‹ Le combat spirituel [microforme]Chapitre 46 sur 184 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

qui est au-dessus de vous, montez en esprit jusqu'à l'Empyrée, et demeurez-y comme | dans le lieu où vous régnerez à jamais si | vous vivez innocemment et sai.tement | sur la terre.

Quand vous entendez le chant des oi- | seaux, souvenez-vous du paradis, où l’on | ne cesse de chanter à Dieu des cantiques | de louanges ; priez en mêmetemps ie Seigneur qu'il vous rende digne de le louer éternellement en la compagnie des esprits celestes.

Lorsque la beauté des créatures vous | charme, figurez-vous le serpent infernal ui, cache sous ces dehors éclatants, tâche e vous séduire et de vous ôter la vie de la grâce. Dites-luiavec une sainte indignation: Va, maudit serpent, c'est en vain | que tu te caches pour me nuire. Puis vous ; tournant vers Dieu : Soyez béni, lui direzvous, de ce qu’il vous a plu de me découvrir mon ennemi et de me sauver deses | embûches. Après cela retirez-vous dans :

les plaies de votre Sauveur comme dans un asile assuré; occupez votre esprit des douleurs inconcevables qu'il a souffertes dans sa chair sacrée pour vous garantir du péché et pe 1r vous donner de l'horreur | des plaisirs sensuels.

Voici encore un moyen de fuir les attraits des beautés créées, c’est de penser quels seront, après ia mort, ces objets qui paraissent maintenant si séduisants.

| Quand vous marchez, reppelez-vous à | chaque pas que vous faites que vous vous | approchez de la mort. Le vol d’un oiseau, | le cours d’un fleuve impétueux vous aver:

| tissent que vos jours s’écoulent encore | plus vite. Un tourbillon qui renverse tout, un coup de tonnerre qui fait tout trembler, vous représentent le jour effroyable du

jugement, et semblent vous dire au'il faut | fléchir le genou devant votre Juge, qu'il faut l’adorer et le prier humblement qu'il . daigne vous préparer de bonne heure à | paraître devant lui avec assurance.

Mais si vous voulez profiter d’uneinfinité d'a°cidents auxquels cette vie est sujette, voici ce que je vous conseille de faire : s’il arrive, par exemple, que vous souffriez du Chaud, du froid, ou de quelque semblable incommodité, que vous vous trouviez accablé de douleur ou de tristesse, envisagez l'ordre immuable de la Providence divine, qui a voulu pour votre bien que vous endurassiez présentement cette peine, et qui sait la proportionner à vos forces.

| Par ce moyen vous reconnaîtrez avec | joie l'amour tendre et paternel que le Sei- | gneur a pour vous, et vous en avez une preuve bien sensible dans l’occasion qu’il vous donne de le servir de la manière qui lui est le plus agréable.

| Vous voyant donc disposé à lui plaire | plus que jamais, vous direz : C’est mainte- | nant que s’accomplit en moi la volo: té de

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