CHAPITRE XIII
C’est, en un mot, qu'elle ne voudrait
18 jamais être sans plaisirs et sans Consola- 1e tion, et que tout ce qui n’a point cette 1S douceur est regardé par elle comme un ts travail sans fruit.
16 nn la es | HAPATKE XHI nt Dieu nous envoie ces tentations pour notre bien ê- :
r- és © OUS Sommes naturellement superbes, ne \ ambitieux et amis de nos sens : de là 1X + ‘ vient que nous nous flattons en toute de ù chose, et que nous nous estimons beauon 3 Coup plus que nous ne valons. | re. E Mais cette présomption est tellement | es ennemie du progrès spirituel, que ses pre- | la mières atteintes, pour peu qu’elles nous es plaisent, sont capables de nous empêcher de parvenir à la véritable perfection. | re est un mal que nous ne voyons pas:
u- mais Dieu, qui le connaît et qui nous aime IX, a toujours soin de nous détromper, de nous ue faire revenir de cette illusion de l’'amourlle Propre, et de nous ramener à la connaiset sance de nous-mêmes. N'est-ce pas ce qu’il et 2 fit à l'égard de son apôtre saint Pierre us Æ Quand il permit qu’il le reniât, afin qu'il ne pût revenir à la Connaissance de ce qu'il st æ ctait lui-même et perdre cette dangereuse ne Présomption? N'est-ce Pas aussi ce qu’il pui à fait à saint Paul, uand, pour préserva- !
| tif de cette peste de l’âme et de l'abus qu'il | pouvait faire des hautes révélations qu’il | avait eues, il voulut le laisser exposé à | une tentation humiliante, qui lui fit tous les jours sentir sa faiblesse naturelle ?
Admirons la bonté et la sagesse de Dieu, ! qui agit contre nous pour nous et nous fait du bien sans que nous le sentions, et lors que nous pensons qu'il nous fait du mal. Nous nous imaginons que ces refroidissements de cœur nous arrivent parce que nous sommes impar{aits et insensibles aux choses de Dieu. Nous n'avons pas de peine à nous persuader re n’est point d’äme plus distraite et plus abandonnée que la
nôtre: que Dieu n'a point de serviteurs
qui le servent simisérablement et si lâchement que nous, et que les pensées qui nous troublent ne peuvent être que le partage des pécheurs et des impies. Par l'opération de ce remède céleste, ce présomptueux qui croyait être quelque chose commence à se croire le plus méchant homme du monde et indigne du nom de chrétien.
Sans ce remède salutaire, serait-il jamais descendu de cette élévation de pensées ou l'avaient fait monter les illusions de l’'amour-propre? Aurait-il jamais été guéri de cette enflure de l’orgueil? Ces vapeurs et ces fumées de vanité auraient-elles jamais quitté sa tête et son cœur ?
L'humilité n’est pas le seul profit que nous tirions de ces tentations, afflictions