LE VESTIAIRE
Au milieu des nombreuses œuvres de charité que le Comité était chargé d’administrer, il y avait une lacune à combler, une œuvre à fonder i celle qui consistait à fournir des vêtements à ceux qui n’en ont pas. « Les malheureux sont privés parfois des objets d’habillement les plus indispensables et, souvent, ils n’ont que des haillons pour se prémunir contre les rigueurs de l’hiver. Outre cela, le vêtement a une grande influence sur l’avenir du pauvre : il arrive bien des fois que le travail manque à l’ouvrier le plus laborieux, ou parce qu’il a honte de se présenter dans les familles, ou parce que les familles, en voyant son exté-
rieur délabré, lui refusent leur confiance. » Il fallait donc organiser un dépôt de vêtements afin de pouvoir aider les indigents, qui s’en rendraient dignes, à gagner honorablement leur vie. C’est dans ce but que le Comité décida, le 15 octobre 1855, d’organiser un vestiaire.
Cette décision ne fut définitivement exécutée que le 30 novembre 1859. Le Comité adressa aux membres de la Communauté une circulaire où il leur rappelait que c’était « en Israël un usage bien ancien » que celui qui consistait à « donner aux pauvres les objets qui ont appartenu au malade que Dieu a guéri, au frère que la mort a ravi à notre tendresse », et il les invitait à lui envoyer les vêtements dont ils ne se servaient plus. « C’est la part du pauvre et elle est sacrée. »
Le vestiaire fut d’abord établi à l’Orphelinat, rue des Rosiers ; puis transféré en 1861 dans le local du fourneau alimentaire, et transporté un peu plus tard rue du Vertbois, dans une pièce attenante à celle qui servait de salle de distribution au Comité. Depuis 1879, ce vestiaire était placé dans une partie du local qui servait aux bureaux du secrétariat général. Il a été transféré en 1886, avec les nouveaux bureaux de l’Assistance, rue Saint-Claude.