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LES MALADES
sistoire, n’avait pas voula se prononcer formellement * sur ces propositions, Lien qu’il y fût favorable. L établissement fut fondé sans sa participation.
Le service de soulagement aux malades et leur placement dans les familles n’avaient, pendant ce temps, subi aucune interruption. Neuf années s’étaient écoulées sans qu’on arrivât à donner suite aux projets étudiés quand, en 1836, la création d’un hôpital fut de nouveau agitée dans ia Société de secours; mais saisie des mêmes appréhensions qu’en 182T, elle se proposait de n’y recevoir que les malades qu'il serait reconnu impossible de soigner à domicile. On eut alors 1 idée étrange de demander au Préfet de la Seine de céder deux chambres dans un hôpital. On se chargeait de les meubler. Le Préfet émit, au mois d’octobre 1836, un avis favoTable ; mais le Conseil général des hospices, appelé à se prononcer, refusa, tout en protestant de sa « tolérance » et de ses « dispositions bienveillantes de placer les Israélites sous « un régime d’exception » qui ne manquerait pas « de faire naître des réclama- » tions fondées de la part des malades Israélites » comme de ceux qui sont étrangers à ce culte ^ » .
Cette fin de non-recevoir devait avoir pour résultat de lever tous les scrupules. La réorgaqisation de la Société de secours, dont le règlement prévoyait l’établissement d’un hôpital fut, en tout cas, un sérieux
1 Lettre du Conseil général d’administration des hôpitaux, hospices et secours à domicile de Paris au Prélet delà Seine (24 octobre 1836).
2 La Société d’encouragement et de secours a pour objet... t de faire soigner les malades indigents, soit à domicile, soit dans un établissement spécial, si les ressources de la société lui permettent d en créer un » (Règlement constitutif). « Le Comité est chargé d aviser immédiatement aux moyens de créer un asile... • (1839).
stimulant. Les Hehroth^ les premières, décidèrent de donner à ce projet leur plus actif concours et il se produisit dans la Communauté un mouvement de sympathie général et décisif en faveur de cette création.
En 1839 L le Comité allait prendre à bail, une maison située rue Projetée du Marché-Popincourt, n® 3, où il se proposait d’établir dix lits. Déjà, grâce à l’enthousiasme que ce projet avait provoqué dans la Communauté de Paris, quatre lits étaient montés, et outre des dons de toile, de calicot, de vin, etc., il avait recueilli des promesses de dons en espèces s’élevant à 25,000 francs ; mais le Consistoire ne donna pas son consentement, parce que la maison n’avait ni jardin, ni porte de dégagement.
Enfin, dans les premiers jours de janvier 1841 “2, une maison fut louée, rue des Trois-Bornes, n° 26. Le Consistoire s'opposa, pour l’ouverture de l’hôpital, à toute cérémonie d’inauguration solennelle « qui n’aurait d’autre avantage que de donner prise à la critique ». Il était convenable, selon lui, de considérer cette maison non pas seulement comme un asile pour les malades» « ce qui peut-être pourrait provoquer des observations de la part de l’autorité », mais comme le
^ Le Comité secourut, en 1839, 289 indigents malades; 243 en en 1840 ; 122 en 1841 ; 119 en 1842 ; et, malgré la création de la maison de secours, ce nombre augmenta successivement : 134 en 1843 ; 211 en 1844 ; 193 en 1845 ; 283 en 1846 ; 403 en 1847 ; 405 en 1848 ; 552 en 1849 ; 543 en 1850 ; 507 en 1851.
^ Le Comité, dans son rapport sur l’exercice 1840, disait combien ces retards lui causaient de préjudice. Les souscripteurs se retiraient :
« Grand nombre de ceux qui, autrefois, payaient^ régulièrement, nous ont fait savoir qu ils ne paieront plus vu que nous n’avons pas tenu notre promesse : * L'asyle ! et alors nous paierons ! » tel est le cri presque général ». Les donateurs même réclamaient le remboursement des sommes qu’ils avaient versées pour cet établissement.
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siège central des opérations du Comité. C’est ce qui fit donner au premier hospice de la Communauté le nom de : « Maison centrale de secours pour les Israélites » indigents de Paris ^ » Il semblait que la création de cet hôpital ne pût avoir que des conséquences funestes pour les Israélites.
Cette maison pouvait contenir quinze lits. On y en installa douze. « Douze lits pour une population israélite de 12,000 âmes;! un lit pour mille individus I douze lits pour près de 2000 indigents inscrits sur le livre noir du Comité 1 Ainsi cent soixante-six candidats pourront aspirer en même temps à la vacance d un coin de la maison de secours ^ 1 »
Cela était peu, il est vrai. Mais si l’on considère ce qu’il fallut de soins, de dépenses et de peines pour arriver à ce résultat, de combien de luttes 1 ouverture de cet asile fut précédée ^ les résistances qu’on eut à vaincre pendant vingt- cinq ans, le Comité et la Communauté pouvaient néanmoins se féliciter de toucher enfin au but que, depuis 1815, ils rêvaient d atteindre.
L’inauguration eut lieu le 16 janvier 1842, en présence du Consistoire, du Comité, des délégués des So-
^ Archives Israélites, année 1842.
2 Tsarphali (O. Terquem) Tut Tun des adversaires les plus acharnés de ce projet. 11 pensait que rien n'était mieux « que des Cochin, des » Neker, des Larochefoucauld, des Rothschild, des Hildesheim, éta— > hlissent à leurs frais des hospices ou hôpitaux pour y recevoir des ^ classes désignées », mais que de fonder de tels établissements aux dépens d’un petit public, c’était fort différent. < Pourquoi, de propos » délibéré, créer une source croissante de dépenses? C’est, dit-on, » pour procurer aux malades les secours de la religion. Est-il donc » impossible d’aviser au moyen de leur offrir ces consolations dans » l’état actuel des choses en envoyant nos malades dans les hospices » publics? » etc., etc. [Archives israélites, année 1840.)
LE COMITÉ DE BIENFAISiLNCE
ciétés de secours mutuels, et des médecins; mais des travaux de réparation en ajournèrent l’ouverture au l'^^'avriP.
La Maison de secours était destinée :
1" A tous les Israélites habitant Paris depuis deux ans, pauvres et privés de. moyens de traitement à domicile ;
^ Voici la description de la maison de la rue des Trois-Bornes, telle que la faisaient les Archives Israélites en 1842 : « ... Nous sommes rue des Trois-Bornes. Nous arrivons à un pavillon d'élégantes proportions ; un escalier en pierre y conduit, un péristyle à colonnettes élancées en décore l’entrée. On dirait d'une jolie villa négligemment couchée aux portes de la ville... Entrons, c’est ici l’asile Israélite de Paris. Quel ordre et quelle propreté! Gomme tout est ciré et luisant! 'Avec quel soin tout a été prévu !
» Voici la cuisine avec... son arsenal culinaire au grand complet. . . , la lingerie. . . , le magasin de comestibles, les caves, la buanderie, le vestiaire, et partout nous admirons la bonne et sage distribution du rez-de-chaussée .
» Nous voici arrivés aux chambres des malades : des rideaux blancs, des lits de fer, des lampes en cuivre resplendissant, des tables en noyer dans lesquelles on pourrait se mirer et l’attirail obligé du cortège pharmaceutique : voilà ce qui garnit une salle spacieuse et bien aérée, à l’aile droite pour les hommes et à l’aile gauche pour les lemmes. Les fenêtres donnent sur un jardin parfaitement planté où abonderont, en été, l’ombre, l’eau et la verdure.
» A l’étage supérieur se trouve une vaste salle renfermant quatre lits, une chambre à part pour un malade payant et une salle de bains dans laquelle rien n’a été oublié.
» Les dépendances sont occupées par le logement du concierge, des infirmiers et infirmières ; n’oublions pas, au rez-de-chaussée, une salle
dont les murs sont garpis de pupitres et qui, au besoin, servira d’oratoire . »
LA. MAISON DE SECOURS
2° Aux membres des Sociétés de secours mutuels qui contribuaient, par une souscription annuelle ou spéciale, aux dépenses générales du Comité consistorial ;
3^ Aux domestiques des souscripteurs du Comité.
On n’admit dans la maison que les adultes atteints de maladies aiguës et qui n’étaient pas traités dans des établissements spéciaux. Un pharmacien, choisi par le Comité, était chargé de la fourniture des médicaments. Enfin, le règlement décidait que, si le local le permettait, il pouvait être établi « une salle propre à recevoir un certain nombre de malades qui voudraient se faire soigner dans l’établissement, moyennant une rétribution journalière )>. La somme devait être fixée de gré à gré avec l’un des adminis • trateurs.
Au 31 décembre 1842, la maison avait reçu 86 malades. Dix-huit seulement étaient inscrits sur les contrôles du Comité. La dépense s’était élevée à 6,485 francs 60 c. D’avril 1842 jusqu’à la fin de 1847, elle avait admis 765 malades.
Dès 1845, le Comité se plaignit de l’exiguïté de cet établissement et en 1846 il songeait à changer de local : « conformément au désir de ses souscripteurs », il se proposait de profiter d’une occasion pour acheter une maison, située rue Mesnilmontant, qui devait servir à la fois aux malades, aux orphelins et aux vieillards L
1 En 1848, la maison recueillit, lors des luttes de juin, un fçrand nombre de blessés et de gardes mobiles appartenant aux autres cultes. « Les soins les plus affectueux, disait le Comité, leur ont été prodigués avec un zèle et un désintéressement qui ne sont pour nous que l acquittement d’une dette publique. »
Le projet était d’importance ; la timidité des premiers administrateurs était tombée. Sur ces entrefaites, le bruit courut qu’une famille devait attacher son nom à la fondation d’une maison de secours. L’intention du baron de Rothschild était réelle : l’exécution n’en avait été retardée que par les difficultés qu’il avait rencontrées pour trouver un emplacement convenable. Le Consistoire (4 novembre 1846) proposa à M. de Rothschild d’acheter l’immeuble que les administrations avaient en vue, et s’il ne lui convenait pas de faire cette acquisition, de leur verser la somme qu’il voulait y affecter. Le Consistoire se faisait fort de fournir la somme complémentaire soit de ses propres deniers, soit au moyen de souscriptions.
Le baron de Rothschild n’accepta pas cette proposition. Beux ans plus tard, le Comité annonçait que, à la fin de 1850, la Communauté allait devoir à M. de Rothschild d’avoir « une maison de secours pouvant contenir 50 lits, et une maison pour les vieillards » dont partie devait être plus tard affectée aux orphelins L
Sur la simple annonce de la fondation prochaine de ces établissements qui devaient être élevés rue Picpus, n°.76, des Sociétés de bienfaisance,' des particuliers s’empressèrent d’apporter leurs offrandes. Le 20 mars
’ Le 2 mai 1850, le Consistoire, « voulant donner à M. le baron de Rothschild un témoignage de reconnaissance pour cette grande et généreuse fondation qui appelle sur son auteur les bénédictions de la Communauté entière >, décida qu’un membre de la famille de M. de
Rothschild ferait toujours partie du Comité d’administration de la
maison de secours et qu’une table de marbre « indiquant à la fois la
destination de l’établissement et le nom de son fondateur > serait
placée sur la façade de l’édifice. Le 17 mai 1852, le Consistoire décida, en effet, que l’hôpital serait dénommé : Hôpital israélitc. Fondation James de Rothschild, .
LA MAISON DE SECOURS
1852, le Consistoire et le Comité adressèrent une circulaire à la Communauté pour annoncer la fondation de cet hôpital. Jamais appel à la charité ne fut entendu avec une plus pieuse ardeur. Les premiers comptes-rendus de la maison ont enregistré les dons faits en faveur de cette maison ; il y a là comme un témoignage impérissable d’émulation, de rivalité généreuse, pour concourir à doter aussi richement que possible cet établissement dont la création provoqua un réel enthousiasme L
L’hôpital de Rothschild ^ fut inauguré au milieu de l’émotion générale, le 26 mai 1852, en présence du Consistoire, du Comité de secours, des présidents des Sociétés de bienfaisance, du Ministre des Travaux publics, du Préfet de la Seine, entourant la famille de Rothschild L ■
La maison de la rue des Trois-Bornes fui close le 4 juillet 1852. Elle avait reçu pendant son existence, dans l’espace de dix ans et trois mois, 1,374 malades
^ Voici les noms des membres du Conseil de l’hôpital depuis sa fondation : — 1852 : MM. les barons James et Alphonse de Rothschild ; Gustave Halphen ; Isidor, grand rabbin de Paris ; Albert Cohn ; Astruc ; D" Haas ; Léopold Javal ; O. Dupont; Adolphe Israël ; Raphaël Jeramec ; Télèphe Astruc. — 1854 : Ulmann, grand rabbin. — 1856 ; Hayem Bloch ; comte Gahen d’Anvers ; Emile Oulman ; baron Gustave de Rothschild. — 1858 : Alfred Emerique ; Isaac Mayer. — 1860 : J. Garvallo ; Paul Oppenheim. — 1862 : Michel Alcan ; Abraham Créhange. — 1868 ; Zadoc Kahn, grand rabbin de Paris ; Levy-Bing. — 1873 : Delvaille. — 1879 : Victor Saint-Paul.
2 Le décret autorisant le Consistoire à accepter le don de la maison Picpus fut rendu le 6 mars 1854. L’acte de donation datait du 27 avril 1852, et l’acte d’acceptation par le Consistoire du 1®'- juin 1854.
3 Une médaille commémorative fut remise, le jour de l’inauguration, au baron de Rothschild, de la part de la Communauté Israélite, désireuse de perpétuer ainsi le souvenir de la solennité de ce jour.
^ La maison eut pour médecin le D‘‘ Brossard.
Installé le 22 juin 1852, le Conseil de l'hôpital procéda, le 15 juillet, à l’organisation médicale de l’établissement Le Comité, dans la réunion du 18 mars, en avait nommé directeur M. Benoît Cohen Président du Comité de bienfaisance, dont le choix fut ratifié par le Consistoire, le 17 avril L
Les premiers malades furent admis le 5 juillet.
La maison reçut dans une période de dix années sept mille cent malades.
L’hôpital ne fut bientôt plus assez spacieux pour se prêter à un mouvement d’une aussi réelle importance. Les salles avaient été presque constamment au complet, et, à plusieurs reprises même, on avait été obligé d’ajourner l’entrée des malades faute de place. Le Conseil constata donc en 1861 la nécessité d’agrandir l’établissement. Grâce aux libéralités du baron James de Rothschild, plusieurs sections furent fondées. On organisa, presque coup sur coup, en septembre 1865, des salles spéciales pour les enfants ma-
^ Voir à l’appendice les noms des médecins, chirurgiens, internes on médecine et en pharmacie qui se sont succédé dans l’établissement depuis 1852. (Pièce n® 3.)
- Le Comité décida « à l’unanimilé et par acclamation, que la place de directeur du nouvel Hôpital Israélite de la rue Picpus sera offerte à M. Benoît Cohen, comme le plus digne de la remplir tant par les services signalés qu’il a rendus à- la classe des malheureux comme Président du Comité que par ses qualités d’administrateur ».
3 M, Benoît Cohen mourut le 14 juillet 1856. ü fut remplace par M. J. Kahn, secrétaire du Consistoire, secrétaire du Conseil de l’Hôpital, qui fut nommé directeur par inlérim le 15 juillet. M. Charleville, alors rabbin de Dijon, fut appelé à ce poste le 5 mai 1857. Démissionnaire le 12 juillet 1864, il fut remplacé le 25 octobre per M. Weill dont la nomination, provisoire d’abord, ne fut rendue définitive que le 8 février 1867. M. Weill occupe encore ces fonctions et il s'en acquitte avec une autorité et une affabilité auxquelles chacun rend hommage. Il est chevalier de la Légion d’honneur.
LA. MAISON DE SECOURS
lades ^ ; un service pour les femmes en couches et les nourrices ; et des cabinets particuliers pour les maladies contagieuses'^. Enfin le 14 mai on inaugura une section (10 lits] fondée par le baron James en mémoire de son fils Salomon, et destinée aux malades incurables^. Toutes ces créations portaient à cent soixante quatorze le nombre des lits à riiôpital.
La section des incurables fut augmentée de 34 lits en 1868 et de 14 en 18'77. La maison des incurables a été depuis entièrement construite aux frais de M""® la baronne James de Rothschild, Douairière, qui a constitué les rentes nécessaires à son entretien.
A côté de ces sections réservées aux malades proprement dits, la maison, destinée aussi dans le principe aux vieillards et aux orphelins, n’y admit que des vieillards. Le Consistoire adressa, le 1®’’ juillet 1853, un appel à la Communauté ^ où il l’invitait à lui prêter
1 La famille de Rothschild avait mis à cet effet une somme de 30,000 francs à la disposition du Conseil. La fondation date du 12 avril 1863.
2 M. le baron Alphonse de Rothschild a acheté en 1881 une propriété contiguë à l’Hôpital pour y établir un service pour les malades isolés.
* La fondation date du 11 juin 1864.
^ Au dos d’un exemplaire de cette circulaire est écrite la lettre suivante adressée au Consistoire :
« Sous les murs de Sébastopol, le 9 avril 1855. — Monsieur le Pré- » sident, c’est à mille lieues de notre belle France, sous les murs de » Sébastopol que je reçois votre appel à la charité en faveur de votre » magnifique établissement, Permettez-moi de vous offrir mon humble » souscription de 15 francs par an. — Cette somme sera payée par ma » femme en mon absence, . .
» Recevez, etc.
» Aaron Cerf, de Metz,
» Lieutenant de voltigeurs au 39® de ligne.
» Aujourd’hui, à six heures du matin, a commencé le bombardement
son concours pour subvenir aux dépenses d’entretien de cette maison.
L’ouverture de la Maison de retraite eut lieu le
27 septembre 1853 ^ ; elle contenait 34 lits répartis dans
28 chambres, dont six à deux lits. Vingt-deux étaient déjà occupés au 30 juin 1854 L Mais le nombre en devint vite insuffisant 3. Le Conseil voyait la nécessité d’agrandir cette section ; les dépenses qu’exigeait un tel projet en retardaient seules l’exécution. Madame de Rothschild mit alors à la disposition du Conseil (8 décembre 1868), pour compléter l’édifice réservé aux vieillards, une somme de 50,000 francs. L’asile pourrait compter ainsi 50 lits. Les travaux furent terminés en 1873. Mais bientôt encore il ne répondit plus aux besoins, et, en 1882, une nouvelle annexe fut faite pour 36 vieillards
général de Sébastopol par terre et par mer. Au moment où j’écris, plus de trois mille bouches à feu vomissent la mort et la destruction contre la ville maudite. C’est effrayant de grandeur. Je marche celte nuit à cette lutte suprême le Schéma Israël dans le coeur, avec courage, car nous défendons la cause de l'Europe, la grandeur de la France et l’honneur du Drapeau. »
' L’inauguration eut lieu à onze heures du matin, en présence de la famille de Rothschild, du Consistoire central, du Consistoire de Paris, du Comité de bienfaisance, des présidents des Hebroth qui se trouvaient réunis dans l’oratoire de l’établissement. — Une collation eut lieu après la consécration, faite par M. Isidor, grand rabbin de Paris.
2 Trois de ces lits étaient entretenus par une pension annuelle. La pension à la maison de retraite coûtait 800 francs, mais elle était gratuite pour ceux qui ne pouvaient payer. La maison des malades était gratuite également ; mais, à l’origine, ceux qui désiraient occuper des chambres particulières avaient à payer 5 francs par jour.
^ De 1853 à 1862 la maison eut à pourvoir à l’entretien de trois cent dix-sept vieillards.
^ Une maison de retraite pour la vieillesse (femmes) a été fondée
LA MAISON DE SECOURS
En résumé l’hôpital de Rothschild compte actuellement 284 lits ; soit : chez les malades adultes, 64 ; chez les nourrices, 12 ; chez les enfants, 36 ; chez les isolés S 22 ; les vieillards 86 (hommes 43, femmes 43) ; les incurables 64 (hommes 32, femmes, 32).
De 1852 à 1865, l’hôpital a reçu 8673 malades, et de 1865 à 1885, 20,980. — 392 vieillards ont été admis de 1853 à 1885, et 169 incurables de 1865 à 1885 2.
C’est dans ces chiffres que peut se résumer l’existence de cet établissement. Y a-t-il une preuve plus éloquente et de la nécessité où était la Communauté de posséder une maison de secours importante, et de la généreuse et bienfaisante action de la maison de Rothschild ?
par M. Moïse Léon et inaugurée le 18 juin 1883. Elle est située boulevard Picpus.
La maison ne comptait, à l’ouverture, que deux pensionnaires. Toutes les chambres sont actuellement occupées. Les femmes admises dans cet établissement payent une pension de 600 francs. Elles sont nourries, chauffées, éclairées et blanchies.
Le Consistoire a accepté, en principe, la donation de cette maison par le fondateur. ^
Un conseil de dames patronncsses et un conseil de direction sont à la tête de l’établissement.
Une fondation de lit est de 600 francs de rente.
^ Le service des isolés actuel est provisoire. II existe aux dépens de celui des enfants et des nourrices.
^ Quatre-vingt-trois lits ont été fondés à la maison des vieillards : parmi les fondateurs on distingue la baronne douairière de Rothschild, les barons Alphonse, Gustave et Edmond de Rothschild, la baronne Gustave de Rothschild, MM. BiscboiJsheim, Cahen d’Anvers, Albert Colin, Achille Halphen, Mosbach, Max Kann, Léopold Goldschmidt, les héritiers Bischoffsheim, Achille Dreyfus, baron Léonino, Lazard frères, les héritiers d’Hippolyte Worms, baron Salomon de Gunzbourg, Alexandre Léon, Alfred Mayrargue', Alexandre Lange, Samuel Hesse (legs), les fils Taub, Dreyfus Dupont, Emile Fould, Edouard Kohn, Gaston Mayer, Jonas Rothschild, et M™®* Furtado, baronne Salomon de Rothschild, veuve M. Léon aîné, veuve Michel Lévy, Anspach, veuve Alexandre Léon, etc., etc.
Aujourd’hui que l’Hôpital et les annexes sont reconnus d’utilité publique S on peut mesurer avec un juste orgueil le chemin parcouru depuis l’époque où la Société de Secours bornait son ambition à avoir « plusieurs lits, des gardes et du linge » pour soigner les indigents malades.
^ Le décret de reconnaissance date du 8 avril 1886. — L’art, l®*" des statuts approuvé par le Conseil d’État est ainsi conçu : « La fon- » dation de Rothschild, créée en faveur des pauvres Israélites de la » Circonscription consistoriale de Paris, comprend : une maison de » secours pour les malades, un service spécial pour les incurables, » une maison de retraite pour les vieillards des deux sexes, un » orphelinat. »