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LES LOYERS

L’œuvre des Loyers date de l’année 1844. Elle fut fondée par le baron et la baronne Nathaniel de Rothschild, en mémoire d’un enfant qui venait de mourir après quelques jours d’existence. Cette fondation, de r,406 francs de rente, devait être affectée, sur la désignation du Comité, au paiement de loyers d’indigents et d’ouvriers nécessiteux. Le 20 mai 1845, le baron James de Rothschild augmenta le revenu annuel de la

* Tous les ans et à tour de rôle, une dame de la famille de Rothschild est présidente de la Loterie. La maison de Rothschild place tous les ans un nombre considérable de billets. C’est sans doute pour cela qu’on appelle quelquefois cette loterie c la loterie Rothschild «.

fondation. Sur le désir des donateurs, le Comité décida qu’une somme serait employée, tous les ans, à payer le loyer de quelques indigents choisis parmi les plus méritants de la liste du Comité. Une autre partie devait être attribuée à cette classe de malheureux « qui, sous le nom de pauvres honteux, cachent à tous les regards ces luttes incessantes et infructueuses qui remplissent leur triste existence ».

Grâce à cette fondation, le Comité put payer le loyer à quantité de familles dont le nombre s’augmenta naturellement à mesure que les revenus s’accrurent ^ . Des « centaines » de ménages demandant la même faveur, il se décida, en 1854, à accorder aux « pauvres inscrits » des secours trimestriels de loyer de 5, 10 et 15 francs. La dépense s’éleva, de ce chef, en 1855, à 2,24*7 francs. Cent dix-neuf ménages, en 1858, participèrent à ces nouveaux secours. En 1885, le Comité accorda le « loyer complet » à 44 familles, le « loyer partiel » à 20 autres et des secours trimestriels de loyer à cent familles

Que de secrètes angoisses et que de souffrances la fondation de la baronne Nathaniel de Rothschild et la participation du Comité n’évitent-elles pas aux malheureux à l’époque critique du paiement du loyer !

1 En 1844, il secourut 16 indigents; 23 en 1845 ; 18 en 1846 ; 14 en 1847 ; 15 en 1848 ; 12 en 1849 ; 22 en 1850 et en 1851.

* Les secours de loyer complet sont de 150 à 400 francs ; de loyer partiel^ de 100 à 200 francs, et les secours trimestriels de 5 à 75 fr. par irimestre).

LES ŒUVRES DU COMITÉ

l’œuvre des femmes en couches.

Cette œuvre est due également à la famille de Rothschild. La fondation en fut faite, en 1847, par Salomon, James et Nathaniel de Rothschild, qui constituèrent une rente de 700 francs pour « les femmes pauvres Israélites en couches ». D’après un placard imprimé par les soins du Comité et portant la date du 25 février 1847, lès fondatrices exigeaient de toute femme qui voulait être secourue :

1° Qu’elle fût mariée légitimement;

2° Qu’elle ait toujours eu une conduite irréprochable ;

3° Qu’elle fût établie à Paris depuis deux ans, au moins ;

4° Qu’elle ne fût pas à ses premières couches. Dans le cas contraire, elle ne pouvait participer aux dons de la fondation que « dans le cas d’un malheur imprévu, soit la mort de son mari ou toujle autre cause grave que sa sollicitude de mère ne pouvait éviter ».

Ces secours consistaient : 1° en une somme de vingt francs pour les femmes qui accoucheraient pendant les mois d’octobre à mars inclusivement, et quinze francs pour celles qui accouchaient pendant les mois de l’été ; et 2° en une layette pour l’enfant L

1 On y joignait également une couverture de laine, deux paires de

La Société de secours qui, avant cette époque, avait accordé aux femmes en couches des secours que ses ressources ne lui permettaient pas de donner régulièrement, dut bientôt, à côté de cette fondation, constituer une nouvelle œuvre qui lui permît de venir en aide aux malheureuses femmes qui ne rentraient pas dans les conditions fixées par le règlement. C'est en 1852, pour la première fois, que ces dépenses figurèrent sur les registres du Comité. Elles sont aujourd'hui de 1,800 à 2,000 francs par an.

En 1847, 40 femmes en couches purent être ainsi secourues grâce à la fondation spéciale ; 50 en 1850 ; 75 en 1860 ; 86 en 1862-1864. Le Comité vient maintenant en aide à une centaine de femmes tous les ans, et il ne faut compter dans ce nombre, ni celles qu’il secourt de ses propres deniers, ni celles auxquelles la Société des Femmes en couches apporte un charitable soulagement L

drap, une camisole de tricot, deux camisoles en calicot, trois chemises cl six serviettes. Celte affiche se terminait ainsi : « Le Comité invite » tous ses coreligionnaires à appeler les bénédictions du Ciel sur ces » dignes femmes dont l’active et ingénieuse charité semble prendre » à tâche d’adoucir chaque jour une nouvelle misère ; il les engage à > prier pour la prospérité de cette noble famille qui emploie à de si » saints usages la fortune que le Dieu d’Israël lui a départie. » L’afliche était signée : pour le Consistoire, par MM. le D** Cahen, président; Jeramec, secrétaire ; et pour le Comité de bienfaisance, par MM. Benoit Cohen, président ; M. Haas, secrétaire.

^ La Société des femmes en couches^ fondée en 1860-1861, et présidée depuis sa création par M™® Joseph Halphen, se recommande également par ses nombreux bienfaits parmi les femmes juives malheureuses. Elles visitent annuellement de 100 à 150 familles, auxquelles elles distribuent des secours en espèces et en nature. En 1866, elles ont secofliu 145 femmes; 143 en 1867 ; 135 en 1868; 157 en 1869 ; 146 en 1870; 130 en 1871 ; et le nombre des nécessiteuses secourues a été, depuis cette époque, en augmentant. La généreuse initiative des Dames patronnesses ne s’en tient pas là. Elles visitent fréquem-

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