CHAPITRE LIX
abandonné de Celui dont ilest le Fils bienaimé et le Fils unique. portez la croix avec lui, et dites de tout votre cœur : Que votre volonté se fasse, et non pas la mienne (1).
De cette sorte, joignant l'exercice de la patience à celui de la prière, vous acquerrez la vraie dévotion par le sacrifice volontaire que vous ferez de vous-même à Dieu:
car, Comme je l’ai déjà dit, la vraie dévotion consiste dans une volonté prompte et déterminée à suivre Jésus chargé de sa croix partout où il nous appelle, à aimer Dieu parce qu’il mérite d’être aimé, et à quitter, s'il en est besoin, Dieu pour Dieu. Si une infinité de gens qui font profession de piéte mesuraient à de tels exercices leuravancementspirituel,plutôtqu'aux douceurs d’une dévotion sensible, ils ne seraient pas trompés, comme ils le sont, par leurs fausses lumières ou par les crtifices du démon : ils n'en viendraient pas à cet excès d’ingratitude, de murmurer contre le Seigneur et de se plaindre sans raison de la grâce qu'il eur fait d’éprouver leur patience: ils s'efforceraient, au contraire, de le servir plus lidèlement que jamais, persuadé qu'il ordonne ou qu'il permet toutes choses pour sa gloire ou pour notre bien.
C'est encore une illusion dangereuse que celle où tombent plusie::rs personnes
du sexe qui abhorrent véritablement le pé- |
(1) Luc., N°77 42.
fs.
. 214 COMBAT SPIRITUEL ché et qui emploient tous leurs soins pour en éviter les occasions ; mais s’il arrive que l'esprit immonde les tourmente par des pensées impures et abominables, et quelquefois même par des visionshorribles, elles se troublent et perdent courage, croyant que Dieu les a délaissées : elles ne sauraient s’imaginer que le Saint-Esprit veuille demeurer dans une âme remplie de | tant de fantômes impurs. Ainsielless’abandennent à la tristesse, et tombent dans une espèce de désespoir, de sorte qu’à demi vaincues par la tentation, elles songent à quitter leurs exercices spirituels et à re- | tourner en Egypte: aveugles qui ne voient pas l’insigne faveur que Dieu leur fait de permettre qu’elles soient tentées, afin d’empècher qu'elles ne s’oublient elles-mêmes, | et de les forcer par le sentiment de leur | misère à ne pas s'eloigner de lui. C'est | donc une extrême ingratitude à elles de se | plaindre d’une chose dont elles devraient : rendre mille actions de grâces à son infinie | bonté.
| Ce qu'il faut faire en cette circonstance, : c'est debien considérer les inclinations per verses de notre nature Corrompue: car | Dieu, qui connaît ce qui nous est le plus utile, veut que nous sachions que de nousmêmes nous n'avons d'inclination que pour le péché, et que sans jui nous nous préctipiterions dans le dernier de tous les mal:
heurs. Il faut ensuite nous exciter à la con-
ROTATION EEE SRE
sir te