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LA SAISON DES EAUX

— A partir du Ier juin toute personne qui se respecte tant soit peu doit prendre une chaise de poste, ou au moins la diligence de Meaux, pour s’exiler de la capitale, sauf à dire qu’on part pour l’Italie ou pour le Groenland.

Quant au bourgeois qui possède une petite maisonnette entourée d’un carré de choux, il dit qu’il va visiter ses terres.

— Les acteurs suivent l’émigration générale et profitent de leurs congés pour aller moissonner des lauriers et autres accessoires plus métalliques dans tous les chefs-lieux de départements. — Duprez se met en roule avec sou précieux ut de poitrine qu’il cherche à garantir de tous les cahots de la \oiture; mademoiselle Déjazet plie soigneusement tous ses brillants travestissements, et il n’est pas jusqu’au grand Bilboquet lui-même qui n’emballe avec tous les soins qui lui sont dus son fameux paletot des saltimbanques qui doit obtenir l’approbation de tous les maires de province.

— Les employés, les commis-marchands, et toutes les personnes que leurs occupations forcent à rester à Paris pendant la belle saison , se consolent en allant respirer le frais sur le boulevard desitaliens, à neuf heures du soir, et toujours pour se rafraîchir fument d’énormes cigares et lancent au loin des nuages de fumée qui rivalisent en parfum avec les cassolettes du bitume-Polonceau.

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