis que les émissaires des Alliés ne devraient être autorisés à prendre aucun engagement à l'égard des bolcheviks, sans en avoir référé à leurs Gouvernements.
Balfour estimait qu'une des premières conditions à poser était d'exiger que les bolcheviks, comme d'ailleurs tous les autres partis russes, cessassent toute opération militaire en Russie.
Le Président Wilson rappela qu'il avait déjà posé cette condition.
« Lloyd George était d'avis qu'il conviendrait d'établir des instructions pour les délégués, de manière à leur laisser une certaine latitude. S'ils pouvaient se mettre d'accord avec les Délégués bolchevistes pour renvoyer le règlement de la question russe à une Assemblée constituante régulièrement élue, il deviendrait inutile de renvoyer la question aux Gouvernements alliés.
(( Clemenceau pensait qu'on pourrait trouver un bon point de départ dans la proposition suivante, on dirait à la Russie : « Vous êtes menacée d'une famine qui vous fait mourir par milliers ; nous ne voulons pas qu'une nation tout entière meure de faim et nous nous préoccupons de ce qu'il y a à faire pour apporter chez vous l'ordre et la prospérité, dans un esprit d'humanité. »
« De cette façon toute question politique était écartée, on se trouvait sur un terrain purement humanitaire.
« On ajouterait que les Alliés étaient disposés à ravitailler la Russie, mais qu'ils ne pouvaient le faire que si l'ordre régnait dans le pays et, pour cela, ils proposaient de réunir les Représentants des divers
Gouveriicuienls qui se partageaient la Russie pour étudier avec eux les mesures à prendre pour rétablir l'ordre .
« Ne serait-ce pas une bonne chose de se placer ainsi uniquement sur le terrain du ravitaillement éventuel de la Russie, pour justifier la convocation de ces délégués?
(( Lloyd George rendait hommage aux considérations humanitaires qui inspiraient la proposition de Clemenceau; mais il fit remarquer que les Délégués britanniques avaient étudié avec soin cette question et voici les réflexions suggérées à quelques délégués par les propositions analogues : les Alliés disposaient-ils d'assez de vivres à Theure actuelle pour ravitailler non seulement les Empires centraux, mais encore la Russie?
« Au surplus, il ne fallait pas oublier que la Russie était un pays exportateur, et qui disposait encore à l'heure actuelle, en Ukraine, d'abondantes ressources. 11 paraissait inutile dans ces conditions de proposer de ravitaillei^ la Russie. N'y avait-il pas lieu de craindre, en raréfiant les stocks dont disposaient les AlHés, de favoriser chez eux un mouvement analogue au bolchevisme^, au moment même où l'on s'efl'orcerait de combattre le gouvernement des Soviets ?
« Lloyd George estimait donc que tout ce que l'on pourrait faire serait d'accorder à l'Ukraine certaines facilités pécuniaires, pour favoriser l'exportation des céréales, dont elle disposerait, vers les autres centres de la Russie.
« Clemenceau ti'insista pas sur sa suggestion et se borna à demander au président Wilson s'il voulait bien se charger de rédiger le projet de note qui serait adressé à tous lés partis en Russie.
(( Le Président Wilson accepta de préparer ce projet. »
Sa note, Wilson l'apporta le lendemain ou le surlendemain : Les Bolcheviks et leurs adversaires étaient tous invités à venir s'expliquer dans l'île des Princes, en mer de Marmara, avec des délégués de la Conférence. Tous, à l'exception des Bolcheviks, refusèrent l'invitation. L'idée de Lloyd George ne fut donc pas réalisée et la Russie demeura isolée, comme un pestiféré dans un lazaret'.
J. Les Bolcheviks avaient connu par des Radiogrammes la proposition Lloyd George et] la discussion à laquelle elle avait donné ieu. Ils répondirent, par la même voie du télégraphe sans fil, et leurs réponses signées de Tchitchérine, leur commissaire du Peuple pour les Affaires Étrangères, furent adressées au journal le Populaire, de Paris, dont le directeur était Jean Longuet, ce même fean Longuet dont un an plus tard les Dictateurs de Moscou levaient exiger l'expulsion du Parti communiste français. On a dit qu'il fallait attribuer cette disgrâce de Jean Longuet au res^enti- Qoent d'un jeune communiste polonais naturalisé français, Boris 50uvarine, dont Longuet avait offensé l'arnour-propre, en lui refusant un article !