LES CAISSES DE PRETS
Le but du Comité de bienfaisance n’était pas seulement d’alléger la misère des indigents en leur distribuant des secours de toute espèce ; il avait aussi pour devoir de rechercher les moj^ens d’aider les nécessiteux honmètes et laborieux à s’affranchir de la misère, à gagner leur vie par le travail, à se relever enfin, à leurs propres yeux et aux yeux de leurs concitoyens, de l’état d’abaissement où mène la mendicité.
C’est dans ce but que le Comité, sur la proposition de M. Albert Colin, alors son trésorier, fonda une caisse de prêts, le 19 juin 1850. Les fonds néces-saires à l’alimentation de cette caisse se composèrent d’abord de dons et d’un fonds de roulement spécial du Comité. Les prêts furent de trois sortes : 1® de 30 à 50 francs ; 2« de 100 à 150 francs, et exceptionnellement de 200 francs. Ils devaient être remboursés, selon leur importance, à raison de 1 franc, de 1 fr. 50 et de 5 francs par mois. Toute personne à laquelle on accordait un prêt ne recevait plus de secours mensuel du Comité.
La Caisse commença à fonctionner en décembre 1850 ; mais, suivant un rapport en date de 1851, les
ment les femmes qai leur sont désignées par le Comité de l'œuvre et leur distribuent, dans ces visites, des layettes, du linge, des vêle ments, du viu, du bois, de la literie, etc., etc.
prêts furent faits « avec un peu trop de facilité », et cette institution qui, aux yeux du Comité « était appelée à alléger ses charges », devint un fardeau pour lui. M. Albert Colin, qui avait été le promoteur de cette œuvre, vint en aide au Comité en donnant, le 20 juin 1852, une somme de 20,000 francs C Malgré cet appoint inespéré, on avait, à la fin de l’année 1856, prêté à peu près 40,000 francs, par suite d’avances faites sur des recommandations « plus bienveillantes que sages ». Le capital qu’ Albert Colin avait consacré à la Caisse des prêts était donc absorbé. En 1858 une Commission, nommée pour examiner cette situation et chercher à y remédier, annonça qu’elle n’avait trouvé aucun moyen de la faire sortir de l’état d’ « atonie » dans lequel elle était tombée.
Dès 1854, le Comité avait craint pour l’avenir de cette œuvre, car à cette époque un de ses membres présenta, dans le but d’arriver à l’extinction de la mendicité, « un projet tendant à établir une caisse de prêts afin de fournir des avances aux pauvres en état de travailler ». Les opérations de cette nouvelle œuvre, basée sur des souscriptions annuelles recueillies dans la Communauté — et dont le minimum était fixé à 50 francs — ne devaient commencer que lorsque la Commission aurait réuni « pour dix mille francs de souscriptions ».
Cette idée, qui ne fut jamais réalisée au Comité, fut adoptée, en 1861, par une Société particulière 2, qui
^ CôtlB sorniDG fut doiiuGG su Coinitô gu deux fois ; Is prsniièrG gu I8o2, la sGcondG gu 18o4.
® M. Abraham Créhange, président de la Société de secours mutuels, Lci bienfaisante istaelile^ et plus tard membre du Consistoire, était à la tête de cette œuvre.
LES ŒUVRES DU COMITÉ
fut dissoute vers 1872 où, à la suite de la guerre et de la Commune, il devint impossible de reclierclier les emprunteurs et par conséquent d’opérer les remboursements.
En 1874, un Israélite de Paris avait mis cinquante mille francs à la disposition du Consistoire pour la fondation d’une Caisse de prêts. Il retira sa proposition quelque temps après, parce qu’il savait — disait-il — qu’elle n’était pas accueillie avec faveur.
Enfin, en 1884, un autre Israélite, M. L.-M. Rotliscliild, mit à la disposition du Comité une somme de 5,000 francs pour la création d’une nouvelle Caisse de prêts. Cette œuvre fonctionne encore.